Réal politique…

A l’heure où de tout côté, la politique nationale n’aura rarement autant donné un sentiment de médiocrité, alimenté par l’orthodoxie cathodique, en quête de l’anecdote permanente, la réalité se poursuit discrétement.

Au sein du Conseil Départemental du Finistère, deux projets sur lesquels votre serviteur travaille méritent d’être ici valorisés, tant ils mettent en avant le rôle essentiel de fédération et d’animation de la collectivité départementale et la volonté des élus de la majorité d’offrir le meilleur service au public, y compris en période de disette budgétaire.

Ces deux schémas, si on souhaitait les caricaturer peuvent paraitre techniques, voir technocratiques, mais pourtant, il s’agit de « réal politique », avec des ramifications et déclinaisons concrètes sur le terrain.

Tout d’abord, le Schéma Départemental d’Amélioration de l’Accessibilité des services au public (SDAASP). Ce schéma est une commande de l’état auprès des conseils départementaux et des préfectures, qui pilotent leur application.

Le schéma a pour aspiration d’offrir le meilleur service pour une meilleure égalité entre les citoyens, en réduisant les zones en déficit. Il s’agit du service au sens large, car il intègre du public et du privé, du marchand et du non marchand délivrés par les opérateurs nationaux et locaux. Nous évoquons donc ici par exemple l’offre de santé, de commerces, de présence des services publics, de transports et de la nécessaire mutualisation pour tendre vers une meilleure efficacité.

Ainsi, à l’échelle des pays, le conseil départemental réunit autour de la table une cinquantaine de partenaires en ce qui concerne la Cornouaille : des élus et techniciens des collectivités (ville, communauté de communes), des institutionnels (CAF, Pole Emploi, Poste, Agence Régionale de Santé, chambres consulaires), et des associations de tout secteur pour définir des priorités et trouver des solutions communes afin d’essayer de faciliter la vie des citoyens.

A titre d’exemple concret, des Maisons de Service au Public sont en fonction ou en projet sur l’ensemble du département, et permettent de regrouper au sein d’un même bâtiment de nombreux services, afin d’éviter aux citoyens de passer d’une administration à une autre, et de se perdre dans un dédale sans fin aussi illisible que décourageant au final. Ainsi, les institutions au sein du même bâtiment travaillent directement ensemble et tout le monde gagne du temps.

Ensuite, le Projet Départemental d’Insertion (PDI), 2016-2021 qui se décline là aussi à l’échelle des pays, que j’accompagne, car il se travaille en Cornouaille sous la houlette de ma collègue Isabelle Assih. Ce projet réunit et fédère l’ensemble des acteurs de l’insertion qui accompagne au quotidien celles et ceux qui sont en situation d’exclusion économique et sociale. C’est ici à nouveau la réal politique et non pas les caricatures outrancières qui perdurent notamment sur les bénéficiaires du RSA.

Qu’il s’agisse de l’Insertion par l’Activité Economique, des chantiers d’insertion, des ateliers d’insertion, de l’Economie Sociale et Solidaire, c’est toute l’offre d’insertion qui est mise sur la table, afin bien sûr de dégager des diagnostics territoriaux, pour recenser tout ce qui existe sur le département et ainsi se fixer des objectifs concrets. Notamment, ceux de favoriser l’accès aux droits et à l’autonomie, de favoriser l’accès et le retour à l’emploi, favoriser la coordination des acteurs et la communication.

Dans les deux exemples en question, le conseil départemental utilise l’intelligence collective et participative pour trouver des solutions concrètes sur le terrain. Construire une politique publique adaptée aux aspirations citoyennes nécessite ce type de préalable. Mais ils est souvent plus facile de décider seul dans son coin, pour donner une réponse court-termiste à un problème immédiat.. C’est ici toute la question du portage politique ou pas d’un sujet. C’est aussi  toute la difficulté de la gauche à rendre lisible, simple et concrète la mise en place de politiques publiques au service du citoyen.

Enfin, si le gouvernement reconnaît au travers des deux dispositifs pré-cités le rôle clef du département en terme d’échelon de proximité, ce même gouvernement décide de snober le conseil départemental pour lui donner les moyens de ces missions, car non seulement, nous serons la seule collectivité ne bénéficiant pas de coup de pouce, mais qui verra même sa charge financière considérablement alourdie. Entre une droite qui caricature les missions essentielles du département et une gauche gouvernementale, qui semble nous mépriser.. Nous continuerons à porter haut et fort nos missions de solidarités, entre les citoyens et les territoires.

Étiquettes : , , , , , , ,
Previous post
Next post

Postez un commentaire