Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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Les artisans de l’inclusion

Le combat pour éviter la fermeture du poste de l’enseignante spécialisée à Jacques Prévert fut exemplaire à tout point de vue. Comment ne pas cacher sa satisfaction suite à la décision rendue hier par l’académie qui revient sur sa position initiale et qui laisse l’enseignante en place.

Ce combat a d’abord été celui des enfants. En premier lieu les enfants sourds et malentendants qui ne verront pas leur avenir compromis. J’ai donc une forte pensée ce matin pour Léa et ses petits camarades, qui continueront à bénéficier de l’accompagnement qu’ils méritent et surtout dont ils ont besoin. Je pense aussi à tous les autres enfants, les « entendants » qui grâce à la présence de ce dispositif s’ouvrent à la tolérance et au respect de l’autre. Il s’agit fondamentalement de l’inclusion au quotidien, aussi bien en salle de classes que dans la cour d’école où le handicap disparaît aux yeux de tous.

Ce combat a ensuite été celui des parents. Les parents des 5 enfants concernés bien sûr. Leur humilité et leur discrétion n’ont pas entamé leur détermination. Et je ne suis pas prêt d’oublier le visage d’une maman en particulier quand hier, elle a appris que l’enseignement spécialisé était maintenu. Soulagement, bonheur et dignité retrouvée s’y mêlaient, devant le maintien de cet opportunité pour son enfant, qui dans cette école n’est pas différent. Comment ne pas penser non plus à tous ces autres parents de l’école Jacques Prévert, qui n’ont pas d’enfant sourd ou malentendant, mais qui par solidarité et par envie de conserver le modèle inclusif se sont battus eux aussi avec une détermination sans faille.

Ce combat a également été celui de l’enseignante spécialisée qui défend une éthique professionnelle et qui, pour l’avoir vue en situation, apporte à ces enfants bien plus que ses hautes qualités pédagogiques, mais aussi toute l’attention et l’affection dont les enfants ont besoin pour compenser leur situation de handicap

Ce combat a enfin été celui.. de nous tous. Car il s’agit du maintien d’un modèle de société où l’attention à l’autre prime, au-delà du respect stricto sensu des cadres établis ou imposés. Ce combat démontre que les luttes légitimes ne sont pas vaines, y compris dans nos sociétés fracturées. Je suis heureux ce matin d’y avoir travaillé avec Isabelle Assih et Jean-Jacques Urvoas, et une fois de plus, ce résultat appartient avant tout à toutes celles et ceux cités plus haut, qui le méritent grandement car leur joie est très certainement à la hauteur de la détermination et du cœur qu’ils ont mis à ce précieux ouvrage.

Longue vie à l’inclusion à l’école Jacques Prévert à Quimper

Semaine décisive pour Jacques Prévert..

Cette semaine, la décision sera prise relative à la fermeture ou non du poste d’enseignante spécialisée à l’école Jacques Prévert pour les enfants sourds et malentendants. Parents, enseignants, syndicats, et élus ont chacun dans leur rôle travaillé au maintien indispensable du fonctionnement actuel. Avec Isabelle Assih et Jean-Jacques Urvoas, nous avons tenté et tenterons jusqu’à mercredi matin d’éviter cette fermeture, que je considère pleinement comme injuste.

En effet, l’apport de l’enseignante spécialisée dans la prise en charge d’un handicap si spécifique est une véritable plus-value pour les enfants. Pour avoir pu assister à leur prise en charge, et constaté au plus près leurs difficultés, je crains que dans un groupe classe bien plus important, même avec un-e- Auxiliaire de Vie scolaire, ils ne soient perdus dans les apprentissages. Les enfants avancent considérablement malgré leurs difficultés et une rupture dans les modalités de prise en charge serait dommageable. D’autant que pour la rentrée prochaine, il est légitime de se questionner sur le manque de formation aux singularités du handicap auditif si des AVS prenaient le relais dans les écoles de proximité des enfants concernés.

Par ailleurs, au sein même du projet d’école de Jacques Prévert, l’inclusion est réelle et implique chaque acteur de l’école, à commencer par tous les autres enfants, qui au-delà des temps spécifiques de prise en charge sont en classe avec leurs camarades sourds et malentendants.

J’ai pleinement conscience que le fonctionnement de l’école Jacques Prévert peut revêtir un caractère atypique, n’étant pas une CLISS par exemple, mais il me semble qu’elle respecte pleinement le cadre de la loi par son aspect le plus important : sa vocation inclusive.

Enfin, après 25 ans de fonctionnement qui donne satisfaction aux enfants, aux parents et aux équipes éducatives de l’école, un temps de concertation doit être pris pour regarder la situation de chaque enfant, dans le cadre d’un travail avec l’ensemble des partenaires, à savoir l’académie, les parents, les équipes éducatives, l’Association Finistérienne pour Déficients Auditifs (AFDA) et les élus de proximité.

Vous retrouverez la pétition demandant le maintien du poste en cliquant : ICI.

 

Hier et demain..

Il y a un an jour pour jour, un certain nombre d’entre nous accusions douloureusement le coup d’une défaite cinglante aux élections municipales. Ainsi, l’écume des jours et la volatilité des êtres que nous sommes doivent nous garder de toute euphorie disproportionnée ou d’un triomphalisme malsain. Notamment face à tous ces visages rencontrés, parfois embués de larmes tant la souffrance économique et sociale est partout.

Je me dis juste que nous avons sans doute su en tirer quelques enseignements, avec le maître mot humilité en guide premier. Si nous n’avons pas rasé les murs pendant un an, ce n’est pas la peine de se pavaner en paradant aujourd’hui. D’autant que les victoires comme les défaites sont toujours collectives. Personne ne peut s’accaparer les premières ou s’exonérer des secondes. Il s’agit de tourner progressivement la page, et non pas de la déchirer brutalement.

Y compris au regard de la situation politique nationale, d’une abstention localement encore trop forte, les conseillers départementaux du Finistère que nous devenons n’ont que des devoirs. La responsabilité qui est la nôtre doit être à la hauteur de la confiance qui nous a été accordée.

Je suis fier d’avoir mené une telle campagne, avec authenticité et ce haut sens de la proximité que nous avons développé pendant des semaines, depuis Décembre 2014. Derrière chaque porte frappée, une nouvelle histoire s’écrivait.  Je demeure persuadé que la façon dont nous avons mené cette campagne illustre pleinement le fait que pour « faire de la politique », il faut aimer l’autre et se rendre disponible pour lui. La confiance qui s’est tant brisée doit repasser par le local, mais aussi par la preuve. Nous ne réussirons pas tout mais nous essaierons de toutes nos forces.

Notre projet solidaire s’appliquera dans un conseil départemental qui est LA collectivité des solidarités. Il s’agit de travailler collectivement au mieux vivre et à l’égalité pour l’ensemble des finistériennes et finistériens dans le cadre de grands projets structurants ; mais aussi d’être au plus près des habitants de notre territoire, sur le Centre-Ville, Kerfeunteun et Ergué Armel. Il ne s’agit pas d’être présent pour se faire élire et de disparaître pendant 5 ans. Réunions publiques, comptes rendus de mandat, présence dans les quartiers, lettres d’information, consultations préalables seront autant d’outils qui permettront d’être au cœur des besoins. Il ne s’agit pas « d’élus » et « d’électeurs » mais de citoyens et de leurs représentants et des nécessaires allers retours à bâtir.

Je suis fier d’avoir mené cette campagne avec Isabelle, avec qui nous avons retrouvé le Quimper que l’on aime, un Quimper solidaire, où l’on se respecte. Isabelle est une grande dame, d’une combativité impressionnante, qui a su aller au-delà d’elle-même pour que nous trouvions le supplément d’âme qui mène à la victoire. Nous la voulions, non pas pour la place, mais car les compétences du conseil départemental correspondent à ce qui cimente notre engagement en politique comme ailleurs. La complémentarité et la complicité furent totales et je ne doute pas que nous les prolongerons au sein de nos missions à venir.

Je garde les derniers mots pour mes camarades, notamment anciens, ou du moins pour celles et ceux qui m’ont vu grandir en politique et me construire pas à pas. Ils sont incontestablement les architectes de l’ombre de ce qui s’est produit ces deux derniers dimanches. Ils se reconnaîtront et je ne les remercierai jamais assez de toute façon.

Je finirai sur un si grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont tant aidé et encouragé et à toutes celles et ceux qui nous ont fait confiance. Notre devoir premier sera de la rendre. Ces mots de Jean-Jacques Urvoas pour conclure, analysant le scrutin départemental ainsi : « La désespérance se nourrit du sentiment que les élus ne pensent qu’à eux, qu’ils ne servent à rien, qu’ils agissent sans conséquence. Pour faire reculer cette impression, nous avons chacun une part de la réponse. C’est en tout cas ce qui m’anime. Au travail »