Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Le travail et nous…

Certaines propositions de Benoit Hamon, comme le revenu universel ou la réduction du temps de travail nous interroge sur notre rapport au temps en général et notre rapport au travail en particulier. On ne peut par ailleurs que constater l’urgence qui existe en France pour remettre de la bienveillance dans les rapports professionnels avec l’humain au cœur du dispositif et non pas comme outil d’une production aveugle et sans aucune morale ou valeur.

Contrairement à une idée reçue, la France est un des pays où l’on travaille le plus en Europe, si on prend bien soin de ne pas oublier le temps partiel dans le total des temps travaillé. Dominique Méda nous rappelle qu’à tout instant le volume d’heures travaillées était partagé mais que les modalités de ce partage étaient différentes : elle a pris le cas de la France et de l’Allemagne. En Allemagne, il y a beaucoup de temps partiel très courts (occupés par les femmes dans les services) alors qu’en France il y a moins de temps partiel et ils sont plus longs. Mais au total, en durée hebdomadaire ou annuelle, les Français temps partiel et temps complets compris, travaillent plus longtemps que les Allemands.

L’emploi est moins fragmenté en France, les inégalités entre hommes et femmes moins fortes, et cela grâce à la politique française de réduction du temps de travail. Cette plus grande fragmentation de l’emploi en Allemagne s’accompagne d’un taux de pauvreté des salariés bien plus élevé en Allemagne (22,5%) qu’en France (8%).

Nous sommes aussi un des pays en Europe où le taux de stress au travail est d’un niveau record.

Rappelons que les 35 heures ont créée en France 350 000 emplois (contre 70 000 pour exemple avec le récent CICE). Le partage du temps de travail est la seule mesure en France qui dans les 20 dernières années a su être créateur d’emplois.

Par ailleurs, nous savons également qu’aussi bien pour des raisons sanitaires, sociales et économiques, l’urgence est à la reconversion écologique de notre modèle économique. Même le FMI et l’OCDE commencent à valider ces hypothèses, en tout cas à remettre en cause le dogme et l’utopie de la croissance, que l’on attend depuis 30 ans, qui ne vient jamais, et qui si par miracle apparaît servira toujours les uns et écrasera toujours les mêmes.

La reconversion écologique créera de nombreux emplois : associée à un partage du travail intelligent et à un vaste programme de formation/requalification elle devrait nous permettre de renouer avec le plein emploi.
Sans rappeler les origines latines du mot travail, qui nous ramènent… à la torture.. Il faut prendre garde à ne pas sacraliser le travail à tout prix, car en agissant ainsi, on stigmatise celles et ceux qui n’en ont pas, et pour lesquels ce n’est pas un choix. Le pire n’est pas d’être au chômage, mais de se sentir inutile.

Sans parler des 3,2 millions de Français en Burn Out, de toutes celles et ceux qui vivent de près une grande pénibilité. Affirmer cela n’est pas un encouragement à l’oisiveté ou un éloge de la paresse mais plutôt de constater que l’activité humaine est importante, l’utilité sociale, la satisfaction du devoir accompli.. Sûrement plus en tout cas que l’asservissement dans un travail pénible en se cassant le dos à la chaîne pour un grand groupe, payé des pistaches et méprisé par un patronat aveugle qui ne vous voit pas et considère d’abord l’interchangeabilité de l’être avant sa compétence citoyenne. Ce que l’on produit à l’usine est donné au patron, à l’entreprise. Dans cette situation, ce que vous avez produit ne vous appartient pas. Ceux qui cultivent la terre ne sont pas souvent ceux qui la récoltent.

En m’écartant cette fois ci du programme de Benoit Hamon, en étant très certainement politiquement incorrect et en reprenant les travaux du professeur Jacquard à la fin des années 1990 :

Je dirai pour désacraliser le sacrosaint travail que celui-ci n’est peut-être qu’un épisode de l’histoire de l’humanité qui finira par disparaître, et que l’on peut considérer les chômeurs comme des gens à qui on refuse une activité. Ce qui permet à travers ce paradigme une approche moins culpabilisante, discriminante et stigmatisante. « Tu ne travailles pas, c’est maaaaaallllll » comme dit le troupeau, considérant le chômeur comme inutile économiquement et socialement. Cette approche permet surtout, en ne lui octroyant pourtant aucun droit à nouveau à celui qui trime de se sentir mieux. On ne résout en l’espèce pas la situation de celui qui ne travaille pas, ni celle de celui qui s’échine pour peu..

L’essentiel c’est de comprendre que pour vivre il faut créer des liens, échanger, se construire, peu à peu devenir une personne. L’échange est la finalité même de l’appropriation.

Les vrais échanges ne sont pas des choses que l’on a produites, mais des échanges d’idées. Quand on échange des biens, on ne crée rien en réalité. Si je vous donne 1 kilo de pommes contre 1 kilo de cerises, il me restera 1 kilo en tout. Si on échange des idées, on finira tous les deux à 1, 2, 3, 500 idées. C’est là où l’on fait civilisation.

Les nobles au sang bleu ne travaillaient pas… Le travail sale et impur était délégué au bas peuple… Il y a encore des ramifications aujourd’hui à l’école : « celui-là est fait pour le manuel, celui-là pour les maths ».. Il faut lutter contre l’acceptation de la fatalité. Rien n’est péremptoire quand on trace un avenir..

Depuis un siècle, la robotisation a fait que le nombre d’heures de travail pour produire aussi bien du blé qu’une voiture a été divisé par 100. Demain ou après-demain, en tout cas un jour, ce nombre d’heures tendra vers zéro. En grossissant le trait, mais toujours dans l’idée de le désacraliser, le jour où il n’y a plus de travail : on fera quoi ? Par quel projet humain on le remplace ?

Un paysan produit du lait et vend du lait. Un artisan produit l’armoire et vend l’armoire. Le banquier… vend l’espoir. Il vous prête 1000 Euros, et vous lui rendrez 1050 Euros dans un an. Les 50 Euros étant l’espoir que vous aviez que vos affaires allaient s’arranger. Ce n’est pas tellement raisonnable et respectable. Si les banquiers restent les guides, les facilitateurs, alors, de plus en plus, il y aura des gens jugés inutiles socialement. C’est ce que disait Thomas Paine à la fin du 18 ème : « La pauvreté est une chose crée par la vie civilisée »

Albert Jacquard usait il y a 20 ans d’un néologisme : « les zantrops ».. A savoir, quand on croit qu’on est en trop, il demeure le suicide ou mettre le feu à tout.. Ce qui fait aujourd’hui drôlement écho et résonnance..

Les « zantrops » ne vont pas au pôle Nord, ils le regardent à la télévision.. Ils ont droit à la virtualité. Ce sont bien nos enseignant-e-s qui doivent lutter chimériquement contre les banquiers en faisant l’apologie de la création de liens contre la vie virtuelle.

Il ne s’agit pas de contester la notion de travail, mais plutôt se dire que le travail comme l’absence de travail doivent être supprimé s quand ils sont subits. Ce qui compte ce n’est pas de travailler ou pas, mais d’en fixer des modalités qui permettent l’épanouissement.

Pourquoi on ne ramasserait pas tous les poubelles. « Tiens, cette fois c’est ton tour pendant une semaine.. » Plutôt que d’être obligé de le faire, nous découvrions la ville très tôt le matin, rencontrerions des nouvelles personnes etc..

L’idée est bien que tous puisse acquérir le droit de vivre en travaillant. Tous les hommes ont des potentiels différents et le travail ne compensera pas. La dignité est bien dans l’échange d’idées.

L’économie n’est jamais qu’une façon de regarder la société, en donnant une valeur à tout. L’économie est incapable de nous dire ce que produit l’instituteur, ou l’infirmière.

A cet effet, le calcul du PIB est une forme de vaste escroquerie, l’économie ne concernant que la part de la production marchande.

Le domaine économiste est de plus en plus restrictif, y compris à travers la raréfaction du travail.

Rêvons un peu, c’est encore autorisé, et non marchand : on se lève et on a le choix du programme de notre journée. La société du temps libre, c’est la société du temps personnel : le pays se rendrait ainsi le moins égoïste possible et plus respectueux de toutes et tous dans sa singularité. Moins de renoncement, davantage d’espoir. Comme disait Lamartine : « Les utopies sont souvent des vérités prématurés ».

La vie est si courte.

 

Lettre à mes (très cher-e-s) camarades…

Lettre a mes (très cher-e-s) camarades,

Vers 05h45, dans le train m’amenant à Paris, pour rejoindre le QG de campagne de notre candidat à l’élection présidentielle pour travailler sur nos propositions en lien avec le droit des personnes en situation de handicap… Je pense à vous mes (très cher-e-s) camarades…

Je vois tous les jours, grâce au génie moderne de nos moyens contemporains de communication, bref, je vois sur mon smartphone apparaître la notification d’un-e- d’entre vous qui a décidé de rejoindre M. Macron.

Comme un coup de poignard à chaque fois… Mais qui cicatrise la minute d’après, porté que je suis par la foi absolu en notre candidat, à son projet et à la mission qu’il m’est demandée à cet égard.

Dans le respect total du choix de chacun, je ne peux pour autant pas m’empêcher de me demander ce qui vous guide.. Je croyais connaître certain-e-s d’entre vous.. Pour d’autres, je suis peu surpris, et de fait pas forcément mécontent.. Nous avons milité ensemble, j’ai appris beaucoup à vos côtés, et souvent d’ailleurs, m’était enseigné le concept de loyauté, non pas à ses propres pré carrés et préconçus, mais à la force collective de nos idéaux. J’y ai cru.. J’y crois encore… Plus vous manifestement… Car tout ne se vaut pas.. Et à cet effet, les paroles de Bernard Cazeneuve devrait pousser la réflexion de certain-e-s..

Loin de moi l’idée de rédiger un pamphlet culpabilisant ou moralisateur.. Simplement, j’essaie de comprendre… « Si tous les dégoutés partent, il ne restera plus que les dégoutants » disait Mauroy, il y a longtemps, où le parti traversait déjà son lot de turpitudes. Je ne pensais pas qu’un jour, on pourrait inverser l’ordre de cette phrase

Personne n’a le monopole de la gauche ou du socialisme, mais je note deux problèmes majeurs :

Tout d’abord, le non-respect d’un engagement sur un processus (la primaire) que nous avions collectivement validé et même voté.. J’avais en ce qui me concerne dis tout de suite que « quoi qu’il arrive » au-delà de « l’irréconciabilité » présumée, je ferai campagne pour celle ou celui qui sortirait vainqueur de la primaire. Je me l’étais d’ailleurs déjà appliqué avec tous mes camarades qui avions soutenu Martine Aubry en 2011.. On ne peut pas respecter le vote uniquement quand celui-ci nous arrange.. Le seul maître que nous avons est le suffrage universel..

Ensuite, comment en se disant de gauche, peut-on se retrouver en phase avec les idées de la nouvelle maison qui semble… pour le moment… être si bien décorée.. 120 000 postes de fonctionnaires supprimés, l’ISF supprimé pour les actionnaires, 10 milliard d’économie sur les collectivités… En gros, pour un cadeau fiscal aux ami-e-s du candidat, on saigne le seul bien commun de ceux qui n’en ont pas. Je ne parle pas du rapport monarchique et messianique au pouvoir, car je renonce à l’idée de penser qu’un-e-e seul d’entre nous concentrerait l’ensemble le génie de la nation.. Quand je parle ainsi, on me dit parfois avec bienveillance de ne pas.. «insulter l’avenir ».. Si c’est le mien dont il s’agit, celui des plus vulnérables d’entre nous m’intéresse bien d’avantage..

Là où il est décidé de faire des coupes dans les budgets prioritaires d’un département par exemple, comme en Alsace, un éducateur référent de l’aide sociale à l’enfance s’occupe de 60 enfants confiés par le juge (30 en Finistère). Les référents étant débordés, ce sont souvent les familles d’accueil qui doivent travailler avec les parents d’enfants confiés.. Ce qui est une aberration et ne génère que l’explosion de ces situations..

Ce n’est qu’un exemple parmi de multiples autres qui s’ajoute à l’ensemble du service rendu au public, qui va se trouver ainsi considérablement amoindri..

Que les responsables politiques n’aient pas la main qui tremble sur le bon usage du denier public, en regardant lucidement la situation de nos collectivités, c’est évident.. Mais organiser, comme c’est proposé ici le démantèlement du bien commun est la continuation en bien pire de ce qui se fait depuis une décennie.. Etonnant pour des élu-e-s de ne pas s’en émouvoir..

Mais c’est sans doute anecdotique, en comparaison de l’incarnation présidentielle de celui qui régente au bras fait rêver le pays sur les couvertures de papier glacé dans les salles d’attentes de nos salons de coiffure..

Si je rassure mes camarades en affirmant que Benoit Hamon n’est pas le Ché Guevara, j’ajoute aussi que Macron est tout sauf le nouveau Kennedy..

Qu’il s’agisse d’honnêteté, de confort ou de peur.. Le vote « utile » a ceci d’absurde que la classe populaire vote Marine Le Pen, soutenant des politiques identitaires protectionnistes. Marine Le Pen effrayant les classes moyennes, qui se réfugient donc sur un vote qualifié d’utile, vers un candidat totalement libéral économiquement, qui dans ses mesures organise lui-même la paupérisation des… classes populaires.. Je ne sais pas si c’est un cercle vicieux, mais je sais qu’il est non vertueux..

 

D’un côté, un candidat qui vole l’argent public pour se servir et qui veut casser le lien social du quotidien. Ensuite, une candidate qui prône la haine, le racisme et la xénophobie, tout en prenant le risque de tuer l’économie de notre pays.. Et la réponse serait une « candidature paillettes », qui promet tout et son contraire à qui veut bien l’entendre, créant non pas un nouveau projet France, mais un immobilisme à tout crin, avec les recettes du vieux monde qui échouent depuis 30 ans et qui ne sera que le marchepied futur pour vous savez qui..

Alors oui, le pays s’est droitisé, et le PS a suivi ce mouvement.. Et certains d’entre nous n’ayant pas bougé sur nos convictions, en les ayant juste adapté au nouveau monde, nous passons maintenant pour des révolutionnaires en plaidant juste pour la lutte contre la grande pauvreté, la reconversion écologiste de notre système, la réduction du temps de travail, le renouvellement démocratique etc…

Si je ne regrette pas d’avoir collé des affiches en Novembre et Décembre 2015.. Je ne peux m’enlever ce petit gout amer au fond du palais..

J’arrive à Montparnasse, fier de contribuer à ma modeste échelle, sur le handicap, un sujet encore aujourd’hui lamentablement jugé comme périphérique. Je suis fier de contribuer au projet du candidat de gauche progressiste, humaniste, bienveillant et qui refuse les solutions mortifères du passé en nous projetant vers l’innovation sociale.

Alors mes (très cher-e-s camarades), bonne route à vous.. on en reparlera, et je vous assure que.. On est… vachement bien dans le monde de la cohérence..

49 jours…

Le paysage politique national demeure pleinement chaotique et explique que tant de citoyens à ce jour soit pensent qu’ils n’iront pas voter, avec le risque d’un taux record d’abstention dans une présidentielle, soit au regard du niveau impressionnant d’incertitude de nombreux citoyens, qui eux sont pourtant surs d’aller voter, ce qui minore par ailleurs les tendances sondagières du moment, dans un feuilleton, que même le plus déjanté des scénaristes hollywoodien n’aurait pas tenté.

La désespérance, la déception, les affaires, les choix jugés comme clivant des primaires, la proximité de certains programmes, à gauche comme à droite et au centre droit, la médiocrité entretenue par les chaînes dites d’info en particulier, sont très certainement des facteurs expliquant ce si haut niveau d’incertitude.

Le débat est pour le moment essentiellement « poujado-judiciaire » et notamment de la faute des affaires du candidat de la droite et de son comportement en lien avec celles-ci. Ce contexte prive les français d’un vrai débat sur le fond, les orientations et le projet pour notre pays. Faisant sans doute le jeu de la droite elle-même, ainsi que de celle et de celui qui veulent nous faire penser qu’ils sont les candidats antisystèmes, car ils ne sont pas dans les partis traditionnellement majoritaires. Mais le politique bashing n’est pas un programme à soi seul et l’incurie actuelle du débat permet de masquer les faiblesses ou le vide programmatique de certain-e-s.. Il est grand temps que le vrai débat politique s’installe..

La menace de la victoire de l’extrême droite existe réellement, avec une candidate qui n’a pourtant rien changé au fond de commerce paternel et aux têtes de gondole habituelles, entre xénophobie, racisme et haine.. Sans parler de la folie de la sortie de la zone euro, qui mettrait en quelques jours l’économie du pays à genoux et fragiliseraient justement les plus vulnérables. L’histoire a de tout temps démontré que si l’extrême droite savait prendre le pouvoir par les urnes, on ne sait jamais quand elle le rend. Son comportement face à l’argent et à la justice démontre d’ailleurs un « potentiel dictature » qui en dit long sur ce que serait son exercice d’un pouvoir, qui se sert plus qu’il ne sert et qui est la république des copains et des coquins.

La droite qui propose de casser notre modèle social, en finançant la rente et les puissants et en s’en prenant aux plus vulnérables en s’attaquant massivement au service public, seul bien de ceux qui n’en ont pas..

La proposition d’austérité incarnée par celui qui arrose uniquement celles et ceux qui porte son nom de famille, au-delà d’être choquante et consternante est par ailleurs dépassée. Ce paradigme fait certes baisser la dette, mais génère baisse d’activité, récession et appauvrit le pays et sa capacité d’investissement et d’innovation. Cette offre politique est une gageure qui est surtout critiquée par le FMI et l’OCDE, autant finalement que par les affreux gauchistes… Une droite dite républicaine qui nous prive depuis maintenant de trop nombreuses semaines du vrai débat démocratique qui devrait exister..

Le centre droit, qui s’est trouvé certes un visage nouveau, mais qui ne propose rien d‘autre chose qu’une droite molle, comme aurait dit François Mitterrand, avec juste quelques milliers de postes de fonctionnaires supprimés en moins que le candidat précédent, tout en exonérant les actionnaires de l’ISF et en saignant les collectivités qui assurent le lien social du quotidien. Même si l’incroyable entreprise de communication arrive à faire penser le contraire par des mécanismes proches de l’hypnose, cette offre aussi bien sur la forme que sur le fond n’a rien de nouveau entre la croyance messianique à l’homme providentiel confortant notre bloquante monarchie républicaine (avec d’ailleurs une exposition de la putative première dame, qui à l’approche du 08 Mars, est au bas mot archaïque pour l’image de la femme) et avec des recettes de continuation de régulation de l’austérité qui ont montré leur impuissance depuis des décennies.

Dans ce paysage, je ne vais pas vous expliquer qu’il n’existerait qu’un seul candidat qui concentrerait en lui tout le génie de la nation.. C’est même à l’inverse le seul qui ne prétend pas détenir la vérité et la réponse à toutes les questions.. Ce qui déjà est un gage d’honnêteté et de sincérité dans la démarche de Benoit Hamon.

Sa proposition d’un futur désirable à travers les piliers que sont la protection sociale, la transition écologique, et le renouveau démocratique s’appuient sur des propositions nouvelles, précises, nombreuses, argumentées et budgétées. Son offre politique dénote et détonne, ce qui explique un certain mépris ou une forme de condescendance du système cathodique ou d’autres candidats, ce qui n’est jamais mauvais signe. Il est pourtant le seul qui s’adresse directement aux classes populaires et moyennes, car il sait que c’est particulièrement le point faible des politiques menées jusqu’à présent.

Et pour information, attendu que les médias nationaux n’en parlent pas, sur l’argument de faiblesse utilisé par certains, en terme de vote utile, et puisque si on ne croit pas aux sondages, il faut admettre qu’à eux seuls, ils peuvent faire le scrutin, sachez qu’en cas de second tour Benoit Hamon / Marine Le Pen, le candidat de la gauche l’emporterait entre 56 et 58 %.

Benoit Hamon propose une option politique, et ne propose pas sa seule personne au peuple. Son style est résolument moderne, à regarder par exemple les AGORA, débats citoyens qu’il propose où il démontre une adaptation sur tous les sujets et une capacité à dialoguer directement avec les citoyens qu’aucun-e-e candidat-e- n’a éprouvé jusqu’à présent..

A 49 jours du premier tour, entre les affaires et leur lot d’indignité, le culte messianique ou « hologrammique » de sa propre personne, il existe un candidat qui propose une offre nouvelle, des perspectives bienveillantes, qui donne des droits à celles et ceux qui n’en ont pas et qui réinvente un vivre ensemble égalitaire et désirable.

Candidat de la bienveillance et de l’avenir

Dans cette campagne aussi incertaine qu’inquiétante, Benoit Hamon pose parfaitement 3 principaux enjeux d’avenir, qui méritent une nouvelle offre politique, que sont la protection sociale, la transition écologique et le renouveau démocratique.

Il fait revivre l’adage Jaurésien que l’on pourrait adapter à la sauce hamoniste en affirmant que Benoit Hamon est le candidat du réel, qui nous propulse vers l’idéal.

Au-delà de la formule, il développe une réelle capacité à parler au cœur de ce qui fait la souffrance chez de nombreux de nos compatriotes, tout en proposant un futur désirable et un refus de la condition pré-établi.

Il pose l’enjeu majeur de cette campagne en incarnant l’innovation face au vieux monde. En ayant sur tous les sujets le courage de la modernité au service d’une ambition qui repose sur une croyance à l’autre et en la possibilité de son émancipation plutôt que de miser sur de vieilles recettes, qui n’ont comme seul mérite que de rassurer, à défaut d’être pourtant profondément aussi injustes qu’inefficaces.

L’utopie et l’irréalisme c’est bien de convoquer la croissance et de penser qu’elle sera à l’heure car à soi seul, l’on concentrerait tout le génie de la nation, et qu’en tant qu’homme ou femme providentiel, nous aurions été touchés par une sorte de grâce divine et messianique qui résoudra ainsi tous les problèmes des Français.

Croire en ces ceux deux mythes, en ces deux fables est un signe d’immaturité démocratique, qui au-delà du leurre et de la supercherie freine toute possibilité d’avancées économiques et sociales majeures en se propulsant pourtant vers un imaginaire puissant.

Il y a ceux qui pensent que les dieux se sont penchés sur leur berceau pour en faire des rois, et ceux qui pensent que leur mission divine est d’accompagner ces rois. Et la dernière catégorie pense être dieu.. Mais ceux-là finissent en effet parfois à l’Elysée ou à l’asile. Je conseille en tout cas vivement à toutes celles et ceux pétris de certitudes et de prédictions d’ouvrir d’urgence un cabinet de voyance et aux mêmes qui font souvent œuvre de mépris la plus grande prudence, car rien n’est acquis et écrit dans cette folle course au château..

A la fin des années 20, Antonio Gramsci évoquait la crise en disant que « C’est quand le vieux monde est mort et que le neuf ne peut pas naître. Et que de ce clair-obscur, peut naître un monstre ».. Le refus de l’innovation et le retranchement réconfortant dans ce que l’on connaît, mais qui ne vit plus, finira à terme par nous amener le pire..

Nous aurions bien tort de mépriser la colère qui se trompe..

L’option politique de l’avenir et de la bienveillance est encore possible contre les prédicateurs de l’austérité ou de la régulation de celle-ci, qui si elle baisse mécaniquement la dette d’un état appauvrit le peuple en baissant le niveau d’activité.. Ou dit autrement, comme l’affirmait Coluche « les pauvres seront contents d’apprendre qu’ils habitent un pays de riches ». Ou encore Kenneth Boulding qui disait : « Croire en une croissance exponentielle infinie, dans un monde fini, il n’y a que les fous et les économistes pour y croire »..

Certains candidats dans cette élection présidentielle appellent les pauvres à l’émancipation, à la sortie de leur condition d’assistance, en travaillant par exemple le dimanche ou en tout cas, en leur faisant la promesse dorée qu’ils sont libres et qu’ils doivent ainsi par exemple s’émanciper par le travail.. Sauf que pour être libre, encore faut-il avoir des droits.

Et l’on touche ici aux deux conceptions de la liberté qu’évoquait Isaiah Berlin sur la liberté négative et la liberté positive.. La première étant le sanctuaire individuelle, à savoir ma liberté à moi, avec pas trop d’état, pas d’impôts etc.. Alors que la liberté positive c’est d’affirmer que l’on est jamais libre tant que l’on a pas de droits.. C’est par exemple le droit au repos dominical. Sinon, c’est évidemment l’avènement d’un projet d’essence libéral, en se reposant sur le seul désir des individus, pour construire une société harmonieuse. Sauf que l’expression de ces libertés individuelles ne se fait pas à armes égales.. Que c’est toujours ceux qui vont bien qui décident pour tous les autres, et qu’il faut d’abord équiper chacun-e- en droit pour avoir, l’opportunité d’être libre.

Un pari d’avenir que nous devons porter à ce titre c’est la jeunesse. Françoise Sagan disait « Que la génération la plus raisonnable c’est la jeunesse » ou encore Toqueville qui disait lui que « dans toute génération nouvelle, il y a un peuple nouveau ».. Ainsi, le revenu universel pour les 18-25 ans permet par exemple de redonner des armes à ceux qui n’en ont pas dans un pays où un jeune sur 5 vit en dessous du seuil de pauvreté, et dans un des seuls pays d’Europe où on considère normal le mariage entre la jeunesse et la précarité.

Après la protection sociale, la santé environnementale, même si, tout est lié car ceux sont toujours les plus pauvres qui subissent.. On ne peut plus aujourd’hui être socialiste sans être écologiste. Des candidats libéraux, eux évoquent à nouveau la responsabilité individuelle : l’alcool, le tabac..

Mais partout en France, combien de logements insalubres, de passoires thermiques, parfois et souvent dans des régions à climat difficile, qui de fait va toujours avoir plus de conséquences sur les pauvres.. Alors quand on aspire à devenir Président de la République, la responsabilité est de regarder qui est à l’origine de la pollution atmosphérique, plutôt qu’évoquer au chaud dans sa chemise et son bureau, et un brin condescendant (en un mot) la responsabilité individuelle. 48 000 morts par an prématurés en France à cause de la pollution atmosphérique Et ce sont toujours les plus pauvres. Et les mêmes vont leur dire : « Mais vous ne mangez pas Bio ? » Plein de gens aimeraient manger des tomates sans pesticides. La reconversion écologique au niveau hexagonal, mais aussi Européen est ainsi une urgence social et sanitaire, la diminution de la part du nucléaire, 50 % d’énergie renouvelable d’ici 2025, la lutte contre les perturbateurs endocriniens sont quelques mesures parmi un vaste plan d’ensemble écologique que Benoit Hamon porte là aussi haut et fort. On peut toujours négocier avec les banques, mais pas avec la planète..

Enfin, sur le renouveau démocratique, car la France de 2016 n’est plus celle de 1958, la 6ème république qui doit mettre fin à l’inadaptée monarchie républicaine qui est la nôtre pour aller vers une république plus parlementaire et surtout citoyenne à travers notamment l’irruption dans le débat de processus permettant l’examen d’une loi dès lors qu’au moins 1% du corps électoral s’organise et le fait savoir, avec certains critères pour garder bien sur le pays gouvernable. Mais là aussi, la modernité, le futur désirable consiste à construire une authentique démocratie de proximité qui évite qu’une décision soit prise à deux ou trois dans le bureau du président à l’Elysée.. A moins à nouveau de considérer que seule une figure iconique autoritaire pourrait guider le peuple vers la lumière.. Immaturité démocratique contre 6 ème république, avec là aussi entre autre le 49-3 citoyen, permettant à la démocratie de ne pas être intermittente, la reconnaissance du vote blanc, le non cumul des mandats dans le temps (3 mandats maximum), limitation de l’utilisation du 49-3, septennat unique du président de la république, collège citoyen et de territoire au sénat, dose de proportionnelle aux législatives, renforcement des droits de l’opposition, droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales.

Enfin, comme Benoit Hamon aime à le dire au sujet de l’accueil des migrants : quand on est socialiste, on ne regarde pas la carte d’identité lorsque l’on tend la main..

C’est Le leg d’illustres ancêtres humanistes et progressistes. C’est le symbole des mots clés de la campagne de Benoit Hamon : La bienveillance et l’avenir..

 

 

Futur désirable

Fier de la primaire qui s’est déroulée dans la première circonscription en général et sur Quimper en particulier. Fier d’y avoir travaillé avec les camarades, qui se sont bénévolement fortement investis pour la réussite de ce grand moment démocratique. Qu’ils en soient remerciés. Ainsi que les nombreux électeurs qui accompagnent une gauche qui cherche à se réinventer.

Je fais partie de ceux qui croient en la force démocratique et à la participation citoyenne. Et non à l’auto proclamation de femmes ou d’hommes providentiels qui concentreraient à eux seuls tout le génie de la nation.

Et depuis hier matin, nous avons donc en Benoit Hamon le candidat du Parti Socialiste et de ses alliés.

La première des satisfactions est d’avoir déjoué tous les pronostics car du haut des tours cathodiques parisiennes, « ON » disait que Le PS allait mourir.. « ON » disait que le candidat désigné par notre primaire n’aurait aucune chance…

Au-delà de toutes les réserves à émettre sur les sondages, à l’image du début de la primaire où Benoit Hamon était à 8% d’intention de vote, sur juste le corps électoral de la primaire.. quelques semaines après, il est à 18% sur la présidentielle.. Ca pavoise un peu moins dans les tours pré-citées.. Mais il est intéressant de regarder ce qui a permis aujourd’hui de nourrir un véritable espoir à gauche.

Clairement, un mouvement se lève, une aspiration à se tourner vers l’avenir, qui va, soyons-en convaincus, une fois de plus faire mentir tous les pronostics.. Et « ON » dira alors que c’est… une … « surprise surprenante »..

Commençons par évoquer le bilan, même si ce dernier ne peut être l’axe majeur de la campagne. Mais comme l’a dit Benoit depuis le début, rejeter ce bilan massivement ou s’y inscrire complètement relève d’une posture inefficace. Par contre, nous pouvons être fiers et souligner les avancées sur l’éducation, la santé, l’environnement, le budget alloué récemment à la justice et évidemment le mariage pour tous. Pour autant, il y a de nombreux mécontentements, et il ne faut pas mépriser ces sentiments ; Car nous devons impérieusement renouer le lien avec celles et ceux auxquelles nous n’aurions jamais du cesser de parler, notamment les classes populaires et moyennes..

C’est bien sur cette base que nous devons nous tourner vers un Horizon nouveau et donc vers un futur désirable..

Et affirmons d’emblée que la Gauche qui respecte son histoire, qui s’assume et qui n’a pas peur d’elle-même n’a pas besoin de demander la carte d’identité pour tendre la main..

Après le bilan, regardons le candidat et son projet

Avec Benoit Hamon, c’est d’abord et avant tout la victoire des idées.. Surtout pas de prosternation… C’est le « nous » avant le « je », le collectif avant le bonapartisme. Il ne se veut surtout pas l’homme providentiel, le guide du peuple et de la nation. Il dit ne pas avoir réponse à tout et ne pas être par sa seule personne la solution à tous les problèmes des Français. Ce costume repose sur une imposture passéiste. C’est un constat qui nous propulsera dans l’indispensable modernité de la 6ème république. Il s’agit, avant la femme ou l’homme, de choisir une option politique, une construction intellectuelle, un projet de transformation.

Et à nouveau, pour les tenants de l’irréalisme présupposé de Benoit Hamon, je les ramène à leur propre impuissance politique. Benoit Hamon se tourne vers le progressisme et l’humanise à la fois. Comme si ne pas être austère serait forcément être ringard.. Après le communisme, c’est au libéralisme de mourir, et la seule vraie conversion possible de notre modèle économique passera par l’écologie, qui au-delà de notre cadre de vie, à savoir l’air que l’on respire, ce que l’on mange, ce que l’on boit, la santé de nos enfants offre des perspectives économiques exponentielles.. l’OCDE et le FMI, que l’on ne peut taxer de gauchisme exacerbé ne disent pas autre chose.

Le vrai débat de cette présidentielle sera l’innovation contre l’ancien monde..

A travers notamment l’attentisme qui domine depuis 30 ans. L’attente de la croissance qui ne vient jamais, et cette attente qui génère l’immobilisme, qui lui-même génère l’impuissance politique expliquant la poussée de l’extrême droite..

Notre candidat propose tellement d’idées sur chaque sujet qu’il faut choisir.. Parlons pour aujourd’hui des axes majeurs qui doivent être ceux de notre campagne : la jeunesse, la protection sociale, l’écologie et enfin la démocratie. Et là aussi, par thème, il ne s’agira à chaque fois que d’un ou plusieurs exemples..

La France est un des seuls pays d’Europe où l’on considère que la précarité accompagne naturellement la jeunesse. Le revenu universel permettra de mettre fin à cette situation, et en achevant de nombreuses injustices.

Un focus sur une injustice en particulier : à Paris, 5800 logements CROUS pour les jeunes, avec pourtant 110 000 jeunes qui cherchent à se loger..

Autant dire que les 104 200 qui y arrivent ne sont pas issues des classes populaires ou moyennes.. Et par exemple, dans les grandes écoles parisiennes, c’est le renouvellement permanent de la caste, et d’un système qui s’autoalimente. Le revenu universel vient casser ce modèle pré-établi.

Ensuite, sur la Protection sociale, le Revenu Universel justement, qui s’appuie sur le constat porté par l’OCDE et le FMI (encore eux désolé), mais aussi par Barack Obama dans son discours d’adieu, de raréfaction du travail, avec en France dans les 10 ans à venir au moins 3 millions d’emplois qui vont disparaître.

Sous forme d’expérimentations diverses et variées, dans au moins 45 pays, c’est 110 millions de personnes dans le monde qui ont bénéficié d’une forme de revenu universel, ou du moins d’une somme importante mise à disposition. Les constats des économistes et chercheurs sont les suivants : les ménages font bon usage de cet argent, la pauvreté recule, la santé s’améliore, pas d’impacts négatifs sur la main d’œuvre disponible..

Je demeure persuadé, et l’actualité récente le démontre tristement, que l’argent est mieux utilisé chez les pauvres que chez les rentiers. Ceux-là toucheront certes le revenu universel, mais le niveau d’imposition qui sera le leur permettra d’en financer tellement d’autres..

Comme toute grande avancée sociale, le sujet fait débat et compte ses détracteurs et ses septiques, c’est normal.. La discussion continuera à imprimer nos débats.

Sur l’écologie, Benoit Hamon propose la Sortie du diesel d’ici 2025, propose que des qu’il existe un soupçon de dangerosité sur un produit de consommation, d’entretien ou autre.. Celui-ci soit automatiquement substitué par une substance non dangereuse (principe de précaution, inscrit dans la constitution). Sans cela, nous allons au-devant de scandales sanitaires considérables. Rappelons également que les premières victimes des dangers environnementaux, à travers par exemple l’alimentation sont toujours les plus pauvres, les plus vulnérables.. D’où le lien étroit et évident entre socialisme et écologie comme le martèle Benoit Hamon. N’oublions jamais que l’on peut négocier avec les banques mais pas avec la nature..

Enfin sur le renouvellement démocratique évidemment la 6ème république et la fin de la monarchie républicaine pour aller vers une république plus parlementaire et surtout citoyenne à travers notamment l’irruption dans le débat de processus permettant l’examen d’une loi dès lors qu’au moins 1% du corps électoral s’organise et le fait savoir.

A travers l’ensemble de ces thèmes, Benoit Hamon s’impose comme le candidat de l’avenir face notamment à la candidate nationaliste de la haine ; Celui de l’inégalité qui finance la rente ; Celui au discours aussi monarchique que creux, qui communique beaucoup et ne propose jamais.

Benoit Hamon à la fin de son discours du jour a cité Camus : « au milieu de l’hiver je découvris que subsistait en moi un invincible été ». A savoir que malgré la désespérante écume des jours, et les multiples fractures angoissantes tout autour de nous, Benoit Hamon a raison de nous proposer… un futur désirable.

Ne rien lâcher…

Depuis l’horrible et lâche attentat de Saint Etienne du Rouvray, j’écoute presque en boucle l’Ave Maria de Schubert, en me répétant inlassablement que Les barbares veulent la haine et la division et que les seules réponses seront le courage, l’intelligence et la fraternité. La musique qui adoucit les mœurs est une forme de thérapie..

Ces barbares s’en prennent à notre liberté, aussi bien à Nice, Bagdad, Paris, Orlando, Toulouse, Bruxelles, Tel Aviv, Ansbach, Beyrouth etc… Ils assassinent des enfants, des artistes, des policiers, des prêtres, des femmes et hommes de la rue..

Ils ne cherchent que haine et division, et en France, ils y trouvent un écho certain… A l’aulne de quelques politiciens de pacotille, omnibulés par un scrutin qui aussi spécifique qu’il puisse être amène la droite française à ne se parler qu’à elle-même, faisant pourtant peur à tout le monde, en réclamant des mesures qui soit existent déjà, soit ne sont pas constitutionnelles..

La résidence surveillée par exemple n’est qu’un gadget.. Mettre des milliers de personne en « résidence surveillée » non seulement ne s’improvise pas mais est quasi impossible à mettre en œuvre.

Ensuite, nous sommes encore dans un état de droit et enfermer sans réelle procédure constitue une porte ouverte à bien des dangers guidés sur la subjectivité, le ressenti, plus que par le droit.

Par ailleurs, une telle mesure n’aurait par exemple aucunement empêché la tuerie de Nice, au regard du profil de l’assassin..

Enfin, une telle décision ne ferait qu’augmenter l’antagonisme, permettant aux prédicateurs du sang et de la haine de nourrir leurs ignobles rangs de nouveaux monstres..

Donc : impossible, Dangereux, Inutile, et propice à l’escalade. Et comble du cynisme, si demain, l’opposition arrive aux responsabilités, il n’existe aucune certitude qu’elle appliquerait une telle mesure pour toutes ces raisons. La surenchère est surtout verbale, démagogique et électoraliste.

Malheureusement, il faut se forger l’intime et douloureuse conviction que toutes les réponses n’existent pas face à un tel ennemi.. Il n’y a aucun remède miracle dans une telle guerre. Si c’est terriblement humain de penser le contraire, y croire ne sert qu’à se rassurer. Pourtant, jamais un gouvernement n’aura autant fait pour lutter contre le terrorisme. Il suffit pour s’en convaincre de voir le nombre d’attentats déjoués pour le comprendre. Mais il est bien plus facile de faire peur que d’expliquer… Personne ne peut sous des prétextes fallacieux s’arroger le monopole de la colère et de l’indignation. Entre indignation  et indignité, certains semblent d’ailleurs faire œuvre d’une large confusion, sans doute assez largement organisée..

Avant que Jean Jacques Urvoas, comme parlementaire ne relance début 2015 une loi sur le renseignement, rien n’avait été fait depuis… l’époque du Minitel.. Nous sommes pour le moment réellement en retard sur nos ennemis. Il faut simplement du courage pour affronter cette vérité tragique.

Il y a ceux qui parlent de « légaliser l’arbitraire », et ceux qui agissent en responsabilité..

Le courage dans la période est de ne pas tomber dans le piège de la haine. Les barbares eux, n’attendent que ça.. Ce n’est pas en tournant le dos à notre constitution, à nos principes de vivre ensemble et en faisant prédominer le règle de la réaction par l’émotion que nous sortirons vainqueurs d’un affrontement qui de toute façon s’installera dans le temps.. Nous gagnerons sur nos valeurs, et s’en détourner est un attendu absolu des barbares..

Comme le dit très justement le Président de la République : « Certains nous disent : « Mieux vaut ne plus avoir d’état de droit et être en liberté ». Mais nous n’aurions plus la liberté ni l’état de droit. Et nous aurions toujours le terrorisme ».

https://www.youtube.com/watch?v=2bosouX_d8Y&feature=share

 

Nous sommes Nice…

Devant l’effroyable, pas d’amalgames ou de facilités. Les réponses seront le courage, l’intelligence et la fraternité. Nous sommes ‪#‎Nice‬

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Plume de sang…

Une semaine politique des plus chargés et riche en émotions s’achève.. Entre Mercredi et la nomination de notre ami Jean-Jacques Urvoas comme ministre de la justice, le vote du budget de Quimper Communauté Jeudi soir, et le vote du budget du Conseil Départemental du Finistère Vendredi après deux jours de débats acharnés..

Et pourtant, je n’aborderai aucun de ces thèmes.. Car j’ai eu le privilège hier, pour clôturer cette intense semaine de recevoir une plume spéciale humour rouge et noir mention goéland croqué. Ce « prix spécial du jury » m’a été attribué dans le cadre du3ème OUIQUENDE organisé par le goéland masqué.. (Remarquable association, d’éducation populaire, qui anime un salon du livre annuel, mondialement reconnu.)

J’ai eu le bonheur et la chance de recevoir ce prix en présence de Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal, Patrice Delbourg et Marc Villard.

Il m’a été demandé de lire le texte primé, entre autre face à ces « vrais » auteurs, manipulateurs et farandoleurs de mots..  Ce qui fut aussi intimidant qu’exaltant.. Car dans le fond, un discours politique est parfois comme un « attendu obligé », pour le public qui le reçoit.. Ici, il s’agissait d’une requête à ce que je produise mon « œuvre ». Grisant comme un saut dans le vide.. Et tellement encourageant..

Merci encore aux Goélettes Masquées pour l’attribution de ce prix..

Ci-dessous, la commande et le texte en question..

LE GOÉLAND CROQUÉ

Croquer, brosser, tirer le portrait d’un héros de roman noir, tel était cette fois-ci, des Goélett’s, le défi.

Pour ce défi 2015 il fallait impérativement glisser dans le texte, sans la démembrer, la phrase suivante : « Toutes les familles heureuses se ressemblent ; mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon »

Plume de sang 

En ce 07 Décembre 2016, Thérèse Leduc arrivait donc à consécration. Son premier roman noir : « Coup de boule à Tréboul » avait contre toute attente rencontré un public international.

Il faut dire que Thérèse a passé les premières années de sa vie à Saint Maurice La Souterraine dans la Creuse. Elle y a puisé une force mentale digne des plus grands dictateurs tant, à Saint Maurice La Souterraine, l’on y côtoie au plus près l’écume des jours, et où le seul départ possible, l’unique opportunité de toucher les étoiles est fatalement… intériorisée …

La carrière tardive d’ambassadrice en France du Kirghizistan de Simone Leduc, mère de Thérèse, a contraint la famille Leduc à abandonner non sans mélancolie l’innocente et indolente douceur Creusoise. Le matriarcat fut une empreinte indélébile dans les repères intrafamiliaux de Thérèse. En effet, entre une mère ambassadrice et un père testeur de chaises longues au groupe Leroy Merlin, le pouvoir familial était inéquitablement réparti. Mais, à demi couché dans le dernier modèle de chaise longue du groupe, aux accoudoirs en aluminium traité, Hervé Leduc, philosophe, pensait de toute façon que  toutes les familles heureuses se ressemblent ; mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon.

Ainsi, la fille unique Thérèse Leduc s’est construite « au travers des injonctions paradoxales, d’un classicisme occidental à la banalité confondante »… Autrement dit, Thérèse a compensé sa folie douce dans la littérature. Elle a contourné le nombrilisme littéraire ambiant fort de sa conviction chevillée au corps que le polar est le révélateur de l’âme humaine par excellence.

Après avoir reçu la Plume Noire mention Goéland Croqué en 2015, Thérèse Leduc a su conquérir au-delà des frontières bigoudènes en vendant son best-seller à 4 billions de copies, et, car nous sommes toujours rattrapés par notre éducation, Thérèse savait déjà que son deuxième roman se nommerait « traverser le Kirghizistan en chaise longue »…

En attendant, à Mykonos, en ce petit matin du 07 Décembre, Thérèse, impréparée à un succès si fulgurant… pensait à sa nuit passée, avec ces trois légionnaires en permission, tout en grattant au fond de sa narine gauche les restes de cocaïne de la veille. Thérèse se lève nonchalamment, s’installe avec légèreté, se saisit de sa plume la plus audacieuse et de son papier le plus pur… Et écrit… trempant sa plume dans le sang encore frais de ses trois victimes nocturnes qu’elle a fini d’éviscérer à la petite cuillère, son mode opératoire préférentiel. Thérèse ne peut écrire un roman noir qu’avec une plume rouge de sang …

JJU, Ministre à 100 % !!

La nomination de Jean-Jacques Urvoas au ministère de la justice est d’abord et avant tout une bonne nouvelle pour le pays.

Jean-Jacques Urvoas est un inlassable travailleur aussi sobre et discret qu’efficace. Les mots qui le caractérisent le mieux sont Compétence et probité. Il donne du sens à l’action politique et donne confiance à celles et ceux qui croient en un idéal.

Il mérite donc pleinement cette nomination, avec devant lui un chantier inépuisable, ce qu’il affectionne particulièrement.

Il travaille en effet chaque sujet jusqu’au recoin de chaque tréfonds, car il veut apprendre, puis comprendre. Il a pour exemple, travaillé le sujet de la sécurité au sein du parti socialiste, au point d’en devenir un des experts les plus reconnus et appréciés dans tout le pays. Il agit de la même manière sur chaque sujet traité. Son exigence est parfois sans fin, ce qui est aussi une source d’enrichissement pour celles et ceux qui travaillent à ses côtés, tant il pousse l’autre à devenir meilleur, en allant chercher en eux la substantifique moelle.

Il cultive une véritable indépendance d’esprit, une liberté de pensée, qui lui permet d’être un homme de convictions, qui porte pleinement ses dossiers.

A n’en point douter, il saura apporter cette force de travail et cette attention à l’autre dans ses nouvelles fonctions, qui font par ailleurs l’honneur de notre territoire, aussi bien à Quimper, que sur l’ensemble de la circonscription. Nous parlions en 2012 d’un député à 100%, il est évident qu’il sera aujourd’hui un garde des sceaux à 100%.

Je me réjouis enfin à titre purement personnel pour un ami qui mérite pleinement la confiance qui lui est accordée ici. Jean-Jacques a toujours su entretenir le lien avec les adhérents socialistes du territoire, avec proximité, accessibilité, et un sens de l’humour mordant.

Je suis tout simplement fier et heureux pour lui et très confiant sur le sens de la responsabilité et du devoir qui anime le nouveau ministre de la justice. Nous avons tant appris à ses côtés, et nous continuerons.. Nous le connaissons bien, aux français de le découvrir.

Ils ne gagneront jamais..

Nous sommes en guerre… Une sorte de guerre de civilisation, menée contre des fascistes qui ne représentent qu’eux même, ni une religion, ni un peuple, ni une culture . Ces mots civilisation et fascistes parce que nous sommes attaqués au cœur de ce que qui fait société en France : Notre liberté. Liberté d’aller assister à un match de foot, liberté d’aller voir un concert, liberté de flâner dans la rue, liberté d’être libre…

Les barbares assassins et l’idéologie qu’ils défendent, exècrent et ne comprennent rien à la valeur liberté. Au plus profond d’eux, au-delà de leur fausse interprétation sanguinaire du dogme religieux, Ils jalousent nos modes de vie.. Écouter de la musique, regarder du sport, constitue pour ces démons asservis une forme de satanisme.. Sans doute car ils n’admettent pas qu’autre chose de bien plus beau, autre chose de bien plus fort et autre chose de bien plus pur puisse émaner autrement que par la force divine dont ils pensent si stupidement défendre la cause.

Ces meurtriers aveugles veulent tuer notre bonheur… Ils veulent tuer ce qu’ils n’auront jamais.. Si j’étais croyant, je dirais que depuis hier soir, les allées du paradis sont encombrées de nos amis, de nos sœurs, de nos frères, ces héros anonymes éternels, morts au champ d’honneur de la liberté.

Le sang-froid doit être notre horizon. Faire face doit être notre droiture morale et intellectuelle. D’autant que ces guerriers de la haine ne gagneront jamais la partie.. Du sang innocent coulera à nouveau à n’en point douter.. Mais leur lutte sera vaine, car nous, nous resterons debout et libres.