Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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Dès le début…

Ci-dessous, le texte de mon intervention lors de notre congrès fédéral d’hier :

« Chers Camarades,

Je voulais ce matin faire un focus sur la vigilance absolue dans notre rapport au peuple. J’ai notamment en mémoire l’intervention de Laurent Bouvet, professeur à sciences po, qui lors de la dernière université d’été de La Rochelle a animé un atelier au titre vaste et ambitieux : la reconquête de l’électorat populaire.

Il a d’abord mis en avant l’intérêt purement quantitatif et électoral dans la mesure où cet électorat se compose d’ouvriers, de salariés, des jeunes et de certains retraités. Au final, il s’agit donc d’une majorité de l’électorat. D’où l’intérêt de cette affaire, si nous n’aspirions qu’à être une machine à préparer les élections. Mais il s’agit bien de la question du sens, et dans le cas présent de la reconquête car cet électorat, Marine Le Pen l’a trusté, avec pour elle 34% des ouvriers, 29% des employés et plus de la moitié des non diplômés.   

  Mais nous ne pouvions pas dire que nous ne le savions pas au parti socialiste. Car, lors des primaires notamment, et je suis sûr que sur vos territoires, vous avez fait comme nous sur la première circonscription, en allant réinvestir des espaces à l‘entrée des usines, en allant à la rencontre de certaines associations, et en allant frapper aux portes des appartements de certains quartiers que nous avions abandonnés, nous avons été à la rencontre de la désespérance sociale. Lors de ces échanges, nous avons pu nous apercevoir du décalage entre notre discours et les situations humaines dramatiques vécues. C’est l’ensemble de notre logiciel qu’il faut travailler.

Ainsi, pour se faire, aussi bien ici, lors de notre congrès que lorsque nous écrivons un projet politique, nous devons commencer par le rêve, car si on ne commence pas par le rêve, c’est notre idéal qui meurt. C’est un certain François Hollande, qui à fort juste titre, au début de la campagne avait parlé de ré-enchanter le rêve Français. Bien sûr que Jaurès nous avait prévenus des difficultés entre la gestion du réel et nos aspirations d’idéal. Et nous le savons, en tant que gestionnaires de nombreuses collectivités, qu’il faut passer par des compromis, et que nous ne pouvons pas toujours faire ce que nous aimerions vraiment.

Mais n’empêche que si dans certaines salles obscures, dans ce parti, il y a 20 ans, 30 ans, certains camarades, sous les railleries d’autres camarades ne s’étaient pas battus pour le mariage et l’adoption pour tous, nous ne serions pas à l’aulne de son inscription dans la loi Française…

Pour ceux qui me connaissent, les enjeux sont les mêmes pour la question du handicap, mais croyez-moi, que là, nous n’attendrons pas des décennies…

Pour conclure, remettons nous à l’ouvrage mes camarades, outillés et armés que nous sommes après ce congrès pour une fois nos débats terminés, retourner voir celles et ceux que j’évoquais tout à l’heure au risque que notre drame, à nous socialistes, soit que nous débattions de la condition de celles et ceux que nous voulons représenter sans que les principaux concernés ne soient même dans nos salles…

Je vous remercie. »