Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Plaidoyer à tendance sincère et subjective 2…

Il y a 5 ans jour pour jour, le 26 Mai 2012, j’écrivais la chose suivante : Plaidoyer à tendance sincère et subjective

En ce moment si particulier, si troublé où nombre de repères s’effritent et où tout ce que l’on pensait acquis ne l’est plus, il existe encore quelques références solides, et des bases fortes sur lesquelles il est possible de s’appuyer.

Le sérieux, le travail, la ténacité, le compétence et la disponibilité de Jean-Jacques Urvoas en font partie. Qualités mises au service de la constance et de la cohérence de son engagement à gauche. En 5 ans, il a bonifié pleinement le spectre de ses connaissances avec 4 ans passés à la commission des lois comme président et 1 an passé à la chancellerie comme garde des sceaux.

29 rapports, 710 amendements, 1526 prises de paroles en commission, 1085 interventions dans l’hémicycle, 152 questions écrites, 3 lois rédigées, 8 lois rapportées.. Peu de parlementaires peuvent se prémunir d’un tel bilan chiffré, à commencer par le premier ministre actuel, faute de cumul, ce qui est navrant et consternant de banalité en terme de manque de renouveau dans la pratique politique..

Jean-Jacques Urvoas n’est pas un oiseau migrateur, là où sans doute, il aurait été plus aisé de faire les yeux doux au camp du vainqueur annoncé.. Certains l’on fait et en récoltent aujourd’hui les bénéfices avec une investiture là, où la manque d’adversaire ici.. Mais sur quelle base autre que le service à soi-même peut-on ainsi se comporter. « JJU » a fait lui le pari de la sincérité et de l’ancrage.

Le vrai enjeu, le seul enjeu de ces élections législatives est la réussite du pays, donc du quinquennat actuel. Autant, on ne peut se positionner dans l’opposition dogmatique, au risque alors de fracturer le pays et de servir de marchepied en 2022 à l’extrême droite Française, autant le pire cadeau à faire à Emmanuel Macron serait de lui accorder un blanc-seing et une automaticité des votes. Ni frondeur, ni suiveur.

Jean Jacques Urvoas votera par exemple les textes sur le régalien, à savoir la défense, la justice, la sécurité intérieur, votera également de nombreux textes sur l’éducation nationale, comme le fait de réduire à 12 le nombre d’élèves pas classe en Zones d’Education Prioritaire.

Par contre, il est par exemple en désaccord sur la suppression de l’Impôt sur les grandes Fortunes et sur l’augmentation de 1.7 de CSG, qui à raison de 400 Euros par an viendra frapper les retraités qui gagnent tout juste plus que 1180 Euros..

Je préfère un député utile et constructif qui vote avec un sens politique ancré à gauche que des parlementaires qui dogmatiquement vont soit tout valider, même le pire ; ou soit tout contrer même le meilleur. Jean Jacques Urvoas l’a fait en s’opposant à tout quand il fut dans la minorité et en votant tout quand il fut dans la majorité.. Il sait et il dit que le temps est justement venu de travailler autrement, et c’est peut-être le message que les électeurs ont voulu faire passer lors de cette présidentielle.

Le renouveau à tout prix n’est pas un argument à soi seul.. Le seul lien qui unit les candidat-e-s estampillés de la majorité présidentielle est d’avoir cliqué sur internet le fait qu’ils voulaient être candidats..

Quel est le point commun, l’histoire collective entre le candidat en Marche « bobo chic » du 13 ème arrondissement de Paris et le même candidat en marche dans les alpes maritimes, copain du grand progressiste Eric Ciotti.. Pas sûr qu’un tel attelage une fois celui constitué se retrouve comme un seul homme, du seul fait princier, avec le risque qu’au premier coup de grisou, l’on assiste à une envolée de moineaux..

Alors, pour justement sortir des postures dogmatiques et stériles, pour ne pas se jeter pleinement dans l’inconnu, je choisis en ce qui me concerne la gauche, la solidité, la compétence, l’honnêteté et la ténacité. Il faudra être fort pour être entendu, il faut des boussoles qui servent à chaque texte, à chaque choix, à chaque rédaction d’amendement, je choisi celles de Jean-Jacques Urvoas : l’égalité et la justice sociale.

Jean Jacques Urvoas, je l’écrivais en 2012, je le redis ici et maintenant, fait partie de ceux qui donnent encore confiance et espoir en la politique. Il n’est guidé que par l’intérêt général, et seul le travail assidu a construit son ADN politique. Il préfère travailler un week-end entier à la rédaction d’une loi plutôt que d’arpenter la circonscription pour remettre des coupes.. Ce qui est très noble, mais sans lien avec la mission d’un député.. Il redonne en agissant ainsi ces lettres de noblesse à la pratique parlementaire. Cette attitude est trop rare pour ne pas être reconduite, ce talent est trop grand pour ne pas être utilisé à nouveau au service des citoyens.

Enfin, ce qui est plus méconnu, car derrière l’inlassable travailleur, existe un Jean Jacques Urvoas à dimension particulièrement humaine, révolté contre l’injustice sociale, qui garde cette propension salutaire à l’indignation, admiratif des combats portés par ceux qui bénévolement ou professionnellement tente de lutter contre la précarité sociale du quotidien.. Avec par ailleurs un humour sans faille, une culture vaste, bref une densité humaine qui en font au-delà du parlementaire fort et précieux un homme ouvert et qui pense que c’est toujours le gentil qui gagne.. Donnons-lui raison dès le 11 Juin prochain..

 

Vive la Bretagne, vive la République..

Comment ne pas être profondément irrité du comportement des sénateurs amis de Madame Le Bal et de Monsieur Le Fur sur la question des langues régionales..

Par une basse pratique parlementaire, ils mettent un coup d’arrêt brutal à la ratification de la charte européenne des langues régionales.

Au-delà de la manœuvre politicienne électoraliste, l’argumentaire utilisé est aussi inopérant que désespérant. : « Il y a d’autres priorités pour les français ».. Affirmation qui laisse à penser que les élu-e-s ne pourraient pas s’occuper de plusieurs sujets en même temps.

Les parlementaires qui osent de tels propos ont pourtant une équipe et des moyens suffisants à disposition, pour travailler sur de nombreuses thématiques simultanément, ce qu’ils font toute la journée, même pour les plus cumulards d’entre eux, à n’en point douter. En tant qu’élu local (même inutile.. ), je peux intervenir dans une même journée sur les projets d’une commune de la Cornouaille, sur des questions de protection de l’enfance, les affaires sportives, j’en passe et des meilleurs. C’est CA être élu.

Le prétexte est donc fallacieux et dissimule en fait une triste réalité en sus de la manipulation électoraliste. Cette réalité est le jacobinisme archaïque latent de trop de parlementaires qui ne comprennent pas que la force de notre pays se nourrit de la diversité de ses cultures régionales.

Face à ce genre de comportements, apparaît à nouveau la question posée justement par Jean-Jacques Urvoas sur une nécessaire assemblée de Bretagne, qui au-delà des clivages politiques, comme le font régulièrement les assemblées d’élu-e-s de notre région, aurait pu émettre un avis dont la force aurait peut-être pu influencer la décision finale. Car on peut légitimement se demander, au regard de la faiblesse de l’argumentation citée ci-dessus et justifiant l’injustifiable, si certains parlementaires ont réellement toutes les cartes en main pour prendre une décision éclairée..

Qu’il s’agisse de la réunification, qui demeure une possibilité pour laquelle avec d’autres, je continuerai à militer, ou de la ratification de la charte européenne des langues régionales, je n’ai qu’une chose à dire aux amis de Madame Le Bal et Monsieur Le Fur au sénat : Vive la Bretagne, vive la République.

L’avis d’un élu inutile..

Depuis quelques temps, existe la résurgence d’une petite musique dont je ne comprends pas les paroles et dont l’air semble tourner à vide. En effet, selon certain-e-s, et sur différents plateaux de l’échiquier politique,  qu’il s’agisse du leader de la droite départementale ou hier dans un débat sur la réunification et la langue bretonne, il faudrait « supprimer les départements », ou du moins leur gouvernance politique..

Je propose alors une double invitation à toutes celles et ceux qui tiennent ou soutiennent ce genre de propos péremptoires et radicaux : D’une part, ne présentez plus de candidat-e-s à cette élection inutile. Et surtout d’autre part : venez passer une semaine dans les services de l’Aide Sociale à l’Enfance par exemple, ou ceux de l’accompagnement des personnes âgées, des personnes handicapées, de l’insertion etc… La bonne conduite de l’ensemble de ces dispositifs nécessite des orientations, des choix politiques afin d’accompagner au mieux des publics fragilisés. Une solidarité qui est au cœur des politiques départementales. Etre élu départemental, c’est être élu du réel, du quotidien.

Au sein du conseil départemental, certains, qui pourtant portent le verbe haut, à droite comme chez les régionalistes préfèrent quitter l’enceinte ou ne pas participer aux débats dès que l’on aborde les questions en lien avec la prise en charge des publics qui en ont besoin.. Drôle de conception du débat politique, du service public et de la mission d’un conseiller départemental. Pourquoi y rester élu si ces sujets ne méritent que leur dédain.. Pour au moins l’un d’entre eux, il est plus agréable de jouer les courtisans à Paris, dans une surenchère Thatchérienne qui mènera un jour à l’annulation de toute politique sociale, à n’en point douter..

La contenance et l’aplomb sont certes des qualités dans la vie comme en politique, mais ne sont pas constitutives de l’engagement d’un élu local, au service de la collectivité pour laquelle il a été élu. Il s’agit en tout cas pour la majorité départementale de défendre une certaine vision des politiques de solidarité, ancrées dans le quotidien des finistériennes et des finistériens, ce qui n’empêche évidemment pas de porter d’autres enjeux structurants pour notre territoire.

La même déconnexion a existé hier aussi lors du débat cité plus haut. Sur la question essentielle de la réunification de la Bretagne :

D’un côté, Isabelle Le Bal, représentant le candidat des Républicains qui prône pour une décision qui doit se prendre dans les assemblées d’élu-e-s.. Ce que j’appelle pour ma part une ½ démocratie, car une décision si forte et importante ne peut passer uniquement par les collectivités, aussi représentatives soient-elles, et qui certes ont mandat pour donner un avis sur la question, mais pas pour décider.

De l’autre côté, Christian Troadec, qui, en grand démocrate pense décider seul des règles du jeu et pense que comme il pense que la réunification est la solution, alors elle doit se faire.. Je caricature à peine.. La pression de la rue est essentielle, et comme je l’ai déjà fait, je me rendrai à nouveau à tout appel revendiquant la Bretagne à 5, mais en l’espèce, cette pression, seule est stérile.

La seule option viable, à titre personnel, je l’ai déjà écrit, et je la martèle est de ne pas avoir peur de la démocratie, pas celle des salons de Mme Le Bal, ni celle de la rue de Monsieur Troadec, mais la seule et unique qui donne un cap, celle du vote républicain. Un référendum en Loire Atlantique, un autre dans toute la Bretagne, pour débattre puis trancher sur une volonté réciproque d’unir une communauté de destins.

En tant que conseiller départemental inutile, je continuerai autant que j’y ai le droit (…) à plaider pour un rapport direct et de proximité avec les citoyens qui en ont besoin et / ou qui le souhaitent.

Petit…

Un conseil communautaire hier soir qui démontre que Quimper, et de fait Quimper communauté ne portent quasiment que des projets sous calibrés, basés sur l’évènementiel, flous, sans vision et sans portage politique.

Les Quimpérois ont été très clairs sur leur appréciation du plan transports, comment ne pas en tenir compte. Mais est-ce une raison suffisante pour ne plus avoir d’ambition en faveur d’une politique moderne et ambitieuse de transport public. Certes, il y a la gratuité du samedi matin, pour relancer l’attractivité du centre-ville, et l’amélioration des fréquences sur quelques lignes armatures. Ceux sont des mesures, mais en aucun cas, le fruit d’une vision politique pour notre agglomération.

L’usager veut légitimement un réseau de bus abordable financièrement, ponctuel, fréquent et avec une amplitude journalière conséquente. Les bus électriques Bolloré (en cours de développement pour sa partie urbaine et péri-ubaine) pourraient répondre à cette aspiration avec de surcroît un marché crucial pour l’emploi local et bien sur un vrai bonus environnemental. L’utilisation de ce type de bus nécessite une préparation, un travail en amont sur les flux de transports dans notre agglomération. Pour le moment, malheureusement, le maire de Quimper et son équipe continuent à faire peur et à annuler plutôt que de vouloir se projeter dans l’avenir. C’est assez «  petit bras » et figé, mais c’est finalement l’immobilisme habituel de la droite dans notre cité Cornouaillaise.

Sur la culture, là aussi, vision figée et vitrifiée, avec une préférence pour des salons du livre à entrée payante, histoire de financer l’hôtellerie des auteurs VIP. Sans que les bibliothèques de l’ensemble des communes de Quimper communauté n’y soit associé. Pas de travail en amont comme c’est par exemple le cas à penmarc’h avec le Goëland Masqué où toute l’année, il y a intervention dans les EPHAD, les écoles. Le jour du salon, existent des débats sur l’illettrisme ou autre..  Toutes les bibliothèques environnantes travaillent main dans la main pour cet événement. Ainsi, un public le plus large possible bénéficie d’un accès direct à une culture de fait utile socialement. Le sens est donné à l’utilisation de l’argent public. Il s’agit d’une culture populaire.. A Quimper, le choix a été fait d’une lecture publique événementielle qui ne s’ancre pas dans son paysage économique et sociale, mais qui se fige et se vitrifie… Pas de vision là non plus..

Enfin, hier, nous avons signé le contrat de territoire qui nous lie avec le conseil départemental… 6 mois de retard pris par le président de Quimper communauté.. Sur les 22 communautés de communes du département, nous étions donc …. Les derniers… Autant de retard dans les projets de notre agglomération, pour les entreprises, les associations. Il est notoire que le Maire de Quimper a préféré attendre le résultat des élections départementales de Mars dernier, pensant que sa couleur politique l’emporterait pour faire passer plus facilement les projets… L’électoralisme a été préféré à l’intérêt général. Mais au-delà, ce qui est le plus inquiétant est à nouveau l’absence de projet structurant, l’absence de vision pour notre ville, Pour notre agglomération, pour la Cornouaille. A l’heure où d’autres territoires se structurent dans le département et dans notre région, Quimper ne porte que des projets sous calibrés, et n’assume pas son rôle de locomotive de la Cornouaille, terre forte de ses contrastes et de sa diversité, entre terre et mer, la force de son littoral, de sa filière agricole et agroalimentaire, du tourisme, de la culture, du nautisme etc… Ces enjeux aujourd’hui ne sont pas portés par Quimper, qui se replie sur elle-même..

La CCI voit ses moyens se réduire sur Quimper, l’agence de développement est démantelée.. Et pas de vision ou de portage politique.. De la communication.. Incessante. Et franchement, de l’inquiétude pour notre territoire, qui devient petit et vide de sens..  Et pourtant, que de richesses..

Comment et pourquoi on est tellement mieux à 5…

Lors de la semaine passée, grâce à « Bretagne Réunie » et à « Unis Pour Pluguffan », j’ai pu apprécier des interventions d’une grande pertinence et richesse, défendant la réunification de la Bretagne historique, sur les volets économiques, sociologiques, culturels et politiques.

Si la réforme territoriale a le mérite d’exister, son vrai problème demeure en son démarrage.. Une vraie cohérence territoriale, une réforme d’ampleur de nos bassins de vie, des transferts de compétences, et une pensée globale sur la refondation politique et administrative du pays auraient mérité un autre débat que des charcutages en règle sur un bout de table dans l’urgence un lundi soir..

Car même si cette réforme peut sembler éloignée des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens, tout à chacun sera impacté par les mutations à venir car il s’agit précisément de la réorganisation de notre modèle structurel, qui pèsera lourdement sur notre avenir économique et social.

Face à cet imparfait départ, les brèches étaient à colmater et le pire à éviter. A ce titre, il serait injuste de ne pas souligner le rôle essentiel de Jean-Jacques Urvoas et de Jean-Yves Le Drian, à qui, entre autre l’on doit la non fusion, et une Bretagne à 9, grand corps mou aussi stérile qu’insensé.. Cet argument du moindre mal peut revêtir un caractère « inentendable » pour les tenants historiques d’une revendication séculaire, qui étaient en droit d’attendre de cette velléité politique l’opportunité tant attendue. Mais face à des résistances certes injustifiées, mais néanmoins majoritaires, le vrai combat consistait dans cette première étape à éviter le pire pour tendre vers le sens de l’histoire à travers le vœu d’une Bretagne à 5.

A cet égard, la perspective d’avenir réside évidemment dans l’évolution du futur droit d’option. Ce dernier s’il se veut cohérent doit à mon sens intégrer deux principes :

Par voie référendaire, 50.01 % de la région d’accueil qui se prononce pour l’arrivée d’un nouveau département.

Par voie référendaire, 50.01 % du département concerné qui se prononce pour l’arrivée dans une nouvelle région.

C’est évidemment la question de la réciprocité d’une volonté populaire commune qui doit s’imposer et permettra ainsi d’ouvrir de passionnants débats sur l’avenir de nos territoires et donc des femmes et des hommes qui le composent. Adieu les 3/5, qui sont aussi insensés que la règle des 3% de déficit, décidé sur un coin de table. Adieu la consultation de la région du département sortant, qui stérilise le droit d’option, et le vide de son sens originel.

La réforme permettra également une simplification pour nos concitoyens, avec par ailleurs une nécessaire refondation du statut de l’élu et de ses missions pour plus de justice sur la possibilité d’engagement, y compris pour les salariés du privé, avec des formations et surtout pour que chaque élu ne soit pas godillot mais porte un projet politique fort. On peut faire de la meilleure politique avec moins d’élus sans doute, ce qui évite également les luttes permanentes à des fins personnels et l’abandon des convictions.

Restera à définir l’organisation la plus efficace pour la prise de décisions dans le cadre de l’assemblée de Bretagne, et à ce titre, les intercommunalités d’abord permettent de garder une proximité avec le citoyen dans le cadre d’un service public du quotidien. Les pays ensuite semblent l’échelon administratif et politique adéquat en terme de prise de décisions pour les grandes orientations qui doivent présider au destin de l’assemblée de Bretagne.

Enfin, une thématique trop peu abordée, relative aux champs de compétence, notamment ceux qui sont aujourd’hui prises en charge par les conseils généraux. Certains d’entre eux sont suffisamment sensibles pour mériter toute notre attention et dont le service ne doit pas être sacrifié à l’autel d’une réforme qui caricaturerait des missions essentielles en gabegie, juste pour suivre l’air du temps simplificateur consistant à caricaturer la fonction publique.

Je souhaiterai tant que certain-e-s de mes frileux camarades assimilent enfin que ce débat n’est pas l’apanage des tribunitiens du repli identitaire, qui feraient se fissurer les murs de la République, mais qu’au contraire, la république, en ce 21 Septembre où l’on célèbre sa proclamation ne peut se nourrir que par la défense de la diversité de ces multiples territoires. Je suis un citoyen du monde, qui n’aspire qu’à la découverte de l’autre mais dès que je quitte La Bretagne, Le Finistère et Quimper, je suis en manque, c’est ainsi, c’est non choisi, mais constitutif, je crois de beaucoup de Bretons.

C’est un peu cet ensemble que j’irai défendre le 27 En Bretagne, à Nantes avec un seul étendard, celui du sens de l’histoire et ne serait-ce que pour avoir le plaisir d’entendre Clarisse Lavanant chanter « j’avais 5 enfants »…

La réforme territoriale, chances et risques..

Au moment où les débats battent leur plein sur la réforme territoriale dans le cadre du début de la discussion générale hier soir à l’assemblée, la fusion Bretagne Pays de la Loire est évitée, et c’est tant mieux. C’est par ailleurs un des grands mérites de cette volonté de l’assemblée unique de Bretagne, qui à terme, dans le cadre d’un vrai droit d’option pourra ouvrir ses bras à la Loire Atlantique et s’avérer donc comme la première véritable étape de la réunification.

Le dernier sondage en date démontre sans aucune ambiguïté que la préférence des bretons va à cette réunification. Il sera difficile de ne pas en tenir compte. Nous le constatons également sur le terrain, y compris encore samedi dernier où dans le cadre d’un dialogue constructif, certain-e-s d’entre nous ont reçu à la fédération du Parti Socialiste une centaine de membres de Bretagne Réunie.

Cette réforme est une opportunité historique unique pour la mise en place de la Bretagne à 5, qui s’inscrit dans une cohérence géographique, notamment maritime, une ambition économique pour des marges de manœuvre nouvelles, un rayonnement culturel qui s’étend et un territoire solidaire pour des citoyens qui veulent vivre ensemble.

J’avoue ne pas toujours comprendre certains de mes camarades. J’entends ici et là parfois des arguments très contestables. En effet, il y aurait « d’autres priorités ». Argument déjà entendu lors du mariage pour tous, comme si une réforme en empêchait une autre. C’est l’argument du faible, car il ne parle pas du fond. J’entends aussi la peur du repli identitaire, ne voyant ainsi que la face obscure et ultra minoritaire propre à chaque mouvement. C’est comme si on réduisait le PS au social libéralisme !! Toujours est-il que la promotion des valeurs républicaines n’est pas incompatible avec l’attachement à son territoire, et à l’inverse, il s’en nourrit dans la diversité, qui in finé constitue l’unité républicaine. Penser le contraire laisse la tribune aux pires des démagogues et pourrait ouvrir la porte à une forme de peste brune.

Par ailleurs, en politique, franchir le rubicon peut aboutir à des malentendus et peut générer des divisions. Mais en quoi, défendre la réunification de la Bretagne constitue un danger, depuis quand le parti socialiste est tenté par le jacobinisme un peu « pisse froid », depuis quand nous ne serions plus des décentralisateurs. En politique, il y a des absolus sur le plan moral et un caractère rédhibitoire sur certain sujets, comme la défense pied à pied de la laïcité par exemple.. Mais en quoi la réunification ferait trembler si fort les murs de la république au point de la menacer, j’avoue ne pas comprendre.

Même si le travail parlementaire viendra sur cette question en Septembre, au delà du contenu et des frontières, le contenant, c’est à dire la préservation d’un service public de proximité ne doit pas être sacrifiée à l’échelle de la légitime aspiration de la simplification. A cet effet, en ce qui nous concerne, un grand corps mou de 9 départements ne paraît pas le meilleur outil pour valoriser la proximité. Le dernier mandat des élus départementaux dans le cadre de l’élection de Décembre 2015 ne servira pas qu’à « éteindre la lumière »comme on l’entend trop souvent, mais au contraire, il s’agira d’assurer les meilleures « passations possibles », pour que compétence par compétence, territoire par territoire, le seul guide de la collectivité finissante soit la continuation de la réponse sociale la plus efficiente possible, donc au plus prêt. Cette mission sera je le souhaite dans notre département menée par la gauche, mais à observer certains comportements déconnectés de l’aspiration collective du peuple breton, l’on voudrait laisser la droite aux responsabilités sur ces essentielles missions que l’on ne s’y prendrait pas autrement..

A 5, solidaires, et au plus près !!

« Sans la Bretagne, la France ne serait pas ce qu’elle est. Mais sans la France, la Bretagne ne serait pas ce qu’elle est non plus ». Même si il faut la resituer dans son contexte, cette assertion d’Anne De Bretagne exalte mon attachement à la terre bretonne et flatte mon idéal républicain. Dans le débat qui déchaîne tant de légitimes passions, l’on ne peut s’arrêter seulement sur la question du découpage, mais je regarderai d’abord et avant tout ce que vont devenir les services publics de proximité, y compris gérés actuellement par le conseil général et qui, grâce notamment aux territoires d’action sociale, accompagnent au plus près dans notre département les personnes âgées, les personnes handicapées, les familles, les jeunes, les enfants.. Le contenant oui, c’est essentiel, mais sans travailler sur le contenu, c’est stérile et empêche tout progrès. Au Parti Socialiste, nous sommes des décentralisateurs, réponse possible à une aspiration légitime de justice sociale.

Une fois, ce préalable indispensable posé, au sujet des frontières de notre architecture territoriale, doivent prédominer à mon sens trois priorités : l’ambition pour un territoire breton qui assure son avenir économique et s’offre des marges de manœuvre nouvelles. Puis un dynamisme culturel capable de faire rayonner la Bretagne sur un mode universel. Enfin, un territoire solidaire qui s’appuie sur une histoire et crée des interactions humaines authentiques au travers d’un bassin de vie le plus en phase possible avec les aspirations de nos peuples. C’est ce que l’on peut appeler un besoin de sentiment d’appartenance dans une ère de défiance envers les institutions. Les citoyens ont besoin de se retrouver dans une représentation plus simple, pour se revitaliser et mieux vivre ensemble.

Face à ces motifs l’assemblée de Bretagne la plus cohérente selon mon humble avis peut se vivre certes, à travers ses 4 départements, comme le veut le découpage actuel, mais en regardant devant, son avenir est de toute façon lié à la Loire Atlantique, à travers les trois dimensions précédemment cités, l’avenir économique, le rayonnement culturel et un territoire humain et solidaire. La cohérence Bretonne est ici posée. Mais parce qu’en Bretagne, nous sommes des femmes et hommes de cœur, attachés aux justes équilibres territoriaux, c’est à condition que les Pays de la Loire ne soient pas déshabillés donc considérablement affaiblis, mais automatiquement rattachés à une ou d’autres régions. C’est la définition de ce qui doit guider notre action de socialiste humaniste et progressiste, c’est être ancré à son territoire en étant respectueux de l’autre dans un cadre républicain.

Il n’existe aucune incompatibilité entre cette aspiration à faire vivre au mieux notre territoire et la défense de notre idéal républicain. Faire croire le contraire nourrit le repli identitaire et donne des tribunes à de trop nombreux démagogues. Préservons nos nombreux atouts bretons, comme une œuvre d’art en danger entre un monde de plus en plus globalisé et un peuple de plus en plus en désespérance.

Pour prendre en compte cette désespérance et ne pas alimenter celles et ceux qui en profitent pour exacerber les souffrances, il aurait fallu éviter toute précipitation au risque de provoquer une majorité de mécontentements et pour des raisons à chaque fois différentes. Mauroy, Balladur et Raffarin ont voulu s’y essayer. Le respect de toutes et tous passe par cette maîtrise du temps, pour ne pas laisser place aux mécontentements et aux doutes. « Parfois, quand c’est flou, il y a un loup » pourrait-on penser.. Le travail parlementaire doit maintenant prendre le relais pour construire notre histoire.

Comme on dit chez nous « il fait beau plusieurs fois par jour en Bretagne ». C’est à titre personnel cette région que j’aime. Celle qui nous manque dès que l’on s’en éloigne. C’est une fin de terre, mais c’est l’ouverture au monde. Nous passons pour des fortes têtes, mais aussi pour des chanceux, tant nous avons des atouts.

Mais surtout, nous avons de tout temps démontré notre ouverture d’esprit et notre terre est celle de l’accueil, elle doit le rester et ne pas faire peur.

« An hini na avantur netra, na koll, na gounit ne ra” (celui qui ne risque rien ne perd ni ne gagne)

Un big bang, pour qui, pourquoi ?

L’accélération du calendrier de la réforme territoriale semble inéluctable. Différentes options sont sur la table, et des propositions fortes émanent de la part de nombre de camarades, y compris des socialistes bretons. Entre assemblée unique de Bretagne, fusion avec une région, avec plusieurs etc..
Dans un monde globalisé, où tout change très vite, nous avons le devoir d’être réformateurs et de proposer des adaptations plus souples et plus simples de notre mille feuilles territorial. Comment ne pas s’inscrire dans les pas du président de la république et du premier ministre à cet effet.
Mais un aspect pourtant essentiel, prioritaire et constitutif de notre ADN politique est pourtant bien trop peu évoqué. C’est pourtant ce qui peut rendre ce débat « sexy » pour une majeure partie de la population qui pourrait à tort s’en sentir éloigné. Car au regard des missions des différentes collectivités territoriales concernées, il s’agit en fait de l’avenir de nos services de proximité. En particulier pour celles et ceux les plus en difficulté. Pouvoir, au plus près de chez soi venir instruire son dossier de RSA, d’APA, d’AAH, sans parler des services de prévention, ou même de la protection de l’enfance est un acquis qui doit être défendu. En particulier à gauche de l’échiquier, car il ne s’agirait pas de démanteler ce que nous avons nous-même justement mis en place. Le service public, c’est le service au public, ne l’oublions pas, au profit d’un débat de préservation d’acquis politiques, car on nous le fera payer amèrement. Il ne peut s’agir de faire changer de logo aux bâtiments et en profiter pour réaliser des coupes budgétaires sombres, car pour rester dans un vocable économique, certains services, s’ils n’ont pas de valeur marchande directe génèrent du retour sur investissement tant ils sont fondamentaux.
Je pense par ailleurs qu’une architecture territoriale qui se mue ne s’inscrit pas forcément à rebours de la pensée politique décentralisatrice qui trouve ses prémices au début du 19ème avec Charles Brun, qui s’est continuée avec De Gaulle dans les années 60 et très concrètement mise en place par Mitterand en 1982. Car l’idée est qu’en fonction de l’architecture qui s’installe, même si le pouvoir politique et administratif venait à s’éloigner ou du moins à déménager, l’action de proximité du service à l’usager doit et peut demeurer. Il n’y a pas de contradiction en la matière.
Enfin, sur l’enjeu majeur du devenir de notre région face au big bang territorial à venir, ce n’est pas le jacobinisme face au régionalisme, ce débat caricatural mérite mieux que ce que veulent en faire leurs auteurs. La Bretagne peut et doit conserver ce qui fait sa force et être avant gardiste en la matière. Elle  peut voir bouger les frontières, aussi bien seulement sur le volet historique que davantage, tout en gardant son identité et en étant moteur dans le nouveau découpage, quel qu’il soit, car elle est forte, enviée, et sera de fait un chef de file, elle en a l’âme et la vocation.
Le maintien, voir le renforcement du service au public doit être notre combat, dans une Bretagne qui ne se replie pas sur elle même, qui valorise ses atouts et qui continue son développement. Ce débat est celui de tous.