Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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Candidat de la bienveillance et de l’avenir

Dans cette campagne aussi incertaine qu’inquiétante, Benoit Hamon pose parfaitement 3 principaux enjeux d’avenir, qui méritent une nouvelle offre politique, que sont la protection sociale, la transition écologique et le renouveau démocratique.

Il fait revivre l’adage Jaurésien que l’on pourrait adapter à la sauce hamoniste en affirmant que Benoit Hamon est le candidat du réel, qui nous propulse vers l’idéal.

Au-delà de la formule, il développe une réelle capacité à parler au cœur de ce qui fait la souffrance chez de nombreux de nos compatriotes, tout en proposant un futur désirable et un refus de la condition pré-établi.

Il pose l’enjeu majeur de cette campagne en incarnant l’innovation face au vieux monde. En ayant sur tous les sujets le courage de la modernité au service d’une ambition qui repose sur une croyance à l’autre et en la possibilité de son émancipation plutôt que de miser sur de vieilles recettes, qui n’ont comme seul mérite que de rassurer, à défaut d’être pourtant profondément aussi injustes qu’inefficaces.

L’utopie et l’irréalisme c’est bien de convoquer la croissance et de penser qu’elle sera à l’heure car à soi seul, l’on concentrerait tout le génie de la nation, et qu’en tant qu’homme ou femme providentiel, nous aurions été touchés par une sorte de grâce divine et messianique qui résoudra ainsi tous les problèmes des Français.

Croire en ces ceux deux mythes, en ces deux fables est un signe d’immaturité démocratique, qui au-delà du leurre et de la supercherie freine toute possibilité d’avancées économiques et sociales majeures en se propulsant pourtant vers un imaginaire puissant.

Il y a ceux qui pensent que les dieux se sont penchés sur leur berceau pour en faire des rois, et ceux qui pensent que leur mission divine est d’accompagner ces rois. Et la dernière catégorie pense être dieu.. Mais ceux-là finissent en effet parfois à l’Elysée ou à l’asile. Je conseille en tout cas vivement à toutes celles et ceux pétris de certitudes et de prédictions d’ouvrir d’urgence un cabinet de voyance et aux mêmes qui font souvent œuvre de mépris la plus grande prudence, car rien n’est acquis et écrit dans cette folle course au château..

A la fin des années 20, Antonio Gramsci évoquait la crise en disant que « C’est quand le vieux monde est mort et que le neuf ne peut pas naître. Et que de ce clair-obscur, peut naître un monstre ».. Le refus de l’innovation et le retranchement réconfortant dans ce que l’on connaît, mais qui ne vit plus, finira à terme par nous amener le pire..

Nous aurions bien tort de mépriser la colère qui se trompe..

L’option politique de l’avenir et de la bienveillance est encore possible contre les prédicateurs de l’austérité ou de la régulation de celle-ci, qui si elle baisse mécaniquement la dette d’un état appauvrit le peuple en baissant le niveau d’activité.. Ou dit autrement, comme l’affirmait Coluche « les pauvres seront contents d’apprendre qu’ils habitent un pays de riches ». Ou encore Kenneth Boulding qui disait : « Croire en une croissance exponentielle infinie, dans un monde fini, il n’y a que les fous et les économistes pour y croire »..

Certains candidats dans cette élection présidentielle appellent les pauvres à l’émancipation, à la sortie de leur condition d’assistance, en travaillant par exemple le dimanche ou en tout cas, en leur faisant la promesse dorée qu’ils sont libres et qu’ils doivent ainsi par exemple s’émanciper par le travail.. Sauf que pour être libre, encore faut-il avoir des droits.

Et l’on touche ici aux deux conceptions de la liberté qu’évoquait Isaiah Berlin sur la liberté négative et la liberté positive.. La première étant le sanctuaire individuelle, à savoir ma liberté à moi, avec pas trop d’état, pas d’impôts etc.. Alors que la liberté positive c’est d’affirmer que l’on est jamais libre tant que l’on a pas de droits.. C’est par exemple le droit au repos dominical. Sinon, c’est évidemment l’avènement d’un projet d’essence libéral, en se reposant sur le seul désir des individus, pour construire une société harmonieuse. Sauf que l’expression de ces libertés individuelles ne se fait pas à armes égales.. Que c’est toujours ceux qui vont bien qui décident pour tous les autres, et qu’il faut d’abord équiper chacun-e- en droit pour avoir, l’opportunité d’être libre.

Un pari d’avenir que nous devons porter à ce titre c’est la jeunesse. Françoise Sagan disait « Que la génération la plus raisonnable c’est la jeunesse » ou encore Toqueville qui disait lui que « dans toute génération nouvelle, il y a un peuple nouveau ».. Ainsi, le revenu universel pour les 18-25 ans permet par exemple de redonner des armes à ceux qui n’en ont pas dans un pays où un jeune sur 5 vit en dessous du seuil de pauvreté, et dans un des seuls pays d’Europe où on considère normal le mariage entre la jeunesse et la précarité.

Après la protection sociale, la santé environnementale, même si, tout est lié car ceux sont toujours les plus pauvres qui subissent.. On ne peut plus aujourd’hui être socialiste sans être écologiste. Des candidats libéraux, eux évoquent à nouveau la responsabilité individuelle : l’alcool, le tabac..

Mais partout en France, combien de logements insalubres, de passoires thermiques, parfois et souvent dans des régions à climat difficile, qui de fait va toujours avoir plus de conséquences sur les pauvres.. Alors quand on aspire à devenir Président de la République, la responsabilité est de regarder qui est à l’origine de la pollution atmosphérique, plutôt qu’évoquer au chaud dans sa chemise et son bureau, et un brin condescendant (en un mot) la responsabilité individuelle. 48 000 morts par an prématurés en France à cause de la pollution atmosphérique Et ce sont toujours les plus pauvres. Et les mêmes vont leur dire : « Mais vous ne mangez pas Bio ? » Plein de gens aimeraient manger des tomates sans pesticides. La reconversion écologique au niveau hexagonal, mais aussi Européen est ainsi une urgence social et sanitaire, la diminution de la part du nucléaire, 50 % d’énergie renouvelable d’ici 2025, la lutte contre les perturbateurs endocriniens sont quelques mesures parmi un vaste plan d’ensemble écologique que Benoit Hamon porte là aussi haut et fort. On peut toujours négocier avec les banques, mais pas avec la planète..

Enfin, sur le renouveau démocratique, car la France de 2016 n’est plus celle de 1958, la 6ème république qui doit mettre fin à l’inadaptée monarchie républicaine qui est la nôtre pour aller vers une république plus parlementaire et surtout citoyenne à travers notamment l’irruption dans le débat de processus permettant l’examen d’une loi dès lors qu’au moins 1% du corps électoral s’organise et le fait savoir, avec certains critères pour garder bien sur le pays gouvernable. Mais là aussi, la modernité, le futur désirable consiste à construire une authentique démocratie de proximité qui évite qu’une décision soit prise à deux ou trois dans le bureau du président à l’Elysée.. A moins à nouveau de considérer que seule une figure iconique autoritaire pourrait guider le peuple vers la lumière.. Immaturité démocratique contre 6 ème république, avec là aussi entre autre le 49-3 citoyen, permettant à la démocratie de ne pas être intermittente, la reconnaissance du vote blanc, le non cumul des mandats dans le temps (3 mandats maximum), limitation de l’utilisation du 49-3, septennat unique du président de la république, collège citoyen et de territoire au sénat, dose de proportionnelle aux législatives, renforcement des droits de l’opposition, droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales.

Enfin, comme Benoit Hamon aime à le dire au sujet de l’accueil des migrants : quand on est socialiste, on ne regarde pas la carte d’identité lorsque l’on tend la main..

C’est Le leg d’illustres ancêtres humanistes et progressistes. C’est le symbole des mots clés de la campagne de Benoit Hamon : La bienveillance et l’avenir..

 

 

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