Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Plume de sang…

Une semaine politique des plus chargés et riche en émotions s’achève.. Entre Mercredi et la nomination de notre ami Jean-Jacques Urvoas comme ministre de la justice, le vote du budget de Quimper Communauté Jeudi soir, et le vote du budget du Conseil Départemental du Finistère Vendredi après deux jours de débats acharnés..

Et pourtant, je n’aborderai aucun de ces thèmes.. Car j’ai eu le privilège hier, pour clôturer cette intense semaine de recevoir une plume spéciale humour rouge et noir mention goéland croqué. Ce « prix spécial du jury » m’a été attribué dans le cadre du3ème OUIQUENDE organisé par le goéland masqué.. (Remarquable association, d’éducation populaire, qui anime un salon du livre annuel, mondialement reconnu.)

J’ai eu le bonheur et la chance de recevoir ce prix en présence de Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal, Patrice Delbourg et Marc Villard.

Il m’a été demandé de lire le texte primé, entre autre face à ces « vrais » auteurs, manipulateurs et farandoleurs de mots..  Ce qui fut aussi intimidant qu’exaltant.. Car dans le fond, un discours politique est parfois comme un « attendu obligé », pour le public qui le reçoit.. Ici, il s’agissait d’une requête à ce que je produise mon « œuvre ». Grisant comme un saut dans le vide.. Et tellement encourageant..

Merci encore aux Goélettes Masquées pour l’attribution de ce prix..

Ci-dessous, la commande et le texte en question..

LE GOÉLAND CROQUÉ

Croquer, brosser, tirer le portrait d’un héros de roman noir, tel était cette fois-ci, des Goélett’s, le défi.

Pour ce défi 2015 il fallait impérativement glisser dans le texte, sans la démembrer, la phrase suivante : « Toutes les familles heureuses se ressemblent ; mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon »

Plume de sang 

En ce 07 Décembre 2016, Thérèse Leduc arrivait donc à consécration. Son premier roman noir : « Coup de boule à Tréboul » avait contre toute attente rencontré un public international.

Il faut dire que Thérèse a passé les premières années de sa vie à Saint Maurice La Souterraine dans la Creuse. Elle y a puisé une force mentale digne des plus grands dictateurs tant, à Saint Maurice La Souterraine, l’on y côtoie au plus près l’écume des jours, et où le seul départ possible, l’unique opportunité de toucher les étoiles est fatalement… intériorisée …

La carrière tardive d’ambassadrice en France du Kirghizistan de Simone Leduc, mère de Thérèse, a contraint la famille Leduc à abandonner non sans mélancolie l’innocente et indolente douceur Creusoise. Le matriarcat fut une empreinte indélébile dans les repères intrafamiliaux de Thérèse. En effet, entre une mère ambassadrice et un père testeur de chaises longues au groupe Leroy Merlin, le pouvoir familial était inéquitablement réparti. Mais, à demi couché dans le dernier modèle de chaise longue du groupe, aux accoudoirs en aluminium traité, Hervé Leduc, philosophe, pensait de toute façon que  toutes les familles heureuses se ressemblent ; mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon.

Ainsi, la fille unique Thérèse Leduc s’est construite « au travers des injonctions paradoxales, d’un classicisme occidental à la banalité confondante »… Autrement dit, Thérèse a compensé sa folie douce dans la littérature. Elle a contourné le nombrilisme littéraire ambiant fort de sa conviction chevillée au corps que le polar est le révélateur de l’âme humaine par excellence.

Après avoir reçu la Plume Noire mention Goéland Croqué en 2015, Thérèse Leduc a su conquérir au-delà des frontières bigoudènes en vendant son best-seller à 4 billions de copies, et, car nous sommes toujours rattrapés par notre éducation, Thérèse savait déjà que son deuxième roman se nommerait « traverser le Kirghizistan en chaise longue »…

En attendant, à Mykonos, en ce petit matin du 07 Décembre, Thérèse, impréparée à un succès si fulgurant… pensait à sa nuit passée, avec ces trois légionnaires en permission, tout en grattant au fond de sa narine gauche les restes de cocaïne de la veille. Thérèse se lève nonchalamment, s’installe avec légèreté, se saisit de sa plume la plus audacieuse et de son papier le plus pur… Et écrit… trempant sa plume dans le sang encore frais de ses trois victimes nocturnes qu’elle a fini d’éviscérer à la petite cuillère, son mode opératoire préférentiel. Thérèse ne peut écrire un roman noir qu’avec une plume rouge de sang …

JJU, Ministre à 100 % !!

La nomination de Jean-Jacques Urvoas au ministère de la justice est d’abord et avant tout une bonne nouvelle pour le pays.

Jean-Jacques Urvoas est un inlassable travailleur aussi sobre et discret qu’efficace. Les mots qui le caractérisent le mieux sont Compétence et probité. Il donne du sens à l’action politique et donne confiance à celles et ceux qui croient en un idéal.

Il mérite donc pleinement cette nomination, avec devant lui un chantier inépuisable, ce qu’il affectionne particulièrement.

Il travaille en effet chaque sujet jusqu’au recoin de chaque tréfonds, car il veut apprendre, puis comprendre. Il a pour exemple, travaillé le sujet de la sécurité au sein du parti socialiste, au point d’en devenir un des experts les plus reconnus et appréciés dans tout le pays. Il agit de la même manière sur chaque sujet traité. Son exigence est parfois sans fin, ce qui est aussi une source d’enrichissement pour celles et ceux qui travaillent à ses côtés, tant il pousse l’autre à devenir meilleur, en allant chercher en eux la substantifique moelle.

Il cultive une véritable indépendance d’esprit, une liberté de pensée, qui lui permet d’être un homme de convictions, qui porte pleinement ses dossiers.

A n’en point douter, il saura apporter cette force de travail et cette attention à l’autre dans ses nouvelles fonctions, qui font par ailleurs l’honneur de notre territoire, aussi bien à Quimper, que sur l’ensemble de la circonscription. Nous parlions en 2012 d’un député à 100%, il est évident qu’il sera aujourd’hui un garde des sceaux à 100%.

Je me réjouis enfin à titre purement personnel pour un ami qui mérite pleinement la confiance qui lui est accordée ici. Jean-Jacques a toujours su entretenir le lien avec les adhérents socialistes du territoire, avec proximité, accessibilité, et un sens de l’humour mordant.

Je suis tout simplement fier et heureux pour lui et très confiant sur le sens de la responsabilité et du devoir qui anime le nouveau ministre de la justice. Nous avons tant appris à ses côtés, et nous continuerons.. Nous le connaissons bien, aux français de le découvrir.

Prendre en main l’avenir de Quimper.

Une nouvelle majorité municipale est arrivée aux commandes de notre ville il y a 22 mois. 1/3 du mandat, le temps où l’on doit lancer les principaux chantiers sur lesquels on s’est engagé devant la population. Durant cette période, avec mes collègues du groupe d’opposition municipale, j’ai voulu observer patiemment, je me suis opposé de façon constructive ou plus fermement, quand l’intérêt général de la Ville et de ses habitants me  paraissait être mis en cause.

Personne ne peut prétendre à la perfection : ni l’opposition, ni le parti socialiste, ni les autres mouvements de gauche et écologistes. Nous devons aussi nous appliquer à nous même des critiques, et faire œuvre de modestie et d’humilité, en particulier au regard des multiples crises qui nous frappent et qui appellent au rassemblement plus qu’à la division.

Car au final, c’est toujours l’intérêt de Quimper et l’avenir de ses habitants, actuels et à venir, qui doit primer.

Ludovic Jolivet, lors de son élection en Mars 2014, nous promettait un courant d’air frais, un profond renouvellement pour mettre la Ville en mouvement. Il était en effet possible d’y croire. Mais force est de constater que le courant d’air a tourné au souffle court.

Trois raisons majeures à cela :

Tout d’abord, le conformisme institutionnel municipal que le maire et son équipe n’arrivent pas à faire évoluer.

Ensuite, les logiques politiques conservatrices qui immobilisent et paralysent. Il existe comme une sorte d’enfermement de l’équipe municipale, qui ne se repose que sur le seul socle de la droite.

Enfin, un manque permanent de vision d’avenir, de projet global, une impréparation, pour ne pas dire plus dans l’approche des dossiers structurants. Ce qui génère une ville qui se replie sur elle-même quand d’autres à l’inverse anticipent sur les enjeux de demain. Le retard s’accumule et le quotidien des Quimpéroises et des Quimpérois en subira les conséquences avec un avenir de la cité compromis en matière économique, d’emplois, de logement, d’accès à la culture et aux loisirs …

Les promesses non tenues forment une longue litanie : stationnement, salle multifonctions,  vidéo-surveillance… Autant de mesures que le maire et sa majorité annonçaient comme des marques fortes de leur projet.

La brutalité dans la méthode et les propos est finalement la seule originalité, au quotidien, de ces 650 jours de mandat.

La rémunération du Directeur général des services  qui pose question, dont une part prise sur le budget du Centre Communal d’Action sociale, ne peut qu’installer le doute sur l’éthique et le sens de l’intérêt général des acteurs concernés.

La communication à outrance n’est qu’on trompe l’œil pour masquer cette absence de vision et cette pauvreté dans l’action.  Je m’appliquerai dans les années à venir à argumenter sur ces différents points.

En effet, le maire parle beaucoup, mais agit très peu ! Ou quand il agit, c’est pour se renier ou pour annuler. 

Alors, il nous faut prendre en main l’avenir de Quimper.

2016 est une année charnière et passionnante, car pour la première fois en 3 ans, il n’y a pas d’élections. En politique, le plus ressourçant, le plus créatif et le plus constructif, c’est le travail de réflexion. Nous allons pouvoir collectivement travailler chaque sujet concrètement, en y associant la population dans ses lieux de vie et l’ensemble des acteurs qui font bouger notre ville. Ce travail nous permettra de préparer dans un premier temps une alternative de gauche puis un projet d’alternance de gauche à mettre en œuvre. Travail qui sera collectif et ouvert, totalement ouvert.

Un collectif sous la houlette du secrétaire de la section du Parti socialiste Matthieu Stervinou, qui y travaille avec ardeur. Ce travail doit s’ouvrir au monde économique, associatif, syndical et à tous les citoyens qui le souhaitent. Ce travail collectif doit porter puis incarner un projet pour la ville, l’agglomération et la Cornouaille.

Car, faut-il le reconnaître, au niveau national, la production de nouveaux projets, de nouvelles pratiques dans les appareils politiques est aujourd’hui paralysée par la préparation des élections présidentielles, à gauche comme à droite.. Au moment où il faudrait dans l’urgence répondre à l’angoisse sociale de nos concitoyens les plus touchés par la crise, au moment où il faut proposer un projet mobilisateur et juste face à la démagogie simpliste des fausses solutions  du Front national.

Alors, localement, à travers des propositions concrètes, le temps  vient de poser les bases de cette alternative à travers une exemplarité dans la pratique des responsabilités, en terme de mandat, de rémunération, de comportement ; A travers une construction collective cornouaillaise permettant à Quimper un développement économique réel ; A travers la mise en œuvre d’un projet solidaire guidé par une idée de justice et d’égalité.

Il est possible de créer pour Quimper et son agglomération les conditions d’un territoire qui s’anime au quotidien.

Il est possible de créer pour Quimper et son agglomération une dynamique par le prisme de la Cornouaille, sur le développement économique, les transports, la pêche, le tourisme, la culture, le sport etc.. Il nous faut de véritables assises de la Cornouaille. Si le maire de Quimper ne le fait pas, d’autres s’en chargeront, à d’autres échelles car il s’agit de prendre en main notre avenir.

Et pour conclure, pourquoi pas concrétiser le rêve de nombreux habitants de notre région en œuvrant pour une Bretagne à 5 départements et ainsi rejoindre l’invitation de Jean Jacques Urvoas à travailler collectivement vers une future architecture administrative et politique correspondant à un modèle breton.. Quimper doit y prendre toute sa part. Avec d’une part le respect des champs de compétences des collectivités et avec d’autre part de vrais pôles d’équilibre, notamment en tenant compte de la diversité des richesses de la Bretagne occidentale.

C’est dans ce contexte combatif et plein d’espoir que je souhaite à toutes et tous mes meilleurs vœux pour 2016, et comme disait Jacques Brel il y a 48 ans :

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir,
et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer,
et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil
et des rires d’enfants.