Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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Quimper à Gauche…

Hier soir, en Bretagne comme à Quimper, la victoire de Jean-Yves Le Drian est d’une étonnante netteté. Fait historique d’ailleurs, car il faudra regarder mais rarement Quimper est « plus à gauche » qu’à Brest, et ce fut pourtant le cas hier soir (58.15 % contre 57,86 %). Un « vrai siphonage », diraient certains.. Dans le Finistère, aucune commune aujourd’hui n’a placé le FN en tête.. C’est inlassablement le travail de terrain en tant qu’élu, notre sens de la pédagogie qui doivent pouvoir faire tomber les clichés et redorer le blason de la pratique politique.

Ce qui fut particulièrement remarquable hier soir, c’est la capacité des socialistes quimpérois au rajeunissement et au renouvellement. Entamé aux départementales, ce fait se confirme hier soir. Avec Karim Ghachem, qui va devenir Vendredi un conseiller régional utile et passionné, récompensant ainsi un travail de militant de longue haleine. Mélanie Thomin passe ce matin à un siège de l’élection, mais tout comme Karim, elle incarne pleinement ce renouveau. C’est également le mouvement des jeunes socialistes qui renaît avec force à Quimper. Nous avons collectivement su tirer les leçons du passé, en mars dernier, et encore hier soir. Les pages ne se déchirent pas, elles se tournent progressivement, et dans le respect.

C’est également une nouvelle défaite cinglante pour Ludovic Jolivet et sa majorité. En un an et demi, brutalité et manque de vision caractérisent la gouvernance locale. Trois échéances électorales sont autant de déroutes pour le maire de Quimper, avec une amplification de la faiblesse de la droite au fil des scrutins (Européennes, départementales, régionales). Le maire de Quimper ne pourra pas cette fois ci entonner la rengaine habituelle « c’est la faute des autres », car il s’est pleinement investi dans cette campagne, étant lui-même candidat et ayant appelé des milliers de Quimpérois au téléphone pour inciter au vote Le Fur.

La majorité municipale est déjà minée par les divisions, et immobilise tout projet. L’exemple du refus de la ville à l’entrée du pays glazik en est un exemple malheureusement révélateur. On ne peut s’en réjouir, car Quimper est en train de perdre un temps considérable, quand d’autres bâtissent un avenir solide et durable..

Enfin, Nous avons hier soir entre camarades honoré notre ami et camarade Gérard Mével, conseiller régional hors pair et militant chevillé au corps. Rigueur, travail et valeurs de gauche en étendard, Gérard Mével est un modèle pour la jeunesse évoquée tout à l’heure.

Bref, ce matin, à gauche, tout commence à Quimper..

Bretagne rose, Pays brun…

Le scrutin d’hier est tout d’abord une défaite pour la démocratie. Dans un pays en état d’urgence, en crises multiples, une participation de la moitié seulement des électeurs traduit l’exaspération et la défiance vis-à-vis de la politique et l’absence de réponses. Un tel niveau de participation favorise mécaniquement le parti d’extrême droite, qui a capitalisé sur tous les arguments, sauf ceux relatifs à la région..

Pour autant, si l’on peut comprendre sur le champ des valeurs la stratégie d’une part et fustiger l’attitude antirépublicaine de Nicolas Sarkozy et de ses amis d’autre part, le désistement de nos listes dans certains endroits me semble une bien mauvaise stratégie.. Demander à nos camarades, nos amis, de voter pour Etrosi ou Bertrand.. Sachant que ce rassemblement peut ne pas suffire… Sachant que l’on perd donc une représentation démocratique de la gauche dans ces régions.. Sachant que de toute façon, défaite ou victoire, l’industrie Le Pen soit hurlera au complot soit se glorifiera d’avoir gagné seule.. Le remède pourrait s’avérer pire que le mal..

En Bretagne, c’est néanmoins une satisfaction qui prédomine pour les listes conduites par Jean-Yves Le Drian. Une liste qui s’appuie sur un bilan, une équipe, un projet et un homme solide, qui sait rassembler. Pour autant, chaque scrutin à son histoire, et dans la première circonscription, nous allons repartir en campagne de proximité dès ce Lundi, avec la volonté de rassembler l’ensemble des forces de gauche. Notamment face à une droite bretonne aussi dure que divisée et qui ne saura pas faire l’union des bretons dont notre région a besoin.

Enfin, sur Quimper, la gauche s’ancre clairement, et on ne peut que constater que depuis que Ludovic Jolivet est maire de cette ville, la droite sur Quimper perd toutes les élections (Européennes, départementales et régionales). Par ailleurs, nous démontrons également à gauche une capacité au rassemblement et au renouvellement, avec de la jeunesse et des nouveaux élus aux départementales, et deux nouveaux jeunes candidats Quimpérois avec Karim Ghachem et Mélanie Thomin, possiblement élus dimanche prochain. C’est un message encourageant pour l’avenir.

Définitivement, le clivage politique entre notre région et le reste du pays est saisissant. Nous vivons dans une sorte d’ilot de résistance, et l’adage départemental « tout commence en Finistère » n’aura jamais aussi bien porté son nom.

Quimper Communauté tourne le dos à l’avenir..

Contre toute attente et contre toute logique, le président de Quimper communauté a refusé la main tendue par le pays glazik, et leur intégration à une seule et même communauté de communes, dans le cadre du schéma départemental des coopérations intercommunales. Le message politique envoyé hier au pays glazik, mais également à l’ensemble du département est piteux et désastreux.

Car ce vote n’est pas « technique », c’est tout l’inverse, il concerne les gens.. Il s’agissait d’élargir un bassin de vie pour s’ouvrir de nouvelles perspectives, en termes d’attractivité, d’emploi et de nouveaux marchés.

Ce vote, va à rebours de l’histoire. En effet, c’est en décembre 1993 que 4 communes décident de se regrouper, Ergué Gabéric, Guengat, Plogonnec et Quimper. Puis en Décembre 1996, c’est au tour de Plomelin, Ploneis et Pluguffan, et enfin Locronan en 2011.. Avec ce vote négatif, nous arrêtons cette marche en avant, qui est le sens de l’histoire. Il s’agit d’un vote de repli, un vote de refus d’ouverture, un vote de refus de devenir plus fort.

J’y vois clairement un problème dans la méthode, une fois de plus.. Cette question a été débattue au bureau communautaire il y a quelques jours seulement, sur un sujet pourtant si crucial pour notre territoire, il s’agit de l’élargissement de Quimper Communauté. Notre agglomération doit se renforcer, doit devenir ce pôle d’équilibre en Finistère pour pouvoir travailler avec la métropole pour un aménagement équilibré de notre Département.

Car clairement, Ludovic Jolivet n’a pas su faire consensus, il n’a pas su dialoguer.. La preuve en est la division des communes de Quimper Communauté, puisque son premier vice-président, maire d’Ergué Gabéric l’a désavoué hier en votant pour le schéma. Sur un enjeu aussi important, dans la confusion totale, Ludovic Jolivet a décidé de reculer..

Je comprends que les maires des communes aient pris peur et ne voient dans cette fusion qu’une possible perte de pouvoir.. Pour la simple et bonne raison que le sujet leur est arrivé comme ça sur la table.. Il y a un mois.. Mais si le Président de Quimper Communauté leur en avait parlé auparavant, et depuis le début du mandat, vu l’importance de l’enjeu.. Il aurait tenté de les convaincre malgré les obstacles, Il aurait tenté de les convaincre qu’il était ici question du rayonnement de Quimper Communauté dans la Cornouaille et du rayonnement de la Cornouaille dans la Bretagne.. Mais il s’agit ici d’une forme de gestion à la petite semaine, et pas de nous construire un avenir commun, un bassin de vie fort et compétitif.

Le pays glazik nous a pourtant montré le bon exemple.. Ils sont prêts à nous rejoindre.. Gauche droite confondu, ils regardent d’abord l’intérêt de l’ensemble du territoire.. Et pourtant… avec la fusion, Eux, ils devraient passer de 26 à 8 conseillers communautaires.. 18 en moins !!! Et nous, pour 4 de moins, on s’y refuserait !!??!!

Mais le maire de Briec, Président de la communauté de communes du pays glazik, lui travaille ce sujet depuis le début du mandat, car lui, il a une vision des enjeux du territoire et n’a pas attendu le dernier moment pour s’emparer de ce débat essentiel.

Et bilan des courses.. C’est à nouveau l’affaiblissement de la Cornouaille.. Une illustration supplémentaire car risque est pris de gâcher une formidable opportunité en donnant un très mauvais signe à l’ensemble de la Cornouaille.. Le vote d’hier était crucial pour l’image de notre territoire, et pourtant quel gâchis !!

Une fois de plus, Quimper, et maintenant Quimper co tournent le dos à leur avenir.. Définitivement, Quimper n’est pas la locomotive mais bel et bien la charrette de la Cornouaille.. Pas de vision, pas de projet..

C’est la responsabilité du Président de Quimper Communauté.. C’est un désaveu pour lui et son absence de vision et de méthode, Il a toujours milité pour cette fusion et nous a pourtant proposé de voter contre hier car ce vote fut pour lui un vote politicien, surclassant donc l’intérêt général.. C’est donc un territoire qui se referme sur lui-même.. C’est une opportunité qui nous passe sous le nez..

C’est enfin un signe décourageant pour le dynamisme de notre territoire, à l’heure où Certaines agglomérations interrogent leur présence à Quimper Cornouaille Développement, à l’heure où dans de nombreux coins de la Cornouaille, quel que soit la couleur politique, de trop nombreux élus font part de leur déception sur une Cornouaille Moribonde..

Il est temps pour le maire de Quimper, président de Quimper communauté d’organiser des assises de la Cornouaille, je l’appuierais sans ambages.

Il fallait hier voter pour l’ouverture et l’avenir, et non pour la fermeture et le passé. Il fallait voter pour Quimper Communauté, il fallait voter pour la Cornouaille, et non pour un addition de communes, qui ne représentent pas l’esprit communautaire qui doit primer ici..

Il s’agissait pourtant d’un meilleur service rendu au public, il s’agissait de conquérir de nouveaux horizons, d’être plus forts ensemble. Il ne fallait pas improviser sur un tel sujet, soyons communautaires, soyons cornouaillais, regardons devant nous..

Le projet demeure encore possible ; En tant que vice président du département au pays de Cornouaille, j’y travaillerai.. Et d’ores et déjà, disons bienvenue au Pays Glazik, et ce dès Janvier 2017.