Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Marine, Jean-Marie, nous n’oublions pas..

Récemment « le pianiste » et hier soir « la liste de Schindler », au-delà de chefs d’œuvres du septième art nous ramènent surtout à la barbarie qui entachera à jamais l’histoire mondiale et qui a révélé que le pire et l’inimaginable sont toujours possibles.

Notamment, quand à la tête des états, s’installe la bête immonde. Les caractéristiques principales de ces pouvoirs nauséabonds s’appuient toujours sur le rejet d’une catégorie ciblée de la population, responsable de tous les maux des bons patriotes qui ne sont qu’amour et volupté bien entendu.

Cette idéologie des tenants du repli nationaliste prospère comme jamais en tant de crise, même en déblatérant une série impressionnante de contre-vérités, aussi débilitantes que démagogiques, qui économiquement mettrait la France à genoux en quelques jours. Mais entre une gauche qui a perdu sa boussole et une droite qui lui déroule un tapis rouge sang, l’entreprise Le Pen se voit offrir non pas un boulevard mais une avenue..

Pourtant, ce parti, malgré le vernis grossier demeure toujours infréquentable pour raisons d’hygiène morale évidente. Il dégage toujours une odeur de sang, de haine, de baguette pas cuite et de mauvais vin.. Les réminiscences des pires heures de notre histoire, le souvenir des crimes les plus odieux contre l’humanité sont inscrits dans l’ADN d’une organisation politique que l’on se doit de démasquer au quotidien.

Le Pen fille laisse Le Pen Père président d’honneur de son organisation politique malgré les outrances quotidiennes de celui qui a insulté les millions de victimes de ce qui ne fut qu’un détail de l’histoire.

Le Pen fille se pavane au bal de la honte en Autriche aux côtés de la « Wiener Korporationsring », organisation qui fait plus que flirter avec le nazisme..

Le Pen fille qui s’affiche régulièrement en photos auprès de jeunes nazis, et qui ne cache pas son amitié inconditionnelle avec Frédéric Chatillon, ancien président du GUD, bien connu des milieux révisionnistes..

La liste est encore longue. Le parti de Le Pen Fille aura beau changer de nom, il ne pourra jamais se détourner de ses fondations idéologiques. Je prends le pari malsain que si un jour Le Pen Fille ou ses amis sont en situation de responsabilité, à terme, d’autres films très similaires à ce que je citais initialement verront malheureusement le jour  tant les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

Le choix politique du démantèlement

Tribune des élus d’opposition de la commission culture de la ville de Quimper (Nolwenn Macouin, Gilbert Gramoullé, Jean-Marc Tanguy) :

« Nous apportons notre soutien aux acteurs culturels et socioculturels quimpérois qui ont fait part de leur légitime grande inquiétude face aux choix totalement injustes de la majorité municipale. Nos pensées vont naturellement vers les salariés de ces associations qui aujourd’hui risquent de perdre leur emploi.

Nous saluons le courage de ces associations qui n’ont d’autres choix que de faire part publiquement de leur désappointement.

Nous partageons l’inquiétude des associations car nous considérons que la culture est essentielle pour l’émancipation et le lien entre les individus.

L’adjoint à la culture de la ville de Quimper n’a aucunement prit son dossier à bras le corps et n’a défendu aucun projet pour Quimper.  Entre l’abandon du Pôle Max Jacob et des coupes de 10% voire bien davantage pour les associations, c’est pour l’adjoint à la culture une défaite face au maire qui opte pour un choix profondément inique et dangereux concernant l’ensemble de la politique culturelle et socioculturelle quimpéroise.

Les choix politiques de la majorité municipale sont un démantèlement en règle et vont générer une perte d’attractivité conséquente pour la ville car la culture est créatrice d’une forte activité pour nombre de salariés, notamment d’associations.

Ces choix politiques se sont fait en complet mépris des acteurs concernés, qui n’ont aucunement été entendus dans leurs revendications, avec des déclarations contradictoires et sans aucun fil conducteur du maire et de son adjoint.

Ces choix politiques n’ont été aucunement débattu, en particulier au regard du nombre de Quimpéroises et Quimpérois concernés, puisque les Maisons pour Tous subiront aussi les lourdes conséquences de coupes claires. 

Perte d’attractivité, mépris des acteurs culturels, aucun débat.. L’exact contraire des engagements d’un candidat, qui devenu maire s’offre une crise en 6 mois avec les acteurs culturels et socioculturels de la ville.

Nous martelons que d’autres choix sont possibles, comme le fait la majorité des autres villes avec des structures équivalentes. Cette politique, ou plutôt cette absence de  politique culturelle de la ville porte la douloureuse empreinte d’une idéologie de droite dure. De la casse sur le fond et de la stratégie bassement électoraliste sur la forme, en essayant de faire passer la douloureuse le plus vite possible.

Il y a quelques semaines, le maire de Quimper évoquait des mesures inédites. Le caractère de ces attaques à des  pratiques qui méritent pourtant le respect des élus est en effet désespérément inédit. »

 

J’accède, donc je suis…

Hier, journée éminemment concrète et utile, grâce à une intelligente initiative de l’espace associatif Quimpérois. En partenariat avec « jaccède.com », nous sommes quelques bénévoles à nous être rendus dans différents sites du quartier de Penhars en particulier pour certes vérifier l’accessibilité des espaces publics, bâtiments municipaux et commerces, mais surtout pour faire œuvre de pédagogie et engager un dialogue direct et très concret avec celles et ceux que nous rencontrions.

J’ai donc crapahuté avec Chrystel, mon binôme du jour, qui avec son fauteuil électrique, n’a pas hésiter à tester, expérimenter, essayer de franchir parfois l’infranchissable..

Ce fut pourtant une journée tristement ordinaire, avec ses poubelles en plein milieu du trottoir, ses voitures stationnées en mode anarchie totale, ses portes lourdes comme un cheval mort etc etc etc..

Sur une journée type, la personne en situation de handicap se retrouve en position perpétuelle de quémandeur permanent, ce qui en soi est difficilement supportable, induisant ainsi le sentiment de dépendance et une forme de privation de liberté.

Nous avions comme mission en particulier d’évaluer les nouveaux commerces des 4 vents dans le quartier de Kermoysan. Deux constats s’imposent : la gentillesse et la chaleur humaine de l’ensemble des commerçants que nous avons rencontrés, et une accessibilité qui a été pensée et anticipée dans l’ensemble de ces sites, à une exception notable près.. Les portes de chaque commerce sont bien trop lourdes et sans accompagnement, Chrystel n’aurait jamais pu entrer dans aucun d’entre eux.. Encore la dépendance en pleine face.. L’environnement crée ici la situation de handicap..

Il y aurait plusieurs tomes à écrire pour narrer cette journée qui fut si intense, si dense et parfois si violente. Il faut beaucoup d’abnégation, de volonté, d’humour et de patience pour ne pas exploser de colère devant un environnement bien trop souvent hostile.

Si j’affirme totalement subjectivement que beaucoup a été fait en matière d’accessibilité sur Quimper ces dernières années, j’ajoute qu’énormément demeure à faire. En tant qu’élu municipal d’opposition, j’aurai évidemment l’œil bien ouvert sur le budget consacré à la mise en accessibilité de la ville, y compris sur la voirie, qui traditionnellement est doublé à chaque changement de mandature..

Toujours est-il qu’hier, aller sur le terrain fut bien entendu particulièrement salutaire avec des rencontres hautes en couleur et un sentiment de désespérance passagère vite effacée par une envie permanente de conquérir les étoiles, handicap ou pas.

Objectivité et Compétence..

La prise de décision politique nécessite de l’élu-e- un minimum de connaissances du sujet concerné et un certain sens de l’équilibre, avec l’intérêt général en ligne de mire.

La prise de décision politique doit faire l’objet de l’intérêt infini de l’élu-e- qui a pour devoir de considérer les tréfonds du moindre détail du sujet relatif à la décision qu’il va prendre.

Je constate parfois et me désole souvent que ça ne soit pas toujours le cas, d’un côté comme de l’autre de l’échiquier par ailleurs..

Ainsi, j’ai déjà entendu un-e- élu-e- dire que « même » une maman avec un « enfant handicapé » avait refusé un logement social..   J’explique que peut être si le logement était accessible, il n’était pas adapté à l’enfant en question et qu’un organisme existe pour recenser l’offre de logements accessibles et accompagner les demandeurs en fonction de leur type de handicap, tenant compte de chaque spécificité. Il y a un coût et du partenariat à mettre en place, mais c’est un choix politique qui peut répondre à des problématiques précises et croissantes. On me répétera que « oui, mais ça reste un problème le logement pour les handicapés ».. Je ne peux alors qu’exprimer mon désarroi..

Comme j’ai déjà perçu chez un-e- élu-e- une appétence pour tel ou tel façon de concevoir l’art et dénigrer presque publiquement toute autre forme d’expression artistique et parce que cette forme d’expression ne lui convient pas, remettre en cause son utilité et donc son existence.. Dans l’hypothèse où l’élu-e- en question serait en charge de la décision finale d’attribution d’une subvention, comment ne pas être sûr que va alors prédominer sa propre appréciation personnelle.

L’idéologie dominante du moment revient à tuer la pensée à défaut d’un prégnant individualisme et peut pousser aux comportements que je décris ci-dessus, mais ne pas demeurer en surface et s’exonérer de ses propres goûts personnel sont la moindre des exigences pour celle ou celui qui rend l’arbitrage final.

Comment ne pas se poser ces questions, en particulier à Quimper, avec le choix politique de la majorité municipale de réaliser des coupes claires dans le secteur associatif. Les exemples cités plus haut ne tendent pas à démontrer que compétence et objectivité seront au RDV face à des associations dont la question de la survie se posera.. L’amateurisme et les intérêts particuliers du décideur ne peuvent alors que conduire à un clientélisme certain.

Car à l’écoute de certaines réflexions de la majorité en question, il me vient à l’esprit la citation suivante de Woody Allen : « J’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire guerre et paix en vingt minutes. Ça parle de la Russie ».. Il en faudra plus, y compris face à des choix cruciaux d’avenir pour les associations Quimpéroises.