Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Zéro pointé..

Sans vouloir tomber dans un quelconque poujadisme, je reconnais de nombreuses vertus à quelques éditoriaux de la presse locale et nationale de ce matin. Force est de reconnaître en effet que la dimension symbolique de la loi Macron est incontestable, mais méritait-elle une telle guerre de tranchées. A titre personnel, pour ce que ça vaut, le travail dominical ne me parle guère philosophiquement mais des aménagements étaient sans aucun doute possible avec le souci du mieux disant pour les salarié-e-s concernés.

Je ne peux pas croire que ce débat autour précisément de ces aménagements n’a pu se dérouler au regard de la très longue durée du travail parlementaire de cette loi. Au lieu de ce travail constructif, le spectacle offert aux citoyens est à nouveau désolant.

Entre ceux qui forts d’authentiques convictions, ceux qui en toute irresponsabilité se servent de tribunes nationales pour préparer un congrès, ceux qui prennent la posture de l’intérêt suprême du pays… les cartes sont brouillées et le citoyen spectateur ne peut que faire œuvre au mieux de scepticisme, au pire de dégout. Et en coulisse de ce pathétique Soap Opéra, Madame Le Pen peut faire œuvre d’euphorie électorale, sans même dire un mot..

Nous avons, au cœur des élections départementales non seulement des valeurs, mais des principes mêmes de notre existence de femmes et hommes de gauche à défendre. En effet, à grand renfort de rencontres citoyennes, nous faisons œuvre de pédagogie sur la préservation du modèle solidaire du conseil général du Finistère. Nous parlons « concret », autour de l’emploi dans le département, de l’accompagnement de l’enfance, de la jeunesse, des personnes âges, celles en situation de handicap, de l’attractivité économique de notre territoire…

Il est plus que temps que certains tribunitiens médiatiques omnibulés par leurs brushings cathodiques rangent leurs peignes dans leurs poches ou ailleurs, et descendent dans l’arène avec nous, au contact de ce qui fait souffrance..

Car en attendant, trop de citoyens endurent les conséquences de cette interminable crise protéiforme, dans un climat de malaise économique et sociale presque inédit et avec le risque, si ce n’est déjà trop tard que celles et ceux dont on appelle les suffrages ne se sentent considérés qu’au moment des élections, se lassent et se servent de l’urne comme d’un défouloir.

Le comble de l’ironie ubuesque étant que les mêmes, au gré des déroutes électorales nous expliquent ce qu’il aurait fallu faire.. Il y aurait de quoi rire si les conséquences n’étaient pas si dramatiques pour notre démocratie..

Proximité et volontarisme

Hier, à la rencontre des habitant-e-s de Kerfeunteun dans le secteur de l’école Jacques Prévert. Nous sommes sur le terrain, et nous martelons qu’une fois conseillers départementaux, nous reviendrons dans chaque quartier de notre canton, au service des citoyens de notre territoire.

Les Conseillers Départementaux travaillent aux grandes orientations stratégiques qui mettent en œuvre les politiques départementales, mais doivent également demeurer au plus près des populations. Les champs de compétence du conseil départemental sont tellement vastes que notre devoir est d’assurer cette proximité.

Il ne s’agit pas de se faire élire et de disparaître ensuite.. Notre engagement est authentique. Il repose sur les politiques de solidarité, que nous lions directement aux enjeux économiques. Nous serons force de propositions et d’innovations dans l’accompagnement des personnes âgées, en situation de handicap, de l’enfance et de la jeunesse, tout en assurant la vitalité économique de notre département.

Un focus aujourd’hui (d’autres viendront sur d’autres thèmes) sur les politiques de jeunesse où le Conseil Général s’engage pour soutenir les familles et la jeunesse. Notamment au travers les politiques de prévention et de protection de l’enfance où la famille est au cœur de l’accompagnement car quiconque à un moment de son existence peut être en difficulté. C’est l’investissement dans les 63 collèges publics du département, notamment en matière d’accessibilité où l’ensemble de ces établissements scolaires seront accessibles à toutes les formes de handicap. Tous les départements ne peuvent en dire autant.

De nombreux dispositifs volontaristes permettent à plus de 450 jeunes d’être aidés pour le permis de conduire ou à 1000 jeunes de bénéficier d’un accompagnement renforcé vers l’emploi, grâce à l’expérimentation de la garantie jeune Finistère. Sans parler de l’accompagnement des contrats jeune majeur qui permettent à des centaines de jeunes de réunir toutes les chances pour une réelle insertion économique et sociale.

En effet, donner une chance à la jeunesse, c’est aussi parier sur les politiques économiques d’avenir. Tout est lié et aucune opposition n’est possible. Promouvoir d’autres choix, comme notamment promettre chacun pour son bout de territoire, comme ce fut le cas avant 1998 met en péril ces politiques globales qui servent l’ensemble d’une population. Ce qui n’empêche bien sûr pas d’être au plus près des habitant-e-s de son territoire, ce que nous voulons faire avec Isabelle ASSIH sur Ergué-Armel, Kerfeunteun et le centre ville de Quimper.

Être Conseiller Général et demain Conseiller Départemental, c’est tout mettre en œuvre pour maintenir ce niveau de service public à destination des populations et avoir la capacité d’innover et de proposer pour amplifier et rendre le plus efficace possible l’application concrète de ces politiques sur le terrain.

Nous serons ce jour à Ergué Armel, dans le secteur de Kerlaëron pour continuer ces rencontres citoyennes. Nous croyons en la force de l’engagement et nous voulons transmettre cette passion qui nous anime.

L’humain comme réponse..

Dans notre république, existent des territoires perdus, et ce n’est pas nouveau. En face, jusqu’à présent, toutes les réponses ont été caricaturales.. Entre une démagogie qui consiste à montrer ses muscles à grand renfort de communication à droite ; et un aveuglément angélique d’abord motivé par un électoralisme bon teint à gauche.

Sauf que l’addition est bien trop lourde aujourd’hui et génère désolation à l’intérieur de ces territoires perdus et à minima incrédulité pour les observateurs que nous sommes. N’oublions jamais que l’épilogue de la crise des banlieues de 2005 n’est pas dû à l’action du pompier pyromane, ministre de l’intérieur de l’époque qui a voulu rejouer la lutte des classes, ce n’est pas grâce aux forces de l’ordre, ni à l’armée, encore moins aux grands frères, mais bel et bien par l’action des imams en particulier. Illustration glaçante de la prise de pouvoir du dogme religieux sur la laïcité républicaine.

Au-delà des politiques économiques et sociales, il est temps de donner un visage humain à l’urbanisme. La loi SRU est un levier mais l’effort doit être prolongé. Clairement, tout le monde «n’est pas né sous la même étoile ». Le béton ou la plage.. Les fossoyeurs de la pensée feraient mieux d’admettre que certaines constructions, loin de tout, « bunkérisées », enfermées dans un béton sans horizon sont le premier facteur d’une concentration de difficultés. Ce n’est bien sûr pas une histoire de couleur, de dogme religieux (même s’il n’aide pas), mais de mode de vie, de contexte.. C’est bien sûr la question de l’inégalité territoriale qui se pose. Les réponses sont stériles à cet effet de la part de chaque camp pour le moment et ne confortent que la montée des populismes.

Une des meilleures réponses semble être la proximité, la réponse à dimension humaine. L’urbanisme, les formations, le logement repensé prendront des décennies pour à tout point de vue reconstruire nos cités et accompagner les populations vulnérables car la pierre a été privilégiée à la personne pendant des décennies. Elle a été pensée pour une catégorie de privilégiée.. La pierre doit aujourd’hui enfin être juste et intégrante..

Tout être humain est un être culturel, à partir du moment où il entre dans le langage et mérite considération et même accès à la possibilité de l’émancipation. Cet humanisme qui s’est récemment levé doit guider l’ensemble des actions de celles et ceux qui aujourd’hui décident ou aspirent à le faire.