Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Vive la Bretagne, vive la République..

Comment ne pas être profondément irrité du comportement des sénateurs amis de Madame Le Bal et de Monsieur Le Fur sur la question des langues régionales..

Par une basse pratique parlementaire, ils mettent un coup d’arrêt brutal à la ratification de la charte européenne des langues régionales.

Au-delà de la manœuvre politicienne électoraliste, l’argumentaire utilisé est aussi inopérant que désespérant. : « Il y a d’autres priorités pour les français ».. Affirmation qui laisse à penser que les élu-e-s ne pourraient pas s’occuper de plusieurs sujets en même temps.

Les parlementaires qui osent de tels propos ont pourtant une équipe et des moyens suffisants à disposition, pour travailler sur de nombreuses thématiques simultanément, ce qu’ils font toute la journée, même pour les plus cumulards d’entre eux, à n’en point douter. En tant qu’élu local (même inutile.. ), je peux intervenir dans une même journée sur les projets d’une commune de la Cornouaille, sur des questions de protection de l’enfance, les affaires sportives, j’en passe et des meilleurs. C’est CA être élu.

Le prétexte est donc fallacieux et dissimule en fait une triste réalité en sus de la manipulation électoraliste. Cette réalité est le jacobinisme archaïque latent de trop de parlementaires qui ne comprennent pas que la force de notre pays se nourrit de la diversité de ses cultures régionales.

Face à ce genre de comportements, apparaît à nouveau la question posée justement par Jean-Jacques Urvoas sur une nécessaire assemblée de Bretagne, qui au-delà des clivages politiques, comme le font régulièrement les assemblées d’élu-e-s de notre région, aurait pu émettre un avis dont la force aurait peut-être pu influencer la décision finale. Car on peut légitimement se demander, au regard de la faiblesse de l’argumentation citée ci-dessus et justifiant l’injustifiable, si certains parlementaires ont réellement toutes les cartes en main pour prendre une décision éclairée..

Qu’il s’agisse de la réunification, qui demeure une possibilité pour laquelle avec d’autres, je continuerai à militer, ou de la ratification de la charte européenne des langues régionales, je n’ai qu’une chose à dire aux amis de Madame Le Bal et Monsieur Le Fur au sénat : Vive la Bretagne, vive la République.

L’avis d’un élu inutile..

Depuis quelques temps, existe la résurgence d’une petite musique dont je ne comprends pas les paroles et dont l’air semble tourner à vide. En effet, selon certain-e-s, et sur différents plateaux de l’échiquier politique,  qu’il s’agisse du leader de la droite départementale ou hier dans un débat sur la réunification et la langue bretonne, il faudrait « supprimer les départements », ou du moins leur gouvernance politique..

Je propose alors une double invitation à toutes celles et ceux qui tiennent ou soutiennent ce genre de propos péremptoires et radicaux : D’une part, ne présentez plus de candidat-e-s à cette élection inutile. Et surtout d’autre part : venez passer une semaine dans les services de l’Aide Sociale à l’Enfance par exemple, ou ceux de l’accompagnement des personnes âgées, des personnes handicapées, de l’insertion etc… La bonne conduite de l’ensemble de ces dispositifs nécessite des orientations, des choix politiques afin d’accompagner au mieux des publics fragilisés. Une solidarité qui est au cœur des politiques départementales. Etre élu départemental, c’est être élu du réel, du quotidien.

Au sein du conseil départemental, certains, qui pourtant portent le verbe haut, à droite comme chez les régionalistes préfèrent quitter l’enceinte ou ne pas participer aux débats dès que l’on aborde les questions en lien avec la prise en charge des publics qui en ont besoin.. Drôle de conception du débat politique, du service public et de la mission d’un conseiller départemental. Pourquoi y rester élu si ces sujets ne méritent que leur dédain.. Pour au moins l’un d’entre eux, il est plus agréable de jouer les courtisans à Paris, dans une surenchère Thatchérienne qui mènera un jour à l’annulation de toute politique sociale, à n’en point douter..

La contenance et l’aplomb sont certes des qualités dans la vie comme en politique, mais ne sont pas constitutives de l’engagement d’un élu local, au service de la collectivité pour laquelle il a été élu. Il s’agit en tout cas pour la majorité départementale de défendre une certaine vision des politiques de solidarité, ancrées dans le quotidien des finistériennes et des finistériens, ce qui n’empêche évidemment pas de porter d’autres enjeux structurants pour notre territoire.

La même déconnexion a existé hier aussi lors du débat cité plus haut. Sur la question essentielle de la réunification de la Bretagne :

D’un côté, Isabelle Le Bal, représentant le candidat des Républicains qui prône pour une décision qui doit se prendre dans les assemblées d’élu-e-s.. Ce que j’appelle pour ma part une ½ démocratie, car une décision si forte et importante ne peut passer uniquement par les collectivités, aussi représentatives soient-elles, et qui certes ont mandat pour donner un avis sur la question, mais pas pour décider.

De l’autre côté, Christian Troadec, qui, en grand démocrate pense décider seul des règles du jeu et pense que comme il pense que la réunification est la solution, alors elle doit se faire.. Je caricature à peine.. La pression de la rue est essentielle, et comme je l’ai déjà fait, je me rendrai à nouveau à tout appel revendiquant la Bretagne à 5, mais en l’espèce, cette pression, seule est stérile.

La seule option viable, à titre personnel, je l’ai déjà écrit, et je la martèle est de ne pas avoir peur de la démocratie, pas celle des salons de Mme Le Bal, ni celle de la rue de Monsieur Troadec, mais la seule et unique qui donne un cap, celle du vote républicain. Un référendum en Loire Atlantique, un autre dans toute la Bretagne, pour débattre puis trancher sur une volonté réciproque d’unir une communauté de destins.

En tant que conseiller départemental inutile, je continuerai autant que j’y ai le droit (…) à plaider pour un rapport direct et de proximité avec les citoyens qui en ont besoin et / ou qui le souhaitent.

« On ne va pas donner 37 000 Euros pour faire grimper les enfants dans les arbres »…

Sans rejouer la scène du conseil municipal du terrain Bouchaballe de Max Jacob, hier soir au cœur de l’assemblée délibérante, la comédie fut assez dramatique.. Les acteurs ont enlevé leurs masques, une fois la presse sortie du théâtre bien sur..

L’adjoint à la culture a endossé le rôle du comédien naïf et sympathique en nous avouant, avoir découvert dans la presse le départ de Teatr Piba sur Brest.. Effet boomerang pour le maire de Quimper.

Mais l’acteur comique s’est soudainement transformé en tragédien, car le pourtant affable adjoint à la culture à balancé à propos de Très Tôt Théâtre, au sujet des festivités de fin d’année la réplique suivante, sans doute sous forme de théâtre d’improvisation, non écrite aux dialogues : « On ne va pas donner 37 000 Euros pour faire grimper les enfants dans les arbres ».. Je vous laisse respirer et profiter..

Monsieur Le Roux n’est aucunement quelqu’un de méprisant, pour autant cette phrase est empreinte de mépris..

Les bénévoles et artistes qui font vivre la structure en s’investissant depuis des années apprécieront très certainement, même si force est de constater qu’ils commencent à en avoir l’habitude.. Là aussi, comme un boomerang pour le maire de Quimper..

Ma dernière tirade de cette comédie humaine qui tourne doucement au film d’horreur sera finalement de constater la cohérence de la majorité car… Ce sont les patrons, ils paient, ils décident, ils n’aiment pas, ils ne paient pas.. On connaît la chanson, les paroles sont glauques, les interprètes tristes, la musique.. Funéraire..

Quimper pépére perd…

Pour la première fois depuis longtemps, j’ai honte de l’image de ma ville.. A travers l’expression récente de son maire et la polémique absurde lancée face à Brest, Quimper donne l’image d’une pleureuse, dans une complainte permanente, en coma profond, qui rejette toujours la faute sur les autres, incapable de s’activer et n’assumant rien. « Libérons Quimper » qu’ils disaient.. Ou quand la communication de marketing électorale vient se fracasser contre la réalité politique. Agissez, au lieu de vous répandre dans la presse. Rassemblez au lieu de diviser et de nous mettre tout le monde à dos.. Écoutez votre adjoint et vice-président Monsieur Guénégan qui vous dit : « s’il veut que Quimper prenne toute sa place Ludovic Jolivet doit devenir  » Le rassembleur de la Cornouaille. Pas le diviseur du Finistère »

Pour la CCI, les changements actuels étaient inscrits dans la loi sur la métropolisation soutenue par .. le même qui crie au loup aujourd’hui.. Le besoin de desserte aérienne de qualité dont la fermeture était soutenue il y a encore peu par.. devinez qui.. Mais aujourd’hui, le projet pour la ligne Londres-Quimper… Ce sont des drapeaux britanniques dans l’hyper centre.. On est sauvés… On avait cru à une kermesse inter écoles jumelées au départ.. Vision étriquée, ou pas de vision, telle est la question… Pour continuer à filer la métaphore outre-manche..

Quimper n’est pas une bourgade que l’on gère à la petite semaine, recluse, qui auto suffit et fermée sur la Cornouaille, le département et la région. Faire croire que nous serions une sorte de petit village gaulois est une œuvre poujadiste, un triste et grave repli sur soi..

Gérer la ville ne se résume pas à désorganiser le réseau de transport en commun, à mépriser les acteurs culturels, dire « on vous soutient » à toutes celles et ceux que l’on aide pas, à monopoliser la parole à coup d’anecdote personnelle en caporalisant les acteurs, à l’organisation d’un cochon grillé place saint corentin..

Gérer la ville, c’est avoir une ambition pour elle, une vision, un projet collectif porteur de sens, et non pas faire plaisir aux copains et coquins, comme du temps de De Rohan à la région et de Miossec au département.. La droite locale a cette confondante capacité au clientélisme et à l’immobilisme, qui à ce jour peut mettre Quimper dans de véritables difficultés, faute de perspectives affirmées..

Ce risque malgré tant d’atouts et de forces Quimpéroises est celui du coma profond, d’une ville toute petite, une bourgade fière mais d’une fierté inutile car éteinte et agonisante.. Une ville qui s’est récemment ridiculisée, au travers du pathétique épisode d’un discours édifiant vu par 17 000 personnes.. Une ville, qui maintenant s’isole, par son absence de pilotage de la Cornouaille, et son opposition inutile à Brest… Mais… Mais, c’est toujours la faute des autres.. Pourtant se plaindre c’est subir. Pourtant, ne pas agir c’est mourir.

Dans les déclarations récentes du maire de Quimper, point question de surfer sur une vague électorale en vue des prochaines régionales.. Pensez-vous… Avec une première adjointe en bonne position dans cette histoire.. Mais non bien sûr.. L’étape suivante sera la critique des institutions départementales et régionales (pourtant le contrat avec la région a été encensé récemment en Conseil par la majorité.. les documents sont à disposition du public..). Mais SVP, mettez fin à cette triste blague.. A quand un vrai débat privilégiant l’intérêt général avant les petits profits électoraux. Il ne tient qu’à cette majorité d’agir afin de « libérer Quimper » plutôt que de se répandre en pleureuse dans la presse..

Une solution est dans l’article ci-dessous : la capacité d’entraînement par ce formidable outil qu’est la Cornouaille.. Les atouts de sa diversité ne peuvent être négligés.. S’ils ne sont pas utilisés par le maire de Quimper, alors il faudra bien que d’autres s’en chargent, car pour le moment, à défaut d’être une locomotive active de la Cornouaille, Quimper en est une charrette qui n’avance plus..

Osons la Cornouaille Monsieur Le maire