49 jours…

Le paysage politique national demeure pleinement chaotique et explique que tant de citoyens à ce jour soit pensent qu’ils n’iront pas voter, avec le risque d’un taux record d’abstention dans une présidentielle, soit au regard du niveau impressionnant d’incertitude de nombreux citoyens, qui eux sont pourtant surs d’aller voter, ce qui minore par ailleurs les tendances sondagières du moment, dans un feuilleton, que même le plus déjanté des scénaristes hollywoodien n’aurait pas tenté.

La désespérance, la déception, les affaires, les choix jugés comme clivant des primaires, la proximité de certains programmes, à gauche comme à droite et au centre droit, la médiocrité entretenue par les chaînes dites d’info en particulier, sont très certainement des facteurs expliquant ce si haut niveau d’incertitude.

Le débat est pour le moment essentiellement « poujado-judiciaire » et notamment de la faute des affaires du candidat de la droite et de son comportement en lien avec celles-ci. Ce contexte prive les français d’un vrai débat sur le fond, les orientations et le projet pour notre pays. Faisant sans doute le jeu de la droite elle-même, ainsi que de celle et de celui qui veulent nous faire penser qu’ils sont les candidats antisystèmes, car ils ne sont pas dans les partis traditionnellement majoritaires. Mais le politique bashing n’est pas un programme à soi seul et l’incurie actuelle du débat permet de masquer les faiblesses ou le vide programmatique de certain-e-s.. Il est grand temps que le vrai débat politique s’installe..

La menace de la victoire de l’extrême droite existe réellement, avec une candidate qui n’a pourtant rien changé au fond de commerce paternel et aux têtes de gondole habituelles, entre xénophobie, racisme et haine.. Sans parler de la folie de la sortie de la zone euro, qui mettrait en quelques jours l’économie du pays à genoux et fragiliseraient justement les plus vulnérables. L’histoire a de tout temps démontré que si l’extrême droite savait prendre le pouvoir par les urnes, on ne sait jamais quand elle le rend. Son comportement face à l’argent et à la justice démontre d’ailleurs un « potentiel dictature » qui en dit long sur ce que serait son exercice d’un pouvoir, qui se sert plus qu’il ne sert et qui est la république des copains et des coquins.

La droite qui propose de casser notre modèle social, en finançant la rente et les puissants et en s’en prenant aux plus vulnérables en s’attaquant massivement au service public, seul bien de ceux qui n’en ont pas..

La proposition d’austérité incarnée par celui qui arrose uniquement celles et ceux qui porte son nom de famille, au-delà d’être choquante et consternante est par ailleurs dépassée. Ce paradigme fait certes baisser la dette, mais génère baisse d’activité, récession et appauvrit le pays et sa capacité d’investissement et d’innovation. Cette offre politique est une gageure qui est surtout critiquée par le FMI et l’OCDE, autant finalement que par les affreux gauchistes… Une droite dite républicaine qui nous prive depuis maintenant de trop nombreuses semaines du vrai débat démocratique qui devrait exister..

Le centre droit, qui s’est trouvé certes un visage nouveau, mais qui ne propose rien d‘autre chose qu’une droite molle, comme aurait dit François Mitterrand, avec juste quelques milliers de postes de fonctionnaires supprimés en moins que le candidat précédent, tout en exonérant les actionnaires de l’ISF et en saignant les collectivités qui assurent le lien social du quotidien. Même si l’incroyable entreprise de communication arrive à faire penser le contraire par des mécanismes proches de l’hypnose, cette offre aussi bien sur la forme que sur le fond n’a rien de nouveau entre la croyance messianique à l’homme providentiel confortant notre bloquante monarchie républicaine (avec d’ailleurs une exposition de la putative première dame, qui à l’approche du 08 Mars, est au bas mot archaïque pour l’image de la femme) et avec des recettes de continuation de régulation de l’austérité qui ont montré leur impuissance depuis des décennies.

Dans ce paysage, je ne vais pas vous expliquer qu’il n’existerait qu’un seul candidat qui concentrerait en lui tout le génie de la nation.. C’est même à l’inverse le seul qui ne prétend pas détenir la vérité et la réponse à toutes les questions.. Ce qui déjà est un gage d’honnêteté et de sincérité dans la démarche de Benoit Hamon.

Sa proposition d’un futur désirable à travers les piliers que sont la protection sociale, la transition écologique, et le renouveau démocratique s’appuient sur des propositions nouvelles, précises, nombreuses, argumentées et budgétées. Son offre politique dénote et détonne, ce qui explique un certain mépris ou une forme de condescendance du système cathodique ou d’autres candidats, ce qui n’est jamais mauvais signe. Il est pourtant le seul qui s’adresse directement aux classes populaires et moyennes, car il sait que c’est particulièrement le point faible des politiques menées jusqu’à présent.

Et pour information, attendu que les médias nationaux n’en parlent pas, sur l’argument de faiblesse utilisé par certains, en terme de vote utile, et puisque si on ne croit pas aux sondages, il faut admettre qu’à eux seuls, ils peuvent faire le scrutin, sachez qu’en cas de second tour Benoit Hamon / Marine Le Pen, le candidat de la gauche l’emporterait entre 56 et 58 %.

Benoit Hamon propose une option politique, et ne propose pas sa seule personne au peuple. Son style est résolument moderne, à regarder par exemple les AGORA, débats citoyens qu’il propose où il démontre une adaptation sur tous les sujets et une capacité à dialoguer directement avec les citoyens qu’aucun-e-e candidat-e- n’a éprouvé jusqu’à présent..

A 49 jours du premier tour, entre les affaires et leur lot d’indignité, le culte messianique ou « hologrammique » de sa propre personne, il existe un candidat qui propose une offre nouvelle, des perspectives bienveillantes, qui donne des droits à celles et ceux qui n’en ont pas et qui réinvente un vivre ensemble égalitaire et désirable.

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