Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Cornouaille, LA réponse..

Il est surprenant de constater que Monsieur Jolivet se répand dans la presse pour se plaindre du « siphonnage » de Brest sur Quimper… Faut-il lui rappeler qu’il n’est plus dans l’opposition et qu’il ne tient qu’à lui de rendre notre ville attractive. Agir serait plus efficace que d’en parler publiquement, car se plaindre ainsi, c’est subir. Le maire de Quimper doit donc rapidement se mettre en mode action, et proposer un vrai plan d’action à l’échelle de la Cornouaille.

D’autant que la fusion des CCI était de toute façon prévue par la loi, avec la métropole comme lieu d’accueil. La loi automatise ce qui se passe aujourd’hui. Métropolisation Brestoise soutenue à l’époque par un certain.. Ludovic Jolivet.. Et il avait d’ailleurs raison.. Mais l’on constate donc ici une forme d’incohérence.

Pour autant, le risque d’isolement pour Quimper est réel face à d’autres territoires qui se structurent. Mais à cet effet, le message du maire de Quimper est à rebours de l’histoire qui doit s’écrire devant nous. Pourquoi prendre le risque de diviser le nord et le sud du département, en crispant au passage beaucoup d’acteurs.. Au-delà de la division, le rôle du président de Quimper communauté doit d’abord être celui de la fédération, du rassemblement, et en particulier à l’échelle de la Cornouaille, qui est LA réponse face aux mutations actuelles qui nous entourent.

Ce territoire, avec ses 95 communes, ses 10 EPCI est le deuxième plus grand pays de Bretagne. La population y progresse tous les ans de façon régulière et représente 10,4 % de la population bretonne, et 10% des emplois bretons, fort notamment de ses filières agricoles, industrielles, de la pêche, le tourisme etc.. La diversité de la Cornouaille en fait sa force.

Sauf que ces atouts impressionnants aujourd’hui … ne servent à rien.. Pour une raison très simple.. L’absence de projet politique Cornouaillais, et un bassin de vie qui n’est à ce jour pas partagé. Tout est pourtant réuni pour que Quimper rayonne en Cornouaille et que la Cornouaille rayonne en Bretagne. Tout le monde y gagnerait. La fédération des acteurs politiques économiques de la Cornouaille est un travail que Quimper Cornouaille Développement (QCD) doit soutenir. Force est de constater que le maire de Quimper se désintéresse de QCD. Alors que l’urgence est bien de mettre en œuvre une Cornouaille politique avec une capacité d’entraînement. Il est temps d’agir, plus que de réagir..

Au titre du pays de Cornouaille, le département travaillera et accompagnera toute initiative allant dans ce sens, et prendra toute sa part à cette construction indispensable afin que la Cornouaille joue son rôle, qui ne peut être que majeur au cœur de la région Bretagne.

Dès fois, je suis contre, mais dès fois, je ne suis pas pour…

Il est clair que la baisse de dotation d’état aux collectivités est un choix qui peut se discuter, et plus particulièrement pour les départements qui prennent en charge les solidarités. Pour autant, dans les différents rassemblements des maires, il existe au moins une hypocrisie généralisée, si ce n’est une forme chronique de schizophrénie..

En effet, je mets au défi tous les maires qui soutiennent ce mouvement, François Baroin, en premier lieu donc, de ne surtout pas soutenir le candidat de droite en 2017.. Car, de ce côté de l’échiquier politique, ils jouent aux surenchères permanentes sur les efforts à faire par l’état…  100 milliards pour certains, 150 pour d’autres, 200, voir même 250 entendus récemment.. Soit de de 2 à 5 fois plus que les efforts demandés sur le quinquennat actuel.. Et dans le paquet, on baisse également les impôts.. On touche le fond de la démagogie électorale dont n’importe quel lycéen de seconde en filière ES voit ici l’irréalisme..

Autant dire qu’avec de telles ambitions, les dotations aux collectivités ne seront pas baissées, mais littéralement massacrées..

Ainsi, les responsables de la droite française mentent avec une irresponsabilité crasse, car soutenir ce type de manifestations n’est rien d’autre qu’une grossière stratégie électorale en vue des régionales de Décembre prochain… Car si par malheur Sarkozy ou n’importe lesquels de ses meilleurs ennemis arrivent aux responsabilités, ils seront les premiers à avoir la main très lourde sur les collectivités.

La gouvernance locale de la majorité Quimpéroise elle aussi est clairement schizophrénique.. Le maire, Docteur Jekyl nous évoque sa solidarité avec cette politique économique du gouvernement. De nombreux adjoints, Misters Hyde expliquent leurs choix de retrait de nombreuses politiques par de trop lourdes baisses de dotations de l’état.. Mais concluent à chaque fois par « on vous soutient »(le Quartier, l’ADAPEI, le forum de l’économie sociale et solidaire, le garage social etc..) .. Après un discours accaparant, souvent long, poussif et sans aucun engagement concret. Le soutien n’est sans doute que verbal, ce qui fait une belle jambe aux porteurs de projets concernés mais qui est un peu court car non seulement pas assumé, mais défaussé et contradictoire de leur « patron ».. Mais bon… « On vous soutient… »

Pour résumer cette incompréhensible position de la majorité Quimpéroise, comme dirait un des enfants de la classe de Coluche dans le maître d’école : « Dès fois, je suis contre, mais dès fois, je ne suis pas pour »…,

Le lien social, ce trésor inestimable..

Week-end très dense et intense au niveau de la participation à de nombreux évènements associatifs de notre cité Quimpéroise. Un point commun indéniable à tous ces rassemblements est le niveau d’engagement des acteurs concernés. Il existe une véritable force collective, une énergie humaine remarquable au sein du bénévolat Quimpérois, qui valent parfois des rencontres hautes en couleur. Je pense par exemple à une des responsables de la fête du quartier de sainte Thérèse, dont l’investissement est total et désintéressé, au service de l’âme de son quartier.

Il est essentiel pour un élu-e- local d’être présent sur le terrain, régulièrement et avec plaisir, au contact des citoyennes et des citoyens. La proximité ne consiste pas uniquement à être là, mais à être heureux d’être là.. Il ne s’agit pas d’avoir la prétention de penser que l’on fait cadeau de sa présence !! Mais bel et bien de venir participer à une œuvre collective, y compris pour mieux comprendre et anticiper les aspirations citoyennes. L’élu-e-, certes est amené à prendre des décisions dans des bureaux, après avoir étudié les contours d’une situation dans les recoins des tréfonds de chaque détail, ce qui nécessite de fait travail et réflexion. Mais cette présence sur le terrain, et ce travail en prise de décision ne sont non seulement pas incompatibles mais complémentaires, à moins de manquer cruellement d’humilité pour imaginer que l’on est un sachant seul.. Etre élu, c’est accepter une mission potentiellement éphémère et qui ne confère aucun statut privilégié, ne donnant que des devoirs et pas de droits.

Au regard de ce lien social à tous les étages, vu ce wend, comment ne pas souligner une contradiction politique.. Le gouvernement, à travers la loi NOTRe nous explique que le conseil départemental voit ses missions de solidarité renforcées, au travers les politiques de l’enfance, des personnes âgées, de la prise en compte du handicap et que cette orientation est donc très importante. C’est d’autant plus important qu’à gauche, la  solidarité est un mot clef, une valeur intrinsèque et fondatrice. Sauf que les choix économiques actuels se tournent vers les entreprises, ce qui est très bien, mais semble-t-il sans suffisamment de contrepartie ou de régulation, et en tout cas sans résultat sur le marché de l’emploi ; Tout en demandant non pas des efforts, ce qui est de toute façon légitime, mais plutôt des saignées aveugles à des collectivités, qui assurent le lien social sur l’ensemble du territoire..

Il ne s’agit pas de fronder, je laisse les clubs aux golfeurs.. Mais de souligner une contradiction dans ces orientations, qui je l’espère ne mettra pas en péril cet esprit de solidarité collective souligné plus haut. Mais tout comme il convient de ne pas se tromper d’entreprises pour les cadeaux fiscaux, il convient également de faire attention au niveau du sacrifice demandé aux acteurs de la solidarité à tous les âges de la vie.

J’ai enfin une pensée pour les amis du CAREPA, sui ont eu la généreuse et ingénieuse idée de solliciter une minute de silence au regard du drame humanitaire des réfugiés.. Je ne suis pas sans savoir qu’à Quimper, vont se mettre en place rapidement des actions concrètes de solidarité à cet effet, et gageons que chacun-e- à sa place et dans ses moyens, y prenne sa part.

Aylan..

sans-titre Aylan ange Aylan en vie

Dans quelques heures, comme vice-président du conseil départemental, en charge du pays de Cornouaille, je me rendrai dans trois collèges de notre département, dans le cadre de la rentrée. Je sais Aylan, que tu n’iras jamais au collège, que tu ne connaîtras pas les angoisses du tableau noir, et le bonheur de la sonnerie de fin de journée..

Je sais que l’on ne fait jamais de bonne politique sous le coup de l’émotion, mais ton petit corps sans vie nous torture l’esprit.. Tu es notre enfant… Certains me parleront de bonne conscience occidentale boboisante, mais qui est très certainement plus saine que l’indifférence crasse des cœurs asséchés, qui seraient les premiers à supplier pour 100 fois moins de drame. Tu es notre enfant, Ils sont nos frères et nos sœurs… Certains de mes voisins veulent savoir si toi et les tiens êtes dignes de notre hospitalité, pourquoi vous voulez venir ? De quel pays vous venez ? Vous venez de la planète terre.. N’Est-ce pas suffisant.. Car tu es notre enfant Aylan.

Je sais que l’on ne fait jamais de bonne politique sous le coup de l’émotion mais le seul appel d’air dans ce drame est idéologique, c’est l’appel d’air du FN aux « LR ». Et le seul courant d’air de cette affaire est sous le crâne d’une certaine Nadine Mora.. C’est tellement plus lâche et facile de jouer sur les petits égoïsmes conservateurs.

Je sais que l’on ne fait jamais de bonne politique sous le coup de l’émotion, la preuve en est les photos des enfants syriens morts il y a deux ans.. Trop peu d’entre nous s’en souviennent. Dans deux semaines, une fois l’émotion retombée, de quel autre information anxiogène serons-nous à nouveau addicts.. Alors, autant faire vivre ce moment, pour qu’il serve vraiment à quelque chose.

Je sais que l’on ne fait jamais de bonne politique sous le coup de l’émotion, mais tout le monde doit prendre sa part, car les réfugiés ne sont pas des rats, faut-il le rappeler. Mais notre ambition doit être celle de l’assimilation, car il s’agit de respect des populations que nous accueillons. Car de toute façon, il faut accueillir nos sœurs, nos frères et nos enfants ; mais une fois l’émotion passée, il faut leur assurer des conditions sécurisantes et décentes, au risque de les mettre en difficulté ainsi que leurs voisins accueillants et surtout au risque de rejouer des scènes que l’on connaît trop bien.

Je sais que l’on ne fait jamais de bonne politique sous le coup de l’émotion, mais c’est maintenant l’heure de la mobilisation générale. Je suis fier que mon parti politique fasse œuvre de clarté sur l’accueil de nos sœurs et frères réfugiés. Mais le président se grandirait à faire très vite « l’appel des maires », avec les moyens de l’état, des collectivités, des associations pour assurer certes les voyages, mais aussi et surtout l’après. Politiquement, la seule conséquence de la peur de la montée du FN est … la montée du FN. N’ayons pas peur de notre ombre, allons pour une fois au bout d’une logique, d’une doctrine.

Je sais que l’on ne fait jamais de bonne politique sous le coup de l’émotion. Je me martèle cette affirmation, car je ne veux pas me tromper d’analyse. Cette photo déchirante de notre enfant Aylan est le symbole ultime de nos erreurs historiques.. Elle est le cliché qui sera le témoin de l’histoire, qui nous jugera légitimement sévèrement, mais si cette photo était non pas un phénomène de compassion éphémère de l’information jetable, mais bel et bien un point de départ.. d’une nouvelle ère, plus juste, plus humaine, plus éclairée. Nous le devons à notre enfant.. Nous te le devons, Aylan.

Prendre notre part…

C’est la rentrée.. Sauf pour 57 Millions d’enfants dans le monde.. Faute à la pauvreté, aux discriminations et à de multiples causes… « Sur le chemin de l’école » démontrait déjà avec talent le parcours du combattant pour le simple droit à l’éducation pour de nombreux enfants.

Parmi eux, les enfants « migrants », que l’on va appeler de leur vrai nom « réfugiés ».. Mais pas de panique… Une réunion « extraordinaire » de l’Union Européenne aura lieu le 14 Septembre.. Combien de morts en attendant… Puisque nous sommes dans un traitement de l’ordre de la déshumanisation, et dans des logiques comptables non incarnées, réalisons un calcul macabre..  Sur une base de 400 morts par mois depuis Janvier 2015.. En attendant le 14 Septembre, c’est près de 200 réfugiés qui peuvent mourir.. Mais en se disant que les choses avancent bien sur…

Quelques espoirs naissent cependant..

20 0000 Manifestants à Vienne pour demander un peu d’humanité pour des femmes, hommes et enfants qui pour une évidente majorité d’entre eux fuient la barbarie..

En France, le premier ministre a enfin ouvert une porte hier qui ressemble à la tradition humaniste française. Au parti socialiste, nous devons arrêter d’avoir peur de notre ombre.. En ne proposant pas des modalités d’accueils aux réfugiés, on plait à qui ? A celles et ceux qui de toute façon s’entretiennent dans la haine de l’autre, à celles et ceux qui auraient sûrement brillé il y a 76 ans en France..

Il y a le camp à venir pour 1500 réfugiés et également des voyages prévus dans des villes et villages en France. L’idéal serait même que le président de la république lance un appel aux maires afin qu’ils se portent volontaires. Il a bien pris la parole pour une ado.. Pourquoi ne pas le faire pour les milliers de réfugiés qui viennent mourir sur nos côtes… C’est le moment pour grandir la fonction présidentielle et pour s’ancrer à gauche..

Plus sérieusement, regardons l’exemple de Peyrelevade, village de 800 âmes en Corrèze où c’est le maire qui a décidé de faire venir des demandeurs d’asile dans l’ancienne maison de retraite, pour redonner vie au village. Il a depuis ouvert une classe en plus alors que l’école était menacée. Il s’était juste renseigné auprès d’autres villages qui ont déjà travaillé sur ces modalités.

Il s’agit en fait d’organiser cet accueil, de faire travailler les associations pour permettre les conditions de la bonne intégration. Mais une fois ce travail accompli, toutes les micro-expériences en la matière non seulement fonctionnent mais permettent des échanges culturels, des services rendus, et une émancipation collective.

Il est tellement plus facile d’ériger des murs, et d’installer des barbelés, de jouer sur les peurs en disant protéger ses populations.. Au-delà de la déshumanité, c’est ici œuvre de lâcheté et une erreur historique allant à rebours de l’histoire de notre civilisation. Comme dirait Michel Rocard, et je ne citerai que volontairement la partie de la phrase que l’on oublie toujours à propos de l’accueil de la misère du monde : « nous avons vocation à y prendre notre part ».