Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

L’exception quimpéroise

Hier soir, le vainqueur de l’élection Européenne est malheureusement l’abstention. A force d’expliquer aux électeurs qu’elle serait massive, ils ont fini par y croire et le mettre en pratique.

C’est évidemment également un drame national, un séisme, avec une candidate nationaliste en tête dans notre pays. Pourtant, la France n’est pas plus raciste ce matin. Ce score est bien évidemment la traduction d’une souffrance, d’une désespérance des citoyens en quête légitime d égalité. Ce séisme est le fruit d’une évidente co-responsabilité de l ensemble de la classe politique.

L’UMP tout d’abord, qui court derrière le FN depuis tant d’années, et leur sert la soupe autour de thèmes qui incitent a la méfiance et au rejet de l’autre. A force de jouer sur les peurs, les électeurs ne sont pas dupes de cette danse macabre et préfèrent l’orignal à la copie.

La responsabilité du Parti Socialiste est également évidente par manque d’une orientation politique clairement à gauche et tout autant assumée, nous jetons dans les bras de Marine Le Pen des millions de français qui souffrent, et qui finissent par nous mépriser. Nous devons réinventer notre logiciel d’urgence et simplifier notre rapport à l’autre.

Si l’heure est grave, il faut aussi mesurer la particularité de ce mode de scrutin et considérer que pour le moment, le parti nationaliste fait le plein.

Sur Quimper, où le parti socialiste arrive en tête, existent de vraies perspectives à gauche avec un score nettement supérieur (+6) qu’au national pour le PS. Contrairement a ce que prétend le soutien principal de Jean-François Copé sur Quimper, c’est-à-dire le maire, les chiffres sont la et têtus au regard de l’affaiblissement majeur de l’UMP sur Quimper par rapport au score national (-4). Mieux, dans ce ciel sombre pour la démocratie en ce lundi matin, le total gauche est supérieur au total droite.

Par ailleurs, pour l’anecdote, toujours le maire de Quimper, qui s’est également trompé (erreur ou mensonge..) dans sa première analyse sur un réseau social, en évoquant un score de 27% pour les socialistes aux Européennes de 2009, score fantaisiste, puisqu’il était en fait à 20% tout rond sur l’ensemble de la ville.

Face a ces constats au local comme au national, notre seule alternative est un rassemblement des forces de gauche autour de nos valeurs communes pour lutter contre la bête immonde et donner un cap ancré a gauche autour du principe d’égalité.

Réaction à l’appel au non vote !!

Je fais part de ma consternation à la lecture de l’appel de trois organisations dites d’extrême gauche (dont je préfère taire le nom), pour inciter les citoyens à ne pas participer au scrutin Européen de Dimanche prochain.

Le droit de vote est une longue histoire internationale. En France, il a succédé au suffrage censitaire et a continué son évolution, qui n’est souhaitons le pas terminée. Il en aura fallu des hautes luttes de grand-e-s citoyen-e-s du monde pour mettre en place le vote des hommes et des femmes.

Il est l’expression de la démocratie, qui pour paraphraser la pensée Churchillienne est « le pire des régimes à l’exception de tous les autres ». Refuser la démocratie, c’est fatalement le début de la dictature.

La liberté est totale de considérer que l’union européenne est une construction illégitime, une mascarade, ou « qu’elle est le fruit d’une construction néolibérale » comme l’affirment les trois mouvements en questions. Mais il me semble qu’avec 25 listes en présence, ou le vote blanc, le spectre est suffisamment large pour précisément contester le modèle européen. De nombreuses forces en présence s’en revendiquent d’ailleurs.

Un tel appel confine à nier notre histoire collective, à refuser le progrès toujours possible et dénote de l’irresponsabilité la plus totale. J’ai ici une pensée pour celles et ceux qui partout dans le monde tombent sous les balles en revendiquant la possibilité de glisser un bulletin dans une urne.

L’union Européenne est trop souvent un outil du libéralisme à tout crin, je partage pleinement ce constat. Elle est dirigée sans âme par une droite qui préfère aider la banque qui étouffe le chômeur plutôt que l’inverse, et qui ne parle plus qu’en milliards.

Mais je n’abandonne pas mes rêves d’une Europe des peuples, qui permet l’émancipation de celles et ceux qui souffrent le plus, qui lutte activement contre le chômage massif, notamment des jeunes, par l’arrêt des cadeaux aux banques, la fin du dumping social, l’instauration d’un SMIC Européen, le paiement des impôts là où les bénéfices sont réalisés etc…

Ne pas proposer autre chose que la non participation au scrutin est une insulte à nos anciens, et un risque pour nos enfants. Comment ne pas conclure sur cette citation de Lincoln qui disait « un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil ».

Le Pen, un vote dangereux et inutile…

Hier, belle matinée de campagne Européenne sur Quimper, où la droite locale brillait d’ailleurs par son absence, avec juste un militant présent, à une semaine d’une élection majeure… Étonnant. Sans doute qu’à Paris comme à Quimper, au sein de l’UMP, personne n’est d’accord sur une vision commune de l’Europe. Je continue toujours à m’interroger, si près du scrutin, sur le choix du principal soutien de Jean François Copé sur Quimper quant au futur président de la commission européenne.

Hier après-midi, devant un « discours » lénifiant de Madame Le Pen, présidente du premier parti d’extrême droite française. Définitivement, le front national est :

Le Parti de la haine. Car comment ne pas comprendre la désespérance, la souffrance, le sentiment de mépris que ressentent tant de nos concitoyens. Mais les diatribes anti-immigration ; L’absence de discours sur des valeurs universelles ; L’absence de mots sur la lutte contre les atrocités de la guerre que nous avons connues sur notre continent ; La connivence avec des groupuscules les plus dangereux d’extrême droite sur l’ensemble de l’Europe.. Tout ça ne doit pas trouver tant d’écho dans notre pays.

Le parti du mensonge. Contrairement à leurs fausses affirmations, l’inflation avant l’Euro atteignait des niveaux record. La fin de l’Euro et la déflation généreraient des millions de chômeurs en quelques semaines, sauf pour les auto-proclamés économistes sympathisants de la cause identitaire. Enfin, l’immigration est moins forte en France que chez la plupart de nos voisins Européens, et ce qu’elle rapporte est supérieur à ce qu’elle coûte selon des chercheurs de l’université de Lille (60 Milliards contre 48 Milliards)

Le parti du vide : Pendant le discours d’hier, très court en temps, nourri d’incantations, de petites phrases, de jeux de mots douteux et à la limite de la vulgarité parfois, il est possible de décompter… zéro proposition, et un maximum de boucs-émissaires. En particulier, rien sur la jeunesse d’Europe.

Le parti de l’incompétence : Votez pour le front national, c’est une forme de financement d’emplois fictifs, grassement rémunérés, au regard du rendement des nationalistes français sur les bancs Européens. Ils ne participent pas aux travaux législatifs, ni à la commission, ni dans les groupes de travail. La fille de Jean Marie Le Pen fustige la loi sur les travailleurs détachés et le lendemain ne vote pas contre, mais s’abstient… Le père de Marine Le Pen a voté lui contre une loi proposant l’éradication de la torture.. Bref, soit ils ne sont pas là, où du moins sont suffisamment présents pour toucher le chèque de 6200 Euros mensuels (sans parler des autres indemnités), soit ils votent n’importe quoi. Madame Le Pen est plus que jamais la candidate du système qu’elle dénonce. Voter Front National, c’est voter inutile.

C’est donc le néant nationaliste, qui prospère grâce au rejet de la politique Européenne incarnée par une droite qui la gère sans âme et qui peut se féliciter d’avoir trouvé son idiot utile dans le front national. Face à ce vote inutile, Une candidate ancrée à gauche : Isabelle Thomas, un futur président de la commission qui parle simple et vrai tout en maintenant le débat à un haut niveau : Martin Schulz. Contre le dumping social, les cadeaux aux banques, et en travaillant au quotidien pour la jeunesse.  

Nous ne pouvons que craindre le pire dimanche 25 Mai… Au delà de notre score… Mais surtout si le nationalisme triomphe car comme le disait Romain Gary : « le patriotisme, c’est l’amour des siens. Le nationalisme c’est la haine des autres ».

L’Europe de Martin.

 

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A propos d’une fausse polémique sur l’hymne national, la droite Française par la voix de son leader se déshonore dans une indignation feinte et calque son comportement sur le parti nationaliste de Madame Le Pen. Pendant ce temps là, d’autres font campagne pour une meilleure Europe au service des habitants de notre bassin de vie. A cet effet, j’ai eu la chance hier soir à Rézé d’assister à un meeting de Martin Schulz, notre candidat à la présidence de la commission Européenne, puisque pour la première fois, il sera élu au suffrage universel direct.

Au delà de l’art oratoire, notre camarade candidat du Parti Socialiste Européen incarne pleinement les valeurs de gauche, notamment du fait d’un parcours personnel atypique qui en fait un personnage authentique et qui connaît les difficultés du quotidien. Son parcours politique s’inscrit dans cette cohérence, Martin Schulz n’a pas d’autre expérience que celle de maire d’une commune de 40 000 habitants, ce qui demeure la meilleure façon de se préoccuper politiquement de l’autre. Il fustige les cadeaux incessants de l’Union Européenne aux banques, et demande que l’union cesse de parler en milliards mais s’intéresse réellement à la jeunesse d’Europe. Il lutte contre le Dumping social, qui tue localement nos industries en prônant par exemple l’instauration d’un SMIC Européen. Saluons ici les socialistes allemand qui permettent qu’en Allemagne, le SMIC fasse mieux vivre les travailleurs Allemand tout en luttant contre une concurrence si déloyale.

Les élections Européennes qui se profilent le 25 mai prochain représentent un enjeu majeur dans la construction de notre avenir commun. Pourtant, force est de constater non seulement le désintérêt mais le rejet de nombre de français au sujet des institutions Européennes. On peut largement comprendre que l’Europe soit la mal aimée, tant elle est mal gérée par la droite depuis plus de 10 ans, qui ne cesse de faire des cadeaux aux plus fortunés et ne donne aucune orientation politique et démocratique à l’Europe. Pire encore, en France, le Front National devient l’idiot utile de l’UMP, car la gestion désastreuse de la droite en Europe éloigne l’habitant-e- du scrutin, abstention qui fait l’affaire de celles et ceux qui ne veulent pas d’une ré-orientation sociale de l’Europe.

L’Europe est une solution et non un problème, mais c’est bien la droite Européenne qui provoque ce rejet et ce dégoût. l’UMP en France ne parle pas d’Europe mais veut faire de ce scrutin majeur une campagne anti François Hollande. Encore un point commun avec le Front National qui parle de tout sauf d’Europe, en faisant un bouc émissaire permanent. Ainsi, le 25 Mai, autant essayer non pas le parti de la haine, dont les propositions anti-Europe provoqueraient en quelques semaines des millions de chômeurs en France, mais mieux vaut essayer les femmes et hommes de gauche qui sont dans l’opposition et qui veulent d’une ré-orientation humaniste et progressiste de l’Europe. La droite Française est d’ailleurs complètement déboulonnée, ne soutenant que du bout des lèvres leur candidat à la présidence de la commission Européenne, Jean Claude Juncker, voir ne le soutenant pas du tout, tant certain-e-s semblent avoir honte de ce qu’il a fait du projet Européen et de cette Europe ultral libérale désincarnée et déshumanisée. Je me demande d’ailleurs quel candidat à la présidence de la commission aura le privilège d’avoir le soutien du principal supporter de Jean-François Copé sur Quimper…

Pour ma part, je suis clair, je vote Martin Schulz, le seul à même d’orienter l’Europe vers le mieux disant social et qui sait que la construction Européenne s’est faite contre les nationalistes pour ne plus jamais connaître les atrocités du siècle dernier. Les mêmes nationalistes aujourd’hui, s’ils ont changé de tenue ne peuvent ainsi que s’ériger contre cette Europe, qui est celle de la paix, car comme le disait François Mitterand il y a quelques années à propos du vote d’extrême droite : « le nationalisme, c’est la guerre« .

 

 

Un big bang, pour qui, pourquoi ?

L’accélération du calendrier de la réforme territoriale semble inéluctable. Différentes options sont sur la table, et des propositions fortes émanent de la part de nombre de camarades, y compris des socialistes bretons. Entre assemblée unique de Bretagne, fusion avec une région, avec plusieurs etc..
Dans un monde globalisé, où tout change très vite, nous avons le devoir d’être réformateurs et de proposer des adaptations plus souples et plus simples de notre mille feuilles territorial. Comment ne pas s’inscrire dans les pas du président de la république et du premier ministre à cet effet.
Mais un aspect pourtant essentiel, prioritaire et constitutif de notre ADN politique est pourtant bien trop peu évoqué. C’est pourtant ce qui peut rendre ce débat « sexy » pour une majeure partie de la population qui pourrait à tort s’en sentir éloigné. Car au regard des missions des différentes collectivités territoriales concernées, il s’agit en fait de l’avenir de nos services de proximité. En particulier pour celles et ceux les plus en difficulté. Pouvoir, au plus près de chez soi venir instruire son dossier de RSA, d’APA, d’AAH, sans parler des services de prévention, ou même de la protection de l’enfance est un acquis qui doit être défendu. En particulier à gauche de l’échiquier, car il ne s’agirait pas de démanteler ce que nous avons nous-même justement mis en place. Le service public, c’est le service au public, ne l’oublions pas, au profit d’un débat de préservation d’acquis politiques, car on nous le fera payer amèrement. Il ne peut s’agir de faire changer de logo aux bâtiments et en profiter pour réaliser des coupes budgétaires sombres, car pour rester dans un vocable économique, certains services, s’ils n’ont pas de valeur marchande directe génèrent du retour sur investissement tant ils sont fondamentaux.
Je pense par ailleurs qu’une architecture territoriale qui se mue ne s’inscrit pas forcément à rebours de la pensée politique décentralisatrice qui trouve ses prémices au début du 19ème avec Charles Brun, qui s’est continuée avec De Gaulle dans les années 60 et très concrètement mise en place par Mitterand en 1982. Car l’idée est qu’en fonction de l’architecture qui s’installe, même si le pouvoir politique et administratif venait à s’éloigner ou du moins à déménager, l’action de proximité du service à l’usager doit et peut demeurer. Il n’y a pas de contradiction en la matière.
Enfin, sur l’enjeu majeur du devenir de notre région face au big bang territorial à venir, ce n’est pas le jacobinisme face au régionalisme, ce débat caricatural mérite mieux que ce que veulent en faire leurs auteurs. La Bretagne peut et doit conserver ce qui fait sa force et être avant gardiste en la matière. Elle  peut voir bouger les frontières, aussi bien seulement sur le volet historique que davantage, tout en gardant son identité et en étant moteur dans le nouveau découpage, quel qu’il soit, car elle est forte, enviée, et sera de fait un chef de file, elle en a l’âme et la vocation.
Le maintien, voir le renforcement du service au public doit être notre combat, dans une Bretagne qui ne se replie pas sur elle même, qui valorise ses atouts et qui continue son développement. Ce débat est celui de tous.

Le socialisme municipal

Quelques jours de repos et de lecture, qui au delà de reposer le corps, permet à l’esprit quelques repositionnements salutaires. Avec nomment la certitude chevillée au corps qu’il nous faut chacun, surtout en ce moment, et surtout au parti socialiste, revenir aux fondamentaux de nos engagements. Il est non seulement essentiel, mais bel et bien indispensable de revenir à cette source pour comprendre qui on est avant de savoir où l’on souhaite aller. C’est également la seule façon de démontrer à celles et ceux qui en doutent aujourd’hui ce qui différencie la gauche et la droite.

C’est en ce qui me concerne, et très certainement comme beaucoup d’autres un rêve d’égalité et une volonté farouche de lutte contre les injustices économiques et sociales, qui s’est forgé dans une expérience associative. Ce vœu étant demeuré pieu, et l’usure « d’essuyer le postérieur de  pachydermes avec un confetti plié en quatre » passant par là, le prolongement de cette volonté s’est traduit par un engagement politique.

C’est en quelque sorte le « socialisme municipal », qui a vu ses premières heures au début du 19ème siècle avec des socialistes comme Compère-Morel, ou à partir de grands principes, il a mit en oeuvre et décliné l’égalité au quotidien. A l’époque, c’était la création de cantines scolaires, la mise en place d’une allocation de naissance aux foyers ouvriers, l’augmentation de l’aide aux vieillards. C’est un socialisme du quotidien, qui se préoccupe de l’autre, qui démarre de l’individu. Ou comme disait Jaurès en 1898 : « C’est l’individu humain, affirmant sa volonté de se libérer, de vivre et de grandir, qui donne désormais vertu et vie aux institutions et aux idées. C’est l’individu humain qui est la mesure de toute chose, de la patrie, de la famille, de la propriété, de l’humanité, de dieu. Voilà la logique de l’idée révolutionnaire, voilà le socialisme. »

Cette référence à nos fondements socialistes théoriques s’inscrit à rebours d’une petite musique qui se répand de plus en plus, et que j’entends parfois de la part de certains élus qui se revendiquent comme ne faisant pas de politique. A l’heure où jamais les politiques n’auront été autant déconsidérés voir haïs, c’est d’une grande facilité et même empreint d’une forme de choix finalement assez lâche. Ainsi, l’auto proclamation de la non appartenance idéologique deviendrait un brevet de respectabilité. C’est à mon sens non seulement erroné, mais dangereux, car c’est au final souvent en arriver à servir des intérêts privés, et ne pas avoir une vision globale, généraliste et tourné vers l’intérêt général, clef de l’action politique.

Mais c’est aux « politiques » de prendre l’initiative pour casser cette image de rejet, voir de dégoût. Au niveau local, nous devons créer les conditions d’un élargissement de nos modes de pensées, bousculer nos codes, faire oeuvre d’humilité et rassembler autour de nos valeurs originelles pour ensuite proposer une alternative crédible qui se fonde sur une forme d’égalité au quotidien ; car en ce qui me concerne en tout cas, ce qui est le plus passionnant demeure cette formidable opportunité de vraiment « changer la vie » au quotidien, à travers l’action municipale et d’accompagner le citoyen vers toujours plus d’émancipation.

Il nous appartient dans les mois à venir de décliner concrètement ces réflexions. Ou comme disait l’infatigable et ardente camarade Germaine Degrond en 1951 : « les élections, c’est un moment à passer, mais le travail de militants, la marche au socialisme, c’est bien autre chose : ça commence avant, ça continue après, et ça ne finit jamais«