Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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Le goéland masqué

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Retour sur le festival littéraire du « Goéland masqué » à Penmarc’h où j’avais hier soir le plaisir de représenter la présidente de notre département Nathalie Sarrabezolles, dont l’attachement à la culture, et entre autre aux politiques de lecture publique est bien connu et reconnu.

La culture comme le sport sont l’un et l’autre des leviers d’émancipation indispensables. Ils permettent, en ces temps de tension permanente, de s’échapper, de s’évader l’espace d’un instant, et doivent pouvoir toucher tous les publics. A cet effet, Malraux allait jusqu’à dire « La culture, ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers.. ». Nous avons le devoir de mettre en œuvre un projet politique, qui permet le lien social, donc le bien social, et dans une finalité d’éducation populaire, d’élévation collective..

Le festival « le goéland masqué » répond pleinement à ces exigences. D’abord, car le projet vise à favoriser l’accès d’un large public à la culture dans le domaine de la littérature, mais aussi la lecture et l’image en y impliquant l’ensemble des bibliothèques, travail essentiel en terme de politique de lecture public, d’autant plus sur un territoire quelque peu excentré.

L’association de l’ensemble du réseau de lecture est essentielle dans le cadre de ce festival. J’ai vu très récemment, le week-end dernier notamment… d’autres événements… payants… avec aucun travail de fond en terme de politique de lecture publique… ni en amont, ni en aval.. et qui donc, à part le plaisir immédiat, ne sert strictement à rien

Toute l’année, le Goéland masqué intervient au sein de l’EPHAD de Menez Kergloff à Penmarc’h, travaille également à la promotion de la langue bretonne, organise des rencontres régulières avec les auteurs dans les bistrots et intervient également dans les établissements scolaires, de l’enseignement primaire au supérieur afin de développer la créativité de nos plus jeunes, et de contribuer à faire de la civilisation de demain des citoyens avertis et ouverts sur le monde.

Le Goéland masqué s’adresse à un public non pas de 7 à 77 ans, mais de 3 à 120 ans, soit à tous les âges de la vie, et contribue au rayonnement culturel de son territoire.

En ce qui concerne le polar, en particulier breton, ma connaissance se limite à des titres qui à la fois prête au sourire mais joue également sur la promotion de notre territoire comme « un macchabée à pont l’abbé », ou encore « coup de boule à Tréboul..

Pour autant, j’avais eu la chance il y a quelques années de rencontrer Thierry Jonquet, qui nous a malheureusement quitté et qui fut un pilier du polar social et engagé, dont l’œuvre m’a souvent profondément touché.

Lire un livre est un moment de grande intimité partagé avec l’auteur, un moment de calme apparent et pourtant une nourriture intellectuelle dont la source ne tarit jamais.

La lecture permet le silence, dans des fonctions politiques où tout le monde parle beaucoup et même tout le temps.. à commencer par moi… Ce silence permet d’apprécier la quiétude d’un moment de lecture. Et au-delà de son élévation, la lecture permet aussi le repos de l’âme..

Merci infini aux auteurs, qui nous offrent le cadeau du partage de leurs inspirations et nous font voyager dans des histoires qui se réinventent en permanence, avec audace et créativité.

Chabrol disait : « j’aime le polar, c’est comme une bouée de sauvetage pour explorer l’humain ».

Dans ce même esprit, les Espagnols votent ce dimanche et certains partis ont évoqué au cœur de leur campagne le polar : « le bourreau de Gaudi », parce que le polar s’inscrit dans la société, et qu’il est un révélateur de l’âme humaine, loin de ce qui ressemble parfois à un certain nombrilisme littéraire..  Le polar, lui s’ouvre sur le monde. Ce qui tombe bien dans le cas de ce festival, attendu que.. « tout commence en Finistère« ..

La tête haute..

Une fois n’est pas coutume, évoquons un film pas encore vu. Mais avec « la tête haute », que je vous conseille d’aller voir au Quai Dupleix à Quimper ce week-end, et qui est diffusé ce soir en avant-première à Cannes, c’est ici le portrait d’une jeunesse en errance.. Mais n’en déplaise aux théoriciens de la lapalissade démagogique, est décrit sans concession, et au plus près, la souffrance psycho-affective et morale d’un enfant qui dès le plus jeune âge connaît l’abandon et le rejet, et qui se venge ensuite aux âges où il peut le faire..

Contrairement à ce qui est indûment théorisé et diffusé par les tenants d’une ligne sécuritaire à tout crin, tous les chiffres extraits d’études sérieuses démontrent que la délinquance chez les mineurs augmente bien moins depuis 10 ans que celle des majeurs.

Autre statistique éloquente. La justice des mineurs concerne par an 212 500 enfants au civil, et 92 000 au pénal, selon les chiffres du ministère de la justice. Et pourtant, c’est systématiquement cette dernière qui est évoquée au détriment de la première, par certains politiques et certains médias..

« la tête haute » rétablira la vérité, un peu comme le fait « polisse », « Suzanne », ou la minisérie « 3XManon ». Tous tellement renversants et bouleversants de vérité..

Pas étonnant que Sara Forestier joue dans « la tête haute » et dans « Suzanne » et que Emmanuelle Bercot réalise « la tête haute » après avoir elle même joué dans « polisse ». Elle a hier matin sur Inter, défendu avec authenticité et émotion ce qui selon elle devrait légitimement être sacralisé, à savoir les politiques de protection de l’enfance.

Le conseil départemental en a précisément la responsabilité et les acteurs quotidiens de sa mise en œuvre doivent être pleinement reconnus. Ils sont plongés au quotidien dans ce que parfois la société refuse de voir, ou qu’elle préfère caricaturer à travers des représentations populistes mensongères, qui permettent de regarder ailleurs. Pourtant, les chiffres évoqués précédemment démontrent à quel point de nombreux héros du quotidien sont trop méconnus.

Qu’ils soient remerciés pour leur dévouement et à travers les politiques départementales, il est évident que le maximum doit être mis en œuvre pour permettre à tant d’enfants de se développer au mieux et ainsi de se construire un avenir.

Que celles et ceux qui osent par cynisme, méconnaissance ou confondante bêtise, parler d’un sujet qu’ils ne connaissent pas, à travers un poncif poujadiste tel que « laxisme » se taisent.. la tête basse..

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19552996&cfilm=224999.html

 

La politique, c’est l’autre..

Hier matin, cérémonie du 08 mai particulièrement émouvante où fort d’une longue préparation sur l’art oratoire, les enfants de l’école Léon Blum ont lu des textes de l’union des anciens combattants, et l’ordre du jour du général De Gaulle et du général de Lattre de Tassigny, avec une fougue républicaine et une passion citoyenne qui a touché les adultes que nous étions. L’indispensable devoir de mémoire et la transmission générationnelle ont prédominé hier et permettent de se doter de quelques repères, savoir d’où on vient pour savoir où on va, et surtout rappeler vers où nous ne devons plus jamais aller.

C’est aussi l’occasion de saluer nos héros, ce qui ont dit non, qui ne se sont pas résignés  et qui au prix d’une jeunesse sacrifiée, d’une innocence assassinée se sont levés avec un infini courage afin de sanctuariser leur liberté et préserver notre honneur collectif. Honneur collectif tant entamé par celles et ceux qui, non contents de s’être soumis à l’occupant, ont mis en œuvre l’horreur avec zèle. La reconnaissance envers nos héros est d’autant plus évidente que bien malin celui qui pourrait dire aujourd’hui comment il se comporterait face à la terreur morale et la peur physique qu’ont eux-mêmes connues celles et ceux que l’on célèbre aujourd’hui.

Je suis toujours très fier d’assister à ces temps forts, empreints d’une rare solennité, précieuse en ces époques où trop souvent l’artifice et le superficiel règnent.

Dans la même idée, n’hésitez pas aujourd’hui à vous rendre dans les locaux d’Emmaüs à Quimper, dans le secteur de l’Hippodrome, pour une grande opération de vente au public.

Etre présent aux différents événements d’une cité doit non seulement être un devoir, mais aussi un plaisir pour celles et ceux qui prétendent à être des représentants politiques. Et j’avoue mon étonnement quand j’entends parfois des discours, y compris à gauche, qui la main sur le cœur, évoquent les tartes à la crème de « ouvrir les portes et les fenêtres », «de reconquérir le peuple de gauche » mais qui depuis des années, ne sont finalement jamais présents, ni de près, ni de loin à la rencontre des citoyens.

Les moments de congrès de nos organisations politiques sont fondateurs pour se doter d’un logiciel, d’un cap etc.. Mais c’est aussi parfois le lieu adéquat pour mesurer le fossé entre ceux qui disent et ceux qui font. La base de la politique locale est d’aimer l’autre, et non pas d’aimer les lignes, que l’on a soi-même écrites, qui se perdent dans l’abime des égos inutiles. L’art oratoire, le vrai, je l’ai entendu hier matin, de la bouche des enfants de la république.

Une solution : la Solidarité

Un brulot de plus contre le parti d’extrême droite vient se perdre dans les abymes d’une triste indifférence, qui s’explique par une résignation collective que l’on peut comprendre, mais comment ne pas être profondément heurté, choqué et soi-même blessé face au déferlement de violence vu hier soir notamment dans Le Petit Journal…

Non, le front national n’est pas un parti républicain. Les images de dimanche dernier en sont une effroyable illustration..

Des militantes aux méthodes qui posent question certes, mais qui se font violentées.. à 5 contre 3..

Des journalistes qui se font agresser gratuitement par un député européen et frapper par des militants, sous les applaudissements d’autres militants..

Une présidente de ce parti qui non seulement ne condamne pas, mais cautionne et justifie les coups portés..

La dédiabolisation de ce parti de la mystification et de la haine ne doit être qu’un détail de son histoire..

Définitivement, la politique cathodique n’est pas celle que nous vivons sur le terrain local. Pour ma part, entre le pays de Cornouaille dont je m’attacherai à renforcer l’attractivité, dans toute la diversité et la richesse du territoire en question ; et le sport, qui à travers le soutien aux clubs doit exister comme un levier d’émancipation, il s’agit dans les deux cas d’actions concrètes, visant l’intérêt général, que je développerais régulièrement ici.

La feuille de route, aussi bien pour le pays de Cornouaille que pour le sport sera de toute façon guidée par notre volonté de faire vivre au quotidien la solidarité, à travers l’insertion, l’inclusion, et la prise en charge et l’accompagnement de celles et ceux qui s’éloignent de plus en plus de la possibilité de vivre mieux.

La confiance entre les citoyens et leurs représentants passera par le travail de ces derniers, ou ne passera pas. Y compris à travers l’action locale, et les avancées concrètes. Ces dernières devant par ailleurs faire l’objet de comptes rendus publics.

Il nous revient donc de mettre de la hauteur dans nos pratiques, à travers le travail sur le terrain. C’est pourquoi, localement, la solidarité doit régner, et certaines méthodes ne pas s’exporter, tel le harcèlement, la diffamation ou le mensonge pur et simple. Nous avons assez à faire, au-delà de désaccords de fond, pour agir dans la vie réelle.

Pagnol disait « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins ». Tentons, à notre modeste échelle de le faire mentir.