Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Concertationite…

Qu’elle soit passée ou à venir, la concertationite aigüe me guette : Réunions participatives sur le projet départemental, Bilans de mandat, réunions de quartiers avec le PS Quimper, Réunions Débats avec l’ensemble du mouvement sportif, Schéma d’accessibilité au service public avec élus et associations..

En l’espèce, la concertationite n’est pas une pathologie, mais plutôt une modalité indispensable d’aide à la réflexion. C’est en fait la question du sens que l’on donne aux décisions politiques et donc à l’action publique. Cette quête de sens ne peut se faire qu’au plus près des citoyens, qu’ils soient organisés ou non en associations. C’est ici toute la question de notre modèle démocratique à l’heure où les partis n’ont jamais été autant détestés (ce qui ni n’excuse, ni n’explique les violences inqualifiables à l’encontre aujourd’hui des biens, et demain des personnes…).

Le politique bashing est partout et sombre parfois dans une facilité navrante. Pour autant, ce qui doit être entendu, c’est la désespérance collective et les aspirations citoyennes vers une meilleure prise en compte  de la dimension humaine dans l’organisation politique et administrative de notre pays.

Ainsi, progressivement, en se nourrissant de ce que nous entendons au plus près des citoyens, en regardant ce qui se fait ailleurs et qui fonctionne, nos projets politiques locaux doivent être guidés par ce besoin de lien social en proximité. Y compris dans un projet local d’alternative, il sera indispensable de travailler à la mise en œuvre de modalités pratiques et concrètes pour qu’un certain nombre de questionnements de citoyens, sur leurs rues, leurs quartiers ou même sur des projets structurants de la ville trouve à la même hauteur de vraies réponses, en ne laissant personne suspendu dans le vide.

De vrais outils politiques, administratifs et techniques existent pour répondre efficacement aux demandes. Les élu-e-s doivent en être les garants. Nous serons amenés progressivement à déployer nos propositions en la matière, après les phases autant passionnantes qu’indispensables de concertation. C’est tout le sens d’un projet politique, qui doit s’appuyer sur une volonté de rénovation des pratiques, pour une refondation en profondeur. Le sujet ne fait que commencer. La porte s’entrouvre, écoute et échange en sont la clé.

Jean-Jacques Urvoas, un ministre du 21ème siècle…

Depuis 3 mois et 20 jours, le ministre de la justice est au travail, inlassablement.. On connaissait les qualités d’artisan du droit de Jean-Jacques Urvoas, mais son action à la Chancellerie démontre aussi un évident ancrage à gauche dans le contenu du travail fourni.

Tout d’abord, car dès son arrivée à la fonction de garde des sceaux, il s’est concentré sur un objectif simple, sur un axe majeur et sur une ambition unique : redonner des moyens à la justice pour fonctionner.

Pas besoin de grandes déclarations enflammées dans de multiples médias, mais une activité de tous les instants pour gagner son arbitrage.. C’est une pratique politique aussi respectueuse et discrète qu’efficace.. Réclamer ainsi des moyens budgétaires pour la justice , c’est d’abord et avant tout viser à l’amélioration d’un service public sinistré. Si les professionnels de la justice œuvrent dans des conditions décentes, les 4 millions de français qui entrent dans un tribunal par an seront accompagnés avec plus d’efficacité. C’est au final un dégel de 107 millions d’Euros, qui entre les frais de justice, le fonctionnement des juridictions, le réseau informatique et l’immobilier, doit permettre une nette amélioration pour la justice du quotidien.

Ensuite, au-delà des moyens, il y a le travail politique de fond à travers notamment le projet de loi sur « la modernisation de la justice du 21 ème siècle » dont l’examen commence cette semaine. Cette loi, au regard de ses orientations est celle du concret et du quotidien. C’est un pragmatisme de gauche. Le temps et les moyens manquent pour révolutionner totalement la justice dans notre pays, mais un certain mépris affiché devant une loi qui ne serait pas fondamentale est un mépris pour l’ensemble de nos concitoyens… Car il est dans ce texte d’abord et avant tout question de la justice du quotidien, avec des applications concrètes, aux motivations protectrices et simplificatrices. La justice est aussi et surtout le droit des plus faibles.

Comme l’a dit le garde des sceaux hier dans son propos introductif au débat : « les idées ne sont pas vraies ou fausses. Elles sont utiles ou ne le sont pas ». En complétant par une citation de Montesquieu : « Souvent l’injustice n’est pas dans les jugements, elle est dans les délais ». C’est typiquement le cas dans cette loi, malgré les polémiques naissantes sur la question des divorces ou des infractions routières.

Mais une mesure du projet de loi attire pour le moment moins l’attention et pour autant là aussi, elle incarne un discours de vérité et nécessite un certain courage politique face à la démagogie. Les tribunaux correctionnels pour mineurs instaurés par Nicolas Sarkozy en Janvier 2012 ne sont qu’un affichage électoraliste et sécuritaire. Les mineurs de plus de 16 ans ont vu leur situation pris en charge par cette juridiction dans… 1% des situations, et avec au final moins de sévérité que les décisions prises par les juges pour enfants. Mais le titre « tribunaux correctionnels pour mineurs »… consistait à soi seul une sorte de racolage électorale supra-démagogique… Constater que certains députés de « LR » continuent à défendre une juridiction pleinement inefficace est assez consternant.

Ainsi, dans cette analyse assumée comme pleinement subjective.. Si j’ai parfois quelques hésitations, pour ne pas dire davantage, avec certaines orientations gouvernementales… Je suis fier de l’action de Jean Jacques Urvoas, qui comme il le déclamait déjà dans sa première campagne en 2007 « agit et protège ».  C’est un ancrage à gauche que de vouloir, humblement, juste être utile.. En servant la justice de proximité. Cette volonté d’agir sur le quotidien est la même qui doit animer notre action politique locale. C’est la clef de la rénovation et de la refondation.

Goéland.. Mon amour..

Ci-dessous, mon discours lu lors de l’inauguration du festival du Goéland Masqué. Il est un peu long certes, mais aujourd’hui c’est férié, il y a le temps… J’espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que j’en ai eu à l’écrire et à le dire..

« Merci pour cette invitation. C’est pour le Conseil Départemental du Finistère un plaisir d’être à vos côtés pour ce 16 ème festival… 16 ans, un âge de tous les possibles, celui de l’insouciance et parfois de l’inconscience.. En tout cas, un âge où on s’interdit peu de choses… Ce qui, je trouve caractérise bien l’état d’esprit du Goéland.

L’an dernier, juste avant de faire le discours inaugural, j’ai notamment fait la connaissance de Jean Bernard Pouy.. On m’en avait un peu parlé avant… Et on ne m’avait pas menti…

En effet, l’an dernier, juste avant le discours, Jean-Bernard Pouy vient vers moi et me demande, un tantinet goguenard : « Alors, c’est vous le député-maire ? »… Je lui réponds : « Je ne suis ni député, ni maire ».. Mais alors, « vous êtes de quel bord ? ».. Réponse : « de gauche ».. Et lui : « Mais quelle gauche ? »… Vient alors le moment du discours, sauvé que je fus de répondre à une question à laquelle, encore aujourd’hui plus qu’hier, il est compliqué de répondre..

Je lisais Jeudi dans la presse ce que disait le président, Roger Hélias : « Avec Jean-Bernard Pouy, on ne sait jamais sur quel pied danser, entre sincérité et ironie ».. Je valide l’affirmation… En un échange de quelques secondes l’an dernier, il m’a fait passer d’innombrables messages, aussi justes qu’existentiels. La force, la férocité et la sensibilité de celui qui a écrit quelques 115 romans noirs, et 350 nouvelles..

Le décor était planté. Je comprenais là que le festival du goéland masqué fonctionne entre autre sur deux principes, aussi indispensables qu’ils se raréfient dans la période : la liberté, et l’irrévérence..  C’est un de vos secrets et même un de vos trésors, gardez le précieusement..

D’autant plus, j’ai développé un lien fort avec le festival, presque charnel.. Sans parler d’une forme de zoophilie littéraire avec le goéland, je ne pensais pas un jour tomber amoureux d’un palmipède.. De quoi mettre au chômage son psychiatre..

vous avez eu en effet la folie de m’octroyer lors du dernier concours du goéland croqué le prix humour noir pour un modeste texte nommé plume de sang.. (d’ailleurs s’il y a des éditeurs dans l’assistance, je suis prêt à travailler sur la suite des aventures de Thérèse Leduc, qui éviscère ces victimes à la petite cuillère..). Je précise de suite aux esprits chagrins que le concours était anonyme, et que si notre relation est charnelle… elle n’est pas tarifée.. Vous ne m’avez pas donné ce prix pour être sûr de percevoir la subvention du conseil départemental…. Enfin j’espère.. Je conclurai à ce sujet…

Délivrer un pris à des amateurs, c’est aussi ça le goéland, cette bienveillance, cette attention à l’autre, je l’ai vécu de près.. Donc « merci pour ce moment »… Comme dirait… comme dirait.

Mais plus institutionnellement parlant, ce qui nous plait le plus dans votre démarche, c’est que vous êtes presque visionnaire… Un goéland extra lucide, aussi bien en un mot qu’en deux… Car, je l’ai dis l’an dernier, je le redis cette année, depuis déjà longtemps, vous avez placé la solidarité et la cohésion sociale au cœur de votre action d’éducation populaire…

En effet, vous intervenez à l’EPHAD de Menez Kergoff, vous multipliez les activités scolaires, vous organisez les rencontres au bistrot. L’ensemble de ces actions permet la rupture de l’isolement, et favorise la culture pour tous. C’est pour nous au conseil départemental constitutionnel et intrinsèque à ce que devrait être chaque velléité d’une association qui se veut porteuse d’une volonté d’éducation populaire. Car c’est ce que vous faites, en réhabilitant auprès de toutes et tous la lettre, le mot, la phrase et le livre…

Au Goéland Masqué, vous avez donc tout compris, car de surcroît votre action s’inscrit aussi dans ce que j’appellerai une forme de résistance contemporaine… Résistance face à un fléau qui a franchi les portes de la cité.. Fléau cathodique, fléau numérique, fléau médiatique, et fléau qui est devenu universel, et qui s’appelle l’immédiateté…

En son nom, s’opère un crime quotidien, celui de la simplification, du jetable, de l’analyse primitive en surface… Vous, vous prenez le temps de vous arrêter, sur les lettres, sur les mots, sur les phrases, sur les livres… Vous nous parlez donc de l’essentiel, de l’existence dans la richesse de sa complexité, à travers l’inspiration des auteurs artistes.. Lire un livre est un moment d’intimité, un moment de grâce et une véritable plongée introspective dans ce qu’il y a de plus vrai en chacun d’entre nous.. Lire un livre est un acte infini d’humanité.. Car oui, le polar est le révélateur de l’âme humaine par excellence.. Il va chercher les tréfonds des viles mais aussi géniales pensées et fantasmes..

Il faut en effet se battre au quotidien pour que le lecteur ne soit pas, comme dirait Jean Bernard Pouy « une espèce en voie de disparition ». Ce combat est le votre, c’est celui de l’émancipation.. Le thème cette année étant le polar et le rock, je n’ai pu m’empêcher une analogie… Le Goéland masqué est au polar, ce que « Stairway To Heaven » de Led Zepplin est au Rock.. Indispensable et éternel..

Pour conclure, je vous livre un petit texte hommage au goéland qui n’a pas été primé cette fois ci, et qui démontre que notre relation n’est donc pas tarifée..

« Le Goeland masqué se gèle les gaules dans sa geaule palmé. Mais, Goulument, la grandiloquence des géants gangsters du galimatias n’a d’égal que la gentillesse des gagas du gargantusesque groupement du goéland. Malgré la gouvernance gérontocratique..

Ces grivois gargamels se gavent à la gaudriole et gauloise galéjade, en gravant dans le galet du Guilvinec et de Treguennec la grandeur de leur géantisme génie.

Avec gourmandise, ces gogos nous guident pour Gambader groupés afin de gouter la ganja givré du Groenland Mais gare aux gros gorets qui se gargarisent des génocides et guerres de la grave ganacherie.

C’est bien leur augural gnose qui gratouille notre point G. Un giga orgasme gravitationnel et généralisé.

Le gras goéland se gondole et glousse de gaieté tant ses organisateurs et géniteurs savent goûter et faire déguster sans frugalité ce qui génère leur légendaire et glorieuse grâce.. en un mot : la générosité. »

Alors, merci pour votre écoute et même s’il n’y a aucun rapport, j’ai eu envie de finir sur une citation de Pierre Dac : « si, vous avez perdu au Tiercé, vengez-vous, mangez du cheval »…

Longue vie au Goéland.. »