l’intercommunalité : une chance pour les communes.

S’il fallait, sur le contenu tirer un « bilan des bilans de mandat » réalisés récemment avec Isabelle, il est évident que de nombreuses observations sont relatives au manque de lisibilité, et de visibilité de l’organisation politique et administrative de nos territoires. En clair, le citoyen ne s’y retrouve pas face au labyrinthe institutionnel, entre Région, Département, pays, intercommunalités, villes etc…

Ce qui me donne l’occasion d’insister sur un rôle particulièrement clef du Conseil Départemental, après justement un an de recul dans mon exercice de mandat.

Car au-delà de son rôle d’acteur et d’organisateur en direct sur ses compétences propres, notamment dans le vaste champ des solidarités, le conseil départemental endosse une mission essentielle de fédération et d’incitation des politiques publiques de proximité.

Non ce n’est pas un langage technocratique barbare, car ce double rôle trouve sur le terrain des applications concrètes, au service de la population. A ce titre, je souhaite mettre l’accent sur la complémentarité évidente entre des prises de compétence au niveau intercommunal et le maintien d’une politique municipale de proximité. Elargir le spectre n’affaiblit pas les responsabilités locales, mais renforce à l’inverse le niveau de service public à l’usager.

Deux illustrations concrètes pour mieux comprendre :

Pour commencer, un exemple porteur. Avec la communauté de communes du Cap Sizun, nous travaillons étroitement à la mise en place d’une maison des services publics à Audierne.  Cette maison accueillerait sous son toit les services sociaux du département, de la communauté de communes, le Pôle Emploi, la CAF, des associations etc.. De nombreux partenaires qui travaillent parfois avec le même public, au sein d’un lieu unique, mutualisé et centralisateur qui simplifierait la vie du citoyen. Ce travail est possible car il existe dans ce territoire un interlocuteur politique sur la communauté de communes, traitant des questions de solidarité et une application opérationnelle sur le terrain, avec un dynamique Centre Intercommunale d’Action Sociale (CIAS). On constate donc que par une prise de compétence intercommunale, le service public est mieux rendu pour l’ensemble des habitant-e-s des communes concernées, car nous pouvons monter des projets utiles au territoire.

Deuxième exemple, nous travaillons avec la communauté de communes du pays bigouden sud sur un projet de coordination enfance jeunesse. Sans prise de compétence par la « comm comm » de la question de la jeunesse, le projet sera moins efficient. Car si politiquement, nous avons face à nous un interlocuteur, le travail mutualisé est possible, entre compétence et vision du territoire, qui devient de fait dynamique, porteur de sens, et avec la construction possible de projets qui servent l’ensemble. Mais sans cet interlocuteur, les services départementaux interviennent seulement « par communes », donc en fonction du dynamisme de celles-ci, ce qui par conséquent peut créer des inégalités sur le territoire. Nous œuvrons en permanence sur la recherche d’une égalité territoriale, à travers des projets collectifs, qui servent, en retombées à chaque commune. Ainsi, sans cette prise de compétence, le service public est bien sur rendu, mais de façon moins efficace et moins égalitaire.

Un dernier atout non négligeable à cette montée en puissance des intercommunalités : Sur le territoire Cornouaillais, des intercommunalités fortes sont la condition d’une Cornouaille forte, qui devient alors un pôle d’équilibre Finistérien, au regard de la force là aussi de la métropole Brestoise.

Des intercommunalités fortes n’enlèvent pas de prérogatives aux communes, mais elles renforcent l’accessibilité au service public. Sur notre bout de territoire, les atouts sont sous la forme d’une triptyque : simplifier la vie des gens, renforcer le service proximité, rendre la Cornouaille plus forte et influente.

Enfin, comment ne pas insister sur le rôle précieux et indispensable des élus locaux, notamment en ruralité. C’est de plus en plus comme un sacerdoce, tant les contraintes sont multiples. Il faut avoir un sacré sens de l’intérêt général, pour s’engager politiquement dans sa commune aujourd’hui. Hommage doit être rendu à ces élus locaux, plus particulièrement dans les petites communes qui sont d’abord et avant tout au service du développement local.

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