Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

A deux vitesses..

Alors qu’une formidable compétition s’achève au Brésil, une autre, moins prometteuse s’ouvre en France de Frangy en passant par Neuilly. Mais intéressons-nous à la première..

Merci aux athlètes, qui nous ont offert une véritable trêve à travers des moments fédérateurs et les valeurs de l’olympisme.

Bravo et merci à Marie Riou, Virgnie Cueff, Léa Jamelot, Camille Lecointre, athlètes finistériennes, aux fortunes diverses, mais qui ont tout donné et qui peuvent être fières de l’image qui a été offerte.

Car en effet, quel plaisir d’entendre certains athlètes, contrairement à certains milliardaires en short qui toute l’année agressent la syntaxe et la grammaire hexagonale.. A croire que les millions sur les comptes en banque ne suffisent pas pour acheter un dictionnaire.. Le fossé qui sépare le sport de haut niveau et le sport business est là aussi béant..

Je pense entre autres à Pierre Ambroise Bosse, 4ème du 800 mètres, qui salue son chat au micro, à l’intelligence, le respect et la fraicheur de Maxime Beaumont, médaille d’argent de sprint en Kayak monoplace et évidemment à la sportivité de la délégation des boxeurs tricolores, avec notre maintenant emblématique couple en or Estelle Mossely et Tony Yoka qui nous ont offert de l’amour en or..

Le fossé n’est pas que dans la mentalité et l’état d’esprit des sportifs, car il faut savoir qu’en France, loin de certaines représentations, un peu plus de 4 sportifs de haut niveau sur 10 gagnent moins de 500 Euros mensuels. Je pense, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres à Phara Anarcharsis, vice-championne d’Europe du 4 X 400 mètres d’athlétisme, qui travaille à mi-temps à Décathlon et a du mal à boucler ses fins de mois.. Il est dans de telles conditions impossible de concurrencer d’autres nations, qui elles, soutiennent leurs athlètes dans les plus grandes compétions.

Je ne dis pas ici que ces sportifs devraient être des privilégiés absolus, mais incontestablement, un équilibre devrait pouvoir être trouvé pour leur permettre, ne serait-ce que de vivre de leur sport, puisqu’ils nous représentent à l’international et génèrent une véritable respiration populaire. D’autant que dans le sport Français, c’est une minorité, donc quelques disciplines qui se partagent le gâteau, laissant des miettes à la majorité.

De tout temps, et au-delà même des alternances politiques, la France n’investit pas dans le sport. Sans doute, l’explication repose sur une forme de mépris pour ce qui est réduit à des jeux pour calmer les peuples.. J’aurais pourtant tendance à penser que le sport est avant tout créateur de moments fédérateurs, qui ne sont pas légion aujourd’hui. Le sport étant également un grand contributeur de « résilience sociale » pour une part importante de celles et ceux qui le pratiquent. Sans bien sûr avoir vocation à être une politique régalienne, le sport dans notre pays mérite un autre traitement que celui qu’il subit aujourd’hui..

En tous les cas, j’en sors encore plus convaincu que je ne pouvais l’être de tout l’intérêt de défendre les pratiques sportives sur le territoire Finistérien, y compris à l’approche de futurs débats budgétaires. Notre choix est celui de la cohésion sociale, et si je suis convaincu que c’est le bon, il nécessitera non seulement la continuation mais surtout la montée en puissance des actes déjà posés pour construire un sport départemental cohérent et viable.

Si la piteuse actualité nationale peut rendre les passionnés déjà nostalgiques des émotions brésiliennes, les paralympiques arrivent (enfin normalement, et souhaitons le vivement) et nous suivrons avec la même émotion notamment Katell Alençon et Bruno Jourdren, qui démontreront à nouveau que tout commence en Finistère.