Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Question : « Quel projet ? ». Réponse : « On verra »..

Ci dessous, le texte de mon intervention d’hier soir au sujet de la résiliation de plusieurs marchés relatifs au plan transports. Je note par ailleurs qu’à mes questionnements de fin, la seule réponse des élus de la majorité Quimpéroise, qui sonne désormais comme leur slogan de début de mandat fut : « on verra ».

« Nous souhaitons toutes et tous ici politique de déplacements s’inscrivant dans le développement durable dans sa triple vocation : économiquement viable, socialement juste, écologiquement ambitieuse.

Dans d’autres collectivités, parfois près d’ici, des projets ambitieux furent rejetés et finalement quelques années après, ils sont revenus au goût du jour et font la satisfaction de toutes et tous.

Il faut donc du courage politique, car il est toujours plus facile de faire peur en agitant le chiffon rouge que de faire adhérer à un projet novateur qui bouge les lignes et change les habitudes.

Des conseillers communautaires avaient soutenu ce projet lors du dernier mandat et vont pourtant voter peut-être ce soir la résiliation des marchés, y compris vous Monsieur Le Président de Quimper Communauté, Ludovic Jolivet, puisque je rappelle que vous aviez voté pour l’attribution des marchés du plan transports le 13 Décembre 2013..

Il n’empêche que nous avons toutes et tous en commun l’ambition d une politique de transports qui lie véritablement nos communes afin de renforcer notre bassin de vie commun, et de rendre le plus attractif possible notre territoire.

C’est aujourd’hui d’autres projets qui se dessinent, et c’est un choix démocratique qui en a ainsi décidé. Comment ne pas faire autrement que de le respecter.

J’assume de fait à titre personnel, avec d’autres, d’avoir soutenu ce projet, et qui sait, dans quelques années, peut être que le  bus à haut niveau de service ou tout autre projet novateur et progressiste aura une existence à Quimper Communauté, mais force est de constater qu’une majorité de Quimpéroises et de Quimpérois pensaient différemment, c’est aussi pour cela que je m’abstiendrai sur ce vote.

Cela dit, au delà des fortes contraintes annoncées par le président de la république, qui pèseront sur notre collectivité, 50 milliards d’un côté, vous en parlez souvent, et c’est normal, avec un autre pouvoir politique que vous soutenez et qui vous soutien, ça serait 130 Milliards.. Dans ce cas, je vous laisse imaginez…

Pouvez vous nous indiquer au lieu de ce que vous ne souhaitez pas, quelle sera votre politique de transports et de déplacements en général (pas uniquement les bus d ailleurs) qui permettra de conjuguer une vision d avenir qui corresponde a des aspirations légitimes d aller vers le développement durable (économique, sociale, environnemental) au service des habitants de notre territoire ? Quel est votre projet ? Et votre projet alternatif s’il existe est-il éligible aux subventions Européennes, Régionales et Départementales que nous avions obtenues ? »

Reviens camarade Jaurès, car ils sont devenus fous..

Au fil des rencontres récentes, comme de l’observation de l’actualité nationale, il semble bien que la solution pour le parti socialiste, et donc pour l’ensemble de la gauche française est le retour aux valeurs Jaurésiennes, piliers fondateurs de notre pensée politique, entre solidarité, justice sociale, égalité, émancipation des êtres.  Nous serions bien inspirés d’y regarder de plus près à l’aulne du centième anniversaire de sa mort. Au risque d’une autre mort symbolique, nous serions alors bien « villain », du nom de son assassin.

Nous sommes aujourd’hui à rebours de ce paradigme, en nous alignant sur la droitisation de la société. Pourtant, la véritable problématique réside dans ce que posait déjà le leader de Carmaux comme une contradiction qui ne devrait pas en être une, entre la gestion du réel et l’aspiration à l’idéal.

Notre drame est que nous puisons dans ces valeurs et principes uniquement en campagne électorale, entretenant le cimetière des promesses non tenues dans la morne pleine de nos consciences endormies, lors du passage de l’opposition à la majorité. C’est la dichotomie entre le discours du Bourget et la gestion social démocrate à la tête de l’état. L’apogée actuelle de notre schizophrénie.

Faire de la politique dans un tel contexte ne confine plus à l’avalage de couleuvres mais à la « dilatation extrême du tube oesophagien » pour faire passer des boas constrictors.. Le dernier en date, pour en avoir déjà parlé, est sans conteste la méthode employée pour la réforme territoriale façon charcutage précipité. Comment peut-on en effet décider du sort de millions de nos concitoyens avec une paire de ciseaux à 18H00, une autre à 19H00, 20H00, 21H00.. Avec, cerise sur le gâteau au cyanure électoral, la peu anodine visite royaliste qui entre dans la mêlée.. Cette fois ci, à titre personnel, le boa ne passe pas, et je le recrache en affirmant que l’Elysée n’est pas Solférino..

Il va nous falloir être très en colère, y compris et surtout localement dans nos sections. Y compris en faisant évoluer nos pratiques pour que ce parti ne soit plus celui de cadres dans le sempiternel concours de beauté de celui qui a le mieux parlé en réunion, et qui de fait est le mieux profilé pour l’investiture suivante.. Car à ce jeu, ceux sont toujours un peu les mêmes qui gagnent au début, et c’est souvent le socialisme qui perd à la fin…

La droite dite « républicaine » ne va pas mieux dans l’instant, ce qui ne réconforte pas, mais qui fait peut être se sentir moins seul dans cet océan de turpitudes.. On ne peut évidemment pas s’en réjouir car on sait très bien à qui profite le crime..

Alors pourquoi rester et ne pas faire comme 25 000 adhérents du parti socialiste dans le pays et rendre sa carte.. Très certainement car il reste les valeurs, et qu’au moins localement, et je pense encore aussi au niveau national, il demeure toujours possible de « changer la vie » comme disait un oncle à nous.. Mais aussi, car comme disait déjà Pierre Mauroy, avec sans doute un peu d’excès : « si tous les dégoutés s’en vont, il ne restera plus que les dégoûtants »..

Le Parti Socialiste ne va pas mourir, il doit juste renaître.. « c’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source » (Jean Jaurès..)

Humeurs..

Quel bonheur d’aller un peu partout où il se passe quelque chose dans notre ville et où il est possible d’admirer tant de talents de la cité Quimpéroise. Les acteurs socio-culturel, salariés, bénévoles, intermittents font battre le cœur de Quimper et méritent toute notre considération. A l’image de la paire de ciseaux présidentielle qui désoriente légitimement les amoureux de leur territoire, essayons au moins de prendre soin de celles et ceux qui enchantent un quotidien parfois si assombri.

Aller à la rencontre spontanément, échanger, débattre avec ardeur de tous les sujets, c’est aimer les gens, c’est entendre des vérités que l’on a pas su écouter… Sans regrets ni amertume et à l’inverse avec une folle envie d’aller encore et toujours de l’avant pour les autres et pour soi.

Savoir rentrer et écouter presque en boucle « take five » de Dave Brubeck en lisant les mémoires de guerre (tome II) de Churchill..

Aimer le foot quand la France se prend de passion pour Mamadou, Karim et les autres.. Une France si plurielle et en couleurs qui crée autant de passion et d’espoir, et qui met à mal le parti de la haine qui fut récemment bien trop haut…

Malgré tant de souffrances partout autour, continuer à espérer et à y croire encore..

Le proverbe brésilien dit : « l’espoir est le dernier à mourir »

A écouter sans modération : ici.

On communique sur la scène, on démantèle en coulisses..

Il y a dans l’air à Quimper, au delà d’un potentiel pic de pollution matinal dans l’hyper centre, quelque chose d’insidieux qui s’installe.. A l’abri des regards, comme si Ludovic Jolivet et sa majorité municipale avançaient masqués. Ils donnent une image souriante à l’extérieur, communiquent sans arrêt, se mettent en scène et voudraient faire croire, qu’ils ont le monopole de la concertation.. Étonnant lorsque l’on sait que la semaine dernière, par exemple, des élus de l’opposition se retrouvent à remettre les récompenses à une compétition de tir à l’arc handisport en l’absence d’élus de la majorité.. Il y a des sujets qui intéressent peut être plus que d’autres.

En tout cas, il ne faut pas être dupes, car la proximité, la vraie, ne se vit pas qu’à travers la communication. Mais la philosophie qui s’installe progressivement est toute autre.

Dès le discours d’intronisation du nouveau maire, la politique sociale était oubliée. Voilà quelques illustrations concrètes de ce qui se passe réellement après seulement 2 mois aux responsabilités :

Des mensonges et de la manipulation sur le financement du pôle Max Jacob, brillamment démontrés par mon collègue Gilbert Gramoullé lors du dernier conseil municipal. Un ballon d’essai avait été tenté pour l’abandon partiel du projet, et face à la gronde légitime des acteurs culturels, souhaitons que ce projet ouvert à toutes et tous, qui dynamisera la ville verra le jour. On ne sent pas une motivation réelle pour y parvenir en tout cas.

Des questionnements sur le devenir du projet urbain du Cap Horn qui comprend pourtant du logement solidaire, des places de crèches et des appartements pour femmes isolées en difficulté. Projet où il existe manifestement des réserves, essentiellement car des riverains (proches de la majorité ?) auraient la vue gâchée par cette urbanisation.

Vu en comité de pilotage, puis en conseil municipal, une volonté de « rationaliser », donc à terme de saborder le Projet Éducatif Local qui concernait des projets pédagogiques pour  plus de 800 enfants en 2012, et plus de 1000 en 2013. Ce dispositif ayant la vocation de réfléchir et de proposer avec tous les acteurs des améliorations pour le quotidien de chaque enfant dans tous les temps de sa vie. Des inquiétudes partagées également par des acteurs de l’éducation populaire.

Des ajournements de subvention à des associations d’alphabétisation ou d’accompagnement de personnes étrangères en difficulté, avec des propos indignes de certains membres de la majorité (« appel d’air » etc..) qui devraient faire peur, y compris à celles et ceux qui se revendiquent d’un courant humaniste au sein même de cette majorité.

Une absence de vision de ce qu’est l’intérêt général quant en commissions, des élus de la majorité prétendent connaître « pierre », « Paul » ou « tartentpion ».. Et que du coup, il serait souhaitable d’orienter telle ou telle décision dans tel ou tel sens. Sans projet politique, c’est toujours le clientélisme qui gagne à la fin.

Beaucoup de « on verra » de la part du maire et de ses adjoints lors du dernier conseil municipal. Difficile de savoir s’il s’agit d’impréparation, confinant à une forme d’amateurisme ou s’il y a hésitation à décliner une philosophie qui est celle de la droite dure. Nous sommes peut-être déjà à un tournant de de ce mandat.

Un mandat municipal est complexe et le danger en est la caricature ou la simplification, car les décisions prises ont un impact direct et immédiat en proximité sur nombre d’habitants.

A l’écoute de certaines réflexions de cette majorité, il me vient à l’esprit la citation suivante de Woody Allen : « J’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire guerre et paix en vingt minutes. Ça parle de la Russie »..

A 5, solidaires, et au plus près !!

« Sans la Bretagne, la France ne serait pas ce qu’elle est. Mais sans la France, la Bretagne ne serait pas ce qu’elle est non plus ». Même si il faut la resituer dans son contexte, cette assertion d’Anne De Bretagne exalte mon attachement à la terre bretonne et flatte mon idéal républicain. Dans le débat qui déchaîne tant de légitimes passions, l’on ne peut s’arrêter seulement sur la question du découpage, mais je regarderai d’abord et avant tout ce que vont devenir les services publics de proximité, y compris gérés actuellement par le conseil général et qui, grâce notamment aux territoires d’action sociale, accompagnent au plus près dans notre département les personnes âgées, les personnes handicapées, les familles, les jeunes, les enfants.. Le contenant oui, c’est essentiel, mais sans travailler sur le contenu, c’est stérile et empêche tout progrès. Au Parti Socialiste, nous sommes des décentralisateurs, réponse possible à une aspiration légitime de justice sociale.

Une fois, ce préalable indispensable posé, au sujet des frontières de notre architecture territoriale, doivent prédominer à mon sens trois priorités : l’ambition pour un territoire breton qui assure son avenir économique et s’offre des marges de manœuvre nouvelles. Puis un dynamisme culturel capable de faire rayonner la Bretagne sur un mode universel. Enfin, un territoire solidaire qui s’appuie sur une histoire et crée des interactions humaines authentiques au travers d’un bassin de vie le plus en phase possible avec les aspirations de nos peuples. C’est ce que l’on peut appeler un besoin de sentiment d’appartenance dans une ère de défiance envers les institutions. Les citoyens ont besoin de se retrouver dans une représentation plus simple, pour se revitaliser et mieux vivre ensemble.

Face à ces motifs l’assemblée de Bretagne la plus cohérente selon mon humble avis peut se vivre certes, à travers ses 4 départements, comme le veut le découpage actuel, mais en regardant devant, son avenir est de toute façon lié à la Loire Atlantique, à travers les trois dimensions précédemment cités, l’avenir économique, le rayonnement culturel et un territoire humain et solidaire. La cohérence Bretonne est ici posée. Mais parce qu’en Bretagne, nous sommes des femmes et hommes de cœur, attachés aux justes équilibres territoriaux, c’est à condition que les Pays de la Loire ne soient pas déshabillés donc considérablement affaiblis, mais automatiquement rattachés à une ou d’autres régions. C’est la définition de ce qui doit guider notre action de socialiste humaniste et progressiste, c’est être ancré à son territoire en étant respectueux de l’autre dans un cadre républicain.

Il n’existe aucune incompatibilité entre cette aspiration à faire vivre au mieux notre territoire et la défense de notre idéal républicain. Faire croire le contraire nourrit le repli identitaire et donne des tribunes à de trop nombreux démagogues. Préservons nos nombreux atouts bretons, comme une œuvre d’art en danger entre un monde de plus en plus globalisé et un peuple de plus en plus en désespérance.

Pour prendre en compte cette désespérance et ne pas alimenter celles et ceux qui en profitent pour exacerber les souffrances, il aurait fallu éviter toute précipitation au risque de provoquer une majorité de mécontentements et pour des raisons à chaque fois différentes. Mauroy, Balladur et Raffarin ont voulu s’y essayer. Le respect de toutes et tous passe par cette maîtrise du temps, pour ne pas laisser place aux mécontentements et aux doutes. « Parfois, quand c’est flou, il y a un loup » pourrait-on penser.. Le travail parlementaire doit maintenant prendre le relais pour construire notre histoire.

Comme on dit chez nous « il fait beau plusieurs fois par jour en Bretagne ». C’est à titre personnel cette région que j’aime. Celle qui nous manque dès que l’on s’en éloigne. C’est une fin de terre, mais c’est l’ouverture au monde. Nous passons pour des fortes têtes, mais aussi pour des chanceux, tant nous avons des atouts.

Mais surtout, nous avons de tout temps démontré notre ouverture d’esprit et notre terre est celle de l’accueil, elle doit le rester et ne pas faire peur.

« An hini na avantur netra, na koll, na gounit ne ra” (celui qui ne risque rien ne perd ni ne gagne)

Quelques questions pour un premier bilan..

Être un opposant constructif, c’est d’une part reconnaître les erreurs du passé et d’autre part  laisser à la majorité municipale sortie des urnes le temps de s’installer. Mais être un opposant attentif c’est aussi soulever quelques interrogations, y compris au regard du « premier bilan » du maire de Quimper dans la presse du jour. Son propos est d’ailleurs un peu « pagailleux » et forcément sélectif.

Tout d’abord, sur les Temps d’Activité Périscolaires, le maire ne parle jamais de la réforme des rythmes, qui est bonne. Nous devons faire œuvre d’humilité sur ce sujet, car si nous, nous avons assumé notre position sur la réforme, il est évident que des dysfonctionnements ont vu le jour dans la mise en œuvre. Le maire de Quimper critique le contenu des TAP, mais continue finalement ce que nous avions entamé, à savoir un travail d’amélioration sur le contenu de ces activités. C’est le reniement acte 1 de cette majorité, puisqu’une pause avait été promise.

Pour ce qui est du cabinet du maire, il semble pour le moins que quelques atermoiements aient vu le jour, qui sont balayés d’un revers de main par un simple « il a décliné, voilà c’est tout ». Il s’agit du fonctionnement politique de la ville, et les quelques mots du maire à ce sujet sont un peu légers.

Sur les 200 000 Euros de coûts pour le stationnement, ils seront d’une manière ou d’une autre repris dans la poche du contribuable Quimpérois, soit sous forme d’impôt, soit avec des services en moins. C’est une décision politique, correspondant à un engagement de campagne, c’est une légitime mise en œuvre, mais elle n’est ni assumée, ni expliquée.

Sur le plan transports, la majorité demeure dans sa logique de campagne. Il est évident que nous devons nous interroger sur la façon dont nous avons communiqué autour d’un projet qui pouvait trouver des vrais consensus, et qui dans ce cadre aurait pu voir le jour sans heurts. J’espère en tout cas que pour les personnes à mobilité réduite, la taille des bus ne sera pas réduite et les feux supprimés sur les quais comme ce fut proposé par la majorité actuelle pendant la campagne.  

Le pôle Max Jacob, dans ses grandes orientations a toujours reçu un soutien unanime des élus du précédent mandat, majorité comme opposition. Il est mensonger d’évoquer le fait qu’aucun financement n’était prévu, nous aurons très certainement l’occasion d’en débattre avec ceux qui lancent ces fausses informations.

Enfin, sur l’affaire Bygmalion, le maire se désolidarise en douceur de son vif soutien à Jean-François Copé, on ne peut que le comprendre.