Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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Le Pen : l’imposture

Le Parti Socialiste est le premier à avoir adopté un projet, qui prend en compte le réel pour tendre vers l’idéal. Tous les partis politiques, au regard du contexte actuel devront s’adapter, le PS, comme les autres. Son candidat a déjà commencé à le faire (faudrait pas d’ailleurs en faire trop à ce sujet, mais c’est un autre débat..)

Mais la démagogie de nombreux propos de membres du FN démontre l’état d’esprit du projet de LE PEN. En effet, le Front National, qui historiquement a toujours économiquement voulu défendre les castes les plus aisées, se met aujourd’hui soudainement à vouloir draguer l’électorat précarisé.

Se disant que cet électorat ne se fera pas avoir par SARKOZY une deuxième fois et pensant que le PS a abandonné l’espoir de rassembler ces électeurs…Il s’agit de stratégie bien plus que de convictions. Notamment car LE PEN fille a envie du pouvoir, contrairement à LE PEN père.

En effet, LE PEN s’exprime peu à l’oral comparativement aux écrits de son parti sur nombre de sujets où l’argumentaire ne fait que reprendre des écrits d’associations thématiques, voir des syndicats, et ce sur tous les sujets…Histoire de faire croire au caractère progressiste du Front National. Elle n’en parle pas car elle ne peut assumer cette contradiction.

La mécanique sur la laïcité est également nouvelle laissant penser que la laïcité est surtout une valeur qui condamne toutes les religions, sauf la catholique bien entendu…

Alors, si leur programme est encore plus généreux que celui du NPA, tout en prônant la rupture et la haine, je crois que nous devons avant tout mettre LE PEN face à cette contradiction, pour ne pas que nombre de nos concitoyens ne se laisse berner par ce populisme bourgeois de salon.

Indignons-nous évidemment face à la xénophobie récurrente de cette organisation politique, mais c’est insuffisant. Allons chercher LE PEN sur ce auquel elle ne croit absolument pas, et qui demeure purement électoraliste la concernant, c’est à dire l’injustice économique et sociale. Nous le devons à celles et ceux qui pourraient tomber dans ce piège.

Tellement loin…

En 2010 et 2011, une partie des fonds de l’Agefiph (formation professionnelle) a été détournée pour d’autres objectifs. Cette année, 6000 accompagnements de demandeurs d’emploi en situation de handicap ont été supprimés.  500 places en ESAT (établissements et services d’aide par le travail) ont disparu, alors que le gouvernement prétend en avoir créé 10 000 (sans les financer). L’Education nationale reste exemptée du quota de 6% de travailleurs en situation de handicap alors que la loi l’impose depuis 1987.

Le bilan de ce désengagement est accablant : seuls 4% des fonctionnaires et moins de 3 % des salariés du privé sont en situation de handicap. Le taux de chômage des actifs en situation de handicap est le double (19% contre 9%) de celui de l’ensemble de la population active. En région Ile de France, moins de 1 % des apprentis sont en situation de handicap.

Le Parti Socialiste évoque une « handi conditionnalité », comme il existe une « éco-conditionnalité », où les aides aux entreprises sont conditionnées en fonction des actions concrètes mises en œuvre pour l’inclusion réelle des personnes en situation de handicap dans le monde du travail.

Si les chiffres sont un bon indicateur, je ne suis pour autant pas solidaire de propositions, y compris au sein de mon organisation politique, qui appuient le renforcement des sanctions en cas de non-respect du quota de 6%. La loi de 1987 repose sur un fond de charité qui positionne le handicap comme une contrainte dans le monde du travail. Le quota se transforme en seuil, et non en étape. Le but étant de « remplir » par tous les moyens pour ne pas être asphyxié financièrement. Quit à recruter des salariés dont la reconnaissance de travailleur handicapé pose parfois question, laissant le handicap lourd à la porte de l’entreprise.

Alors que le handicap ne doit plus être perçue comme incompatible avec ces si belles notions de productivité ou rentabilité. Sans demander à une personne tétraplégique de travailler en manutention, il existe des outils modernes permettant de nombreuses adaptations.

Il s’agit de la place du handicap dans notre société, de l’image que l’on donne de celui-ci. La société sarkozyste est à ce jour à l’antithèse d’un pays où l’égalité réelle prédominerait et faciliterait des parcours de diversité et de réussite. Il ne s’agit pourtant que de volonté politique, et en l’absence criante de celle-ci, notre pays prend encore un retard considérable. Il ne reste qu’à stopper l’hémorragie dans les mois qui viennent.

Plein les yeux

Weekend cinématographique passé trop vite… 3 films à voir d’urgence pour des raisons évidemment différentes, quoique…

« Intouchables » avec François CLUZET et Omar SY. Un regard d’une rare pertinence sur le handicap, entre refus de la compassion, et l’authenticité d’une relation. Il s’agit de la personne avant le handicap. Bref, les réalisateurs ont tout compris dans cette comédie à travers cette rencontre entre deux univers, qui ne verse jamais dans le cliché, mais le contourne, pour en faire une comédie hilarante avec de multiples messages de modernité qui font du bien, mais du bien… « Pas de bras, pas de chocolat »…

« Polisse » De Maewen, avec entre autres Karine VIARD, Marina FOIS, Joey STAR (saisissant de justesse) et Nicolas DUVAUCHELLE. Le quotidien de la Brigade des Mineurs reconstitué avec justesse et précision. Il s’agit d’éducateurs armés, ou de flics lyriques, comme on voudra. Ainsi, le spectateur est pris à témoins de la cruauté des violences de toute ordre subies et/ou provoquées par les mineurs et de leur impact sur les vies personnelles dévastées des flics concernés. Le manque de moyen et de considération est aussi là prégnant. Alors que la protection de l’enfance est très certainement ce qui devrait être LA priorité des priorités…Je m’y suis vu, sauf que je ne peux faire de dérapage avec les véhicules de service…

« L’exercice de l’Etat », avec entre autres, Le toujours excellent Olivier GOURMET, Michel BLANC et Zabou BREITMAN. Ou le choix entre le poids des convictions et l’assouvissement des ambitions personnelles. Au-delà de l’exercice de l’état, on voit ici surtout les coulisses du pouvoir, la chaîne de décisions et tout le cynisme, l’absurdité et finalement la violence de la vie politique. La caricature est parfois présente, mais elle sert une réalité qui malheureusement trop souvent semble s’approcher de la caricature, c’est encore l’expérience personnelle qui parle, la safrane en moins…

Un plan moderne, ambitieux et crédible

A propos du plan transports sur l’agglomération, quelques mots pour tout d’abord exprimer que la majorité municipale est pleinement consciente des inquiétudes légitimes qui s’expriment. Même s’il ne peut y avoir de place aux mensonges idéologiques. En effet, ce n’est pas 1200 places de parkings qui sont supprimés, mais un différentiel de 10 entre les suppressions et les créations…

Il s’agit ensemble de construire une cité accessible à toute et tous, une ville moderne, une ville qui s’inscrit dans une logique de développement durable, dans ses dimensions économiques (113 créations d’emploi), sociales (accès moins cher au centre et tarification solidaire), et environnementales (1900 tonnes de CO2 en moins par an).

L’esprit du plan transports est celui-ci, s’inscrivant par ailleurs pleinement dans le grenelle de l’environnement en terme de : « qualité de déplacement pour le plus grand nombre, à travers la volonté de développer le réseau de transports publics ». Il ne s’agit donc pas d’idéologie, mais bel et bien de moderniser Quimper, à travers le respect des engagements politiques de notre équipe municipale.

En tant qu’élu quimpérois délégué aux personnes en situation de handicap, j’entends bien sur les inquiétudes concernant le stationnement d’un public, non pas spécifique, mais qui concerne le plus grand nombre, y compris au regard du vieillissement de la population.

Ainsi, dans le dossier d’enquête, ce stationnement dit « spécifique » fait l’objet d’un traitement « spécifique » au travers de places de stationnement réservées judicieusement positionnées. Ce travail s’inscrit en partenariat avec les associations concernées.

Pour être précis, il sera acté 2 places réservées supplémentaires place Saint Corentin, 2 places supplémentaires place Saint Mathieu, Une place supplémentaire sur les quais, et d’autres places à ce jour à l’étude rive gauche, place de la résistance et rue Lunéville.

Nous sommes dans le respect de la législation par rapport aux obligations sur ce stationnement spécifique, et surtout, nous avons la volonté de positionner ces emplacements au plus près des zones d’attractivité.

Le travail à ce sujet continue et lors de l’enquête publique, notre lecture sera aussi attentive qu’elle l’a été jusqu’à présent.