Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Cas d’école…

Hier matin, un cas d’école, presque un flagrant délit… Les chaînes d’info ont pleinement illustré leur besoin d’entretenir le feuilleton quotidien, pile dans cette contradiction qu’ils doivent assumer de celles et ceux qui n’ont parfois rien à raconter, mais dont le travail est de tenir l’image 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.. Avec une telle feuille de route, difficile de prioriser l’information de fond, tout en tenant en haleine le téléspectateur pour qu’il soit disposé et conditionné à acheter du soda outre-atlantique..

Mais venons en aux faits.. Hier matin, le président François Hollande était à Aubervilliers, pour évoquer entre autre la priorité absolue de ce quinquennat, l’emploi. Est née une polémique parfaitement significative du pouvoir de la lessiveuse médiatique façon rouleau compresseur, qui mérite un décryptage. Voilà en fait les phrases relatives à l’emploi qui, au sein des chaînes d’info ont mit en ébullition les vendeurs de buzz : « La bataille est engagée. Elle se jouera mois par mois. Nous devons travailler sans cesse. Ça prendra tout le temps qui est nécessaire. »

De là, dans l’instant, la minute, la seconde, quant on ne prend pas le temps de prendre le temps, quant le gavage remplace l’analyse, et qu’il FAUT ABSOLUMENT raconter une histoire, on va se jeter sur les mots, sans leur donner aucun sens.. La ligne est trouvée, on va INVENTER une contradiction entre le « temps nécessaire » et « l’inversement de la courbe du chômage avant la fin de l’année« ..  A part à reprendre des cours de remise à niveau de français niveau collège, le président n’a jamais dit ou même sous entendu le contraire de cette volonté d’inversion.

De fait, il est évident qu’autour du président, entendant les chaînes d’info vouloir lancer leur buzz du jour (n’oubliez pas l’impérieuse nécessité de la vente des boissons gazeuses américaines..), il est rappelé à ces médias de l’instantané qu’il n’y a pas de contradiction.. Et là, la machine aveugle s’emballe, en expliquant que le président et son équipe rétro pédalent… Il ne reste plus aux chaînes qu’à faire de la mousse sur leur propre mousse. Non seulement, ils n’ont pas compris (ou feinté de ne pas comprendre la première fois) et ils récidivent, fort de leur unique vérité..

L’on touche ici au cœur nucléaire du problème.. Car ceux ne sont évidemment pas ces mêmes médias qui évoqueront cette dérive que eux mêmes orchestrent… (sauf le nouvel obs : ici)

Et tout au long de la journée, certains grands penseurs et analystes de l’UMP, n’ayant d’autre choix que de se soumettre à la pensée unique cathodique nous ont expliqué que le président préparait l’opinion à des mauvais chiffres annoncés le soir même..

Ils ont tellement bien compris qu’en effet, le chômage a … baissé en octobre…

Finalement, le tort principal du Président de la République aura été de vouloir prendre de la hauteur, face à des chaînes d’infos qui n’en sont pas capables, en évoquant une baisse « durable » du chômage, ne se pliant pas à la formule attendue de la « baisse de la courbe avant la fin de l’année« ..

Kundera évoque à raison dans ce genre de situation des simplificateurs et des chasseurs d’actualité. Le pire dans cette histoire est le mépris par ces « médias » de celles et ceux qui sont concernés et qui en souffrent,  pris en otage qu’ils sont par des argentiers qui rabaissent considérablement la fonction journalistique.

 

 

Troubles de l’élection..

Dans les semaines qui viennent, le Parti Socialiste de Quimper et le Mouvement des Jeunes Socialistes vont aller au devant des Quimpéroises et Quimpérois dans le cadre d’une campagne d’inscription sur les listes électorales. Au regard bien entendu des scrutins à venir en 2014

Nous nous déploierons en nombre dans les quartiers les plus récents de la ville, où potentiellement se trouvent un certain nombre d’électeurs mal inscrits ou non inscrits.

C’est donc une campagne civique et pédagogique que nous allons mener. Il est par ailleurs étonnant de noter que si nous en avons pris l’habitude depuis de nombreuses années, nous sommes très souvent la seule organisation politique à développer cette action citoyenne et démocratique.

Il est évident qu’au delà de ce devoir de pédagogie que nous honorons ici, il s’agira également de se tenir à disposition des habitant-e-s que nous rencontrerons afin d’échanger sur de nombreux sujets, allant du local, au national, en passant souhaitons le par l’Européen.

Lincoln disait : « un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil« . Il a encore plus raison aujourd’hui qu’hier, dans une époque où quand l’espoir se fait rare, le vote ne paraît plus comme une solution.

C’est à mon sens précisément le contraire, y compris sur des scrutins locaux, où la politique est partout et permet de concrètement déployer nombre d’actions au service de la population.

Pour exemple, hier encore, se tenait la commission intercommunale d’accessibilité à Quimper, où même si beaucoup reste à faire, nous avons pu constater qu’en matière de transports et de bâtiments, les progrès sont importants pour les personnes en situation de handicap.

Je note qu’à ce sujet, le dossier était vide à notre arrivée en 2008, ce qui atteste bien du fait que le vote permet de choisir les orientations politiques que l’on pense importantes pour sa ville, son pays, son continent.

Car voter, c’est écrire l’histoire, ou une fois n’est pas coutume, je citerai Jacques Chirac : « le droit de vote, ce n’est pas l’expression d’une humeur, c’est une décision à l’égard de son pays, à l’égard de ses enfants ».

Urgence..

Il y a Urgence. Urgence à remettre du sens..

En effet, dans une société à la fois boulimique et anxiogène, le culte de l’immédiateté prend le dessus, sûrement et inexorablement. La perte de confiance, de repères, la montée de la désespérance sont partout autour de nous. Ces pertes génèrent parfois des comportements outranciers, dangereux, voir violents. Des comportements qui à petits feux, tuent la pensée et nient même l’histoire, pourtant essentielle dans le décodage de nombreuses évolutions.

Il ne s’agit pas de prendre de haut celles et ceux qui souffrent aujourd’hui, mais de justement éminemment respecter cette souffrance en prévenant et en mettant en garde contre les raccourcis faciles, et la tentation de se tourner vers le diable, lorsque nos croyances et nos codes sont bouleversés et que l’on estime légitimement ou pas n’avoir plus rien à perdre.

Le populisme, la démagogie et la simplification sont l’arme de nombre de faibles, qui en faisant oeuvre de récupération abaissent le niveau du débat public, pour pallier leur propres incompétences en créant « un buzz » qui ne fera la gloire de son auteur que le temps qu’il soit remplacé par un autre.. Même la révolution devient médiocre. La gloire illusoire, même pour un édile d’une ville du centre Finistère est aussi passagère que l’individu en question est républicain..

Le rouleau compresseur, la grande lessiveuse notamment médiatique, à travers les chaînes d’infos, les réseaux sociaux, les éditions « spéciales » etc.. accentuant le phénomène. Ou comme disait François Mitterand : « la dictature des micros est aussi celle des idiots« .

Savoir se référer à l’histoire, tenter de se cultiver, lire, trouver ses propres références permettent de prendre de la hauteur, et de ne pas céder aux tentations de chercher un coupable à tour prix, voire de tout mélanger ; l’erreur étant souvent de mise dans ce genre de circonstances. « l’histoire est la mémoire du monde » disait Lacordaire.

Hier, des saccageurs de portiques au nom de la justice fiscale ; aujourd’hui, des siffleurs aussi fascistes qu’amnésiques des valeurs de devoir de mémoire et d’unité républicaine ; et demain, quelles outrances, au nom de quelles causes, portées par quel héros cathodique éphémère..

Nous connaissons toutes et tous l’impression de déjà vu. Pour comprendre et maîtriser ce sentiment, afin d’adapter notre compréhension des enjeux actuels, la référence à l’histoire est indispensable et permet une prise de recul et de distance aux événements qui ont semblé parfois faire cruellement défaut ces jours derniers.

Heinrich Heine disait que : « chaque pierre tombale couvre une histoire universelle« . C’est en croyance de cette affirmation qu’il me semble aujourd’hui essentiel de faire oeuvre de pédagogie, mais il me semble aussi qu’il y a urgence et j’espère même que ce n’est pas trop tard..

 

Esprits troublés…

En quelques jours, le parti d’Ex….. Dr….. qu’est le front national est rentré dans le rang.. En effet, comparer Mme Taubira à un singe ou insinuer que des otages sont un peu trop barbus ne sont aucunement des dérapages. Cultiver ce racisme ordinaire et cette haine de l’autre, C’EST CA le Front National.

La stratégie de dédiabolisation connaît ses limites, et même quand chacun de ses membres, y compris Madame LE PEN, sait qu’il doit afficher une image proprette, ils ne peuvent s’empêcher de laisser le naturel revenir au galop..

Ces propos finalement très « normaux » doivent nourrir la réflexion des 3/4 de l’électorat actuel de ce parti, qui ne partage pas les théories fondatrices du front, basées dans ses racines sur la peur de l’étranger. Surtout en Bretagne, qui se manifeste d’abord et avant tout par son ouverture à l’autre.

Reste la désespérance de nombre de concitoyens qui dans l’isoloir, lors des prochaines échéances électorales, pourraient commettre le pire. Les raccourcis et la simplification sont une réponse électoraliste et méprisante à cette souffrance.

Que le Front national et l’UMP jouent la partition « des élites dirigeantes socialistes » face au » peuple qui souffre » est un processus de simplification politique et d’exploitation de la souffrance sociale qui est inacceptable. Les mêmes, qui portent des thèses ultra-libérales, qui défendent le modèle allemand ou la rémunération moyenne des ouvriers s’élève à 5 Euros, ne font qu’administrer un sédatif à celles et ceux qui poussent un cri de colère dans notre pays.

Marc Le Fur qui s’érige en sauveur de la patrie Bretagne en expliquant qu’il a un plan, consistant en particulier en des baisses d’impôts.. Une seule question Monsieur Le Fur, comment financez-vous cette mesure ?

Ludovic Jolivet qui a récemment opposé la nourriture sans porc et le pâté Henaff semble vouloir appliquer sur Quimper la doctrine démagogique de son leader duquel il se dit proche, Jean-François Copé en surfant sur les sondages du parti de Madame LE PEN et en faisant sauter toutes les digues.

D’ailleurs, dans son opuscule sorti à la rentrée, le candidat Copésite Quimpérois ne dit pas un mot sur la situation de crise que traverse la Bretagne aujourd’hui. Il affirme juste, par une belle lapalissade, que « ce sont les entreprises qui créent richesse et emploi« ..  Ceux sont donc aussi les mêmes qui par des mauvais choix stratégiques créent parfois des pertes financières et donc des licenciements.. Les mêmes, incarnés par le MEDEF auprès duquel ils manifestaient hier pour sauver l’emploi.. Le cynisme ne connaît pas la honte. Les vendeurs de bonnet en auront eu pour leur argent mais c’est à peu près tout..

Le climat est détestable, nombre de concitoyens souffrent, les esprits sont troublés, mais simplifier le discours et jouer sur les peurs sont les outils des faibles, quand d’autres continueront à agir avec courage et responsabilité.

 

 

 

Qui fait la carpe, qui fait le lapin ??

carpe et lapin

Demain, dans les rues de Quimper, le premier souhait que nous devons tous formuler concerne la sécurité des personnes et des biens.

Ensuite, comment ne pas s’interroger sur un rassemblement qui comptera entre autre à sa tête Marc Le Fur, le maire de Carhaix, le NPA, le MEDEF, et le tout soutenu par le front national… Il ne s’agit pas en l’espèce de l’unité nationale mais d’une vaste opération de récupération politique de celles et ceux qui souffrent réellement sur nos terres bretonnes tellement peu épargnées ces derniers temps.

Ainsi, les citoyens ne doivent pas se laisser duper par une manifestation « attrape tout ». Il suffit de poser la question à quelques organisations sur leurs motivations relatives à demain pour constater que les réponses sont parfois sans aucun point commun. Les drames industriels qui ont touché l’agro-alimentaire ne peuvent et ne doivent pas être récupérés par les mêmes qui plaident pour le modèle salarial allemand sous-payé  et qui oseront battre le pavé Quimpérois demain. Alors que l’idée induite est bien sur d’instrumentaliser les souffrances pour tenter de mettre à mal la politique gouvernementale, qui oeuvre pourtant vers un pacte d’avenir pour la Bretagne.

La Bretagne, terre solidaire et humaniste mérite tellement mieux que certaines simplifications et caricatures qui s’exprimeront demain à Quimper. L’homme au bonnet rouge éternel, « Jacques Yves Cousteau » se retourne peut être dans sa tombe aujourd’hui… Car si les fameux bonnets ont été si généreusement offerts, le coup de projecteur médiatique qui s’en est suivi devait à tout de point de vue être intéressant..

Enfin, il est évident que des manifestants présents le seront sincèrement et portant une ou plusieurs causes qui doivent être entendue(s) mais qu’ils ne soient pas dupes et se méfient de certains volatiles prédateurs qui ne seront jamais très loin..