Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Combien ?

La plupart des candidat-s- de la primaire de la droite veulent trouver 100 milliards d’économie, soit deux fois plus que les économies réalisées sur le quinquennat actuel. La plupart souhaite aussi supprimer 150 000 postes de fonctionnaires dans la fonction publique territoriale, alors que ce n’est pas de prérogative gouvernementale, il faudra alors que les candidat-e-s de droite, pour financer ces mesures nous disent de combien ils comptent baisser les dotations aux collectivités (Ville, agglos, départements, régions).

Au risque de faire souffrir ces collectivités bien plus qu’aujourd’hui et qu’elles diminuent drastiquement leurs subventions aux associations qui assurent le lien social du quotidien (culture, sport, socio culturel etc..). Un secteur associatif souvent déjà découragé, mais pour certaines associations, de telles mesures sonneraient clairement le glas..

Au risque également que les collectivités en question n’aient pas d’autre horizon que d’augmenter les impôts si la réduction des dotations est trop forte. Donc là où à droite ils promettent tous des baisses, ils risquent de provoquer des hausses par d’autres biais..

Très clairement, nous parlons ici de baisses de dotation d’un niveau jamais connu… Avec tous les risques d’arrêt en terme de dispositifs solidaires de proximité pour l’ensemble des collectivités. Ces si nombreux services que l’on ne voit plus car ils sont gratuits et que ça parait normal..

Il serait donc temps que les candidat-e-s de droite nous donnent un montant précis des baisses de dotations d’état aux collectivités..

En attendant ces réponses… Je me suis livré à l’application d’une de ces mesures au conseil départemental du Finistère. Ce qui serait aussi bien sur transposable à la ville de Quimper.

La droite au niveau national nous parle donc de 150 000 fonctionnaires territoriaux pour lesquels on supprime le poste. Peut-être que l’alliance, groupe de la droite et du centre au conseil départemental pourrait nous aider pour savoir comment appliquer une telle mesure dans notre collectivité.

Il y a 1 878 700 fonctionnaires territoriaux selon le figaro… (je ne gonfle pas les chiffres vu mes sources..)

150 000 agents sur 1 878 700 fonctionnaires, c’est 8 %.

Donc au conseil départemental du Finistère, qui compte à peu près 4000 agents, si on y applique les 8 % prévu, il s’agit de 320 agents.. Je me demande  Lesquels… Sachant que la moitié déjà sont des agents du secteur social, en accompagnement des publics prioritaires : Protection de l’enfance, personnes âgées, personnes handicapées… Admettons que la droite se rende compte que c’est un secteur trop tendu pour y toucher

C’est donc toujours 320… Mais maintenant sur 2000 autres agents.. Sachant que 500 d’entre eux travaillent dans les Agences Techniques Départementales pour veiller à l’entretien et la sécurité du réseau routier départemental, ainsi que dans les collèges, pour assurer la maintenance, l’accueil et la restauration.. Admettons que la droite se rende compte là aussi que c’est un secteur trop tendu également.

Il reste donc 1500 agents.. Je reprends mes 320… Ou ?? Qui ?? Quel service ?? L’insertion ? Le tourisme ? Le nautisme ? L’eau ? l’environnement ? Le logement ? L’urbanisme ? la Culture ? le Sport ? la jeunesse ? …

Pourtant, le leader de la droite départemental, et la plupart de ses collègues nous disent sans arrêt qu’il faut garder tel ou tel dispositif, nous disent qu’il faut faire plus pour l’agriculture.. Voyez donc l’art de la contradiction… On ne peut avoir de tels discours dans les salons à Paris, et un autre ici en Finistère, dans l’hémicycle départemental. Car dans les deux cas, à Paris, comme à Quimper, il s’agit de flatterie électorale.. Mais en réalité, c’est juste incompatible, alors il faut choisir la cohérence et non la duplicité..

« La fraternité, on la doit aux plus fragiles », comme l’a justement dit… Alain Juppé à Rennes Mercredi soir..

Déclarations générales et généreuses de meeting et réalité glaciale d’un programme ultra-libérale qui va générer une casse inédite dans le lien social du quotidien… Affaire à suivre..

Réal politique…

A l’heure où de tout côté, la politique nationale n’aura rarement autant donné un sentiment de médiocrité, alimenté par l’orthodoxie cathodique, en quête de l’anecdote permanente, la réalité se poursuit discrétement.

Au sein du Conseil Départemental du Finistère, deux projets sur lesquels votre serviteur travaille méritent d’être ici valorisés, tant ils mettent en avant le rôle essentiel de fédération et d’animation de la collectivité départementale et la volonté des élus de la majorité d’offrir le meilleur service au public, y compris en période de disette budgétaire.

Ces deux schémas, si on souhaitait les caricaturer peuvent paraitre techniques, voir technocratiques, mais pourtant, il s’agit de « réal politique », avec des ramifications et déclinaisons concrètes sur le terrain.

Tout d’abord, le Schéma Départemental d’Amélioration de l’Accessibilité des services au public (SDAASP). Ce schéma est une commande de l’état auprès des conseils départementaux et des préfectures, qui pilotent leur application.

Le schéma a pour aspiration d’offrir le meilleur service pour une meilleure égalité entre les citoyens, en réduisant les zones en déficit. Il s’agit du service au sens large, car il intègre du public et du privé, du marchand et du non marchand délivrés par les opérateurs nationaux et locaux. Nous évoquons donc ici par exemple l’offre de santé, de commerces, de présence des services publics, de transports et de la nécessaire mutualisation pour tendre vers une meilleure efficacité.

Ainsi, à l’échelle des pays, le conseil départemental réunit autour de la table une cinquantaine de partenaires en ce qui concerne la Cornouaille : des élus et techniciens des collectivités (ville, communauté de communes), des institutionnels (CAF, Pole Emploi, Poste, Agence Régionale de Santé, chambres consulaires), et des associations de tout secteur pour définir des priorités et trouver des solutions communes afin d’essayer de faciliter la vie des citoyens.

A titre d’exemple concret, des Maisons de Service au Public sont en fonction ou en projet sur l’ensemble du département, et permettent de regrouper au sein d’un même bâtiment de nombreux services, afin d’éviter aux citoyens de passer d’une administration à une autre, et de se perdre dans un dédale sans fin aussi illisible que décourageant au final. Ainsi, les institutions au sein du même bâtiment travaillent directement ensemble et tout le monde gagne du temps.

Ensuite, le Projet Départemental d’Insertion (PDI), 2016-2021 qui se décline là aussi à l’échelle des pays, que j’accompagne, car il se travaille en Cornouaille sous la houlette de ma collègue Isabelle Assih. Ce projet réunit et fédère l’ensemble des acteurs de l’insertion qui accompagne au quotidien celles et ceux qui sont en situation d’exclusion économique et sociale. C’est ici à nouveau la réal politique et non pas les caricatures outrancières qui perdurent notamment sur les bénéficiaires du RSA.

Qu’il s’agisse de l’Insertion par l’Activité Economique, des chantiers d’insertion, des ateliers d’insertion, de l’Economie Sociale et Solidaire, c’est toute l’offre d’insertion qui est mise sur la table, afin bien sûr de dégager des diagnostics territoriaux, pour recenser tout ce qui existe sur le département et ainsi se fixer des objectifs concrets. Notamment, ceux de favoriser l’accès aux droits et à l’autonomie, de favoriser l’accès et le retour à l’emploi, favoriser la coordination des acteurs et la communication.

Dans les deux exemples en question, le conseil départemental utilise l’intelligence collective et participative pour trouver des solutions concrètes sur le terrain. Construire une politique publique adaptée aux aspirations citoyennes nécessite ce type de préalable. Mais ils est souvent plus facile de décider seul dans son coin, pour donner une réponse court-termiste à un problème immédiat.. C’est ici toute la question du portage politique ou pas d’un sujet. C’est aussi  toute la difficulté de la gauche à rendre lisible, simple et concrète la mise en place de politiques publiques au service du citoyen.

Enfin, si le gouvernement reconnaît au travers des deux dispositifs pré-cités le rôle clef du département en terme d’échelon de proximité, ce même gouvernement décide de snober le conseil départemental pour lui donner les moyens de ces missions, car non seulement, nous serons la seule collectivité ne bénéficiant pas de coup de pouce, mais qui verra même sa charge financière considérablement alourdie. Entre une droite qui caricature les missions essentielles du département et une gauche gouvernementale, qui semble nous mépriser.. Nous continuerons à porter haut et fort nos missions de solidarités, entre les citoyens et les territoires.

Primaire de la droite pour… la droite…

En ce jour de débat à droite, il est comme une urgence d’évoquer ici les raisons pour lesquelles, il est préférable de laisser la primaire de la droite et du centre (cette « variété molle de la droite » comme disait Mitterrand) à ceux qui aiment ça..

Si je perçois les motivations de l’électeur de gauche de se mêler de cette histoire pour, et c’est le plus couramment répandu, soit voter Juppé afin d’éviter le second tour Sarkozy-Le Pen, soit voter Sarkozy, se disant que c’est le seul qui peut permettre une victoire de la gauche, dans tous les cas, c’est me semble-t-il une bien mauvaise idée car :

Aller voter à la primaire de la droite et du centre, c’est donner sur deux tours 4 Euros à l’ancienne UMP, et ainsi renflouer les caisses d’un parti, qui a suffisamment joué avec l’argent du contribuable lors de la dernière campagne présidentielle. En effet, la primaire n’est pas que coûteuse pour ses organisateurs. Rappelons que les militants qui tiennent les bureaux sont bénévoles et la location des salles est souvent gratuite. Ainsi, la participation financière de l’électeur de la primaire si elle couvre les quelques frais engagés est surtout une opportunité financière pour les partis, ce que je ne condamne pas, mais en se pensant de gauche, je ne vois pas comment on peut ainsi financer le parti de « LR ».  A partir de 2 millions d’électeurs, ils rentrent dans leurs frais, le reste servira à la campagne présidentielle..

Les primaires ne sont pas le premier tour de la présidentielle. Le favori d’Octobre est très rarement celle ou celui qui accède au palais 6 mois plus tard.. Demandez à Raymond Barre, Lionel Jospin, Edouard Balladur et Ségolène Royal ce qu’ils en pensent.. Seul François Hollande a démenti la tradition.. Dans tous les exemples précédents, c’est donc d’autres candidat-e-s, que l’on pensait carbonisés qui ont su inverser la tendance. Aujourd’hui, la primaire de la droite focalise toute l’attention.. Celle de la gauche arrive fin Janvier, et avec elle toute sa dynamique. Le parcours des un-e-s et des autres d’ici le 23 Avril 2017 est encore long et semé d’embuches, plus particulièrement pour ceux qui tiennent le haut du pavé aujourd’hui.

C’est bien une feuille de papier à cigarette qui sépare l’ensemble des candidat-e-s à la primaire de la droite et du centre, ce qui vaut également pour les deux favoris, Juppé et Sarkozy. Si je peux comprendre que des réactions épidermiques parcourent l’échine de tout corps de gauche normalement constitué à la vue de l’ancien président de la république, il suffit de regarder dans un premier temps la stratégie de chaque candidat et dans un second temps les propositions du soi-disant nouveau che guevara de la droite Alain Juppé..

Il faut d’emblée comprendre que les deux favoris en question occupent d’abord et avant tout un espace politique. Sarkozy, avec sa campagne tout feu tout flamme droitise à outrance sa campagne pour attirer dans ses filets un électorat exaspéré, et potentiellement ultra-droitier, électeurs du front national. Ainsi, pour exister, Juppé joue la partition inverse, avec une campagne furtive, en feintant la modération et la distance, pour récolter de son côté les palmes des centristes (ce qui vient d’être fait avec l’UDI). Mais à peine élu, nous constaterons que l’un comme l’autre sortira de son espace stratégique actuel. En effet, Juppé devra reconquérir la droite dure et ainsi se droitisera, alors que Sarkozy devra être moins clivant et ainsi adresser des signes au centre, et sans se gauchiser, il calmera fatalement ses outrances. Ainsi, chacun dans leur déport respectif se rapprochera au final de ce qu’est un candidat de droite !!

Un petit détour par les propositions d’Alain Juppé permet de comprendre que son positionnement actuel est bien plus stratégique qu’idéologique. Car il y a ce qu’il dit mais surtout ce qu’il dit moins… Seuils sociaux (droit des salariés) bloqués pendant 5 ans, sortie des 35H00, retraite à 65 ans, alignement des retraites du public sur le privé, suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), plafonnement des aides sociales, maintien du nucléaire, diminution de 300 000 postes de fonctionnaires, dégressivité de l’allocation chômage, facilitation de la procédure de licenciements…

Bref, on lève l’impôt de la richesse, en faisant les poches de celles et ceux qui abusent bien sur abondamment de l’aide sociale.. Un grand classique.. Robin des Bois a lui aussi fait sa mue capitalistique..

Et puis, n’oublions que le chef actuel de Juppé, Sarko et compagnie s’appelle en ce moment Laurent Wauquier.. Vous savez, celui qui veut entrer en « résistance » avec son refus d’accueil de 1800 réfugiés dans sa région de près de 8 millions d’habitants, la deuxième plus riche de France.. Son comportement sur cette question est exactement le même que celui du maire de Béziers…

Bref, la primaire de la droite ne me semble pas être l’affaire de celles et ceux qui se pensent de gauche. Y participer est un véritable signal de défaitisme, car si nous avons, ne nous en cachons pas nos propres turpitudes, regarder leurs propositions se fait se sentir plus que jamais de gauche..

Les plus et le moins…

Il y a 8 mois, le 27 Janvier dernier, Jean-Jacques Urvoas, tout fraichement nommé Ministre de la Justice avait annoncé : « J’ai quinze mois qui seront dédiés à une priorité, obtenir des moyens conséquents pour ce ministère ».

8 mois après, dans le cadre du projet de loi de finances de 2017, le budget de la justice sera en hausse de 9 % soit 520 Millions d’Euros, du jamais vu depuis 20 ans.

L’état d’urgence de la situation de la justice Française le justifiait incontestablement. Pour autant, en politique, le plus dur et le plus important est de … « gagner ses arbitrages » pour défendre sa politique et donner des moyens à son action.

Mais au-delà de l’habileté, et d’avoir tenu son engagement, le plus important est de souligner ici à quel point la politique du ministre de la justice est clairement ancrée à gauche, car derrière les chiffres, ce sont des réalités concrètes pour un service public sinistré. Car cette augmentation historique du budget de la justice s’adresse tout d’abord aux 25 000 Français qui entrent chaque jour dans un tribunal. Le garde des sceaux, avec la loi sur la justice du XXIème siècle avait déjà fait de la justice du quotidien sa priorité. C’est une « certaine conception de la justice »..

600 emplois crées dans les juridictions, en réponse à des vacances de postes ; une augmentation de 12 % des crédits de fonctionnement, pour que matériellement les conditions de travail soient réunies ; 31 % de plus pour l’immobilier (dont le tribunal de Quimper), une revalorisation de l’aide juridictionnelle ; une augmentation pour l’aide aux victimes ; l’engagement du programme sur l’encellulement individuel (1,158 Milliard) ; 1255 créations d’emplois dans l’administration pénitentiaire ; Création de 165 emplois pour la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) etc..

Ce dernier point concerne en particulier ce qu’on appelle les  Services Pénitentiaire d’Insertion et de probation (SPIP), qui sur le terrain accomplissent une tâche ingrate, mais essentielle en matière de prévention de la récidive et de suivi de la réinsertion des individus condamnées.

Jean Jacques Urvoas avait le 27 Janvier également annoncé : « Je parlerai peu, mais j’agirais beaucoup ». On y est..

Pour être tout à fait complet, après ce satisfecit qui, au-delà de l’objectivité de l’orateur est suffisamment chiffré et factuel pour modérer les esprits chagrins, je fais part d’un vif questionnement relatif à quelques récents choix gouvernementaux.

En effet,  dans un contexte budgétaire parfois intenable pour les collectivités, si je salue vivement les gestes justes et progressistes aux communes et intercommunalités (baisses de dotation d’état réduites de moitié), et aux régions (transferts d’une fraction de la TVA permettant de dégager d’importants crédits), j’attends avec impatience des décisions fortes pour les départements.

Il serait en effet regrettable que la collectivité des solidarités soit le parent pauvre de la politique territoriale du gouvernement. A moins de considérer bien entendu que les missions de protection de l’enfance, d’accompagnement des personnes âgées, en situation de handicap, d’insertion, de jeunesse, entre autres, soient assez inutiles, superflues, ou même insignifiantes. Les missions de solidarité de proximité sont suffisamment caricaturées par la droite, pour ne pas faire l’objet de mépris par la gauche..