Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Réal politique…

A l’heure où de tout côté, la politique nationale n’aura rarement autant donné un sentiment de médiocrité, alimenté par l’orthodoxie cathodique, en quête de l’anecdote permanente, la réalité se poursuit discrétement.

Au sein du Conseil Départemental du Finistère, deux projets sur lesquels votre serviteur travaille méritent d’être ici valorisés, tant ils mettent en avant le rôle essentiel de fédération et d’animation de la collectivité départementale et la volonté des élus de la majorité d’offrir le meilleur service au public, y compris en période de disette budgétaire.

Ces deux schémas, si on souhaitait les caricaturer peuvent paraitre techniques, voir technocratiques, mais pourtant, il s’agit de « réal politique », avec des ramifications et déclinaisons concrètes sur le terrain.

Tout d’abord, le Schéma Départemental d’Amélioration de l’Accessibilité des services au public (SDAASP). Ce schéma est une commande de l’état auprès des conseils départementaux et des préfectures, qui pilotent leur application.

Le schéma a pour aspiration d’offrir le meilleur service pour une meilleure égalité entre les citoyens, en réduisant les zones en déficit. Il s’agit du service au sens large, car il intègre du public et du privé, du marchand et du non marchand délivrés par les opérateurs nationaux et locaux. Nous évoquons donc ici par exemple l’offre de santé, de commerces, de présence des services publics, de transports et de la nécessaire mutualisation pour tendre vers une meilleure efficacité.

Ainsi, à l’échelle des pays, le conseil départemental réunit autour de la table une cinquantaine de partenaires en ce qui concerne la Cornouaille : des élus et techniciens des collectivités (ville, communauté de communes), des institutionnels (CAF, Pole Emploi, Poste, Agence Régionale de Santé, chambres consulaires), et des associations de tout secteur pour définir des priorités et trouver des solutions communes afin d’essayer de faciliter la vie des citoyens.

A titre d’exemple concret, des Maisons de Service au Public sont en fonction ou en projet sur l’ensemble du département, et permettent de regrouper au sein d’un même bâtiment de nombreux services, afin d’éviter aux citoyens de passer d’une administration à une autre, et de se perdre dans un dédale sans fin aussi illisible que décourageant au final. Ainsi, les institutions au sein du même bâtiment travaillent directement ensemble et tout le monde gagne du temps.

Ensuite, le Projet Départemental d’Insertion (PDI), 2016-2021 qui se décline là aussi à l’échelle des pays, que j’accompagne, car il se travaille en Cornouaille sous la houlette de ma collègue Isabelle Assih. Ce projet réunit et fédère l’ensemble des acteurs de l’insertion qui accompagne au quotidien celles et ceux qui sont en situation d’exclusion économique et sociale. C’est ici à nouveau la réal politique et non pas les caricatures outrancières qui perdurent notamment sur les bénéficiaires du RSA.

Qu’il s’agisse de l’Insertion par l’Activité Economique, des chantiers d’insertion, des ateliers d’insertion, de l’Economie Sociale et Solidaire, c’est toute l’offre d’insertion qui est mise sur la table, afin bien sûr de dégager des diagnostics territoriaux, pour recenser tout ce qui existe sur le département et ainsi se fixer des objectifs concrets. Notamment, ceux de favoriser l’accès aux droits et à l’autonomie, de favoriser l’accès et le retour à l’emploi, favoriser la coordination des acteurs et la communication.

Dans les deux exemples en question, le conseil départemental utilise l’intelligence collective et participative pour trouver des solutions concrètes sur le terrain. Construire une politique publique adaptée aux aspirations citoyennes nécessite ce type de préalable. Mais ils est souvent plus facile de décider seul dans son coin, pour donner une réponse court-termiste à un problème immédiat.. C’est ici toute la question du portage politique ou pas d’un sujet. C’est aussi  toute la difficulté de la gauche à rendre lisible, simple et concrète la mise en place de politiques publiques au service du citoyen.

Enfin, si le gouvernement reconnaît au travers des deux dispositifs pré-cités le rôle clef du département en terme d’échelon de proximité, ce même gouvernement décide de snober le conseil départemental pour lui donner les moyens de ces missions, car non seulement, nous serons la seule collectivité ne bénéficiant pas de coup de pouce, mais qui verra même sa charge financière considérablement alourdie. Entre une droite qui caricature les missions essentielles du département et une gauche gouvernementale, qui semble nous mépriser.. Nous continuerons à porter haut et fort nos missions de solidarités, entre les citoyens et les territoires.

Prendre en main l’avenir de Quimper.

Une nouvelle majorité municipale est arrivée aux commandes de notre ville il y a 22 mois. 1/3 du mandat, le temps où l’on doit lancer les principaux chantiers sur lesquels on s’est engagé devant la population. Durant cette période, avec mes collègues du groupe d’opposition municipale, j’ai voulu observer patiemment, je me suis opposé de façon constructive ou plus fermement, quand l’intérêt général de la Ville et de ses habitants me  paraissait être mis en cause.

Personne ne peut prétendre à la perfection : ni l’opposition, ni le parti socialiste, ni les autres mouvements de gauche et écologistes. Nous devons aussi nous appliquer à nous même des critiques, et faire œuvre de modestie et d’humilité, en particulier au regard des multiples crises qui nous frappent et qui appellent au rassemblement plus qu’à la division.

Car au final, c’est toujours l’intérêt de Quimper et l’avenir de ses habitants, actuels et à venir, qui doit primer.

Ludovic Jolivet, lors de son élection en Mars 2014, nous promettait un courant d’air frais, un profond renouvellement pour mettre la Ville en mouvement. Il était en effet possible d’y croire. Mais force est de constater que le courant d’air a tourné au souffle court.

Trois raisons majeures à cela :

Tout d’abord, le conformisme institutionnel municipal que le maire et son équipe n’arrivent pas à faire évoluer.

Ensuite, les logiques politiques conservatrices qui immobilisent et paralysent. Il existe comme une sorte d’enfermement de l’équipe municipale, qui ne se repose que sur le seul socle de la droite.

Enfin, un manque permanent de vision d’avenir, de projet global, une impréparation, pour ne pas dire plus dans l’approche des dossiers structurants. Ce qui génère une ville qui se replie sur elle-même quand d’autres à l’inverse anticipent sur les enjeux de demain. Le retard s’accumule et le quotidien des Quimpéroises et des Quimpérois en subira les conséquences avec un avenir de la cité compromis en matière économique, d’emplois, de logement, d’accès à la culture et aux loisirs …

Les promesses non tenues forment une longue litanie : stationnement, salle multifonctions,  vidéo-surveillance… Autant de mesures que le maire et sa majorité annonçaient comme des marques fortes de leur projet.

La brutalité dans la méthode et les propos est finalement la seule originalité, au quotidien, de ces 650 jours de mandat.

La rémunération du Directeur général des services  qui pose question, dont une part prise sur le budget du Centre Communal d’Action sociale, ne peut qu’installer le doute sur l’éthique et le sens de l’intérêt général des acteurs concernés.

La communication à outrance n’est qu’on trompe l’œil pour masquer cette absence de vision et cette pauvreté dans l’action.  Je m’appliquerai dans les années à venir à argumenter sur ces différents points.

En effet, le maire parle beaucoup, mais agit très peu ! Ou quand il agit, c’est pour se renier ou pour annuler. 

Alors, il nous faut prendre en main l’avenir de Quimper.

2016 est une année charnière et passionnante, car pour la première fois en 3 ans, il n’y a pas d’élections. En politique, le plus ressourçant, le plus créatif et le plus constructif, c’est le travail de réflexion. Nous allons pouvoir collectivement travailler chaque sujet concrètement, en y associant la population dans ses lieux de vie et l’ensemble des acteurs qui font bouger notre ville. Ce travail nous permettra de préparer dans un premier temps une alternative de gauche puis un projet d’alternance de gauche à mettre en œuvre. Travail qui sera collectif et ouvert, totalement ouvert.

Un collectif sous la houlette du secrétaire de la section du Parti socialiste Matthieu Stervinou, qui y travaille avec ardeur. Ce travail doit s’ouvrir au monde économique, associatif, syndical et à tous les citoyens qui le souhaitent. Ce travail collectif doit porter puis incarner un projet pour la ville, l’agglomération et la Cornouaille.

Car, faut-il le reconnaître, au niveau national, la production de nouveaux projets, de nouvelles pratiques dans les appareils politiques est aujourd’hui paralysée par la préparation des élections présidentielles, à gauche comme à droite.. Au moment où il faudrait dans l’urgence répondre à l’angoisse sociale de nos concitoyens les plus touchés par la crise, au moment où il faut proposer un projet mobilisateur et juste face à la démagogie simpliste des fausses solutions  du Front national.

Alors, localement, à travers des propositions concrètes, le temps  vient de poser les bases de cette alternative à travers une exemplarité dans la pratique des responsabilités, en terme de mandat, de rémunération, de comportement ; A travers une construction collective cornouaillaise permettant à Quimper un développement économique réel ; A travers la mise en œuvre d’un projet solidaire guidé par une idée de justice et d’égalité.

Il est possible de créer pour Quimper et son agglomération les conditions d’un territoire qui s’anime au quotidien.

Il est possible de créer pour Quimper et son agglomération une dynamique par le prisme de la Cornouaille, sur le développement économique, les transports, la pêche, le tourisme, la culture, le sport etc.. Il nous faut de véritables assises de la Cornouaille. Si le maire de Quimper ne le fait pas, d’autres s’en chargeront, à d’autres échelles car il s’agit de prendre en main notre avenir.

Et pour conclure, pourquoi pas concrétiser le rêve de nombreux habitants de notre région en œuvrant pour une Bretagne à 5 départements et ainsi rejoindre l’invitation de Jean Jacques Urvoas à travailler collectivement vers une future architecture administrative et politique correspondant à un modèle breton.. Quimper doit y prendre toute sa part. Avec d’une part le respect des champs de compétences des collectivités et avec d’autre part de vrais pôles d’équilibre, notamment en tenant compte de la diversité des richesses de la Bretagne occidentale.

C’est dans ce contexte combatif et plein d’espoir que je souhaite à toutes et tous mes meilleurs vœux pour 2016, et comme disait Jacques Brel il y a 48 ans :

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir,
et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer,
et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil
et des rires d’enfants.

8 mois de communication, des saignées injustes et un scandale..

Il y a 8 mois, dès son discours d’investiture, le nouveau maire de Quimper, Ludovic Jolivet n’avait eu aucun mot pour le service public. Nous comprenons mieux pourquoi aujourd’hui.

En ce jour d’élections professionnelles dans la fonction publique, Ludovic Jolivet démontre par ses paroles et ses actes qu’il n’a en fait aucune considération pour la notion de service public. Quimper n’est pas son entreprise privée, mais une belle et chaleureuse ville qui appartient à ses habitant-e-s.

Décryptage : il pense pourtant que la ville lui appartient.. Il répète à tue-tête de nombreuses contre-vérités avec un autoritarisme sidérant qui interpelle : « je paie, je décide », « c’est moi le patron », « c’est moi qui décide ». Non, Monsieur Le Maire, non seulement vous n’êtes pas seul à décider, car il y a des élus dans votre majorité et vous avez même une opposition, qui d’ailleurs pourrait s’agrandir, vu qu’en 6 mois, déjà deux élus de votre groupe se vont vu retirer leurs délégations..

Aucune considération pour la culture, avec des coupes claires prévues, et du mépris pour de nombreux acteurs et créateurs. Stigmatisation de certaines associations humanitaires qui viennent en aide en particulier aux étrangers. Une drôle de danse du ventre avec un autre parti politique dont il s’agit sans doute de remercier les électeurs. La majorité municipale oublie que les acteurs associatifs sont des acteurs économiques (dans le département, 1 emploi sur 6 provient de l’associatif) qui produisent des emplois, de l’activité et donc de la richesse.

Ensuite, la scandaleuse rémunération du Directeur Général des Services. Au-delà de la légitime application de la grille de salaire de la fonction publique, Ludovic Jolivet a choisi son DGS et a négocié avec lui son périmètre d’intervention, ses primes etc.. Le maire de Quimper doit la transparence à ses administré-e-s et il a le devoir d’annoncer clairement la rémunération de son DGS, primes comprises et en précisant cette drôle de mission de son DGS auprès du CCAS. Il ne s’agit pas de « voyeurisme », comme le dit fébrilement M. Jolivet mais de transparence dans le bon usage de l’argent des Quimpérois. Et pas de faire voter en catimini la prime de son ami DGS en dissimulant délibérément le montant sans doute scandaleux de la dite prime..

Au regard des chiffres qui circulent (seule base de référence tant que le chiffre n’est pas rendu public), l’augmentation de la rémunération du DGS par rapport au mandat précédent correspond à 6 emplois à temps plein.. Il doit en effet être compétent ce DGS pour faire le travail de 6 agents.. Cette augmentation correspond au budget total de l’accessibilité de la voirie sur Quimper pour les personnes en situation de handicap..  D’autres exemples ne manquent pas..

A l’heure où à Quimper, plus de 10 000 personnes touchent par mois 900 Euros ou moins, le maire de Quimper organise les conditions du retour de l’argent fou, fruit d’une idéologie qui consiste à se servir plutôt qu’à servir. A l’heure où le secteur associatif va être atteint lourdement par des choix idéologiques, où les fonctionnaires municipaux vont devoir se serrer la ceinture comme jamais, leur directeur général des services lui se fait plaisir. C’est le retour « des copains et des coquins » comme à la grande époque du RPR..

En 8 mois : déni de démocratie, choix idéologiques nauséabonds, retour de l’argent roi, mépris des acteurs associatifs.. Seule la communication fait l’objet de toute l’attention du maire et de sa majorité. Le maire a récemment dit dans une grossière erreur à propos des subventions aux associations : « c’est moi qui paie ». Je vous réponds à propos de la scandaleuse rémunération de votre DGS : ce sont les Quimpérois qui paient..

La France a peur…

Afin de prolonger la séquence estivale introspective, j’ai eu le plaisir mais aussi la douleur de regarder « poison d’Avril », film malheureusement plus documentaire que fiction.. Le plaisir, car ce long métrage est d’un rare courage cinématographique, mais aussi la douleur, car il est d’un réalisme glaçant.

Les médias cathodiques et autres JT d’infos en prennent pour leur grade et c’est réjouissant. Y compris en revenant sur la période qui a précédé l’élection présidentielle de 2002, un véritable cas d’école.. La ligne éditoriale est alors claire, c’est la surenchère permanente de la stratégie de la peur.. Entretenir le sentiment d’insécurité devient l’unique objectif. La ménagère ne décolle plus de son canapé.. Le pouvoir est content, Bouygues aussi, c’est parfait.. Guy Bedos parlait en ce qui concerne le générique du JT de TF1 de « la musique qui fait peur à des millions de Français ». L’angoisse saisit tellement le téléspectateur qu’il n’ose plus le moindre mouvement..

 
A ce jeu de massacre quotidien, Sans être un théoricien du complot adepte des pensées «conspirationistes», tout semble bon, c’est le culte du fait divers amplifié et déformé avec un cynisme qui se déguise à peine.. Seul le détail, la surface comptent, surtout ne creusons pas, ne prenons pas le risque de dire la vérité, elle nécessite plus de travail que l’entretien permanent de toutes les formes de névrose. L’image brute, doit tout dire, car elle est sacro-sainte, incontestable, tant elle demeure dans les âmes et les cœurs. C’est pile là maintenant que le conditionnement peut s’entamer, car même mensongère, détournée, sortie de son contexte, et sans aucune valeur car sans aucune explication, l’image devient reine, hante les esprits et nie la pensée. C’est sans doute cela « le temps de cerveau disponible » dont parlait un fossoyeur des temps modernes de la pensée..

 
L’affaire Paul VOISE en est une terrifiante illustration. Rappelez vous ce brave Monsieur âgé au visage tuméfié, agressé deux jours avant la présidentielle de 2002. Dans la journée du Samedi précédant le 21 Avril, alors que l’information politique est proscrite, pour la journée dite « de réflexion », les médias ont leur bouquet final.. Le reportage sur papy Voise sera vu 19 fois sur LCI ce fameux Samedi. C’est aussi la stratégie de l’étouffement. Cette lessiveuse est définitivement implacable.
Pour « info », pour « charges insuffisantes », les agresseurs potentiels ont bénéficié d’un non lieu et Monsieur Voise n’était pas uniquement une brave victime immaculée. Étonnement, les principales chaînes d’information n’ont jamais évoqué cet épilogue.. ni 1 fois, ni 19 fois..

 
Avant le premier tour, Pasqua retirera sa candidature sous des motifs fallacieux, ne captant pas l’électorat hautement insécurisé et donnant l’autoroute que l’on sait à l’extrême droite française. Ajoutez-y le conditionnement anxiogène, au moment de glisser son bulletin dans l’urne le 21 Avril 2002… Lionel Jospin écarté, Jacques Chirac restera président … et … n’ira pas saluer les juges le Lundi 06 Mai 2002… C’était en France, dans notre siècle..

 
Étonnant que « poison d’Avril » n’ai jamais été diffusé par une des deux grandes chaînes.. ni « le cauchemar de Darwin » ou « pas vu, pas pris » ou de nombreux autres. Pourtant enrichissants documentaires. Au lieu d’élever, ces médias enlaidissent les consciences et semblent vouloir asservir leur public, attendu qu’eux mêmes sont inféodés à des puissances et enjeux qui s’éloignent considérablement des missions d’information et de création d’une conscience citoyenne collective. Ils habituent à l’inverse à la facilité et semblent vouloir mener à bien une entreprise universelle de lobotomisation de masse.

 
Ne pas regarder ces messes cathodiques est salutaire pour les neurones.. La presse écrite, la radio (certaines en particulier), internet, les lectures, les sorties, les discussions donnent d’autres accès.

 
Morceau choisi de poison d’Avril : un journaliste à un autre :
«C’est formidable, le groupe va créer une chaîne avec la météo 24H/24.. ».
Réponse : « ça existe déjà, ça s’appelle une fenêtre ».

La France a peur, à voir sans modération ici

 

 

On communique sur la scène, on démantèle en coulisses..

Il y a dans l’air à Quimper, au delà d’un potentiel pic de pollution matinal dans l’hyper centre, quelque chose d’insidieux qui s’installe.. A l’abri des regards, comme si Ludovic Jolivet et sa majorité municipale avançaient masqués. Ils donnent une image souriante à l’extérieur, communiquent sans arrêt, se mettent en scène et voudraient faire croire, qu’ils ont le monopole de la concertation.. Étonnant lorsque l’on sait que la semaine dernière, par exemple, des élus de l’opposition se retrouvent à remettre les récompenses à une compétition de tir à l’arc handisport en l’absence d’élus de la majorité.. Il y a des sujets qui intéressent peut être plus que d’autres.

En tout cas, il ne faut pas être dupes, car la proximité, la vraie, ne se vit pas qu’à travers la communication. Mais la philosophie qui s’installe progressivement est toute autre.

Dès le discours d’intronisation du nouveau maire, la politique sociale était oubliée. Voilà quelques illustrations concrètes de ce qui se passe réellement après seulement 2 mois aux responsabilités :

Des mensonges et de la manipulation sur le financement du pôle Max Jacob, brillamment démontrés par mon collègue Gilbert Gramoullé lors du dernier conseil municipal. Un ballon d’essai avait été tenté pour l’abandon partiel du projet, et face à la gronde légitime des acteurs culturels, souhaitons que ce projet ouvert à toutes et tous, qui dynamisera la ville verra le jour. On ne sent pas une motivation réelle pour y parvenir en tout cas.

Des questionnements sur le devenir du projet urbain du Cap Horn qui comprend pourtant du logement solidaire, des places de crèches et des appartements pour femmes isolées en difficulté. Projet où il existe manifestement des réserves, essentiellement car des riverains (proches de la majorité ?) auraient la vue gâchée par cette urbanisation.

Vu en comité de pilotage, puis en conseil municipal, une volonté de « rationaliser », donc à terme de saborder le Projet Éducatif Local qui concernait des projets pédagogiques pour  plus de 800 enfants en 2012, et plus de 1000 en 2013. Ce dispositif ayant la vocation de réfléchir et de proposer avec tous les acteurs des améliorations pour le quotidien de chaque enfant dans tous les temps de sa vie. Des inquiétudes partagées également par des acteurs de l’éducation populaire.

Des ajournements de subvention à des associations d’alphabétisation ou d’accompagnement de personnes étrangères en difficulté, avec des propos indignes de certains membres de la majorité (« appel d’air » etc..) qui devraient faire peur, y compris à celles et ceux qui se revendiquent d’un courant humaniste au sein même de cette majorité.

Une absence de vision de ce qu’est l’intérêt général quant en commissions, des élus de la majorité prétendent connaître « pierre », « Paul » ou « tartentpion ».. Et que du coup, il serait souhaitable d’orienter telle ou telle décision dans tel ou tel sens. Sans projet politique, c’est toujours le clientélisme qui gagne à la fin.

Beaucoup de « on verra » de la part du maire et de ses adjoints lors du dernier conseil municipal. Difficile de savoir s’il s’agit d’impréparation, confinant à une forme d’amateurisme ou s’il y a hésitation à décliner une philosophie qui est celle de la droite dure. Nous sommes peut-être déjà à un tournant de de ce mandat.

Un mandat municipal est complexe et le danger en est la caricature ou la simplification, car les décisions prises ont un impact direct et immédiat en proximité sur nombre d’habitants.

A l’écoute de certaines réflexions de cette majorité, il me vient à l’esprit la citation suivante de Woody Allen : « J’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire guerre et paix en vingt minutes. Ça parle de la Russie »..