L’autre, celui qui nous fait.

« Portez votre culture, comme votre montre, et gardez-vous de la tirer de votre gousset et de la faire tinter pour le seul plaisir de montrer que vous n’en êtes pas dépourvus ». (Philip Chesterfield).

Dans la vie comme en politique, il est essentiel d’observer l’autre, sans malhonnêteté anthropologique, mais sincèrement, pleinement et avec une curiosité perpétuellement inassouvie. Si dans les pires moments de notre éphémère passage  terrestre, on peut faire sienne de la pensée Sartrienne, qui définit les autres comme l’enfer, la plupart du temps, cultiver sa générosité en étant vraiment avec l’autre permet de ne pas passer à côté de personnages tendres, savoureux et qui méritent toute notre estime.

Je pense à celles et ceux que je croise, comme autant de passants anonymes où en un regard profond échangé, on peut deviner une histoire, et tant de choses à se raconter qui demeureront lettre morte, par pudeur, peur ou lassitude. Il est possible d’écrire des tomes entiers sur la vie de chaque individu.

Je pense à des « gueules » que j’ai croisées hier soir par exemple, qui au-delà des rires, des pleurs ou des grimaces laissent envisager des fêlures indélébiles, des bonheurs profonds et des talents refoulés ou du moins injustement méconnus.

Je pense à mon camarade Hubert, avec qui je partage parfois un Colombelles le Dimanche matin au Braden, toujours avec un plaisir non dissimulé. Hubert, 50 ans de vie politique, jamais candidat, toujours plein d’espoir pour les autres et guidé par une humanité qui se lit dans ses yeux rieurs.

Trop d’anonymes encombrent les allées de l’indifférence alors qu’ils mériteraient des statues somptueuses à chaque coin de rue.

La passion de l’autre doit guider notre chemin, orienter notre parcours. Elle permet de nouveaux apprentissages, mais surtout aussi de caresser l’espoir de l’humilité et de répondre à l’invitation de Voltaire qui nous disait « il faut cultiver notre jardin », retourner à l’essentiel, à la terre, loin de considérations égotiques, de tendances narcissiques ou bassement matérialistes.

Dans « les vieux », Brel nous chantait entre autre la chose suivante : « Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin, traverser le présent en s´excusant déjà de n´être pas plus loin ».

N’acceptez pas leurs excuses, prenez les dans vos bras.

Étiquettes : , , ,
Previous post
Next post

Postez un commentaire