Le Blog de Jean-Marc Tanguy
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Lettre à mes (très cher-e-s) camarades…

Lettre a mes (très cher-e-s) camarades,

Vers 05h45, dans le train m’amenant à Paris, pour rejoindre le QG de campagne de notre candidat à l’élection présidentielle pour travailler sur nos propositions en lien avec le droit des personnes en situation de handicap… Je pense à vous mes (très cher-e-s) camarades…

Je vois tous les jours, grâce au génie moderne de nos moyens contemporains de communication, bref, je vois sur mon smartphone apparaître la notification d’un-e- d’entre vous qui a décidé de rejoindre M. Macron.

Comme un coup de poignard à chaque fois… Mais qui cicatrise la minute d’après, porté que je suis par la foi absolu en notre candidat, à son projet et à la mission qu’il m’est demandée à cet égard.

Dans le respect total du choix de chacun, je ne peux pour autant pas m’empêcher de me demander ce qui vous guide.. Je croyais connaître certain-e-s d’entre vous.. Pour d’autres, je suis peu surpris, et de fait pas forcément mécontent.. Nous avons milité ensemble, j’ai appris beaucoup à vos côtés, et souvent d’ailleurs, m’était enseigné le concept de loyauté, non pas à ses propres pré carrés et préconçus, mais à la force collective de nos idéaux. J’y ai cru.. J’y crois encore… Plus vous manifestement… Car tout ne se vaut pas.. Et à cet effet, les paroles de Bernard Cazeneuve devrait pousser la réflexion de certain-e-s..

Loin de moi l’idée de rédiger un pamphlet culpabilisant ou moralisateur.. Simplement, j’essaie de comprendre… « Si tous les dégoutés partent, il ne restera plus que les dégoutants » disait Mauroy, il y a longtemps, où le parti traversait déjà son lot de turpitudes. Je ne pensais pas qu’un jour, on pourrait inverser l’ordre de cette phrase

Personne n’a le monopole de la gauche ou du socialisme, mais je note deux problèmes majeurs :

Tout d’abord, le non-respect d’un engagement sur un processus (la primaire) que nous avions collectivement validé et même voté.. J’avais en ce qui me concerne dis tout de suite que « quoi qu’il arrive » au-delà de « l’irréconciabilité » présumée, je ferai campagne pour celle ou celui qui sortirait vainqueur de la primaire. Je me l’étais d’ailleurs déjà appliqué avec tous mes camarades qui avions soutenu Martine Aubry en 2011.. On ne peut pas respecter le vote uniquement quand celui-ci nous arrange.. Le seul maître que nous avons est le suffrage universel..

Ensuite, comment en se disant de gauche, peut-on se retrouver en phase avec les idées de la nouvelle maison qui semble… pour le moment… être si bien décorée.. 120 000 postes de fonctionnaires supprimés, l’ISF supprimé pour les actionnaires, 10 milliard d’économie sur les collectivités… En gros, pour un cadeau fiscal aux ami-e-s du candidat, on saigne le seul bien commun de ceux qui n’en ont pas. Je ne parle pas du rapport monarchique et messianique au pouvoir, car je renonce à l’idée de penser qu’un-e-e seul d’entre nous concentrerait l’ensemble le génie de la nation.. Quand je parle ainsi, on me dit parfois avec bienveillance de ne pas.. «insulter l’avenir ».. Si c’est le mien dont il s’agit, celui des plus vulnérables d’entre nous m’intéresse bien d’avantage..

Là où il est décidé de faire des coupes dans les budgets prioritaires d’un département par exemple, comme en Alsace, un éducateur référent de l’aide sociale à l’enfance s’occupe de 60 enfants confiés par le juge (30 en Finistère). Les référents étant débordés, ce sont souvent les familles d’accueil qui doivent travailler avec les parents d’enfants confiés.. Ce qui est une aberration et ne génère que l’explosion de ces situations..

Ce n’est qu’un exemple parmi de multiples autres qui s’ajoute à l’ensemble du service rendu au public, qui va se trouver ainsi considérablement amoindri..

Que les responsables politiques n’aient pas la main qui tremble sur le bon usage du denier public, en regardant lucidement la situation de nos collectivités, c’est évident.. Mais organiser, comme c’est proposé ici le démantèlement du bien commun est la continuation en bien pire de ce qui se fait depuis une décennie.. Etonnant pour des élu-e-s de ne pas s’en émouvoir..

Mais c’est sans doute anecdotique, en comparaison de l’incarnation présidentielle de celui qui régente au bras fait rêver le pays sur les couvertures de papier glacé dans les salles d’attentes de nos salons de coiffure..

Si je rassure mes camarades en affirmant que Benoit Hamon n’est pas le Ché Guevara, j’ajoute aussi que Macron est tout sauf le nouveau Kennedy..

Qu’il s’agisse d’honnêteté, de confort ou de peur.. Le vote « utile » a ceci d’absurde que la classe populaire vote Marine Le Pen, soutenant des politiques identitaires protectionnistes. Marine Le Pen effrayant les classes moyennes, qui se réfugient donc sur un vote qualifié d’utile, vers un candidat totalement libéral économiquement, qui dans ses mesures organise lui-même la paupérisation des… classes populaires.. Je ne sais pas si c’est un cercle vicieux, mais je sais qu’il est non vertueux..

 

D’un côté, un candidat qui vole l’argent public pour se servir et qui veut casser le lien social du quotidien. Ensuite, une candidate qui prône la haine, le racisme et la xénophobie, tout en prenant le risque de tuer l’économie de notre pays.. Et la réponse serait une « candidature paillettes », qui promet tout et son contraire à qui veut bien l’entendre, créant non pas un nouveau projet France, mais un immobilisme à tout crin, avec les recettes du vieux monde qui échouent depuis 30 ans et qui ne sera que le marchepied futur pour vous savez qui..

Alors oui, le pays s’est droitisé, et le PS a suivi ce mouvement.. Et certains d’entre nous n’ayant pas bougé sur nos convictions, en les ayant juste adapté au nouveau monde, nous passons maintenant pour des révolutionnaires en plaidant juste pour la lutte contre la grande pauvreté, la reconversion écologiste de notre système, la réduction du temps de travail, le renouvellement démocratique etc…

Si je ne regrette pas d’avoir collé des affiches en Novembre et Décembre 2015.. Je ne peux m’enlever ce petit gout amer au fond du palais..

J’arrive à Montparnasse, fier de contribuer à ma modeste échelle, sur le handicap, un sujet encore aujourd’hui lamentablement jugé comme périphérique. Je suis fier de contribuer au projet du candidat de gauche progressiste, humaniste, bienveillant et qui refuse les solutions mortifères du passé en nous projetant vers l’innovation sociale.

Alors mes (très cher-e-s camarades), bonne route à vous.. on en reparlera, et je vous assure que.. On est… vachement bien dans le monde de la cohérence..

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