Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Interdits de débat…

Encore un conseil municipal de Quimper hier soir où l’autoritarisme du maire et l’agressivité d’un certain nombre de ses adjoints furent aussi prégnants que consternants..

A chaque fois de façon républicaine, l’opposition s’oppose et propose… Rien de nouveau sous le soleil… La majorité ne répond quasiment jamais à aucune des questions, surtout quand celles-ci sont précises. La stratégie est de soit répondre à une question qui n’a pas été posée en prêtant à l’interlocuteur des propos qui n’ont jamais été tenus, soit en accusant de posture en permanence, car il est entendu que tout ce que peut dire un contradicteur est guidé par la mauvaise foi et non par la conviction

Un maire qui, une fois que la presse a quitté l’enceinte, manque de respect, utilise parfois l’invective, tourne le dos très souvent dès qu’un membre de l’opposition s’exprime, regarde l’horloge en permanence, et coupe même le micro… Comme hier empêchant un débat de se tenir.. Un comportement global qui ne ressemble pas à celui qui prédomine à la présidence de ce type d’assemblée.. Cette pensée n’est pas partagée que par les membres de l’opposition..

Hier soir, il nous a donc empêché de nous exprimer sur tous les dossiers d’une des commissions, et ce malgré nos demandes. Pourtant, je voulais entre autre aborder un sujet qui avait fait l’objet d’un débat aussi intéressant que consensuel en commission. Je m’étais engagé auprès d’une adjointe de la majorité qui porte le projet que nous aurions ce débat, et que pour une fois un de ces sujets serait mis à l’honneur..

Il s’agissait de souligner tout l’intérêt d’une convention entre la ville et l’association Pas à Pas Finistère, qui permettra aux professionnels de la petite enfance de Quimper d’être formés par ceux du service d’accompagnement spécialisé accueillant des enfants autistes.

La majorité municipale de l’époque, avec le soutien du député Jean Jacques Urvoas, avions installé au Centre de Loisirs de Kérogan le service d’accompagnement, au moment où pourtant la prise en charge comportementaliste était très décriée. L’idée était hier de mettre en lumière l’évolution de ce débat et de défendre la présence sur Quimper de cette structure, qui voit en ce moment ces crédits ARS réorientés, rendant potentiellement moins efficace la prise en charge des enfants. Le clivage politique était donc pleinement dépassé..

Je rouvrirai prochainement ce débat sur le blog et au conseil municipal, mais je déplore l’attitude du maire de Quimper qui n’a pas laissé hier cette discussion se tenir, pour un sujet qui le mérite vraiment… Si le maire ne se comportait pas ainsi, il aurait donc pu constater que la parole de l’opposition n’est pas la caricature dont il se persuade qu’elle peut être..

Plus les questions sont précises, plus le maire et certains de ses adjoints s’énervent.. Elles le seront alors de plus en plus..

Sport Solidaire…

Là où d’autres prennent des décisions brutales, la concertation semble le meilleur chemin..

Les deux premiers temps de concertation sur les nouvelles orientations politiques pour le sport départemental ont permis de tirer déjà quelques constats. Presque 100 participants avec entre autre des acteurs du monde sportif, des membres de comités départementaux, de clubs, des bénévoles, des éducateurs sportifs. Mais aussi des coordinateurs jeunesse, des responsables associatifs du monde du handicap ou de l’insertion, des travailleurs sociaux etc..

Notre ambition est clairement d’aller vers les publics les plus éloignés de la pratique sportive, qui sont également les « publics prioritaires » du conseil départemental, renforcés que nous sommes en la matière par aussi bien la loi notre que par notre projet politique, qui nous engage sur un mandat.

Ainsi, le travail concret en ateliers lors des deux premiers temps de rencontre aura été l’occasion de faire travailler ensemble deux mondes parallèles qui s’ignorent parfois, et que le département veut rapprocher. Je suis persuadé que la cohésion sociale existe déjà dans le mouvement sportif. Mais l’idée est de certes, valoriser ce qui se fait déjà, tout en incitant à aller encore un peu plus loin. Car oui la cohésion sociale existe dans le sport, mais quand il s’agit par exemple d’inscrire son enfant atteint de trisomie à l’athlétisme.. C’est tout de suite plus compliqué.. C’est pourtant là où le département peut être un levier, un support. Aucune question d’opposer la pratique sportive traditionnelle, faite de loisirs ou de compétitions à la cohésion sociale mais plutôt une velléité de promouvoir la complémentarité de ces deux mondes qui ne peuvent continuer à s’ignorer. C’est évidemment une des fonctions du sport, celle de la cohésion sociale, dans la mesure où le sport est d’abord du vivre ensemble, avant d’être de l’animation subventionnée. Il n’y pas d’incompatibilité, mais une synergie à trouver.

C’est ensuite une question de posture.. Car j’entends avec difficulté l’affirmation « ce n’est pas notre métier d’accueillir certains publics ».. Par contre mettre en place un ensemble d’actions pour permettre que cet accueil se fasse, oui. Mais si dès le début, on se dit que c’est impossible, alors, on ne va pas chercher la compétence qui va permettre le travail en commun.

Ainsi, nous allons maintenant synthétiser la presque trentaine de propositions qui a émergé, entre par exemple la volonté partenariale de conventionnement entre les clubs et les associations du champ social, la formation des bénévoles, une campagne de recrutement de bénévoles sur le volet éducatif, la promotion du sport famille pour les mères ou pères isolés avec leurs enfants, la mise en place d’un comité jeunesse au sein du mouvement sportif, un travail approfondi avec les étudiant-e-s en STAPS, une réflexion sur la création de postes mutualisés d’ETAPS (Educateur Territorial des Activités Physiques et Sportives), des forums des clubs dans les collèges etc etc etc.. J’en passe et des meilleurs.

Il nous reste une troisième concertation Samedi sur « Quel modèle économique pour le sport », où nous nous interrogerons sur le « Qui fait quoi » entre les différentes collectivités et le privé, pour travailler en cohérence de compétences plutôt qu’en saupoudrage irréfléchi, afin de tendre vers une meilleure efficacité dans les politiques sportives. Il conviendra aussi de s’interroger sur la mise en place d’un formulaire unique pour les demandes de subventions des clubs, car on voudrait décourager les bénévoles que l’on ne s’y prendrait pas autrement..

Enfin, l’idée directrice est bien de donner du sens à notre politique, de se doter d’une vision, d’une doctrine, de critères, afin de construire un projet politique sportif départemental. Ainsi, au-delà des aléas budgétaires, c’est le projet qui mène le budget et non l’inverse. Je me refuse à courir derrière les chiffres.. Sinon, on ne fait que subir et il ne se passe… rien pour les citoyens. Ainsi autour de la cohésion sociale, nous tâcherons ainsi d’être créatifs, novateurs et fédérateurs. Ce n’est qu’un début..

Les Rétrogrades…

Après Sarkozy sur les écoles, Fillon sur le logement…

En effet l’ancien premier ministre, tout comme l’ancien président insulte gratuitement le droit des personnes en situation de handicap..

Dans un haut dérapage démagogique, F. Fillon estime, je cite « absurde » que tous les logement soient accessibles « aux handicapés »…

Bien sûr que l’inflation des normes et la lourdeur administrative pèsent parfois sur les entrepreneurs.. Mais il existe là comme une forme de constance impressionnante, une grande cohérence, à faire payer toujours aux mêmes le poids de la réglementation… A en croire Messieurs Fillon et Sarkozy, il faut donc des ghettos scolaires, proche de ghettos d’habitations.

Ma seule satisfaction sera de mettre pour une fois d’accord les deux concurrents à la primaire de la droite sur le fait que franchement, les personnes handicapées abusent..

Cohérence que de contraindre les personnes handicapées à la double peine, consistant à ne pas avoir à choisir comme tout le monde une école et un logement.. J’espère juste qu’ils se mettront d’accord pour rapprocher l’école accessible des logements qui le seront aussi.. Autant parquer celles et ceux qui posent problèmes et qui sont une charge pour l’économie nationale..

Le seul point commun est le renoncement des « LR » à toute notion de justice et d’égalité.. Comme si, et très sincèrement, au-delà des alternances politiques, nous n’étions pas parmi les pays Européens les plus à la traine en matière d’accessibilité..

Tout comme ce fut le cas pour N. Sarkozy, j’invite F. Fillon à venir rencontrer les « déplaceurs de montagne » que sont les parents d’enfants en situation de handicap pour leur exposer leurs théories progressistes. Je ne savais pas que LR signifiait : Les Rétrogrades.

 

Sarkoghetto

Les propos de Nicolas Sarkozy sur l’accessibilité des écoles aux enfants en situation de handicap sont purement scandaleux..

Il affirme, je cite « on est pas obligés de mettre des ascenseurs dans toutes les écoles, il n’y a qu’à réserver une ou deux écoles pour l’accessibilité handicapés »…

Le patron de « Les Républicains » a donc en projet de créer des ghettos scolaires hyper-stigmatisants.. Car après tout… Pour qui se prennent-ils ces enfants en situation de handicap, à vouloir comme tous les autres s’inscrire dans leurs écoles de quartiers.. Ils n’ont qu’à traverser toute la ville pour retrouver leurs copains, forcément en fauteuil roulant eux aussi..

Tous les jours, dans mes fonctions d’élu départemental, et auparavant dans un parcours associatif sur ces questions, je mesure le parcours du combattant pour les enfants en situation de handicap et leurs parents.. Au lieu de leur faire part de l’infini respect qu’ils méritent.. Monsieur Sarkozy vient de leur cracher à la figure honteusement.. Pour une raison d’économies, toujours sur le dos des mêmes, très probablement afin d’avoir les coudées franches pour supprimer l’ISF de ses amis..

J’ai demandé officiellement à ce monsieur de retirer ces propos rétrogrades, irresponsables et honteux, ou de réaliser les économies qu’il évoque en rendant toutes les écoles de France accessibles avec le montant des sondages de l’Elysée entre 2007 et 2012 et l’argent récolté pendant ses conférences de 2012 à aujourd’hui.

Les artisans de l’inclusion

Le combat pour éviter la fermeture du poste de l’enseignante spécialisée à Jacques Prévert fut exemplaire à tout point de vue. Comment ne pas cacher sa satisfaction suite à la décision rendue hier par l’académie qui revient sur sa position initiale et qui laisse l’enseignante en place.

Ce combat a d’abord été celui des enfants. En premier lieu les enfants sourds et malentendants qui ne verront pas leur avenir compromis. J’ai donc une forte pensée ce matin pour Léa et ses petits camarades, qui continueront à bénéficier de l’accompagnement qu’ils méritent et surtout dont ils ont besoin. Je pense aussi à tous les autres enfants, les « entendants » qui grâce à la présence de ce dispositif s’ouvrent à la tolérance et au respect de l’autre. Il s’agit fondamentalement de l’inclusion au quotidien, aussi bien en salle de classes que dans la cour d’école où le handicap disparaît aux yeux de tous.

Ce combat a ensuite été celui des parents. Les parents des 5 enfants concernés bien sûr. Leur humilité et leur discrétion n’ont pas entamé leur détermination. Et je ne suis pas prêt d’oublier le visage d’une maman en particulier quand hier, elle a appris que l’enseignement spécialisé était maintenu. Soulagement, bonheur et dignité retrouvée s’y mêlaient, devant le maintien de cet opportunité pour son enfant, qui dans cette école n’est pas différent. Comment ne pas penser non plus à tous ces autres parents de l’école Jacques Prévert, qui n’ont pas d’enfant sourd ou malentendant, mais qui par solidarité et par envie de conserver le modèle inclusif se sont battus eux aussi avec une détermination sans faille.

Ce combat a également été celui de l’enseignante spécialisée qui défend une éthique professionnelle et qui, pour l’avoir vue en situation, apporte à ces enfants bien plus que ses hautes qualités pédagogiques, mais aussi toute l’attention et l’affection dont les enfants ont besoin pour compenser leur situation de handicap

Ce combat a enfin été celui.. de nous tous. Car il s’agit du maintien d’un modèle de société où l’attention à l’autre prime, au-delà du respect stricto sensu des cadres établis ou imposés. Ce combat démontre que les luttes légitimes ne sont pas vaines, y compris dans nos sociétés fracturées. Je suis heureux ce matin d’y avoir travaillé avec Isabelle Assih et Jean-Jacques Urvoas, et une fois de plus, ce résultat appartient avant tout à toutes celles et ceux cités plus haut, qui le méritent grandement car leur joie est très certainement à la hauteur de la détermination et du cœur qu’ils ont mis à ce précieux ouvrage.

Longue vie à l’inclusion à l’école Jacques Prévert à Quimper

Semaine décisive pour Jacques Prévert..

Cette semaine, la décision sera prise relative à la fermeture ou non du poste d’enseignante spécialisée à l’école Jacques Prévert pour les enfants sourds et malentendants. Parents, enseignants, syndicats, et élus ont chacun dans leur rôle travaillé au maintien indispensable du fonctionnement actuel. Avec Isabelle Assih et Jean-Jacques Urvoas, nous avons tenté et tenterons jusqu’à mercredi matin d’éviter cette fermeture, que je considère pleinement comme injuste.

En effet, l’apport de l’enseignante spécialisée dans la prise en charge d’un handicap si spécifique est une véritable plus-value pour les enfants. Pour avoir pu assister à leur prise en charge, et constaté au plus près leurs difficultés, je crains que dans un groupe classe bien plus important, même avec un-e- Auxiliaire de Vie scolaire, ils ne soient perdus dans les apprentissages. Les enfants avancent considérablement malgré leurs difficultés et une rupture dans les modalités de prise en charge serait dommageable. D’autant que pour la rentrée prochaine, il est légitime de se questionner sur le manque de formation aux singularités du handicap auditif si des AVS prenaient le relais dans les écoles de proximité des enfants concernés.

Par ailleurs, au sein même du projet d’école de Jacques Prévert, l’inclusion est réelle et implique chaque acteur de l’école, à commencer par tous les autres enfants, qui au-delà des temps spécifiques de prise en charge sont en classe avec leurs camarades sourds et malentendants.

J’ai pleinement conscience que le fonctionnement de l’école Jacques Prévert peut revêtir un caractère atypique, n’étant pas une CLISS par exemple, mais il me semble qu’elle respecte pleinement le cadre de la loi par son aspect le plus important : sa vocation inclusive.

Enfin, après 25 ans de fonctionnement qui donne satisfaction aux enfants, aux parents et aux équipes éducatives de l’école, un temps de concertation doit être pris pour regarder la situation de chaque enfant, dans le cadre d’un travail avec l’ensemble des partenaires, à savoir l’académie, les parents, les équipes éducatives, l’Association Finistérienne pour Déficients Auditifs (AFDA) et les élus de proximité.

Vous retrouverez la pétition demandant le maintien du poste en cliquant : ICI.

 

J’accède, donc je suis…

Hier, journée éminemment concrète et utile, grâce à une intelligente initiative de l’espace associatif Quimpérois. En partenariat avec « jaccède.com », nous sommes quelques bénévoles à nous être rendus dans différents sites du quartier de Penhars en particulier pour certes vérifier l’accessibilité des espaces publics, bâtiments municipaux et commerces, mais surtout pour faire œuvre de pédagogie et engager un dialogue direct et très concret avec celles et ceux que nous rencontrions.

J’ai donc crapahuté avec Chrystel, mon binôme du jour, qui avec son fauteuil électrique, n’a pas hésiter à tester, expérimenter, essayer de franchir parfois l’infranchissable..

Ce fut pourtant une journée tristement ordinaire, avec ses poubelles en plein milieu du trottoir, ses voitures stationnées en mode anarchie totale, ses portes lourdes comme un cheval mort etc etc etc..

Sur une journée type, la personne en situation de handicap se retrouve en position perpétuelle de quémandeur permanent, ce qui en soi est difficilement supportable, induisant ainsi le sentiment de dépendance et une forme de privation de liberté.

Nous avions comme mission en particulier d’évaluer les nouveaux commerces des 4 vents dans le quartier de Kermoysan. Deux constats s’imposent : la gentillesse et la chaleur humaine de l’ensemble des commerçants que nous avons rencontrés, et une accessibilité qui a été pensée et anticipée dans l’ensemble de ces sites, à une exception notable près.. Les portes de chaque commerce sont bien trop lourdes et sans accompagnement, Chrystel n’aurait jamais pu entrer dans aucun d’entre eux.. Encore la dépendance en pleine face.. L’environnement crée ici la situation de handicap..

Il y aurait plusieurs tomes à écrire pour narrer cette journée qui fut si intense, si dense et parfois si violente. Il faut beaucoup d’abnégation, de volonté, d’humour et de patience pour ne pas exploser de colère devant un environnement bien trop souvent hostile.

Si j’affirme totalement subjectivement que beaucoup a été fait en matière d’accessibilité sur Quimper ces dernières années, j’ajoute qu’énormément demeure à faire. En tant qu’élu municipal d’opposition, j’aurai évidemment l’œil bien ouvert sur le budget consacré à la mise en accessibilité de la ville, y compris sur la voirie, qui traditionnellement est doublé à chaque changement de mandature..

Toujours est-il qu’hier, aller sur le terrain fut bien entendu particulièrement salutaire avec des rencontres hautes en couleur et un sentiment de désespérance passagère vite effacée par une envie permanente de conquérir les étoiles, handicap ou pas.

Accessibilité : une affaire de volontarisme politique

Le baromètre national de l’Association des Paralysés de France donne la ville de Quimper comme mal classée. Ce classement est à modérer et à analyser.

Tout d’abord sur la question de la temporalité : les villes les mieux positionnées, comme Nantes ou Grenoble ont commencé à faire de l’accessibilité bien avant 2008. Quand notre équipe municipale est arrivée aux responsabilités, il n’y avait rien d’engagé en la matière alors que nous avions l’échéance de 2015 en vue. De nombreux dossiers ont pu avancer durant notre mandat.

Un schéma directeur de l’accessibilité des écoles a été mis en place : les écoles Frédéric Le Guyader, Kergoat ar Lez, Kervilien, Ferdinand Buisson sont accessibles depuis cette rentrée. Les travaux sont en cours à Léon Goraguer, Yves Le Manchec, Jacques Prévert et Jules Ferry. En janvier 2015, environ 70% des écoles seront accessibles.

Des bâtiments publics comme les mairies annexes ont et vont déménager pour pouvoir rendre un service public accessible à tous : Penhars à la Maison des services publics et la mairie annexe de Kerfeunteun dans le futur projet au Bois du séminaire. Enfin, les médiathèques et les piscines sont accessibles comme bientôt le Conservatoire de Musique et d’Arts Dramatiques (CMAD).

Dans l’ensemble de nos projets majeurs, Parc des Expositions, Centre des Congrès, Pôle Max Jacob et Pôle Sportif, la question du handicap occupe une place centrale.

Ce sont 12 millions d’euros qui sont investis durant ce mandat sur la question de l’accessibilité des bâtiments de la ville.

Soucieux du bon usage du denier public, le nombre de chantiers à faire démarrer simultanément ainsi qu’une réflexion sur le devenir de nombreux bâtiments nous contraints à regarder au-delà de l’horizon 2015. Il est impensable de fermer les bâtiments le temps des travaux et d’engager des sommes importantes sur des bâtiments dont le devenir est en question.

En revanche, la volonté politique de ces investissements financiers est à la hauteur de l’enjeu de l’accès à tout pour tous.

L’ensemble du réseau de transports en commun sera accessible avant l’échéance légale de 2015, notamment grâce à l’action du Plan Transports. Nous équipons progressivement tous les bus de deux places pour les personnes en fauteuil. Réduire la taille des véhicules compromettrait d’ailleurs cette avancée.

Les moyens du service Handicub sont augmentés parallèlement à l’accessibilité du réseau commun car les besoins des personnes ne sont pas forcément les mêmes.

Pour la voirie, le budget de nos prédécesseurs a été doublé mais l’effort doit se poursuivre lors du prochain mandat.

Pour conclure, il reste du chemin à parcourir notamment dû à l’immobilisme de l’équipe précédente. On peut raisonnablement affirmer que jamais autant n’aura été fait sur un mandat à Quimper en matière de prise en compte des personnes en situation de handicap, comme l’indique en particulier la note du baromètre de 21/21 pour le volontarisme politique.

LA PAGAILLE !!!

Le candidat de Jean-François Copé sur Quimper souhaite donc organiser la pagaille dans le centre-ville de Quimper. Avec un « plan voiture » contradictoire, peu clair, non chiffré bien que très certainement particulièrement couteux, et incompatible avec le partage de l’espace public selon les différents modes de déplacement.

Il s’appuie sur le programme national du CERTU, avec lequel la ville travaille, et donc nullement inconnu par le maire et son équipe comme il l’affirme de façon clairement mensongère. Sauf que, comme nous connaissons fort bien ce programme, nous constatons que Ludovic Jolivet y a surtout pioché ce qui l’arrange bien, car il passe sous silence le fait que « la clé de ce programme est bien de réduire la place de la voiture sur la voirie – circulation et stationnement – au bénéfice des autres modes « . CF Certu : Septembre 2013 « une voirie pour tous ». Le changement de paradigme avec ce qu’il dit depuis 6 ans, à 6 semaines du premier tour de l’élection municipale est ici surtout affaire électoraliste.

Par ailleurs, et sans trop de surprises, la dimension du handicap est niée dans son programme.

En effet, la suppression des feux tricolores dans le centre-ville pourrait poser un véritable problème d’accès au cœur de Quimper aux personnes déficientes visuelles. Nous avons, depuis le début du mandat, programmé la mise en accessibilité des carrefours à feux à l’aide d’un boitier sonore indiquant à quel moment il est possible de traverser.

Plus de feux tricolores, plus de passages possibles pour les personnes déficientes visuelles. Et pour le moment, aucune proposition alternative à ce problème, qui n’a évidemment pas été pensé.

Par ailleurs, la réduction de 3 mètres pour la longueur des bus posera la question du nombre de places réservées pour les personnes en fauteuil à l’intérieur même du bus. Nous travaillons à ce qu’au moins deux places soient présentes dans tous les bus, ce qui nécessite déjà des compromis en matière de partage de l’espace. Dans ce qui est développé par la droite Quimpéroise ici, soit il n’y a qu’une place réservée dans tous les bus, voir aucune, ou alors moins pour tous les autres, y compris les personnes âgées qui ont besoin de s’asseoir.

Le service Handiqub n’est pas une substitution au réseau de transports en commun, mais une complémentarité, en « porte à porte » pour les personnes handicapées qui ne peuvent prendre le transport en commun. Dans notre projet complet pour la ville, et non parcellaire, au gré des événements, nous évoquons « la poursuite du travail avec handiqub au-delà de l’accessibilité de l’ensemble du réseau ».

Au final, peu de surprises, car le candidat UMP est en cohésion avec le désert sur une quelconque politique du handicap à notre arrivée en 2008 et l’absence pendant 6 ans des élus d’opposition aux commissions d’accessibilité.

Bref, la pagaille organisée et le déni des singularités, qui en disent long sur ce que serait une éventuelle future gestion de la ville et de l’agglomération.

le bilan.. et le néant..

Fin d’année oblige, à l’aulne d’une élection municipale en mars prochain, comment ne pas penser à ce mandat écoulé dans le champ qui m’a été confié, relatif aux personnes en situation de handicap sur Quimper.

Avoir un bilan, c’est avoir un bon bilan. Cette assertion doit être la norme lorsque l’on se veut responsable, consciencieux et digne de la confiance de l’électeur.

Je n’aurai pas la prétention d’en faire mienne, mais je crois pouvoir dire que lors d’un mandat, jamais autant n’aura été fait sur Quimper en matière d’accessibilité à la vie de la cité pour les personnes en situation de handicap. Même s’il est évident que beaucoup demeure à faire, tant nous partions de loin, y compris en matière de voirie par exemple.

Une concertation régulière mise en place, un budget voirie qui a doublé ; une programmation de 12 millions d’Euros pour la mise en accessibilité des bâtiments communaux ; un réseau de transports entièrement accessible d’ici avant 2015, l’aide à l’implantation d’une structure accompagnant des enfants autistes, de nombreux débats (y compris sur des tabous majeurs) soulevés à travers les journées handicap tous concernés, qui dont devenus des RDV institutionnels de notre cité. Sans parler bien entendu du soutien aux associations et aux particuliers qui ont sollicité une aide pour un ou plusieurs projets.

Derrière ces quelques exemples, c’est bien sur autant de réalités concrètes qui ont permis un mieux-être à nombre de Quimpéroises et Quimpérois.

Ces avancées significatives sont collectives, et le fruit d’un travail avec les services de la ville, qui se sont véritablement emparés du sujet. Avec le soutien d’une majorité toujours active et solidaire, tant la question du handicap se traite en transversalité.

Bernard Poignant, à la fois attentif aux problématiques de celles et ceux qui en ont le plus besoin, tout en étant toujours porté vers la construction du Quimper de demain dans ses mutations, a toujours encouragé, soutenu et porté cette action.

D’autant qu’à notre arrivée, le dossier était vide et aucune impulsion n’était même véritablement lancée. Ce n’est pas qu’un sujet consensuel contrairement à une idée répandue. Il y a ceux qui font, et ceux qui regardent.. Préférant la polémique stérile à l’action qui change le quotidien.

Il s’agit bel et bien d’un marqueur de gauche dans le cadre des politiques locales. Comme le dit Charles Gardou, (une référence en la matière) dans un savoureux jeu de mots : « le handicap doit être moteur ».