Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Plaidoyer à tendance sincère et subjective 2…

Il y a 5 ans jour pour jour, le 26 Mai 2012, j’écrivais la chose suivante : Plaidoyer à tendance sincère et subjective

En ce moment si particulier, si troublé où nombre de repères s’effritent et où tout ce que l’on pensait acquis ne l’est plus, il existe encore quelques références solides, et des bases fortes sur lesquelles il est possible de s’appuyer.

Le sérieux, le travail, la ténacité, le compétence et la disponibilité de Jean-Jacques Urvoas en font partie. Qualités mises au service de la constance et de la cohérence de son engagement à gauche. En 5 ans, il a bonifié pleinement le spectre de ses connaissances avec 4 ans passés à la commission des lois comme président et 1 an passé à la chancellerie comme garde des sceaux.

29 rapports, 710 amendements, 1526 prises de paroles en commission, 1085 interventions dans l’hémicycle, 152 questions écrites, 3 lois rédigées, 8 lois rapportées.. Peu de parlementaires peuvent se prémunir d’un tel bilan chiffré, à commencer par le premier ministre actuel, faute de cumul, ce qui est navrant et consternant de banalité en terme de manque de renouveau dans la pratique politique..

Jean-Jacques Urvoas n’est pas un oiseau migrateur, là où sans doute, il aurait été plus aisé de faire les yeux doux au camp du vainqueur annoncé.. Certains l’on fait et en récoltent aujourd’hui les bénéfices avec une investiture là, où la manque d’adversaire ici.. Mais sur quelle base autre que le service à soi-même peut-on ainsi se comporter. « JJU » a fait lui le pari de la sincérité et de l’ancrage.

Le vrai enjeu, le seul enjeu de ces élections législatives est la réussite du pays, donc du quinquennat actuel. Autant, on ne peut se positionner dans l’opposition dogmatique, au risque alors de fracturer le pays et de servir de marchepied en 2022 à l’extrême droite Française, autant le pire cadeau à faire à Emmanuel Macron serait de lui accorder un blanc-seing et une automaticité des votes. Ni frondeur, ni suiveur.

Jean Jacques Urvoas votera par exemple les textes sur le régalien, à savoir la défense, la justice, la sécurité intérieur, votera également de nombreux textes sur l’éducation nationale, comme le fait de réduire à 12 le nombre d’élèves pas classe en Zones d’Education Prioritaire.

Par contre, il est par exemple en désaccord sur la suppression de l’Impôt sur les grandes Fortunes et sur l’augmentation de 1.7 de CSG, qui à raison de 400 Euros par an viendra frapper les retraités qui gagnent tout juste plus que 1180 Euros..

Je préfère un député utile et constructif qui vote avec un sens politique ancré à gauche que des parlementaires qui dogmatiquement vont soit tout valider, même le pire ; ou soit tout contrer même le meilleur. Jean Jacques Urvoas l’a fait en s’opposant à tout quand il fut dans la minorité et en votant tout quand il fut dans la majorité.. Il sait et il dit que le temps est justement venu de travailler autrement, et c’est peut-être le message que les électeurs ont voulu faire passer lors de cette présidentielle.

Le renouveau à tout prix n’est pas un argument à soi seul.. Le seul lien qui unit les candidat-e-s estampillés de la majorité présidentielle est d’avoir cliqué sur internet le fait qu’ils voulaient être candidats..

Quel est le point commun, l’histoire collective entre le candidat en Marche « bobo chic » du 13 ème arrondissement de Paris et le même candidat en marche dans les alpes maritimes, copain du grand progressiste Eric Ciotti.. Pas sûr qu’un tel attelage une fois celui constitué se retrouve comme un seul homme, du seul fait princier, avec le risque qu’au premier coup de grisou, l’on assiste à une envolée de moineaux..

Alors, pour justement sortir des postures dogmatiques et stériles, pour ne pas se jeter pleinement dans l’inconnu, je choisis en ce qui me concerne la gauche, la solidité, la compétence, l’honnêteté et la ténacité. Il faudra être fort pour être entendu, il faut des boussoles qui servent à chaque texte, à chaque choix, à chaque rédaction d’amendement, je choisi celles de Jean-Jacques Urvoas : l’égalité et la justice sociale.

Jean Jacques Urvoas, je l’écrivais en 2012, je le redis ici et maintenant, fait partie de ceux qui donnent encore confiance et espoir en la politique. Il n’est guidé que par l’intérêt général, et seul le travail assidu a construit son ADN politique. Il préfère travailler un week-end entier à la rédaction d’une loi plutôt que d’arpenter la circonscription pour remettre des coupes.. Ce qui est très noble, mais sans lien avec la mission d’un député.. Il redonne en agissant ainsi ces lettres de noblesse à la pratique parlementaire. Cette attitude est trop rare pour ne pas être reconduite, ce talent est trop grand pour ne pas être utilisé à nouveau au service des citoyens.

Enfin, ce qui est plus méconnu, car derrière l’inlassable travailleur, existe un Jean Jacques Urvoas à dimension particulièrement humaine, révolté contre l’injustice sociale, qui garde cette propension salutaire à l’indignation, admiratif des combats portés par ceux qui bénévolement ou professionnellement tente de lutter contre la précarité sociale du quotidien.. Avec par ailleurs un humour sans faille, une culture vaste, bref une densité humaine qui en font au-delà du parlementaire fort et précieux un homme ouvert et qui pense que c’est toujours le gentil qui gagne.. Donnons-lui raison dès le 11 Juin prochain..

 

5 semaines…

Nous avons 5 semaines pour faire campagne, 5 semaines où nous devrions consacrer toute notre énergie à ne faire que ça…

Nous devons défendre sur le terrain les valeurs qui sont les nôtres, y compris dans les nuances qui sont les nôtres, et surtout car la victoire d’Emmanuel Macron offre potentiellement de fortes zones d’incertitudes. C’est donc le moment où jamais d’affirmer ce qui nous rassemble, et non pas de donner à voir un congrès avant le congrès. Avant de nous parler à nous-mêmes, nous ferions mieux de parler aux Français, car je demeure persuadé que nous avons encore beaucoup à leur dire. Toute autre attitude revient à se saborder soi-même et à tomber dans le piège grossier qui nous est tendu par celles et ceux qui sont bien plus machiavels qu’ils le laissent penser..

D’autant qu’avec une participation historiquement faible pour ce type d’élections, avec 4,2 millions de bulletins blancs ou nuls, et une motivation de vote qui reposait pour une grande part sur l’indispensable barrage à la haine, le président de la république élu ne s’appuie pas sur base très solide et peut remercier la gauche. Le sondage qui nous dit que 61 % des Français ne souhaite pas donner au président élu une majorité vient d’ailleurs le rappeler. Sans parler du fait que les candidats en marche ne sont pas vraiment en ordre.. de marche, pas encore désignés, 15 000 volontaires, 577 investis.. donc éventuellement 14 423 déçus, fâchés, voir très en colère..

Ainsi, nous avons l’impérieux devoir de nous rappeler qu’au-delà des postures et « des socialistes qui parlent aux socialistes », notre étoile polaire doit être la recherche de l’égalité, notre boussole l’intérêt général. Car le score historique du Front National n’est « pas celui des fachos, mais des fâchés ». Pour mémoire, le FN c’était 5,5 millions de voix en 2002, 3,8 millions en 2007, 6,4 millions en 2012 et… 11 millions de voix dimanche dernier… Il faut vraiment avoir une poutre dans l’œil pour ne pas comprendre à quel point tant de gens vont mal dans notre pays ..

Notre plateforme programmatique doit reprendre très certainement à la fois un certain nombre de propositions de Benoit Hamon, qui portent en elle la justice sociale et également s’inscrire dans le prolongement d’une action gouvernementale sur certains sujets où le pays a avancé depuis 5 ans.

Ainsi, car nous ne pouvons compter que sur nous dans ce combat démocratique à venir, soyons nous-même pour ne pas disparaître, car cette disparition ne se décrète pas à la télévision..  Nos futur-e-s député-e-s ne doivent être ni des godillots silencieux, ni des frondeurs systématiques. Car nous ne devons pas être des oiseaux migrateurs. Face à ces instabilités qui s’annoncent, la solidité et le caractère rassembleur de Jean-Jacques Urvoas sont des atouts majeurs dans le moment que nous vivons. Nous sommes ni insoumis ni en marche, car dans un cas comme dans l’autre, le citoyen au moment de venir voter risque de préférer l’original à la copie..

Jean-Jacques Urvoas, un ministre du 21ème siècle…

Depuis 3 mois et 20 jours, le ministre de la justice est au travail, inlassablement.. On connaissait les qualités d’artisan du droit de Jean-Jacques Urvoas, mais son action à la Chancellerie démontre aussi un évident ancrage à gauche dans le contenu du travail fourni.

Tout d’abord, car dès son arrivée à la fonction de garde des sceaux, il s’est concentré sur un objectif simple, sur un axe majeur et sur une ambition unique : redonner des moyens à la justice pour fonctionner.

Pas besoin de grandes déclarations enflammées dans de multiples médias, mais une activité de tous les instants pour gagner son arbitrage.. C’est une pratique politique aussi respectueuse et discrète qu’efficace.. Réclamer ainsi des moyens budgétaires pour la justice , c’est d’abord et avant tout viser à l’amélioration d’un service public sinistré. Si les professionnels de la justice œuvrent dans des conditions décentes, les 4 millions de français qui entrent dans un tribunal par an seront accompagnés avec plus d’efficacité. C’est au final un dégel de 107 millions d’Euros, qui entre les frais de justice, le fonctionnement des juridictions, le réseau informatique et l’immobilier, doit permettre une nette amélioration pour la justice du quotidien.

Ensuite, au-delà des moyens, il y a le travail politique de fond à travers notamment le projet de loi sur « la modernisation de la justice du 21 ème siècle » dont l’examen commence cette semaine. Cette loi, au regard de ses orientations est celle du concret et du quotidien. C’est un pragmatisme de gauche. Le temps et les moyens manquent pour révolutionner totalement la justice dans notre pays, mais un certain mépris affiché devant une loi qui ne serait pas fondamentale est un mépris pour l’ensemble de nos concitoyens… Car il est dans ce texte d’abord et avant tout question de la justice du quotidien, avec des applications concrètes, aux motivations protectrices et simplificatrices. La justice est aussi et surtout le droit des plus faibles.

Comme l’a dit le garde des sceaux hier dans son propos introductif au débat : « les idées ne sont pas vraies ou fausses. Elles sont utiles ou ne le sont pas ». En complétant par une citation de Montesquieu : « Souvent l’injustice n’est pas dans les jugements, elle est dans les délais ». C’est typiquement le cas dans cette loi, malgré les polémiques naissantes sur la question des divorces ou des infractions routières.

Mais une mesure du projet de loi attire pour le moment moins l’attention et pour autant là aussi, elle incarne un discours de vérité et nécessite un certain courage politique face à la démagogie. Les tribunaux correctionnels pour mineurs instaurés par Nicolas Sarkozy en Janvier 2012 ne sont qu’un affichage électoraliste et sécuritaire. Les mineurs de plus de 16 ans ont vu leur situation pris en charge par cette juridiction dans… 1% des situations, et avec au final moins de sévérité que les décisions prises par les juges pour enfants. Mais le titre « tribunaux correctionnels pour mineurs »… consistait à soi seul une sorte de racolage électorale supra-démagogique… Constater que certains députés de « LR » continuent à défendre une juridiction pleinement inefficace est assez consternant.

Ainsi, dans cette analyse assumée comme pleinement subjective.. Si j’ai parfois quelques hésitations, pour ne pas dire davantage, avec certaines orientations gouvernementales… Je suis fier de l’action de Jean Jacques Urvoas, qui comme il le déclamait déjà dans sa première campagne en 2007 « agit et protège ».  C’est un ancrage à gauche que de vouloir, humblement, juste être utile.. En servant la justice de proximité. Cette volonté d’agir sur le quotidien est la même qui doit animer notre action politique locale. C’est la clef de la rénovation et de la refondation.

Que ce projet en reste un !!!

Le projet de réforme du code du travail, tel qu’il est pour le moment rédigé, se pose à bien des égards comme une frontière infranchissable vers un libéralisme qui n’est pas la ligne que nombre d’entre nous avons choisi en s’engageant à gauche…

L’argument qui consiste à dire que celles et ceux qui critiquent ce texte sont les tenants de l’immobilisme est celui du pauvre.. Car si ce projet de loi installe du mouvement, c’est d’abord et avant tout celui de la régression sociale.

En ce qui concerne le plafonnement des indemnités prud’homales tel qu’il est proposé, il est essentiellement en faveur des employeurs et augmente structurellement le risque de licenciements, simplement au bon vouloir de la direction. C’est la pire des réponses au vrai problème des embouteillages dans les tribunaux concernés.

Il sera en effet bien plus facile pour une entreprise de se séparer d’un collaborateur en cas de ralentissement de son activité. Et ceci sans aucun contrôle de la réalité de la situation de la société concernée. Un des critères facilitateurs au licenciement est ainsi rédigé dans l’article 30 bis du projet de loi :

« Réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ».

C’est la porte grande ouverte à la subjectivité absolue et au rapport de force gagnant-perdant dans la relation employeur-employé..

Il est en effet très facile, par exemple pour un grand groupe privé ou public, de déclarer en déficit l’une de ses branches par un jeu comptable. C’est pourquoi jusqu’à présent, un contrôle pouvait exister et sera supprimé si le projet de loi n’évolue pas…

En outre, la possibilité de référendum d’entreprise va donc bien être introduite, avec juste 30% des syndicats qui le demandent. D’une part, la symbolique est terrible dans cet affaiblissement du rôle des corps intermédiaires et représentatifs.. La gauche a une histoire, qu’il convient de ne pas piétiner.. D’autre part, le référendum dans le monde de l’entreprise n’est pas qu’un chemin pavé de roses.. En effet, tout dépend de la question posée. Elle peut l’être avec un pistolet sur la tempe, ou encore le fruit d’un choix entre la peste et le choléra.. Qui ne laissera guère le choix au salarié, allant donc systématiquement vers le moins disant social, même en optant pour le moindre mal, à défaut d’une discussion entre partenaires sociaux avec des bases initiales partagées et non unilatérales.

Enfin, la perspective du 49-3 n’est qu’un terrible aveu de faiblesse, face à une droite qui vante les louanges de ce projet et une gauche qui arrive avec le texte en l’état à une situation d’exaspération qui va bien au-delà de l’insupportable théâtralisation à outrance de certains frondeurs. Cette loi n’est encore qu’un projet.. Souhaitons qu’un certain nombre d’amendements en fassent un texte qui ne casse pas durablement les droits des salariés, au profit d’un changement de paradigme qui ne correspond aucunement à un modèle de société que nous avons historiquement et collectivement toujours porté et défendu..

La France brûle et on regarde ailleurs…

Autant le poser d’emblée, le débat sur l’article 2 de la loi sur la protection de la nation, à savoir la déchéance de nationalité m’inspire peu, même s’il est à saluer le fait que toute référence à la bi nationalité ai été évacuée.. Ce débat génère des passions car il dit beaucoup sur les principes de chacun-e-, et sur une loi qui doit donner des outils indispensables de protection en période de guerre contre le terrorisme. Mais ce débat focalise les énergies inutilement et ne peut constituer l’alpha et l’oméga de la vie politique française.. Et en oubliant jamais que la première des libertés, c’est.. la liberté..

Surtout quand dans le même temps, le gouvernement travaillerait à la dégressivité des allocations chômage..  Débat qui devrait revenir sur la table autour du 22 Février au moment de la renégociation des règles de l’assurance chômage entre les partenaires sociaux. Pourtant, l’inefficacité d’un tel dispositif a déjà été éprouvée de 1992 à 2001.. La logique implacable mais nécessaire d’économies devrait plutôt inspirer la mise en œuvre d’une réforme fiscale juste et solidaire, non pas en polarisant le débat sur celles et ceux qui connaissent déjà des difficultés, mais plutôt en allant chercher les ressources là où elles sont, et souvent là où elles dorment..

Surtout quand dans le même temps, le département du Haut Rhin souhaite conditionner le versement du RSA à l’exercice du bénévolat. Au-delà du fait d’être possiblement frappé du sceau de l’illégalité, une telle mesure stigmatisante est une nouvelle attaque contre celles et ceux qui subissent une situation plus qu’ils n’en profitent. Un tel dispositif procède à une lamentable, populiste et démagogique logique de criminalisation. La remobilisation oui, mais le chantage non.. S’il existe parfois une bien-pensance de gauche irritante, celle de droite revient à expliquer que le pauvre est un affabulateur car il a forcément choisi sa situation, et que si on l’affaiblit, on renforcerait les braves gens..

Surtout quand dans le même temps, les agriculteurs français n’ont plus les moyens d’exercer leur métier avec des prix sur le marché plus faibles que le coût de production. C’est 25 % d’agriculteurs en moins depuis 15 ans.. Les grandes et moyennes surfaces réalisent 75 % de leur résultat sur la boucherie charcuterie, les fruits et légumes et les produits laitiers. Pour autant, le législateur n’a jamais réussi à mettre en œuvre un rapport de force saint et équilibré entre producteurs et distributeurs. Pire, la loi de modernisation de l’économie en 2008 est bien celle du plus fort. Alors, oui à l’adaptation et au changement de modèle, à travers la promotion des circuits courts, d’une agriculture durable et biologique, mais en accompagnant nos paysans dans ces nécessaires évolutions.

Bref, les crises génèrent des souffrances, qui engendrent elles-mêmes désespoir et colère, partout autour de nous.. Sans opposer les mesures les unes aux autres, mais en hiérarchisant les priorités ; Sans user de démagogie sur celles et ceux qui à Paris tentent de trouver le meilleur et périlleux équilibre entre l’indispensable protection de la nation et l’affirmation de nos principes républicains ; Il est pour autant plus que temps de se concentrer sur les débats du quotidien, car par provocation sans doute exagérée, je reprendrai Jaurès quand il affirmait.. « N’ayant pas la force d’agir, ils dissertent.. ».

Indignité nationale…

Certaines méthodes politiques interpellent franchement.. Il n’est par ailleurs point question d’esprit partisan car il m’est déjà arrivé de critiquer les orientations gouvernementales, aussi bien  sur la politique économique que sur la non-réunification de la Bretagne. Mais dans ce qui nous concerne aujourd’hui, la droite dite « républicaine » a fait preuve notamment mardi d’une indignité consternante. Il y a des séquences exigeantes en politique, qui ne privent pas d’un nécessaire débat, mais dans un cadre de décence. Si Alain Juppé le fait, ses « camarades » devraient le suivre..

Certes, l’unité nationale ne peut s’imposer d’elle-même. Précisément parce que nous sommes dans un pays libre et démocratique et que nous avons cette chance, ce bien inestimable de pouvoir débattre et argumenter.

Mais l’unité nationale, si elle ne s’impose pas, elle se vit.. Choisir de la rompre ne veut pas forcément dire faire preuve d’indignité nationale. Nous n’avons pas encore enterré nos morts que certains responsables politique font honte non seulement à leur nom de parti, mais aussi à leur mandat, et même à la politique toute entière. Mardi, la séance de questions au gouvernement fut à cet effet la journée de la honte..

Pour commencer, et peut être le plus grave, au moment où Manuel Valls rend un vibrant hommage au courage des forces de l’ordre et des services de santé, les députés de droite refuseront de se lever. C’est une insulte ignoble à toutes ces femmes et ces hommes qui se sacrifient pour les autres et qui font l’honneur du service public français. Il s’agissait pour les député-e-s concerné-é-s non pas d’applaudir le premier ministre, mais bel et bien nos protecteurs de tous les instants. Les intérêts partisans favorisés aux évidents remerciements à nos héros anonymes. Honteux.

Christiane Taubira et Marisol Touraine sifflées avant même qu’elles aient commencé à s’exprimer.. Misogynie ordinaire, haine gratuite, procès d’intention.. La question se pose.. Honteux.

Le groupe « LR » compte 199 députés. Sûrement le fait du hasard… Mais la plupart des questions au gouvernement relatives aux attentats ont été posées par… trois têtes de listes aux régionales.. Christian Estrosi, Valérie Pecresse et Laurent Wauquier.. Une fois de plus, l’électoralisme prime sur le deuil national.. Honteux

Sans parler de la chef de l’extrême droite française qui affirme que le gouvernement aurait du démissionner après les attentats ; Toujours la même, accompagnée de Nadine Morano cette fois ci (les grands esprits se rencontrent..) qui osent de lamentables liens entre l’accueil des réfugiés et les barbares terroristes (les premiers fuyant précisément les deuxièmes) ; Collard et De Villiers qui évoquent un pouvoir complice des attaques ; Wauquier et Ciotti qui demandent des centres d’internement.. .. Mais pour quel degré de radicalisation ? Qui décide ? Et en s’asseyant sur nos principes constitutionnels ?

Jouer sur les peurs est le seul leitmotiv, en simplifiant quitte à raconter n’importe quoi.. Dans les moments de crise, la nature humaine est souvent révélée..

Il est à souhaiter que la droite « pète un plomb » mais ne révèle pas là son vrai visage.. Car au-delà « d’une odeur d’ail et le mauvais alcool qui est la voix des nations et qui est la voix du sang » pour paraphraser Brel, certaines déclarations purement électoralistes et démagogiques en deviennent ridicules confinant à l’amateurisme patent..

En réclamant notamment la pose d’un bracelet électronique pour celles et ceux qui ont une fiche S (nouvelle lubie d’auto-proclamés experts).. La droite se ridiculise définitivement. Car autant dire que si vous frappez à la porte d’un individu surveillé pour lui dire que le bracelet va être posé.. Vous ne pourrez plus le surveillez, tout averti qu’il sera.. Heureusement que Sarkozy et Wauquier ne sont pas les patrons des services de renseignement français..

Enfin, à l’inverse, face à cette hystérie permanente, il y a au sommet de l’état un sens des responsabilités, un sang-froid et une sobriété qui rassurent. C’est aussi le discours de vérité qui prime quand Jean Jacques Urvoas explique calmement et avec précision que le risque zéro n’existe pas et que la démocratie exige du courage.. Le pays a besoin de débat utile, certes, mais aussi d’unité.. Force est de constater que pour le moment, il est privé des deux..

Zéro pointé..

Sans vouloir tomber dans un quelconque poujadisme, je reconnais de nombreuses vertus à quelques éditoriaux de la presse locale et nationale de ce matin. Force est de reconnaître en effet que la dimension symbolique de la loi Macron est incontestable, mais méritait-elle une telle guerre de tranchées. A titre personnel, pour ce que ça vaut, le travail dominical ne me parle guère philosophiquement mais des aménagements étaient sans aucun doute possible avec le souci du mieux disant pour les salarié-e-s concernés.

Je ne peux pas croire que ce débat autour précisément de ces aménagements n’a pu se dérouler au regard de la très longue durée du travail parlementaire de cette loi. Au lieu de ce travail constructif, le spectacle offert aux citoyens est à nouveau désolant.

Entre ceux qui forts d’authentiques convictions, ceux qui en toute irresponsabilité se servent de tribunes nationales pour préparer un congrès, ceux qui prennent la posture de l’intérêt suprême du pays… les cartes sont brouillées et le citoyen spectateur ne peut que faire œuvre au mieux de scepticisme, au pire de dégout. Et en coulisse de ce pathétique Soap Opéra, Madame Le Pen peut faire œuvre d’euphorie électorale, sans même dire un mot..

Nous avons, au cœur des élections départementales non seulement des valeurs, mais des principes mêmes de notre existence de femmes et hommes de gauche à défendre. En effet, à grand renfort de rencontres citoyennes, nous faisons œuvre de pédagogie sur la préservation du modèle solidaire du conseil général du Finistère. Nous parlons « concret », autour de l’emploi dans le département, de l’accompagnement de l’enfance, de la jeunesse, des personnes âges, celles en situation de handicap, de l’attractivité économique de notre territoire…

Il est plus que temps que certains tribunitiens médiatiques omnibulés par leurs brushings cathodiques rangent leurs peignes dans leurs poches ou ailleurs, et descendent dans l’arène avec nous, au contact de ce qui fait souffrance..

Car en attendant, trop de citoyens endurent les conséquences de cette interminable crise protéiforme, dans un climat de malaise économique et sociale presque inédit et avec le risque, si ce n’est déjà trop tard que celles et ceux dont on appelle les suffrages ne se sentent considérés qu’au moment des élections, se lassent et se servent de l’urne comme d’un défouloir.

Le comble de l’ironie ubuesque étant que les mêmes, au gré des déroutes électorales nous expliquent ce qu’il aurait fallu faire.. Il y aurait de quoi rire si les conséquences n’étaient pas si dramatiques pour notre démocratie..

La réforme territoriale, chances et risques..

Au moment où les débats battent leur plein sur la réforme territoriale dans le cadre du début de la discussion générale hier soir à l’assemblée, la fusion Bretagne Pays de la Loire est évitée, et c’est tant mieux. C’est par ailleurs un des grands mérites de cette volonté de l’assemblée unique de Bretagne, qui à terme, dans le cadre d’un vrai droit d’option pourra ouvrir ses bras à la Loire Atlantique et s’avérer donc comme la première véritable étape de la réunification.

Le dernier sondage en date démontre sans aucune ambiguïté que la préférence des bretons va à cette réunification. Il sera difficile de ne pas en tenir compte. Nous le constatons également sur le terrain, y compris encore samedi dernier où dans le cadre d’un dialogue constructif, certain-e-s d’entre nous ont reçu à la fédération du Parti Socialiste une centaine de membres de Bretagne Réunie.

Cette réforme est une opportunité historique unique pour la mise en place de la Bretagne à 5, qui s’inscrit dans une cohérence géographique, notamment maritime, une ambition économique pour des marges de manœuvre nouvelles, un rayonnement culturel qui s’étend et un territoire solidaire pour des citoyens qui veulent vivre ensemble.

J’avoue ne pas toujours comprendre certains de mes camarades. J’entends ici et là parfois des arguments très contestables. En effet, il y aurait « d’autres priorités ». Argument déjà entendu lors du mariage pour tous, comme si une réforme en empêchait une autre. C’est l’argument du faible, car il ne parle pas du fond. J’entends aussi la peur du repli identitaire, ne voyant ainsi que la face obscure et ultra minoritaire propre à chaque mouvement. C’est comme si on réduisait le PS au social libéralisme !! Toujours est-il que la promotion des valeurs républicaines n’est pas incompatible avec l’attachement à son territoire, et à l’inverse, il s’en nourrit dans la diversité, qui in finé constitue l’unité républicaine. Penser le contraire laisse la tribune aux pires des démagogues et pourrait ouvrir la porte à une forme de peste brune.

Par ailleurs, en politique, franchir le rubicon peut aboutir à des malentendus et peut générer des divisions. Mais en quoi, défendre la réunification de la Bretagne constitue un danger, depuis quand le parti socialiste est tenté par le jacobinisme un peu « pisse froid », depuis quand nous ne serions plus des décentralisateurs. En politique, il y a des absolus sur le plan moral et un caractère rédhibitoire sur certain sujets, comme la défense pied à pied de la laïcité par exemple.. Mais en quoi la réunification ferait trembler si fort les murs de la république au point de la menacer, j’avoue ne pas comprendre.

Même si le travail parlementaire viendra sur cette question en Septembre, au delà du contenu et des frontières, le contenant, c’est à dire la préservation d’un service public de proximité ne doit pas être sacrifiée à l’échelle de la légitime aspiration de la simplification. A cet effet, en ce qui nous concerne, un grand corps mou de 9 départements ne paraît pas le meilleur outil pour valoriser la proximité. Le dernier mandat des élus départementaux dans le cadre de l’élection de Décembre 2015 ne servira pas qu’à « éteindre la lumière »comme on l’entend trop souvent, mais au contraire, il s’agira d’assurer les meilleures « passations possibles », pour que compétence par compétence, territoire par territoire, le seul guide de la collectivité finissante soit la continuation de la réponse sociale la plus efficiente possible, donc au plus prêt. Cette mission sera je le souhaite dans notre département menée par la gauche, mais à observer certains comportements déconnectés de l’aspiration collective du peuple breton, l’on voudrait laisser la droite aux responsabilités sur ces essentielles missions que l’on ne s’y prendrait pas autrement..

Démagogie, Irresponsabilité, Danger…

Aujourd’hui, à l’assemblée nationale, David Douillet, au sujet des violences à Trappes a interpellé Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur et a tenu les propos suivants :

« Ces événements sont la conséquence du déni de la réalité et des signaux dangereux que vous envoyez depuis des mois, je parle de ce message de laxisme que vous portez aux quatre coins de la France, et que les discours du ministre de l’Intérieur, d’ailleurs le seul à gauche à avoir voté la loi sur la burqa en 2010, ne parviennent pas à contredire« .

Tout d’abord, n’oublions pas que David Douillet a montré sa complète incompétence sur le fond comme sur la forme, concernant l’élaboration d’une quelconque pensée politique et tout le monde sait bien qu’il n’est pas lui même l’auteur de cette question.

Ensuite, la droite n’a de cesse d’évoquer le laxisme en ce qui concerne la politique sécuritaire du parti socialiste. Il s’agit en l’espèce de pitoyables éléments de langage à visée électoraliste au regard d’un bilan d’une décennie qui a vu les violences à la personne flamber et qui a connu en 2005 les émeutes parmi les plus graves dans ce domaine. A l’époque, c’est d’ailleurs l’esprit de responsabilité qui avait prédominé dans les rangs de l’opposition du moment, dominée par le parti socialiste.

Il semble qu’au niveau national comme local, la droite, l’UMP, quant elle est dans l’opposition, avec une vision confiscatoire du pouvoir ne l’admet et ne le comprend tellement pas, qu’elle ne sait pas faire autre chose que de souffler sur des braises pas encore éteintes en agitant en permanence le chiffon rouge avec comme seule relation au peuple que de vouloir faire peur… Ne reculant devant aucune outrance, à grand renfort de démagogie, de coup de communication et tombant dans les affres de la facilité, l’opposition ne grandit pas le débat public et en arrive à mépriser les électeurs en les prenant ainsi pour les pires des idiots.

Nous devons, sur un mode unitaire, et d’autant plus, nous, chanceux résidents de la fin de la terre, aider les acteurs sociaux de terrain et protéger les populations qui souffrent sur des territoires qui méritent toute l’attention des pouvoirs publics, à défaut de servir à la diffusion d’un message de marketing politique qui est en fait une insulte pour l’ensemble de celles et ceux qui se battent pour apaiser les tensions.

A Trappes comme à Quimper, les responsables UMP devraient se faire le devoir de respecter les populations locales ou du moins méditer sur certains sujets cet adage de Balzac : « Quoi de plus complet que le silence« …

Le souffle de la bête…

A l’aulne d’une drôle d’élection ce dimanche dans la troisième circonscription du Lot-et-Garonne, chaque femme et homme de gauche se doit d’avoir un discours clair. Surtout les socialistes, car la tragédie Cahuzac d’un ministre socialiste des finances fraudeur fiscal ne peut trouver son épilogue par cette ultime horreur à venir, à savoir l’élection d’un député  nationaliste qui viendrait salir les bancs de l’assemblée nationale. Le symbole est trop nauséabond.

J’entends déjà le procès en angélisme ou alors même le fait que tenir ce genre de discours autour du cordon sanitaire et du front républicain est un archaïsme boboïfiant qui conforte le jeu du front national faisant croire à un courant anti français UMPS… Mais faut-il alors ne rien dire et ne plus avoir cette capacité d’indignation lorsque la bête immonde est aux portes de la république…

Celles et ceux qui aujourd’hui tombent dans le leurre de la dédiabolisation d’un parti qui deviendrait fréquentable ne peuvent en oublier les racines. Fin 19ème, avec les débuts d’une droite radicale et ultraconservatrice qui prône l’antiparlementarisme et l’antisémitisme. Les antis-Dreyfusards avec le mouvement royaliste et nationaliste de l’action française. Plus tard encore, des organisations comme occident ou le GUD, qui manient la violence plus que le verbe. L’émergence de la pensée le péniste arrivera ensuite  et notamment le concept de préférence nationale, qui prône entre autre l’inégalité entre les races et l’inégalité hommes femmes.

Voilà pour l’héritage idéologique du parti de Madame LE PEN. Plus proche de nous, les déclarations sur le détail de l’histoire, les symboles nazis en fin de cortège du FN, les photos et les rencontres de Madame LE PEN avec les groupuscules d’extrême droite les plus radicaux.

Voilà ce qu’est le front national, loin de l’image soit disant proprette de ce qui est en fait la droite qui tâche. Derrière le sourire « ultra-brite » d’un poupon aspirant député, se dissimule une vaste escroquerie de marketing politique à travers ce candidat qui pour argumenter lors d’un débat politique reçoit les éléments de langage par SMS pendant qu’il s’exprime. Quand les textos n’arrivent pas, il manie alors la rhétorique de l’insulte et du « tous pourri », dans une absence d’élaboration et un verbiage qui ressemble à s’y méprendre aux orientations historique de la droite extrême que j’évoquais plus haut..

Des erreurs arrivent tous les jours, Mickael Vendetta aurait écrit un livre et Stéphane Guillon serait un rebelle.. Bref, ce jeune garçon nationaliste à Villeneuve sur Lot dont il est inutile de citer le nom est le parfait symbole du leurre absolu et du vide abyssal qu’incarnent aujourd’hui le front national. Et fort d’une forme de responsabilité à cause de qui on sait, les socialistes se doivent de laver l’affront pour, et même si c’est coûteux, ne pas que la tragédie se transforme en désastre républicain..