Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Reviens camarade…

« Mais les forces économiques travaillent, qui accumulent entre les mains de quelques-uns la richesse et la puissance et qui entassent sur les autres la servitude et la misère.

Et bien, il faut en finir avec ces iniquités de l’histoire, il faut en finir avec ces civilisations d’apparence et de faux brillant. Nous voulons que la masse s’élève, que l’égalité pénètre dans la vie des hommes, qu’ils ne soient pas seulement frères de noms et égaux en vertu d’une formule, mais qu’ils soient vraiment associés et des coopérateurs dans la vie, dans le travail, dans les habitudes de pensées, dans la joie du cœur, dans la noblesse de l’âme et dans l’agrandissement des horizons de justice, de lumière et d’espérance

Cet extrait du discours de Jaurès qui n’a malheureusement pas pris une ride date de la conférence donnée au théâtre Colisée de Buenos Aires, le … jeudi 05 Octobre 1911… organisée par le Parti socialiste argentin.

Il y a 100 ans, Jean Jaurès était assassiné par le « bien nommé »Raoul Villain.. A 21H40, au 146 rue Montmarte à Paris, quelques jours avant la première guerre mondiale, alors que Jaurès faisait justement tout pour préserver la paix. L’assassin en question fut d’ailleurs acquitté dans des conditions plus que douteuses..

Toujours est-il que l’œuvre de Jean Jaurès est plus que jamais universelle. Il était en effet avant tout universaliste et prônait sans cesse une émancipation laïque et une république sociale. Il pensait que : « le socialisme prend racine dans l’organisation ouvrière ».

Jaurès suscite de nombreuses tentations et compte tant d’héritiers auto-proclamés aujourd’hui.. Certains bien illégitimes, notamment en 2007..

Mais en ces heures où la communication politique a triomphé sur la politique, où la droite est désincarnée, la gauche est déboussolée, où seule l’extrême droite n’a finalement pas changé, et où la médiocrité règne dans notre monde du culte de l’immédiateté et des chaînes d’infos ; l’assertion suivante de Jaurès semble avoir un écho si particulier en ce funeste anniversaire :

« Le courage, c’est de comprendre sa propre vie… Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille… Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. »

L’œuvre de Jaurès mérite d’abord d’être lue, avant d’être commentée, voir récupérée. Elle permet de se doter de repères et même d’espoir, les deux manquant cruellement aujourd’hui..

La réforme territoriale, chances et risques..

Au moment où les débats battent leur plein sur la réforme territoriale dans le cadre du début de la discussion générale hier soir à l’assemblée, la fusion Bretagne Pays de la Loire est évitée, et c’est tant mieux. C’est par ailleurs un des grands mérites de cette volonté de l’assemblée unique de Bretagne, qui à terme, dans le cadre d’un vrai droit d’option pourra ouvrir ses bras à la Loire Atlantique et s’avérer donc comme la première véritable étape de la réunification.

Le dernier sondage en date démontre sans aucune ambiguïté que la préférence des bretons va à cette réunification. Il sera difficile de ne pas en tenir compte. Nous le constatons également sur le terrain, y compris encore samedi dernier où dans le cadre d’un dialogue constructif, certain-e-s d’entre nous ont reçu à la fédération du Parti Socialiste une centaine de membres de Bretagne Réunie.

Cette réforme est une opportunité historique unique pour la mise en place de la Bretagne à 5, qui s’inscrit dans une cohérence géographique, notamment maritime, une ambition économique pour des marges de manœuvre nouvelles, un rayonnement culturel qui s’étend et un territoire solidaire pour des citoyens qui veulent vivre ensemble.

J’avoue ne pas toujours comprendre certains de mes camarades. J’entends ici et là parfois des arguments très contestables. En effet, il y aurait « d’autres priorités ». Argument déjà entendu lors du mariage pour tous, comme si une réforme en empêchait une autre. C’est l’argument du faible, car il ne parle pas du fond. J’entends aussi la peur du repli identitaire, ne voyant ainsi que la face obscure et ultra minoritaire propre à chaque mouvement. C’est comme si on réduisait le PS au social libéralisme !! Toujours est-il que la promotion des valeurs républicaines n’est pas incompatible avec l’attachement à son territoire, et à l’inverse, il s’en nourrit dans la diversité, qui in finé constitue l’unité républicaine. Penser le contraire laisse la tribune aux pires des démagogues et pourrait ouvrir la porte à une forme de peste brune.

Par ailleurs, en politique, franchir le rubicon peut aboutir à des malentendus et peut générer des divisions. Mais en quoi, défendre la réunification de la Bretagne constitue un danger, depuis quand le parti socialiste est tenté par le jacobinisme un peu « pisse froid », depuis quand nous ne serions plus des décentralisateurs. En politique, il y a des absolus sur le plan moral et un caractère rédhibitoire sur certain sujets, comme la défense pied à pied de la laïcité par exemple.. Mais en quoi la réunification ferait trembler si fort les murs de la république au point de la menacer, j’avoue ne pas comprendre.

Même si le travail parlementaire viendra sur cette question en Septembre, au delà du contenu et des frontières, le contenant, c’est à dire la préservation d’un service public de proximité ne doit pas être sacrifiée à l’échelle de la légitime aspiration de la simplification. A cet effet, en ce qui nous concerne, un grand corps mou de 9 départements ne paraît pas le meilleur outil pour valoriser la proximité. Le dernier mandat des élus départementaux dans le cadre de l’élection de Décembre 2015 ne servira pas qu’à « éteindre la lumière »comme on l’entend trop souvent, mais au contraire, il s’agira d’assurer les meilleures « passations possibles », pour que compétence par compétence, territoire par territoire, le seul guide de la collectivité finissante soit la continuation de la réponse sociale la plus efficiente possible, donc au plus prêt. Cette mission sera je le souhaite dans notre département menée par la gauche, mais à observer certains comportements déconnectés de l’aspiration collective du peuple breton, l’on voudrait laisser la droite aux responsabilités sur ces essentielles missions que l’on ne s’y prendrait pas autrement..

Y croire encore..

La politique est avant tout une affaire d’engagement. Elle est pourtant aujourd’hui déclassée, mal aimée et sans doute même considérée comme le fruit de tous les maux. Elle n’est pourtant que ce qu’en font les femmes et les hommes..

La confiance est rompue, et les responsabilités en sont multiples. Les promesses non tenues, les ambitions toujours inassouvies, l’attrait du pouvoir et de l’argent, les privilèges et avantages que confèrent une fonction.. Les mensonges et les fraudes tiennent aujourd’hui le devant de la scène et sont autant de pierres dans le jardin des démocrates et de roses dans le pavage des extrémistes. Camus décrivait déjà la politique contemporaine comme « une machine à désespérer les hommes ».

Les chaînes d’infos participent activement à ce phénomène en mettant en scène le culte de l’instant, en niant les plus élémentaires des références et en simplifiant à outrance ce qui est complexe et mériterait ne serait-ce qu’un minimum d’analyses. C’est une forme d’avènement de la médiocrité où l’image est reine, alors qu’on peut lui faire dire ce que l’on veut, ou pire la déformer à souhait.

Difficile de s’y retrouver dans un tel paysage, de ne pas jeter l’éponge et de continuer à « avoir la foi » comme dirait un bon camarade à moi qui se reconnaîtra. Pourtant, nous sommes quelques uns, tout bord confondu, à croire aux vertus de la politique au sens noble du terme. Celle qui permet d’améliorer le sort de nos concitoyens.

« Faire de la politique », c’est servir et non pas se servir, c’est aimer les autres plus que soi même, c’est être un citoyen engagé et non un politicien. C’est aussi avoir le cuir tanné et un certain égo, tant l’on reçoit des coups plus que des fleurs. C’est une compétition puérile, à laquelle on participe qu’on le veuille ou pas, qui peut rendre stupide, qu’on le veuille ou pas.

C’est une action autant directe que discrète. C’est aussi le pouvoir des mots, qui s’il est stérile me dit-on souvent, peut quand même inscrire dans le marbre des moments de notre histoire collective et peut donner du sens à ce qui semblait à jamais perdu. Je fais partie des résistants qui pensent que les mots peuvent tuer les maux.

La politique si elle est passion, doit aussi être un équilibre, un balancier permanent, entre d’une part le poids des convictions forgées dans des destins et histoires personnelles et d’autre part le poids d’une aspiration légitime à s’émanciper soi même, pourquoi s’en cacher ou en avoir peur. Tant que le premier pèse toujours 100 fois plus lourd que le second.

La politique, c’est recevoir un appel téléphonique à Noël d’une mère d’un enfant en situation de handicap qui vous remercie d’avoir débloqué sa situation..Vous lui expliquez que c’est normal et que c’est votre rôle, sa gratitude vous sera éternelle. C’est avoir eu le sentiment d’avoir fait avancer le territoire sur lequel vous avez une influence d’action. Le côté obscur en est le culte du soi qui n’est jamais rassasié par le fait de se sentir attendu, aimé, et ce rapport à l’autre peut rapidement devenir addictif voir destructeur.

La politique suivra une évolution mais elle restera une vision, un avenir, un destin. J’aurai voulu finir sur une citation positive décrivant la politique, mais je n’en ai pas trouvée…

 

Privés de parole !!!!

Déni de démocratie ce soir au conseil municipal de Quimper. En effet, Ludovic Jolivet, après avoir ouvert lui même un débat sur la réduction des dotations de l’état aux collectivités(à travers un voeu qu’il a retiré de l’ordre du jour du conseil municipal) refuse de donner la parole a l’opposition.

Après une première interruption de séance de notre groupe d’opposition, il rééditera son refus..

Privés de parole, nous ne pouvons que quitter la séance.

La démocratie est foulée au pied par le maire de Quimper qui a confondu autorité et autoritarisme.. Avec une rare agressivité, il a demandé à Gilbert Gramoullé de fermer… son micro, faisant ici penser à la citation de Jean-Louis BARRAULT : « La dictature, c’est ferme ta gueule, la démocratie, c’est cause toujours ».. 

Au delà de nos personnes et de nos électeurs, c’est par la même l ensemble des Quimpérois-e-s qui est pris en otage de ce déni de démocratie.

Ses premiers mots de maire furent : « je ne suis pas sectaire« .. On peut donc légitimement ce soir se poser la question

Sans doute gêné de cette erreur jamais vu à Quimper, la maire a révélé là son vrai visage. Il ne pourra ensuite que minimiser en évoquant un incident que nous aurions provoqué car nous n’avions rien à dire au conseil. Il nous connaît mal, et tente de masquer sa faute par cette sortie aussi prévisible que mensongère. Nous n’avions pas d’autre choix que de sortir puisque nous avons été privé de parole, mais voilà Monsieur le Maire ci dessous à quel point je n’avais rien préparé ce soir, et ce que vous auriez entendu « entre autre » :

« Je dois d’abord admettre ma surprise devant un rapport aussi politisé et partisan sur sa première page. Il est même assez déconcertant au regard de termes utilisés, au-delà de ce que chacun peut penser des TAP de demander à des fonctionnaires municipaux de rédiger un tract électoral plus qu’une délibération. Je n’avais pour ma part, même si je n’ai l’expérience que d’un mandat précédemment jamais vu ça. Et je formule le vœu (peut-être pieu) que dans un rapport officiel, de telles méthodes ne soient pas généralisées.

Pour les TAP, finalement, vous continuez exactement sur les modalités précédentes, à savoir un diagnostic par école et des concertations qui mènent à des expérimentations, décidées par les conseils d’école, lieu de débats et de prises de décisions. Par école, en effet, il était offert la possibilité de travailler sur les scénarios d’une heure 30, de trois fois une heure etc..

En tout cas, force est de constater que le cimetière des promesses électorales non tenues s’agrandit de jours en jours (à tel point qu’il va falloir sans doute mettre en place un compteur)

–           Rythmes scolaires : pas de pause comme promis, mais on continue ce qui se faisait avant, en l’enrobant un peu différemment et en s’octroyant les mérites de l’apaisement. Premier abandon de promesses donc.

–           Plateforme jeunesse : abandon pur et simple

–           Salle multisports : début d’abandon

–           Politique de transports : « on verra »

–           Projet Educatif local : « on rationalise »

–           Subvention aux associations d’aide aux personnes étrangères : ajournement sans explication

Le maire de Quimper reconnaît d’une part que la ville fut bien gérée et martèle d’autre part que le gouvernement a tant baissé les dotations aux collectivités, avec une logique de 50 milliards d’économie qu’il n’a plus de marges de manœuvre.. Pour les amis UMP de Monsieur JOLIVET, c’est 130 milliards d’économie qui serait nécessaire.. Qu’en serait-il alors …

Entre ce cimetière de promesses non tenues et les « on verra » permanents, difficile de savoir où va votre majorité. Mais je vous l’accorde, il vous reste la communication que vous maîtrisez là pour le coup très bien. » 

Sylvio et Nicolas, même combat…

Grand moment d’indécence hier soir quand un justiciable si peu ordinaire qu’il soit prend le pays à témoin du pseudo acharnement dont il ferait l’objet.

En 2011, en France, selon les chiffres du ministère de la justice, il y a eu un peu plus de 33 000 mis en examen. Soit, en se référant à ce chiffre, hier à peu près 91 personnes dans la même situation. Ils n’ont pas tous eu la chance de se justifier devant des millions de Français. C’est important de ramener la vérité à ce qu’elle est… Et d’affirmer que la prétendue autoproclamée victime est avant tout un privilégié… A ce titre, en effet, il n’est pas un justiciable comme les autres, vu qu’il est avantagé..

Il n’a définitivement pas changé. Un vrai show TV qui fera plaisir à ses ami-e-s, avec un Jean-Pierre Elkkabach d’une complaisance qui pose question.

Il pose par ailleurs un leurre grossier en allumant un autre feu, celui de la victime innocente d’une justice qui s’acharne. Comment être dupe d’une telle stratégie qui évite à Nicolas Sarkozy de parler réellement du sujet et d’éviter toute question fâcheuse. Si on décide de s’exposer, autant assumer. Le cynisme ne connaît pas la honte avec l’ancien président.

La présomption d’innocence est un principe intangible, et il ne s’agit pas ici de le fissurer, mais sur la forme, et dans la façon de s’en prendre à la justice, si on voulait ironiser, on pourrait dire que Nicolas Sarkozy ressemble plus à Sylvio Berlusconi qu’à Alfred Dreyfus.

Un vrai sentiment de malaise à la vue d’un camelot aux abois, qui n’a vraiment honte de rien et qui, sans aucune pudeur fait de l’adage suivant sa devise : « plus c’est gros, plus ça passe »..