Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Indignité nationale…

Certaines méthodes politiques interpellent franchement.. Il n’est par ailleurs point question d’esprit partisan car il m’est déjà arrivé de critiquer les orientations gouvernementales, aussi bien  sur la politique économique que sur la non-réunification de la Bretagne. Mais dans ce qui nous concerne aujourd’hui, la droite dite « républicaine » a fait preuve notamment mardi d’une indignité consternante. Il y a des séquences exigeantes en politique, qui ne privent pas d’un nécessaire débat, mais dans un cadre de décence. Si Alain Juppé le fait, ses « camarades » devraient le suivre..

Certes, l’unité nationale ne peut s’imposer d’elle-même. Précisément parce que nous sommes dans un pays libre et démocratique et que nous avons cette chance, ce bien inestimable de pouvoir débattre et argumenter.

Mais l’unité nationale, si elle ne s’impose pas, elle se vit.. Choisir de la rompre ne veut pas forcément dire faire preuve d’indignité nationale. Nous n’avons pas encore enterré nos morts que certains responsables politique font honte non seulement à leur nom de parti, mais aussi à leur mandat, et même à la politique toute entière. Mardi, la séance de questions au gouvernement fut à cet effet la journée de la honte..

Pour commencer, et peut être le plus grave, au moment où Manuel Valls rend un vibrant hommage au courage des forces de l’ordre et des services de santé, les députés de droite refuseront de se lever. C’est une insulte ignoble à toutes ces femmes et ces hommes qui se sacrifient pour les autres et qui font l’honneur du service public français. Il s’agissait pour les député-e-s concerné-é-s non pas d’applaudir le premier ministre, mais bel et bien nos protecteurs de tous les instants. Les intérêts partisans favorisés aux évidents remerciements à nos héros anonymes. Honteux.

Christiane Taubira et Marisol Touraine sifflées avant même qu’elles aient commencé à s’exprimer.. Misogynie ordinaire, haine gratuite, procès d’intention.. La question se pose.. Honteux.

Le groupe « LR » compte 199 députés. Sûrement le fait du hasard… Mais la plupart des questions au gouvernement relatives aux attentats ont été posées par… trois têtes de listes aux régionales.. Christian Estrosi, Valérie Pecresse et Laurent Wauquier.. Une fois de plus, l’électoralisme prime sur le deuil national.. Honteux

Sans parler de la chef de l’extrême droite française qui affirme que le gouvernement aurait du démissionner après les attentats ; Toujours la même, accompagnée de Nadine Morano cette fois ci (les grands esprits se rencontrent..) qui osent de lamentables liens entre l’accueil des réfugiés et les barbares terroristes (les premiers fuyant précisément les deuxièmes) ; Collard et De Villiers qui évoquent un pouvoir complice des attaques ; Wauquier et Ciotti qui demandent des centres d’internement.. .. Mais pour quel degré de radicalisation ? Qui décide ? Et en s’asseyant sur nos principes constitutionnels ?

Jouer sur les peurs est le seul leitmotiv, en simplifiant quitte à raconter n’importe quoi.. Dans les moments de crise, la nature humaine est souvent révélée..

Il est à souhaiter que la droite « pète un plomb » mais ne révèle pas là son vrai visage.. Car au-delà « d’une odeur d’ail et le mauvais alcool qui est la voix des nations et qui est la voix du sang » pour paraphraser Brel, certaines déclarations purement électoralistes et démagogiques en deviennent ridicules confinant à l’amateurisme patent..

En réclamant notamment la pose d’un bracelet électronique pour celles et ceux qui ont une fiche S (nouvelle lubie d’auto-proclamés experts).. La droite se ridiculise définitivement. Car autant dire que si vous frappez à la porte d’un individu surveillé pour lui dire que le bracelet va être posé.. Vous ne pourrez plus le surveillez, tout averti qu’il sera.. Heureusement que Sarkozy et Wauquier ne sont pas les patrons des services de renseignement français..

Enfin, à l’inverse, face à cette hystérie permanente, il y a au sommet de l’état un sens des responsabilités, un sang-froid et une sobriété qui rassurent. C’est aussi le discours de vérité qui prime quand Jean Jacques Urvoas explique calmement et avec précision que le risque zéro n’existe pas et que la démocratie exige du courage.. Le pays a besoin de débat utile, certes, mais aussi d’unité.. Force est de constater que pour le moment, il est privé des deux..

Ils ne gagneront jamais..

Nous sommes en guerre… Une sorte de guerre de civilisation, menée contre des fascistes qui ne représentent qu’eux même, ni une religion, ni un peuple, ni une culture . Ces mots civilisation et fascistes parce que nous sommes attaqués au cœur de ce que qui fait société en France : Notre liberté. Liberté d’aller assister à un match de foot, liberté d’aller voir un concert, liberté de flâner dans la rue, liberté d’être libre…

Les barbares assassins et l’idéologie qu’ils défendent, exècrent et ne comprennent rien à la valeur liberté. Au plus profond d’eux, au-delà de leur fausse interprétation sanguinaire du dogme religieux, Ils jalousent nos modes de vie.. Écouter de la musique, regarder du sport, constitue pour ces démons asservis une forme de satanisme.. Sans doute car ils n’admettent pas qu’autre chose de bien plus beau, autre chose de bien plus fort et autre chose de bien plus pur puisse émaner autrement que par la force divine dont ils pensent si stupidement défendre la cause.

Ces meurtriers aveugles veulent tuer notre bonheur… Ils veulent tuer ce qu’ils n’auront jamais.. Si j’étais croyant, je dirais que depuis hier soir, les allées du paradis sont encombrées de nos amis, de nos sœurs, de nos frères, ces héros anonymes éternels, morts au champ d’honneur de la liberté.

Le sang-froid doit être notre horizon. Faire face doit être notre droiture morale et intellectuelle. D’autant que ces guerriers de la haine ne gagneront jamais la partie.. Du sang innocent coulera à nouveau à n’en point douter.. Mais leur lutte sera vaine, car nous, nous resterons debout et libres.

Culture de l’écrasement…

Comme un mal rampant qui s’injecte au quotidien dans nos sociétés, et particulièrement en France, un changement de paradigme s’est opéré insidieusement. C’est l’avènement de ce que je qualifierai comme la culture de l’écrasement.. de l’autre, le plus faible, celui qui est juste en dessous.

En clair, y compris à coup de « harcèlement cathodique », de nombreux programmes, en particulier de la TNT, nous abreuvent de pseudos-reportages sur les fraudeurs au RSA, les fraudeurs à l’assurance maladie, les fraudeurs du pot de miel de tante Hortense etc..

Il est ainsi donné l’impression subliminalement que toutes celles et ceux qui « auraient la chance » de toucher un minima social doivent être considérés avec suspicion.. Il ne s’agit plus de bénéficier d’un système de protection pour survivre, mais bel et bien de profiter d’un système trop généreux pour se payer un 4X4. Comme si en écrasant (pour en revenir à la théorie initiale) celui-là, l’autre, juste en dessous, celui qui profite, abuse et donc fraude.. nous n’en serions que mieux logés..

Point question ici de Laxisme (totem absolu brandi immédiatement par tout bon « LR » lisant ces lignes), car évidemment la fraude doit être réprimée, c’est une lapalissade. Mais tout simplement, le scandale financier n’est pas là.. Pourquoi céder à la facile mécanique accusatoire de la culture de l’écrasement.. Qui, si on approfondit l’analyse est par ailleurs flatteuse, car elle induit là aussi de façon déguisée, que nous, nous sommes des bons citoyens, car il en existerai tant de mauvais..

Il faut donc absolument sortir de cette logique, finalement émotionnelle, pour regarder factuellement où se situent les injustices économiques et sociales.. Au lieu de regarder en bas.. Changeons un instant le curseur.. En effet, il existe encore de nombreux accords fiscaux entre certaines multinationales et certains pays.. Faut-il également parler de certaines zones de non droits de dizaines de milliers de mètres carrés, appartenant à des états (dont certains Européens) et avec trois vigiles pour tout surveiller, dans le cadre d’échanges, qui échappent à toute réglementation.. Ne confondons pas zone franche et paradis fiscal qui en est une variante, mais pour autant, d’incalculables capitaux y circulent sans aucune régulation..

Sans tomber dans un conspirationisme latent de série B, il est intéressant de regarder, et ce n’est qu’un exemple, qui détient une majorité d’actions à BFM TV.. Et les capitaux générés par ces groupes.. Les mêmes qui, selon moi bien sûr, participent à la culture de l’écrasement, et n’évoquent que très rarement en revanche certaines situations fiscales et financières.. « Étonnant non ? » aurait dit l’ami Desproges..

L’ensemble de ce système librement consenti, fonctionne très bien, y compris car tout le monde a besoin de l’autre, à commencer par certain-s- politiques, je ne dis pas le contraire.. Mais le nœud du problème demeure dans cette bataille culturelle perdue par les humanistes et progressistes, et sur le fait que de regarder en bas nécessite moins d’exigences intellectuelles que d’élever les yeux..

« Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt.. »

Familles de demain..

Le croquis ci dessous vu à un concours de dessin sur les familles d’hier, d’aujourd’hui et de demain.. Concours organisé par des travailleurs sociaux du Département ou se mélangent enfants confiés, suivis en prévention et enfants du personnel départemental.

Dessins dont une partie était pilotée en atelier avec les enfants par un bénéficiaire du RSA. Remarquable initiative avec aucune hiérarchie dans la relation entre les un-e-s et les autres. C’est un véritable engagement de service public qui a guidé les agents de la collectivité qui ont piloté cette action.

Action qui s’inscrit dans la nécessaire démocratisation de l’action sociale, qui permet de sortir l’espace d’un instant du cadre établi, ce qui peut être très payant car c’est la possibilité d’une relation égalitaire, au-delà des statuts.

Ce moment rappelle l’exposition actuelle à la maison du département sur les métiers du service public départemental. Les agents de la collectivité sont 4000 et représentent plus de 100 métiers, au service des finistériennes et finistériens.

Merci à toutes celles et ceux qui ont travaillé sur ce projet, qui correspond à un réel besoin de solidarité collective.

Le dessin ci-dessous est un message d’ouverture pour le moins intéressant à mettre en avant..

concours dessin