Le début de la fin…

Que Trump, Le Pen, Farage, Grillo, Orban, Hofer et Sarkozy à sa façon et sans doute encore d’autres soient déjà en responsabilité, ou aux portes de l’être doit très rapidement nous interpeller et nous faire réagir..

Le pire étant qu’ils puissent l’air de rien se réclamer de candidatures qui défendraient le peuple, le monde salarié, les « petites gens » la « majorité silencieuse ».. Comme s’ils pouvaient incarner les aspirations prolétariennes.. Il y a évidemment imposture et nivellement vers le bas.. Mais, très honnêtement, la gauche, en France, en Europe et partout dans le monde y a largement contribué en perdant quelques batailles culturelles majeures.

Pour que des millions de citoyens à travers le monde en arrivent à de telles conclusions électorales, pour que cette gigantesque imposture puisse fonctionner, nous devons sortir du constat angéliste de salon, en pensant que vraiment « les gens » n’ont rien compris, et avec la conviction béate que tout finira par rentrer dans l’ordre… Car si on admet qu’il n’est pas déjà trop tard, il convient de reconnaître nos fautes, notamment en n’assumant pas un héritage historique, en s’étant « technoifier » à outrance, en ayant créé des automates politiques déshumanisés, nous avons  installé, notamment à gauche une sorte de mépris de caste, une sorte de mépris de classe. Ce qui génère une médiocrité désespérante dans l’inaction politique, y compris vers celles et ceux qui souffrent le plus. La réponse à cette médiocrité et à ce mépris est la haine du politique, devenu une élite, que le politique le veuille ou non.. Les gens ne détestent pas la politique, bien au contraire, mais ils détestent ceux qui la font.. Il est impossible de continuer à nier cette évidence. Et il est si facile, de tomber dans la caricature crasse du peuple, armé de bon sens contre les élites ou de la bien-pensance du café de Flore. La réalité est bien plus complexe, mais devenir la caricature de soi même ne peut qu’alimenter ce processus de simplification..

Nous nous fourvoyons également en évoquant régulièrement le populisme de ces nouveaux prédicateurs de la haine.. Car en réalité, dans son sens premier, le populisme fait bien appel à l’intérêt que l’on porte au peuple.. Plus on va parler de populisme pour les désigner, plus on va marquer notre propre déconnexion et désintérêt envers justement le peuple..  Au lieu de les taxer de populistes, nous devrions tâcher de redevenir populaires..

Cette captation de la désespérance par les malfaisants sus nommés porte entre autre la marque de notre responsabilité, car nous avons cassé notre logiciel idéologique, notre capacité à produire des idées, pour n’être devenu qu’une machine, non plus à gagner, mais plutôt à perdre les élections… Alors que si on regarde en France, le seul parti qui travaille aujourd’hui sur le champ de l’idéologie, c’est bien le front national..

A la lecture de ces quelques lignes, en France, la droite n’a guère à se réjouir, car si demain, ils accèdent à des responsabilités nationales ils seront confrontés exactement aux mêmes difficultés.. Sachant que si l’on pardonne toujours davantage à la droite d’être les tenants d’un capitalisme déshumanisé, leur orthodoxie budgétaire, allié à un chronique manque d’empathie ne leur promet pas un chemin pavé de roses..

A l’image des grands basculements historiques, nous sentons ce grand vertige d’un désordre mondial irrémédiable, car cette odeur est dans l’air.. La seule réponse pour éviter ce qui semble aujourd’hui comme inévitable est de retourner aux fondamentaux de la gauche, de retrouver le chemin de l’émancipation de l’autre, qui doit être le leitmotiv de tout engagement politique à gauche. Servir et non se servir.

Si tout n’y est pas parfait, je plaide pour l’exportation du modèle finistérien, où tous les jours, nous appliquons une politique de gauche à dimension humaine et solidaire.. La proximité est notre guide. Même si j’ai parfois l’impression que nous nageons à contre-courant de la pensée dominante, qui nous démontre que l’autre, celui qui est en dessous est le fautif de tous nos maux : le migrant, le chômeur, le bénéficiaire du RSA etc…

Il existe un juste milieu entre les tenants actuels de l’ordre mondial, qui ne s’appuient que sur la finance et l’avènement capitalistique ; Entre les aspirants proches à court, moyen ou long terme de prendre possession de cet ordre mondial, qui ne créeront que désolation et guerres ; Entre les actuels déconnectés de la désespérance des foules incarnant les fractures contemporaines..

Si je demeure persuadé que tout commence en Finistère, espérons que demain à la même heure de l’écriture de ces lignes, outre atlantique, un drame démocratique ne se produise pas, car c’est potentiellement l’incarnation du début de la fin

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One Response to Le début de la fin…

  1. morvan rémy says:

    Philosophe , tu es un grand sage en plus Jean-Marc , j’approuve !
    Bon courage et bonne semaine
    Cordialement
    Rémy Morvan

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