Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Que ce projet en reste un !!!

Le projet de réforme du code du travail, tel qu’il est pour le moment rédigé, se pose à bien des égards comme une frontière infranchissable vers un libéralisme qui n’est pas la ligne que nombre d’entre nous avons choisi en s’engageant à gauche…

L’argument qui consiste à dire que celles et ceux qui critiquent ce texte sont les tenants de l’immobilisme est celui du pauvre.. Car si ce projet de loi installe du mouvement, c’est d’abord et avant tout celui de la régression sociale.

En ce qui concerne le plafonnement des indemnités prud’homales tel qu’il est proposé, il est essentiellement en faveur des employeurs et augmente structurellement le risque de licenciements, simplement au bon vouloir de la direction. C’est la pire des réponses au vrai problème des embouteillages dans les tribunaux concernés.

Il sera en effet bien plus facile pour une entreprise de se séparer d’un collaborateur en cas de ralentissement de son activité. Et ceci sans aucun contrôle de la réalité de la situation de la société concernée. Un des critères facilitateurs au licenciement est ainsi rédigé dans l’article 30 bis du projet de loi :

« Réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ».

C’est la porte grande ouverte à la subjectivité absolue et au rapport de force gagnant-perdant dans la relation employeur-employé..

Il est en effet très facile, par exemple pour un grand groupe privé ou public, de déclarer en déficit l’une de ses branches par un jeu comptable. C’est pourquoi jusqu’à présent, un contrôle pouvait exister et sera supprimé si le projet de loi n’évolue pas…

En outre, la possibilité de référendum d’entreprise va donc bien être introduite, avec juste 30% des syndicats qui le demandent. D’une part, la symbolique est terrible dans cet affaiblissement du rôle des corps intermédiaires et représentatifs.. La gauche a une histoire, qu’il convient de ne pas piétiner.. D’autre part, le référendum dans le monde de l’entreprise n’est pas qu’un chemin pavé de roses.. En effet, tout dépend de la question posée. Elle peut l’être avec un pistolet sur la tempe, ou encore le fruit d’un choix entre la peste et le choléra.. Qui ne laissera guère le choix au salarié, allant donc systématiquement vers le moins disant social, même en optant pour le moindre mal, à défaut d’une discussion entre partenaires sociaux avec des bases initiales partagées et non unilatérales.

Enfin, la perspective du 49-3 n’est qu’un terrible aveu de faiblesse, face à une droite qui vante les louanges de ce projet et une gauche qui arrive avec le texte en l’état à une situation d’exaspération qui va bien au-delà de l’insupportable théâtralisation à outrance de certains frondeurs. Cette loi n’est encore qu’un projet.. Souhaitons qu’un certain nombre d’amendements en fassent un texte qui ne casse pas durablement les droits des salariés, au profit d’un changement de paradigme qui ne correspond aucunement à un modèle de société que nous avons historiquement et collectivement toujours porté et défendu..

La France brûle et on regarde ailleurs…

Autant le poser d’emblée, le débat sur l’article 2 de la loi sur la protection de la nation, à savoir la déchéance de nationalité m’inspire peu, même s’il est à saluer le fait que toute référence à la bi nationalité ai été évacuée.. Ce débat génère des passions car il dit beaucoup sur les principes de chacun-e-, et sur une loi qui doit donner des outils indispensables de protection en période de guerre contre le terrorisme. Mais ce débat focalise les énergies inutilement et ne peut constituer l’alpha et l’oméga de la vie politique française.. Et en oubliant jamais que la première des libertés, c’est.. la liberté..

Surtout quand dans le même temps, le gouvernement travaillerait à la dégressivité des allocations chômage..  Débat qui devrait revenir sur la table autour du 22 Février au moment de la renégociation des règles de l’assurance chômage entre les partenaires sociaux. Pourtant, l’inefficacité d’un tel dispositif a déjà été éprouvée de 1992 à 2001.. La logique implacable mais nécessaire d’économies devrait plutôt inspirer la mise en œuvre d’une réforme fiscale juste et solidaire, non pas en polarisant le débat sur celles et ceux qui connaissent déjà des difficultés, mais plutôt en allant chercher les ressources là où elles sont, et souvent là où elles dorment..

Surtout quand dans le même temps, le département du Haut Rhin souhaite conditionner le versement du RSA à l’exercice du bénévolat. Au-delà du fait d’être possiblement frappé du sceau de l’illégalité, une telle mesure stigmatisante est une nouvelle attaque contre celles et ceux qui subissent une situation plus qu’ils n’en profitent. Un tel dispositif procède à une lamentable, populiste et démagogique logique de criminalisation. La remobilisation oui, mais le chantage non.. S’il existe parfois une bien-pensance de gauche irritante, celle de droite revient à expliquer que le pauvre est un affabulateur car il a forcément choisi sa situation, et que si on l’affaiblit, on renforcerait les braves gens..

Surtout quand dans le même temps, les agriculteurs français n’ont plus les moyens d’exercer leur métier avec des prix sur le marché plus faibles que le coût de production. C’est 25 % d’agriculteurs en moins depuis 15 ans.. Les grandes et moyennes surfaces réalisent 75 % de leur résultat sur la boucherie charcuterie, les fruits et légumes et les produits laitiers. Pour autant, le législateur n’a jamais réussi à mettre en œuvre un rapport de force saint et équilibré entre producteurs et distributeurs. Pire, la loi de modernisation de l’économie en 2008 est bien celle du plus fort. Alors, oui à l’adaptation et au changement de modèle, à travers la promotion des circuits courts, d’une agriculture durable et biologique, mais en accompagnant nos paysans dans ces nécessaires évolutions.

Bref, les crises génèrent des souffrances, qui engendrent elles-mêmes désespoir et colère, partout autour de nous.. Sans opposer les mesures les unes aux autres, mais en hiérarchisant les priorités ; Sans user de démagogie sur celles et ceux qui à Paris tentent de trouver le meilleur et périlleux équilibre entre l’indispensable protection de la nation et l’affirmation de nos principes républicains ; Il est pour autant plus que temps de se concentrer sur les débats du quotidien, car par provocation sans doute exagérée, je reprendrai Jaurès quand il affirmait.. « N’ayant pas la force d’agir, ils dissertent.. ».

Sarkoghetto

Les propos de Nicolas Sarkozy sur l’accessibilité des écoles aux enfants en situation de handicap sont purement scandaleux..

Il affirme, je cite « on est pas obligés de mettre des ascenseurs dans toutes les écoles, il n’y a qu’à réserver une ou deux écoles pour l’accessibilité handicapés »…

Le patron de « Les Républicains » a donc en projet de créer des ghettos scolaires hyper-stigmatisants.. Car après tout… Pour qui se prennent-ils ces enfants en situation de handicap, à vouloir comme tous les autres s’inscrire dans leurs écoles de quartiers.. Ils n’ont qu’à traverser toute la ville pour retrouver leurs copains, forcément en fauteuil roulant eux aussi..

Tous les jours, dans mes fonctions d’élu départemental, et auparavant dans un parcours associatif sur ces questions, je mesure le parcours du combattant pour les enfants en situation de handicap et leurs parents.. Au lieu de leur faire part de l’infini respect qu’ils méritent.. Monsieur Sarkozy vient de leur cracher à la figure honteusement.. Pour une raison d’économies, toujours sur le dos des mêmes, très probablement afin d’avoir les coudées franches pour supprimer l’ISF de ses amis..

J’ai demandé officiellement à ce monsieur de retirer ces propos rétrogrades, irresponsables et honteux, ou de réaliser les économies qu’il évoque en rendant toutes les écoles de France accessibles avec le montant des sondages de l’Elysée entre 2007 et 2012 et l’argent récolté pendant ses conférences de 2012 à aujourd’hui.