Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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Le socialisme municipal

Quelques jours de repos et de lecture, qui au delà de reposer le corps, permet à l’esprit quelques repositionnements salutaires. Avec nomment la certitude chevillée au corps qu’il nous faut chacun, surtout en ce moment, et surtout au parti socialiste, revenir aux fondamentaux de nos engagements. Il est non seulement essentiel, mais bel et bien indispensable de revenir à cette source pour comprendre qui on est avant de savoir où l’on souhaite aller. C’est également la seule façon de démontrer à celles et ceux qui en doutent aujourd’hui ce qui différencie la gauche et la droite.

C’est en ce qui me concerne, et très certainement comme beaucoup d’autres un rêve d’égalité et une volonté farouche de lutte contre les injustices économiques et sociales, qui s’est forgé dans une expérience associative. Ce vœu étant demeuré pieu, et l’usure « d’essuyer le postérieur de  pachydermes avec un confetti plié en quatre » passant par là, le prolongement de cette volonté s’est traduit par un engagement politique.

C’est en quelque sorte le « socialisme municipal », qui a vu ses premières heures au début du 19ème siècle avec des socialistes comme Compère-Morel, ou à partir de grands principes, il a mit en oeuvre et décliné l’égalité au quotidien. A l’époque, c’était la création de cantines scolaires, la mise en place d’une allocation de naissance aux foyers ouvriers, l’augmentation de l’aide aux vieillards. C’est un socialisme du quotidien, qui se préoccupe de l’autre, qui démarre de l’individu. Ou comme disait Jaurès en 1898 : « C’est l’individu humain, affirmant sa volonté de se libérer, de vivre et de grandir, qui donne désormais vertu et vie aux institutions et aux idées. C’est l’individu humain qui est la mesure de toute chose, de la patrie, de la famille, de la propriété, de l’humanité, de dieu. Voilà la logique de l’idée révolutionnaire, voilà le socialisme. »

Cette référence à nos fondements socialistes théoriques s’inscrit à rebours d’une petite musique qui se répand de plus en plus, et que j’entends parfois de la part de certains élus qui se revendiquent comme ne faisant pas de politique. A l’heure où jamais les politiques n’auront été autant déconsidérés voir haïs, c’est d’une grande facilité et même empreint d’une forme de choix finalement assez lâche. Ainsi, l’auto proclamation de la non appartenance idéologique deviendrait un brevet de respectabilité. C’est à mon sens non seulement erroné, mais dangereux, car c’est au final souvent en arriver à servir des intérêts privés, et ne pas avoir une vision globale, généraliste et tourné vers l’intérêt général, clef de l’action politique.

Mais c’est aux « politiques » de prendre l’initiative pour casser cette image de rejet, voir de dégoût. Au niveau local, nous devons créer les conditions d’un élargissement de nos modes de pensées, bousculer nos codes, faire oeuvre d’humilité et rassembler autour de nos valeurs originelles pour ensuite proposer une alternative crédible qui se fonde sur une forme d’égalité au quotidien ; car en ce qui me concerne en tout cas, ce qui est le plus passionnant demeure cette formidable opportunité de vraiment « changer la vie » au quotidien, à travers l’action municipale et d’accompagner le citoyen vers toujours plus d’émancipation.

Il nous appartient dans les mois à venir de décliner concrètement ces réflexions. Ou comme disait l’infatigable et ardente camarade Germaine Degrond en 1951 : « les élections, c’est un moment à passer, mais le travail de militants, la marche au socialisme, c’est bien autre chose : ça commence avant, ça continue après, et ça ne finit jamais« 

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