Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Réalités

Première distribution de documents présentant la liste « Quimper pour vous » aux Quimpéroises et Quimpérois. La tradition consiste à dire que l’accueil fut bon, chaleureux, excellent.. il est rare d’entendre des candidats dire : « on se fait jeter, l’accueil est calamiteux ». Et bien je ne vois pas pourquoi je dérogerai à la règle puisqu’en plus c’est vrai… l’accueil fut très bon.

J’en profite en revanche pour souligner un paradoxe qui en dit long sur la déconnexion entre les sphères médiatiques parisiennes et la femme et l’homme de la rue, celle ou celui du marché que nous avons rencontré tout le week-end.

C’est presque à ce tarif un mini sondage. Sur pas loin d’un millier de personnes que mes camarades et moi-même avons rencontré ce week-end, pas à une seule reprise, nous avons entendu parler d’une certaine affaire, qui pourtant de façon écœurante et scandaleuse a fait l’objet samedi soir dernier d’éditions spéciales sur au moins deux chaînes d’infos pendant au moins 4 heures.. Faute professionnelle collective pour ces vendeurs de soda américain entre deux temps de cerveaux disponibles.

Les éditorialistes politiques que nous avons rencontrés dans la rue depuis quelques jours sont bien plus passionnants et sincères que celles et ceux dont c’est soi-disant le métier, et qui ont sur-commenté samedi soir à grand coup de logos officiels une actualité qui n’en est pas une. Pendant ce temps-là, l’Ukraine peut faire sa révolution et de nombreux Égyptiens mourir loin des caméras de ces chaînes qui portent définitivement mal leur nom d’informations..

Certes, la déconnexion avec la sphère politique est aujourd’hui également prégnante (8% des français feraient confiance aux femmes et hommes politiques). Même si ce chiffre est sans doute à minorer au niveau local, il nous faut, à travers ces rencontres réhabiliter la notion d’engagement. C’est à titre personnel une de mes périodes préférés que d’aller vers le citoyen, surtout au regard d’un bilan complet et riche et à l’aulne d’un projet ambitieux et au service de toutes et tous.

Bref, un week-end empli de contradictions et d’excès, mais comme le disait Talleyrand : « Tout ce qui est excessif est insignifiant ».

Quimper Pour Vous

liste QPV

La liste « Quimper pour Vous » réunit la diversité de la gauche : socialistes, communistes, radicaux, démocrates du centre, régionalistes de gauche, écologistes. Ces candidats ont été ou sont toujours engagés dans des syndicats ou des associations qui permettent une diversité des compétences et atteste d’un engagement et d’un amour de la ville.

La jeunesse et le renouvellement y sont représentés, soutenus par des candidat-e-s plus expérimenté-e-s ; ce qui est une des conditions de l’alchimie indispensable à un équilibre qui permet aussi bien la responsabilité que l’ambition.

Elle est bien sur paritaire, (par la loi, et grâce à la gauche gouvernementale) et conduite par son premier nom, Bernard Poignant qui a la volonté de faire entrer Quimper dans les enjeux du 21ème siècle, tout en étant centré sur les difficultés du quotidien que les un-e-s et les autres peuvent rencontrer. J’en veux pour preuve que sur les questions du handicap dont j’ai la responsabilité, jamais autant n’aura été fait sous un mandat pour que la ville soit accessible à toutes et tous, sous la conduite d’un maire à l’écoute, humaniste et progressiste. Les exemples ne manquent pas.

Elle est poussée par un dernier nom, Jean-Jacques Urvoas, qui « croyant comme pratiquant », se refuse donc à l’exercice du cumul des mandats, étant ainsi non éligible mais déterminé à accompagner cette liste qu’il qualifie de « solide, pour bâtir un avenir pour tous ».

Cette liste est une vision pour la Cornouaille, l’Intercommunalité et la Ville. L’attractivité de notre territoire permettra une communauté de destin à la fois tournée vers les enjeux d’avenir et à la fois portée sur les difficultés du quotidien.

D’autres listes, une en particulier, vous propose de tout arrêter et de bloquer les énergies, prônant l’immobilisme, qui est un marqueur de la droite à Quimper de manière générale. Pour notre part, nous souhaitons continuer à innover au service des Quimpéroises et des Quimpérois.

Nous aurons l’occasion très rapidement de nous « déployer » au contact des habitant-e-s pour présenter notre liste, mais surtout notre ambitieux projet pour la ville, pour un Quimper tourné vers l’avenir, ancré dans les réalités actuelles, un « Quimper pour vous ».

Suzanne

Le film « Suzanne » vu hier soir au Quai Dupleix à Quimper n’est incontestablement pas la comédie de l’année. J’en veux pour preuve que même les sièges en pleurent encore.

Ce chef d’œuvre est bouleversant de la première à la dernière seconde. L’authenticité vous prend aux tripes pendant 94 minutes.

C’est un peu un remake actualisé de la chanson de Brel « ces gens-là ». C’est une vie où à toute heure de la journée, il y a des bières et des cendriers remplis sur la table, où les enfants passent du canapé de la voisine à celui de la sœur, car ils sont niés dans leur existence par des adultes abîmés, cassés, éparpillés. Point de méchanceté chez ces adultes là mais tant de déconstructions et tant d’irresponsabilité qui énerve, insécurise et vous met mal à l’aise.

Sauf qu’il n’y avait pas de caractère prédisposé expliquant leur comportement, mais un drame non expliqué qu’on devine, film tout en finesse, qui provoque une descente aux enfers avec un homme se retrouvant du jour au lendemain père seul si peu préparé et disponible, et deux filles aux prises avec un papa pataud qui bourru et gentil comme il est, ne sait pas faire. Il aimerait savoir, il devrait renverser la table, mais laisse la fatalité agir et courbe l’échine, cependant toujours avec dignité. François Damiens est dans ce registre inimitable.

L’éblouissante et ensorcelante Sara Forestier touche ici à la grâce tant Suzanne explose l’écran à chaque seconde. Elle fait partie de ces gens qu’on ne veut pas voir, ou que l’on juge d’un revers de main, que l’on confie aux services sociaux, voire à la justice. Elle fait partie de ces gens qui ne font que les mauvais choix, c’est parfois à en vomir.

Mais le cadeau de ce film est qu’ils sont tous terriblement humains, qu’ils sont vous et moi, que la résilience est toujours possible. Ce film est une ode à la vie, car Suzanne nous démontre que nous sommes tous sur un fil, tant qu’en bas il y a du monde, juste au cas où..

Ce film devrait être d’utilité publique, même si je pense qu’il ne passera jamais sur une grande chaîne à heure de prime time..

« le bonheur c’est de chercher » nous disait Jules Renard. Suzanne parviendra à ce bonheur après des sacrifices multiples. Et nous imaginons et espérons enfin Suzanne suivre une autre invitation, celle de Ronsard en « cueillant dès aujourd’hui les roses de la vie », et qu’elle arrête de s’écorcher aux épines, elle le fera.

Juste un sentiment…

Le sentiment d’insécurité en France (même si sa mesure peut prêter à contestation) serait donc en augmentation, gagnant 17 % de nos concitoyens.

Dans le même temps, voici une partie du programme TV de « prime time » de la semaine prochaine :

Lundi 06 Janvier : « crimes » sur Nrj12..

Mardi 07 Janvier : « 90’Enquêtes sur TMC, avec un « reportage » sur les violences conjugales, et un autre sur « petite délinquance, quand la police veille sur la ville »..

Mercredi 08 Janvier : « en quête d’actualités » sur M6 avec un spécial fraudes..

Jeudi 09 Janvier : une pause, mais en cas de manque, « au pire », il y a toujours « Julie Lescaut » sur la « première chaîne »..

Vendredi 10 Janvier : au choix sur direct 8 « au cœur de l’enquête » sur les stupéfiants et les pickpocket ou sur W9 « enquête d’action » qui traitera des escrocs et des fraudeurs..

Je demeure persuadé que plus on parle d’un sujet, plus on en fait un sujet, ou comme le dit Laurent Mucchielli, sociologue de la délinquance et des politiques de sécurité : « L’accentuation des évènements provoque inéluctablement un sentiment de peur »

La recrudescence de ce type de programmes donne évidemment une image tronquée et caricaturale des réalités de terrain. « L’anxiogène est vendeur » devient l’adage prioritaire des concepteurs et diffuseurs de ces programmes, obtenant des téléspectateurs l’impression qu’on ne peut plus sortir de chez soi.

Alors que si vous comparez les « chiffres de la délinquance » (à manier avec précaution comme évoqué ensuite) par exemple à Marseille, les délits étaient plus nombreux dans les années 80 qu’à nos jours..

A nouveau, la simplification et les raccourcis occupent l’espace alors que quiconque s’intéressant un tant soit peu aux questions d’insécurité sait bien à quel point il est difficile, voire impossible, de fournir des chiffres fiables en la matière. Car même en segmentant par types de délits, la localisation d’une plainte peut différer de celle où le délit a été commis, voire du lieu où l’affaire a été résolue (si elle l’est) ; certains délits sont comptabilisés, d’autres pas, et la temporalité de l’élucidation ne peut pas non plus être intégrée. Bref, pas impossible mais tout de même difficile d’en tirer des enseignements précis et objectifs.

De 2002 à 2012, l’outil statistique a surtout été détourné à la guise du ministre de l’intérieur devenu président. Quand « Les chiffres de l’insécurité » (ça ne veut rien dire mais je reprends les termes consacrés !!) augmentent, donc il faut être encore plus sévère, et prendre des postures autant autoritaires que caricaturales.. Ou quand ces chiffres diminuent.. ça fonctionne.. donc il faut être encore plus sévère, et prendre des postures autant autoritaires que caricaturales…

Au final, la semaine prochaine, soit vous jouez l’anthropologue et vous tentez le programme télé que j’évoquais plus haut, soit vous suivez le conseil suivant de Pascal Bruckner (Il me plaît parfois de citer celles et ceux avec qui je suis en désaccord) : «la télévision n’exige du spectateur qu’un acte de courage, mais il est surhumain… C’est de l’éteindre »..