Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

« Fuite »…. de l’humanisme…

Les propos ci-dessous ne seront clairement pas à la mode, mais ils sont assumés, et en politique, tel est l’essentiel..

La métaphore ignoble de Sarkozy sur les migrants, en évoquant les fuites d’eau m’ont données hier de bon matin des hauts le cœur et une nausée généralisée..

Les rires gras et lourds des militants présents qui ont accompagnés les mots de la honte m’ont fait penser à la chanson de Jacques Brel « Au suivant ». Les voix de ses rires sinistres « sentaient l’ail et le mauvais alcool, c’est la voix des nations et c’est la voix du sang ».

France inter a eu la bonne idée de passer quelques extraits d’un discours de Valérie Giscard d’Estaing, à la coloration profondément humaniste qui exhortait à l’accueil des « réfugiés », que l’on appelle aujourd’hui migrants.. Mais depuis, la droite française, qui est républicaine, comme je suis couturière, court tragiquement après l’extrême droite de l’entreprise Le Pen, oubliant systématiquement que l’original est toujours préféré à la copie

A l’image du glissement sémantique précédemment évoqué, force est de constater que nous, la gauche, avons perdu depuis des décennies une certaine bataille culturelle, qui laisse à penser que l’ennemi est celui qui est juste en dessous, oubliant bien sûr de dénoncer celles et ceux qui se gavent bien plus haut..

J’ai eu l’occasion d’en échanger récemment avec un sénateur plus ou moins centriste bon teint, qui dénonçait les montants de l’aide médicale d’état pour presque 300 000 personnes… Je lui ai demandé s’il savait sur ces 300 000, le nombre pour lesquels on pourrait qualifier l’aide d’injustifiée… Je n’ai pas eu de réponses précises.. Je lui ai rétorqué que ce qui me choquait davantage, c’était par exemple le coût des sondages de l’Elysée pendant le dernier quinquennat. Mais il est évidemment plus commode, et sans doute bien plus lâche d’avoir l’indignation sélective..

Certes depuis le discours de Giscard, il y a plus de 35 ans qui se sont écoulés, la crise est durablement installée et des millions de nos concitoyens vivent dans des conditions de précarité extrême. Mais laisser à penser que le coupable de cette situation est le migrant.. C’est aussi mensonger que « fachisant ».. Décidemment, la simplification ne connaît pas la honte..

Honte pour tous les adhérents du parti de Sarkozy (impossible de citer le nom de ce parti, à l’identité profondément usurpée) ou qui participent à des groupes politiques apparentés.. Honte à eux car s’ils ne dénoncent pas, c’est qu’ils valident.. Qu’ils parlent maintenant ou se taisent à jamais comme dirait l’autre…

Assises de la Protection de l’Enfance

De retour des assises nationales de la protection de l’enfance qui se déroulaient à Rennes. De nombreux débats et échanges passionnants et percutants, qui évoquaient entre autre la notion de risque dans les politiques de protection.

Sur le contenu, c’est en fait la question de l’engagement des professionnels, des élu-e-s et bien sur des familles qui se pose. Un travailleur social peut-il par exemple, et sans inverser évidemment les rôles, ou trop en faire, partager une simple anecdote personnelle avec un-e jeune, ou une famille, afin de déhiérarchiser la relation, de désacraliser le statut dominant du tout puissant aidant sur l’aidé. Ou même sans en arriver là, comment en tous les cas trouver l’ouverture pour tendre vers une relation humaine, profondément égalitaire, propice à la confiance, donc donnant accès au réel travail de protection.

De nombreux pédopsychiatres, chercheurs, sociologues, élu-e-s, administratifs, anciens enfants confiés se sont succédés à la tribune. Avec le plaisir d’avoir entendu Emmanuelle Bercot, réalisatrice du si précieux « la tête haute » et ayant également co-écrit avec Maewenn l’indispensable « polisse ». Emmanuelle Bercot fut à la tribune humble, franche, entière, à fleur de peau, laissant deviner des fêlures, et suggérant une sensibilité profondément émouvante. Elle a su trouver les mots justes et forts pour expliquer sa passion et son amour pour le dévouement déployé par des travailleurs sociaux, qui au quotidien touchent à l’obscur, avec en tête la lumière pour celles et ceux qu’ils accompagnent.

Christiane Taubira, dans son style inimitablement lyrique a également honoré les travailleurs de l’ombre en évoquant notamment des dispositifs et des principes qui lui sont chers, en terme de bienveillance pour « nos enfants », quel qu’ils soient. Même s’il est possible de s’interroger sur les choix économiques gouvernementaux, notamment en terme de baisse de dotations aux collectivités, qui assurent pourtant le lien social quotidien à tous niveaux..  Profitons en également pour rappeler que la justice des mineurs concerne par an 212 500 enfants au civil, et 92 000 au pénal, selon les chiffres du ministère de la justice. Et pourtant, c’est systématiquement cette dernière qui est évoquée au détriment de la première, par certains politiques et certains médias..

Dans ses orientations politiques, le Conseil Départemental du Finistère met en place certains de ces dispositifs, sans doute avant-gardistes, comme par exemple l’extension à 25 ans des contrats jeunes majeurs. Pendant deux jours, nous avons en effet entendu toute la difficulté pour de nombreux jeunes, qui à la majorité, ou à 21 ans, sortent de l’ensemble des mesures d’accompagnement.

Pour conclure, les politiques de protection de l’enfance méritent toute notre attention et concentration. Il faut saluer le travail ingrat des soldats anonymes, qui visent la résilience de celles et ceux qu’ils croisent sur leur chemin. La protection de l’enfance doit être sacralisée et la réflexion permanente, dans un respect absolu des situations rencontrées, pour une science à dimension définitivement humaine.

« L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit » Françoise Dolto.

Voleurs de rêves…

Je propose que les dix millions de dollars de corruption de la FIFA soient versés aux clubs de Foot Fauteuil dans le Finistère par exemple…

Je sais que je risque avec cette comparaison d’avoir l’impression de dire que 2 + 2 = un kilo de pommes de terre..

Pourtant, il s’agit de la même pratique sportive, du même jeu, car oui, rappelons qu’il s’agit d’un jeu de ballon initialement.

Nous avons là une organisation internationale où l’argent coule à flots avec une indécence qui mène au dégout. Sans connaître encore tous les tréfonds de ce dossier, et en plein respect de la présomption d’innocence, difficile de ne pas faire œuvre de dégout face à un fonctionnement où la corruption semble devoir être une pratique aussi ancrée qu’à côté la Mafia serait un jardin d’enfants..

De l’autre côté de l’échiquier, je rencontrais hier entre autre un de ces « déplaceurs de montagne » qui reprend avec talent le foot-fauteuil à Quimper. Cette activité permet au-delà du handicap aux jeunes concernés de dire : « je vais à l’entraînement », « j’ai match ce week-end », sans parler de la joie de la passe décisive ou mieux encore, du but marqué. Sauf que pour en arriver là, entre le financement des fauteuils, du fourgon pour les transporter, des demandes de subventions, des recherches de partenariat, du réglage des fauteuils, et j’en passe, les « déplaceurs de montagne » sont en permanence sur le pont.

Ils arrivent à rejoindre la lune avec un parapente.. Cette vocation inclusive est un modèle de ce que doit être le sport départemental, à savoir un sport solidaire, l’occasion d’en reparler ne manquera pas.

En attendant, je demande officiellement à Monsieur Blatter et ses amis de se rappeler des militants du sport qu’ils ont été, de rendre compte de la corruption généralisée pour mieux y mettre fin, et enfin de venir rencontrer celles et ceux qui avec rien, arrivent pourtant à faire toucher les étoiles à leur footballers passionnés. Vous n’arriverez pas Messieurs les tricheurs à voler les rêves de celles et ceux, pour qui la victoire est d’abord dans la passion et la plaisir partagé par des héros anonymes qui au quotidien vous surclassent..