Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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ευχαριστώ (merci) Alexis..

La situation tragique quotidienne en Grèce est en fait une question bien plus politique que financière..

Tout d’abord, il est à dénoncer la mauvaise foi de certains médias… Les 640 Euros par Français que coûterait la réponse aux exigences grecques correspondraient à un effacement total de la dette.. Ce que personne ne demande… Une certaine droite populiste et démagogique (une fois de plus, le nom républicain est ici foulé au pied..) joue lamentablement sur ce type de peurs et d’égoïsme facile en s’appuyant sur un mensonge honteux..

En réalité, un rééchelonnement de la dette ne ferait pas perdre d’argent à la France.. Et d’après Libération, les bons du Trésor grecs achetés par la BCE rapporterait même à notre pays 80 millions d’Euros par an…

Sur le plan politique, comment ne pas saluer le courage démocratique, le courage politique et l’honnêteté intellectuelle du premier ministre Grec. C’est une forme de « romantisme politique » peut-être, mais alors quelle bouffée d’oxygène dans la prédominance actuelle de la tiède et médiocre technocratie.. Alors que les différents pouvoirs qui se sont succédés en Grèce ont admis en 2004 puis en 2009 leur mensonge absolu sur les comptes Grecs.. Et aujourd’hui,  c’est le premier ministre actuel Grec qui serait à condamner.. Et pas les menteurs et les fossoyeurs qui, de surcroît, pour faire plaisir à Bruxelles ont trahi leur peuple autant que l’Europe

Il faut aussi regarder l’histoire récente.. l’Europe a laissé Athènes entrer dans l’Euro.. en pleine connaissance de cause d’une situation qui ne fut dévoilée certes qu’en 2004.. Mais à l’époque, Berlin et Paris ont pourtant refusé de donner des pouvoirs d’investigation à Eurostat, l’institut de statistique européen. Nous fûmes étonnement tolérants à l’époque, et nous serions étonnement intransigeants maintenant..

Notre devoir est également de ne pas être tièdes et de ne pas laisser les extrêmes récupérer le courage de Tsipras. En particulier le parti d’extrême droite Français, qui profite à de très mauvaises fins de la situation, pour entretenir sa logorrhée tristement habituelle antisystème, mais qui ne partage rien sur le fond des orientations politiques du premier ministre grec ; A commencer par la volonté de l’entreprise Le Pen de l’affaiblissement de notre Union Européenne, que ni nous, ni Alexis Tsipras ne souhaitons..

Une autre voie est possible que celle de la frilosité social libéral, à défaut de la sociale démocratie, c’est celle d’un socialisme démocratique, d’autant que je demeure persuadé qu’une majorité de socialistes français auraient voté non Dimanche… Car les grecs qui ont voté oui, eux, sont d’abord et avant tout celles et ceux qui n’ont pas subi de plein fouet les politiques d’austérité.. Et nous rejoindrions leurs avis ? Nous femmes et hommes de gauche.. Choisis ton camp camarade..

Incontestablement, même si Le président Hollande semble tenter l’apaisement, il doit être bien plus fort et clair sur cette question.. C’est un moment historique pour sortir de l’ambiguïté et de la peur de déplaire.. Car de cette peur, on n’en sort jamais.. Les conséquences politiques, stratégiques et géopolitiques de la sortie de la Grèce de la zone Euro seraient dramatiques et le parti de Sarkozy à cet effet se ridiculise en évoquant cette possibilité.. l’Europe n’existe pas sans la Grèce.. Si elle sort, le coût pour la France sera alors bien plus élevé..

Si comparaison ne vaut pas toujours raison, comment ne pas se rappeler du 27 février 1953 et de l’effacement de la dette de l’Allemagne, dont un des créanciers qui avait accepté l’annulation de 60% de la dette était… la Grèce.. Il n’est point question ici de redevabilité, mais retrouvons notre intelligence collective. Car ce qui coute le plus cher dans notre construction Européenne, ce qui fait sa valeur, c’est la solidarité entre les peuples.. Le reste, c’est l’Europe de la jungle..

La vraie force de l’Europe réside dans cette solidarité.. Faire croire qu’entendre Tsipras et le peuple qu’il représente aujourd’hui est signe de faiblesse est une facilité idéologique populiste, qui procède du repli sur soi. La vraie faiblesse est de nier la réalité historique de l’Europe, dont la construction s’appuie sur une communauté de destins..

A l’image de notre drapeau bleu et jaune.. Il est plus que temps que notre projet politique européen touche enfin les étoiles..

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