Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Plaidoyer à tendance sincère et subjective 2…

Il y a 5 ans jour pour jour, le 26 Mai 2012, j’écrivais la chose suivante : Plaidoyer à tendance sincère et subjective

En ce moment si particulier, si troublé où nombre de repères s’effritent et où tout ce que l’on pensait acquis ne l’est plus, il existe encore quelques références solides, et des bases fortes sur lesquelles il est possible de s’appuyer.

Le sérieux, le travail, la ténacité, le compétence et la disponibilité de Jean-Jacques Urvoas en font partie. Qualités mises au service de la constance et de la cohérence de son engagement à gauche. En 5 ans, il a bonifié pleinement le spectre de ses connaissances avec 4 ans passés à la commission des lois comme président et 1 an passé à la chancellerie comme garde des sceaux.

29 rapports, 710 amendements, 1526 prises de paroles en commission, 1085 interventions dans l’hémicycle, 152 questions écrites, 3 lois rédigées, 8 lois rapportées.. Peu de parlementaires peuvent se prémunir d’un tel bilan chiffré, à commencer par le premier ministre actuel, faute de cumul, ce qui est navrant et consternant de banalité en terme de manque de renouveau dans la pratique politique..

Jean-Jacques Urvoas n’est pas un oiseau migrateur, là où sans doute, il aurait été plus aisé de faire les yeux doux au camp du vainqueur annoncé.. Certains l’on fait et en récoltent aujourd’hui les bénéfices avec une investiture là, où la manque d’adversaire ici.. Mais sur quelle base autre que le service à soi-même peut-on ainsi se comporter. « JJU » a fait lui le pari de la sincérité et de l’ancrage.

Le vrai enjeu, le seul enjeu de ces élections législatives est la réussite du pays, donc du quinquennat actuel. Autant, on ne peut se positionner dans l’opposition dogmatique, au risque alors de fracturer le pays et de servir de marchepied en 2022 à l’extrême droite Française, autant le pire cadeau à faire à Emmanuel Macron serait de lui accorder un blanc-seing et une automaticité des votes. Ni frondeur, ni suiveur.

Jean Jacques Urvoas votera par exemple les textes sur le régalien, à savoir la défense, la justice, la sécurité intérieur, votera également de nombreux textes sur l’éducation nationale, comme le fait de réduire à 12 le nombre d’élèves pas classe en Zones d’Education Prioritaire.

Par contre, il est par exemple en désaccord sur la suppression de l’Impôt sur les grandes Fortunes et sur l’augmentation de 1.7 de CSG, qui à raison de 400 Euros par an viendra frapper les retraités qui gagnent tout juste plus que 1180 Euros..

Je préfère un député utile et constructif qui vote avec un sens politique ancré à gauche que des parlementaires qui dogmatiquement vont soit tout valider, même le pire ; ou soit tout contrer même le meilleur. Jean Jacques Urvoas l’a fait en s’opposant à tout quand il fut dans la minorité et en votant tout quand il fut dans la majorité.. Il sait et il dit que le temps est justement venu de travailler autrement, et c’est peut-être le message que les électeurs ont voulu faire passer lors de cette présidentielle.

Le renouveau à tout prix n’est pas un argument à soi seul.. Le seul lien qui unit les candidat-e-s estampillés de la majorité présidentielle est d’avoir cliqué sur internet le fait qu’ils voulaient être candidats..

Quel est le point commun, l’histoire collective entre le candidat en Marche « bobo chic » du 13 ème arrondissement de Paris et le même candidat en marche dans les alpes maritimes, copain du grand progressiste Eric Ciotti.. Pas sûr qu’un tel attelage une fois celui constitué se retrouve comme un seul homme, du seul fait princier, avec le risque qu’au premier coup de grisou, l’on assiste à une envolée de moineaux..

Alors, pour justement sortir des postures dogmatiques et stériles, pour ne pas se jeter pleinement dans l’inconnu, je choisis en ce qui me concerne la gauche, la solidité, la compétence, l’honnêteté et la ténacité. Il faudra être fort pour être entendu, il faut des boussoles qui servent à chaque texte, à chaque choix, à chaque rédaction d’amendement, je choisi celles de Jean-Jacques Urvoas : l’égalité et la justice sociale.

Jean Jacques Urvoas, je l’écrivais en 2012, je le redis ici et maintenant, fait partie de ceux qui donnent encore confiance et espoir en la politique. Il n’est guidé que par l’intérêt général, et seul le travail assidu a construit son ADN politique. Il préfère travailler un week-end entier à la rédaction d’une loi plutôt que d’arpenter la circonscription pour remettre des coupes.. Ce qui est très noble, mais sans lien avec la mission d’un député.. Il redonne en agissant ainsi ces lettres de noblesse à la pratique parlementaire. Cette attitude est trop rare pour ne pas être reconduite, ce talent est trop grand pour ne pas être utilisé à nouveau au service des citoyens.

Enfin, ce qui est plus méconnu, car derrière l’inlassable travailleur, existe un Jean Jacques Urvoas à dimension particulièrement humaine, révolté contre l’injustice sociale, qui garde cette propension salutaire à l’indignation, admiratif des combats portés par ceux qui bénévolement ou professionnellement tente de lutter contre la précarité sociale du quotidien.. Avec par ailleurs un humour sans faille, une culture vaste, bref une densité humaine qui en font au-delà du parlementaire fort et précieux un homme ouvert et qui pense que c’est toujours le gentil qui gagne.. Donnons-lui raison dès le 11 Juin prochain..

 

L’Unité pour l’Egalité…

La droite s’est choisi son candidat au regard d’un processus qui, il faut bien sur le reconnaître a été pour eux une réussite.. Elle a surtout voté pour une idéologie ultra-conservatrice et infiniment libérale. Le choix est clair et sans aucune ambiguïté.

La réponse de la gauche doit être double :

Tout d’abord, le devoir de l’unité, qui demeure la condition indispensable de la victoire de la gauche, dans toute la force de sa diversité. Il s’agit donc de reconnaître ses erreurs, de faire œuvre de responsabilité, de prendre de la hauteur, de lutter contre les combinaisons qui ne mènent qu’à un chemin, celui de la défaite de la France et de la mort de la gauche.

Ensuite, l’exigence d’égalité. « Elle est notre étoile polaire » comme l’a dit récemment Jean Jacques Urvoas. Il nous revient de défendre les employés, les ouvriers, les chômeurs, les précaires et la France qui souffre, face à des projets de réformes totalement inégalitaires et un jusqu’auboutisme de caste.

Notre message doit être celui de l’espoir, et de ne surtout pas se résoudre à un duel trop annoncé entre une droite extrême et une extrême droite. A cet effet, le socle de nombreuses politiques de gauche, au travers le socialisme municipal et le socialisme territorial donne souvent l’exemple.

Ce message doit porter sur l’ancrage à gauche et la compréhension du réel, à travers par exemple une réforme fiscale, qui permettra une justice sociale du quotidien.

Il s’agira d’un choix de société entre deux blocs, qui n’offre que peu d’espace au centre en réalité. Celui-ci, le MODEM, l’UDI, ses cadres, militant-e-s, électeurs ne peuvent se retrouver autour des innombrables mesures de casse sociale que cette droite dure annonce. Car en terme de représentation politique, cette primaire ne fut pas celle de la droite et du centre.. Mais bel et bien la primaire de la droite et du parti démocrate-chrétien…

Les axes programmatiques de la droite qui a triomphé hier soir sont le démantèlement de la sécurité sociale, de nombreux déremboursements, la hausse de la TVA, des saignées dans les services publics et les collectivités, donc dans le secteur associatif, la baisse des impôts pour les plus riches, l’abandon d’une politique environnementale etc..

La stratégie de la radicalisation tatchérienne pour parler à un cœur électoral ne permettra peut-être pas au nouveau champion de la droite de dépasser les 50 %.. Le radicalisme de la droite Française ne pourra pas éteindre l’intensité du pays des lumières à défaut d’un avènement conservateur et traditionaliste.

Entre le maintien de l’austérité, uniquement pour les classes populaires et le renoncement de cette orthodoxie pour rassembler plus large, le chemin sera soit celui de l’inégalité, soit celui du mensonge.

Comme le disait François Mitterrand : « Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir ».

 

Combien ?

La plupart des candidat-s- de la primaire de la droite veulent trouver 100 milliards d’économie, soit deux fois plus que les économies réalisées sur le quinquennat actuel. La plupart souhaite aussi supprimer 150 000 postes de fonctionnaires dans la fonction publique territoriale, alors que ce n’est pas de prérogative gouvernementale, il faudra alors que les candidat-e-s de droite, pour financer ces mesures nous disent de combien ils comptent baisser les dotations aux collectivités (Ville, agglos, départements, régions).

Au risque de faire souffrir ces collectivités bien plus qu’aujourd’hui et qu’elles diminuent drastiquement leurs subventions aux associations qui assurent le lien social du quotidien (culture, sport, socio culturel etc..). Un secteur associatif souvent déjà découragé, mais pour certaines associations, de telles mesures sonneraient clairement le glas..

Au risque également que les collectivités en question n’aient pas d’autre horizon que d’augmenter les impôts si la réduction des dotations est trop forte. Donc là où à droite ils promettent tous des baisses, ils risquent de provoquer des hausses par d’autres biais..

Très clairement, nous parlons ici de baisses de dotation d’un niveau jamais connu… Avec tous les risques d’arrêt en terme de dispositifs solidaires de proximité pour l’ensemble des collectivités. Ces si nombreux services que l’on ne voit plus car ils sont gratuits et que ça parait normal..

Il serait donc temps que les candidat-e-s de droite nous donnent un montant précis des baisses de dotations d’état aux collectivités..

En attendant ces réponses… Je me suis livré à l’application d’une de ces mesures au conseil départemental du Finistère. Ce qui serait aussi bien sur transposable à la ville de Quimper.

La droite au niveau national nous parle donc de 150 000 fonctionnaires territoriaux pour lesquels on supprime le poste. Peut-être que l’alliance, groupe de la droite et du centre au conseil départemental pourrait nous aider pour savoir comment appliquer une telle mesure dans notre collectivité.

Il y a 1 878 700 fonctionnaires territoriaux selon le figaro… (je ne gonfle pas les chiffres vu mes sources..)

150 000 agents sur 1 878 700 fonctionnaires, c’est 8 %.

Donc au conseil départemental du Finistère, qui compte à peu près 4000 agents, si on y applique les 8 % prévu, il s’agit de 320 agents.. Je me demande  Lesquels… Sachant que la moitié déjà sont des agents du secteur social, en accompagnement des publics prioritaires : Protection de l’enfance, personnes âgées, personnes handicapées… Admettons que la droite se rende compte que c’est un secteur trop tendu pour y toucher

C’est donc toujours 320… Mais maintenant sur 2000 autres agents.. Sachant que 500 d’entre eux travaillent dans les Agences Techniques Départementales pour veiller à l’entretien et la sécurité du réseau routier départemental, ainsi que dans les collèges, pour assurer la maintenance, l’accueil et la restauration.. Admettons que la droite se rende compte là aussi que c’est un secteur trop tendu également.

Il reste donc 1500 agents.. Je reprends mes 320… Ou ?? Qui ?? Quel service ?? L’insertion ? Le tourisme ? Le nautisme ? L’eau ? l’environnement ? Le logement ? L’urbanisme ? la Culture ? le Sport ? la jeunesse ? …

Pourtant, le leader de la droite départemental, et la plupart de ses collègues nous disent sans arrêt qu’il faut garder tel ou tel dispositif, nous disent qu’il faut faire plus pour l’agriculture.. Voyez donc l’art de la contradiction… On ne peut avoir de tels discours dans les salons à Paris, et un autre ici en Finistère, dans l’hémicycle départemental. Car dans les deux cas, à Paris, comme à Quimper, il s’agit de flatterie électorale.. Mais en réalité, c’est juste incompatible, alors il faut choisir la cohérence et non la duplicité..

« La fraternité, on la doit aux plus fragiles », comme l’a justement dit… Alain Juppé à Rennes Mercredi soir..

Déclarations générales et généreuses de meeting et réalité glaciale d’un programme ultra-libérale qui va générer une casse inédite dans le lien social du quotidien… Affaire à suivre..

Primaire de la droite pour… la droite…

En ce jour de débat à droite, il est comme une urgence d’évoquer ici les raisons pour lesquelles, il est préférable de laisser la primaire de la droite et du centre (cette « variété molle de la droite » comme disait Mitterrand) à ceux qui aiment ça..

Si je perçois les motivations de l’électeur de gauche de se mêler de cette histoire pour, et c’est le plus couramment répandu, soit voter Juppé afin d’éviter le second tour Sarkozy-Le Pen, soit voter Sarkozy, se disant que c’est le seul qui peut permettre une victoire de la gauche, dans tous les cas, c’est me semble-t-il une bien mauvaise idée car :

Aller voter à la primaire de la droite et du centre, c’est donner sur deux tours 4 Euros à l’ancienne UMP, et ainsi renflouer les caisses d’un parti, qui a suffisamment joué avec l’argent du contribuable lors de la dernière campagne présidentielle. En effet, la primaire n’est pas que coûteuse pour ses organisateurs. Rappelons que les militants qui tiennent les bureaux sont bénévoles et la location des salles est souvent gratuite. Ainsi, la participation financière de l’électeur de la primaire si elle couvre les quelques frais engagés est surtout une opportunité financière pour les partis, ce que je ne condamne pas, mais en se pensant de gauche, je ne vois pas comment on peut ainsi financer le parti de « LR ».  A partir de 2 millions d’électeurs, ils rentrent dans leurs frais, le reste servira à la campagne présidentielle..

Les primaires ne sont pas le premier tour de la présidentielle. Le favori d’Octobre est très rarement celle ou celui qui accède au palais 6 mois plus tard.. Demandez à Raymond Barre, Lionel Jospin, Edouard Balladur et Ségolène Royal ce qu’ils en pensent.. Seul François Hollande a démenti la tradition.. Dans tous les exemples précédents, c’est donc d’autres candidat-e-s, que l’on pensait carbonisés qui ont su inverser la tendance. Aujourd’hui, la primaire de la droite focalise toute l’attention.. Celle de la gauche arrive fin Janvier, et avec elle toute sa dynamique. Le parcours des un-e-s et des autres d’ici le 23 Avril 2017 est encore long et semé d’embuches, plus particulièrement pour ceux qui tiennent le haut du pavé aujourd’hui.

C’est bien une feuille de papier à cigarette qui sépare l’ensemble des candidat-e-s à la primaire de la droite et du centre, ce qui vaut également pour les deux favoris, Juppé et Sarkozy. Si je peux comprendre que des réactions épidermiques parcourent l’échine de tout corps de gauche normalement constitué à la vue de l’ancien président de la république, il suffit de regarder dans un premier temps la stratégie de chaque candidat et dans un second temps les propositions du soi-disant nouveau che guevara de la droite Alain Juppé..

Il faut d’emblée comprendre que les deux favoris en question occupent d’abord et avant tout un espace politique. Sarkozy, avec sa campagne tout feu tout flamme droitise à outrance sa campagne pour attirer dans ses filets un électorat exaspéré, et potentiellement ultra-droitier, électeurs du front national. Ainsi, pour exister, Juppé joue la partition inverse, avec une campagne furtive, en feintant la modération et la distance, pour récolter de son côté les palmes des centristes (ce qui vient d’être fait avec l’UDI). Mais à peine élu, nous constaterons que l’un comme l’autre sortira de son espace stratégique actuel. En effet, Juppé devra reconquérir la droite dure et ainsi se droitisera, alors que Sarkozy devra être moins clivant et ainsi adresser des signes au centre, et sans se gauchiser, il calmera fatalement ses outrances. Ainsi, chacun dans leur déport respectif se rapprochera au final de ce qu’est un candidat de droite !!

Un petit détour par les propositions d’Alain Juppé permet de comprendre que son positionnement actuel est bien plus stratégique qu’idéologique. Car il y a ce qu’il dit mais surtout ce qu’il dit moins… Seuils sociaux (droit des salariés) bloqués pendant 5 ans, sortie des 35H00, retraite à 65 ans, alignement des retraites du public sur le privé, suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), plafonnement des aides sociales, maintien du nucléaire, diminution de 300 000 postes de fonctionnaires, dégressivité de l’allocation chômage, facilitation de la procédure de licenciements…

Bref, on lève l’impôt de la richesse, en faisant les poches de celles et ceux qui abusent bien sur abondamment de l’aide sociale.. Un grand classique.. Robin des Bois a lui aussi fait sa mue capitalistique..

Et puis, n’oublions que le chef actuel de Juppé, Sarko et compagnie s’appelle en ce moment Laurent Wauquier.. Vous savez, celui qui veut entrer en « résistance » avec son refus d’accueil de 1800 réfugiés dans sa région de près de 8 millions d’habitants, la deuxième plus riche de France.. Son comportement sur cette question est exactement le même que celui du maire de Béziers…

Bref, la primaire de la droite ne me semble pas être l’affaire de celles et ceux qui se pensent de gauche. Y participer est un véritable signal de défaitisme, car si nous avons, ne nous en cachons pas nos propres turpitudes, regarder leurs propositions se fait se sentir plus que jamais de gauche..

Ca, il est revenu…

Il n’a pas toujours besoin de forcer le trait pour être dans une navrante provocation, mais à l’image de hier soir, le candidat Sarkozy, en mode opération séduction du cœur de l’électorat de la droite ne recule devant aucune outrance.

Tout à tour méprisant, mesquin, arrogant, prétentieux, agressif, agité, démagogique et menteur,  il passe son temps, dans des raccourcis et simplifications mensongères à criminaliser les musulmans, les réfugiés, les bénéficiaires du RSA, les décrocheurs scolaires et toutes celles et ceux qui ne s’inscrivent pas dans un moule autoritaire, martial et uniforme. Cette affiche de fermeté s’inscrit dans un projet de société rance, avec comme guides la peur, la haine, la division, le repli, le goût de la revanche, et à terme une guantanamoïsation de notre droit.

A force de vouloir droitiser la primaire, en enfilant les perles sécuritaires avec l’ensemble des ignominies entendues hier soir,  il pourrait donner envie à la gauche de venir y voter contre lui..

Au chapitre des provocations, mensonges, approximations et autres aberrations :

Le futur ex patron des « LR » doit comprendre que le mariage homosexuel n’existe pas.. C’est le mariage qui existe.

Il égratigne, (sans doute pas par hasard) le nom de la ministre de l’éducation nationale..

Quand il martèle ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, y compris dans les collectivités territoriales.. Il n’en a même pas la prérogative.. Si ce n’est.. En saignant les dotations aux collectivités.. Ce qui sera de toute façon le cas avec 105 milliards d’économies sur les dépenses publiques.. Il y en aura des partenaires des collectivités concernés (associations, entreprises, etc..) qui mettront la clef sous la porte à ce tarif là.

D’autant qu’il dit vouloir ramener la dépense publique de 57,5 % du PIB à 50 % du PIB, ce qui fait non pas 100 Milliards d’économies, mais plutôt 150.. Il faut y ajouter le cadeau des 5 milliards de suppression de l’Impôt sur les grandes Fortunes, qui seront autant de recettes en moins. Sachant qu’il ne dit pas un mot sur le financement de ses propositions, ce qui laisse à penser à nouveaux que les collectivités paieront un lourd crédit, et donc avec eux, tous les artisans du vivre ensemble au quotidien.

Il ne précise pas, sur les 300 000 postes de fonctionnaires, lesquels seront supprimés.. A l’hôpital, l’éducation nationale, dans les services de sécurité ?

Au même titre, la proposition de rétention administrative pour les « fichés S », pour laquelle, le conseil d’état a déjà dit non par ailleurs, qui s’en chargerait ? Les 13 000 postes de policiers et gendarmes supprimés sous son quinquennat ?

Il propose un service militaire pour les décrocheurs.. Il proposait déjà un service civique pour les mêmes en 2007.. Et pendant 5 ans de présidence.. rien..

En 2010, il a fait ouvrir des établissements de réinsertion scolaire pour ceux jugés « pertubateurs ». L’inspection générale de l’Education nationale ayant évalué et jugé inefficaces ces structures, elles furent fermées. Il le propose encore à nouveau pourtant ..

Il nous dit : « Les élèves, on les garde et on les encadre ». Mais avec qui ? Les 80 000 postes de profs et 35 000 de surveillants supprimés de 2007 à 2012.

Il évoque une juridiction spéciale face au terrorisme, mais une fois pour toute, le pôle antiterroriste existe déjà, et ce au sein du parquet de paris..

Il ose dire : « j’ai été mis en examen, et ça sera facile à vérifier, pour le seul délit formel de dépassement du plafond de la campagne »… Faux : la dénomination exacte : Financement illégal de campagne électorale ».. Je vous laisse apprécier la nuance..

Et le pire pour la fin : sur l’urgence écologique et environnementale, une grande ambition… de déclin avec une suppression du principe constitutionnel de précaution, l’autorisation des gazs de schistes, la relance du programme nucléaire, l’abaissement de toutes les normes environnementales, et le déni des dangers du réchauffement climatique..

Dans le rôle qui doit être le sien, il fut hier parfait.. Mais au-delà de la course démagogique à la posture, ce Sarkozy décomplexé livre une vision de la société qui ne fera que croître la tension dans les rapports sociaux et qui pour le destin du pays, au mieux nous conduit dans le mur, au pire, finira mal..

Raphaël Glucksmann, au travers d’un exemple résume bien la pensée sarkozyste : « les réfugiés Syriens ne fuient pas la guerre, mais risquent leur vie pour toucher des allocs », c’est bien connu..

Tel que le décrivait Stephen King.. « Ca, il est revenu.. » et on peut en effet avoir peur..

 

Le Flou artistique…

Le dénouement hier du débat en conseil municipal sur le centre d’art contemporain ressemble à un saisissant mépris et à une bien mauvaise plaisanterie envers les acteurs culturels concernés. Suite aux prises de parole de l’opposition, ils ont laissé entendre que la porte demeurait ouverte, pour au dernier moment annoncer le maintien du désengagement. Le maire botte en touche en pensant mettre zéro euro dans une structure hébergée à Quimper mais en demandant aux autres partenaires une rallonge budgétaire !! Comble de mauvaise foi pour essayer de préserver un semblant de majorité, tant elle est fracturée sur la question, et gagnant du temps avant l’été. Le flou artistique complet.. c’est malheureusement le cas de le dire..

Mais une fois de plus, il se trompe car hier ce fut le vœu que nous avons défendu avec tous les collègues de l’opposition, mais demain nous ne lâcherons rien politiquement, pour continuer à faire vivre la diversité culturelle à Quimper.

Ci dessous, le texte de mon intervention d’hier soir :

« Monsieur Le Maire, Mesdames et messieurs les élu-e-s, chers collègues.

Votre décision M. Le Maire d’arrêter la subvention au centre d’art contemporain est particulièrement brutale…

Brutale car sans aucune autre forme de débat, vous mettez donc fin à la vie du quartier.

Brutale car les 8 salariés Quimpérois au chômage l’apprennent… par la presse…

Brutale car au départ c’était 15 % de moins par an.. Puis a été évoqué la fusion avec l’école d’art, et en quelques jours, la prise de décision de stopper la subvention

Brutale car Teatr Piba Très Tôt Théâtre, les polarités, l’odyssée des mots, l’art contemporain, je cite « vous n’aimez pas », ou « c’est du bruit pas du son », ou encore « je vais donner des consignes »… Il est clair que guider une politique par des choix purement personnels.. Ressemble davantage au fait du monarque et empêche la diversité culturelle..

Sur l’argument budgétaire, une autre lecture est possible… Brigitte l’évoquera au compte administratif.. Mais un seul exemple.. Sur la politique culturelle, la région, avec les mêmes contraintes a augmenté son budget pour la culture. Le département, avec bien plus de contrainte car il verse d’importantes prestations, maintient son budget culture.. C’est donc un choix éminemment politique et éminemment idéologique

Car la culture devient trop souvent la variable d’ajustement d’une politique municipale. Quimper, Perpignan, Avignon, Chalons Sur Saone, et dans le lot il y en a une de gauche… L’objet de notre débat n’est pas politicien.. Alors que la culture, à l’échelle d’une ville ou d’une agglomération doit justement être pensée non pas comme une charge mais comme un levier d’émancipation.. Je suis persuadé, et ça n’engage peut être que moi… Qu’une politique culturelle doit avoir l’ambition d’éviter l’entre soi, pour faire en sorte que  les publics dit « éloignés » aient aussi accès à la vie culturelle, dans sa diversité.

La place de l’art au plus proche des citoyens, doit continuer à structurer notre action. La culture populaire c’est la culture pour chacun. C’est en fait ce que Antoine Vitez, quand il dirigeait le théâtre Chaillot en 81 appelait « L’élitisme pour tous »… sans renoncer aux exigences des créations… Mais bien en allant vers…

La création en général, qu’il s’agisse du théâtre, de la danse, de la musique, de l’art contemporain est un défi essentiel face au rouleau compresseur cathodique de la simplification et de l’immédiateté..

C’est apprendre l’altérité et c’est bousculer nos conventions, nos certitudes..

La culture n’est pas autre chose qu’un investissement, au même titre que l’éducation.. Je partage cette affirmation avec votre ami Alain Juppé…

Demain sur Quimper, si vous maintenez votre décision, les jeunes générations d’artistes investiront d’autres lieux.. Plus au Nord… C’est l’arroseur arrosé pour le maire de Quimper qui organise lui-même la fuite vers Brest…

Car ce lieu culturel avait la force de sa liberté, et offrait des alternatives. Le débat est bien celui de la diversité culturelle, garante de liberté, porteuse d’espoir, et créatrice d’une génération de citoyens qui n’abandonne pas.. « Cette métamorphose la plus profonde de l’être humain » comme dirait Malraux ..

Il y a aujourd’hui dans des greniers les chefs d’œuvre inconnus de demain.. Picasso, Gauguin et Van Gogh, en savent quelque chose..

Quelques propositions : relancer le processus de discussion, vous y êtes invité par Marc Bécam, vous avez de meilleures perspectives budgétaires pour 2017, avec une baisse de DGF divisée par 2.. Avec les 120 000 Euros proposés par le ministère. Passez les équipements culturels à l’échelon communautaire avec la force du Pays Glakik et de l’Arthémuse, travaillez avec Brest à une solution mutualisée. La politique ce sont des choix. Je ne fais que poser la question : vaut-il mieux stationner 1H00 ou 1H30 de plus… plutôt que de priver nos enfants demain de l’accès à une forme de culture ? C’est une question de vision d’avenir ou pas de notre société.. C’est le besoin immédiat face à l’intérêt général..

La petite économie comptable d’aujourd’hui peut devenir le grand appauvrissement politique de demain.

Alors, pour conclure, Mesdames et messieurs de la majorité : COURAGE, ce n’est pas courage fuyez, mais courage ASSUMEZ !!!

Pensez à nouveau à Malraux, qui en 2 phrases répondait à son premier ministre lui donnant une note de cadrage qui devait saper la politique culturelle.. en 2 Phrases : « Je n’ai  pas beaucoup aimer votre courrier.. Veuillez m’en écrire un autre… »…

Alain, je crois que tu n’es pas d’accord avec ce qui se passe.. Ce n’est pas trop tard.. Mais il n’y a que les combats que l’on ne mène pas qui sont perdus d’avance !! Aujourd’hui le Quartier, demain ART4CONTEXT, après-demain, à qui le tour ?

Mesdames et messieurs de la majorité, ce n’est pour le moment que le bureau municipal qui en quelques minutes a décidé de rayer 25 ans d’histoire. La décision vous revient, c’est ça être élu !!! Je vous demande donc Solennellement de ne pas participer à cette erreur historique pour notre ville..  Ce n’est pas une raison économique donc il est encore temps..

Proposez nous ce soir une porte de sortie. Tout le monde peut se tromper, c’est un geste fort de reconnaître ses erreurs.. Ne soyez pas sectaire comme vous l’aviez
indiqué pour votre première phrase de maire… »

 

Que ce projet en reste un !!!

Le projet de réforme du code du travail, tel qu’il est pour le moment rédigé, se pose à bien des égards comme une frontière infranchissable vers un libéralisme qui n’est pas la ligne que nombre d’entre nous avons choisi en s’engageant à gauche…

L’argument qui consiste à dire que celles et ceux qui critiquent ce texte sont les tenants de l’immobilisme est celui du pauvre.. Car si ce projet de loi installe du mouvement, c’est d’abord et avant tout celui de la régression sociale.

En ce qui concerne le plafonnement des indemnités prud’homales tel qu’il est proposé, il est essentiellement en faveur des employeurs et augmente structurellement le risque de licenciements, simplement au bon vouloir de la direction. C’est la pire des réponses au vrai problème des embouteillages dans les tribunaux concernés.

Il sera en effet bien plus facile pour une entreprise de se séparer d’un collaborateur en cas de ralentissement de son activité. Et ceci sans aucun contrôle de la réalité de la situation de la société concernée. Un des critères facilitateurs au licenciement est ainsi rédigé dans l’article 30 bis du projet de loi :

« Réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ».

C’est la porte grande ouverte à la subjectivité absolue et au rapport de force gagnant-perdant dans la relation employeur-employé..

Il est en effet très facile, par exemple pour un grand groupe privé ou public, de déclarer en déficit l’une de ses branches par un jeu comptable. C’est pourquoi jusqu’à présent, un contrôle pouvait exister et sera supprimé si le projet de loi n’évolue pas…

En outre, la possibilité de référendum d’entreprise va donc bien être introduite, avec juste 30% des syndicats qui le demandent. D’une part, la symbolique est terrible dans cet affaiblissement du rôle des corps intermédiaires et représentatifs.. La gauche a une histoire, qu’il convient de ne pas piétiner.. D’autre part, le référendum dans le monde de l’entreprise n’est pas qu’un chemin pavé de roses.. En effet, tout dépend de la question posée. Elle peut l’être avec un pistolet sur la tempe, ou encore le fruit d’un choix entre la peste et le choléra.. Qui ne laissera guère le choix au salarié, allant donc systématiquement vers le moins disant social, même en optant pour le moindre mal, à défaut d’une discussion entre partenaires sociaux avec des bases initiales partagées et non unilatérales.

Enfin, la perspective du 49-3 n’est qu’un terrible aveu de faiblesse, face à une droite qui vante les louanges de ce projet et une gauche qui arrive avec le texte en l’état à une situation d’exaspération qui va bien au-delà de l’insupportable théâtralisation à outrance de certains frondeurs. Cette loi n’est encore qu’un projet.. Souhaitons qu’un certain nombre d’amendements en fassent un texte qui ne casse pas durablement les droits des salariés, au profit d’un changement de paradigme qui ne correspond aucunement à un modèle de société que nous avons historiquement et collectivement toujours porté et défendu..

« On ne va pas donner 37 000 Euros pour faire grimper les enfants dans les arbres »…

Sans rejouer la scène du conseil municipal du terrain Bouchaballe de Max Jacob, hier soir au cœur de l’assemblée délibérante, la comédie fut assez dramatique.. Les acteurs ont enlevé leurs masques, une fois la presse sortie du théâtre bien sur..

L’adjoint à la culture a endossé le rôle du comédien naïf et sympathique en nous avouant, avoir découvert dans la presse le départ de Teatr Piba sur Brest.. Effet boomerang pour le maire de Quimper.

Mais l’acteur comique s’est soudainement transformé en tragédien, car le pourtant affable adjoint à la culture à balancé à propos de Très Tôt Théâtre, au sujet des festivités de fin d’année la réplique suivante, sans doute sous forme de théâtre d’improvisation, non écrite aux dialogues : « On ne va pas donner 37 000 Euros pour faire grimper les enfants dans les arbres ».. Je vous laisse respirer et profiter..

Monsieur Le Roux n’est aucunement quelqu’un de méprisant, pour autant cette phrase est empreinte de mépris..

Les bénévoles et artistes qui font vivre la structure en s’investissant depuis des années apprécieront très certainement, même si force est de constater qu’ils commencent à en avoir l’habitude.. Là aussi, comme un boomerang pour le maire de Quimper..

Ma dernière tirade de cette comédie humaine qui tourne doucement au film d’horreur sera finalement de constater la cohérence de la majorité car… Ce sont les patrons, ils paient, ils décident, ils n’aiment pas, ils ne paient pas.. On connaît la chanson, les paroles sont glauques, les interprètes tristes, la musique.. Funéraire..

Pas un cap… Encore moins une péninsule…

D’un point de vue purement idéologique, toujours un peu surpris de constater que les baisses d’impôts deviennent l’alpha et l’oméga des politiques économiques de gauche.. D’un point de vue plus pragmatique, attendons bien sûr de savoir de qui on parle et de combien

Car dans le même temps, autre choix a été fait, autre « cap » a été pris. En effet, à travers des crédits d’impôts et autres déductions, certaines entreprises récupèrent sur ce quinquennat quelques dizaines de milliards d’Euros, notamment …pour créer de l’emploi…  Force est de constater que les résultats se font attendre.. Un peu comme en écho avec la baisse de TVA de l’époque dans la restauration ; avec soi-disant à la clef une baisse des prix et/ou de l’embauche.. Au final, ni l’un ni l’autre.. Problème dans le choix des destinataires de ces mesures, ou manque de régulation, voire de contreparties posées clairement

Conséquences de ces deux choix, on saigne à blanc les dotations aux collectivités.. Sans doute conséquemment à la bataille culturelle perdue depuis longtemps par la gauche, laissant à penser que les fonctionnaires sont tous « des planqués » pour parler sans ambages…  Allez dire ça aux catégories C des collectivités, aux travailleurs sociaux et administratifs qui assurent la paix sociale, aux associations qui dépendent des subventions des collectivités et qui rendent des missions de service public essentielles dans les domaines de l’éducation populaire, de l’insertion, de la santé etc… sans parler de très nombreux agents qui au quotidien rendent des services à notre bien commun.

Appartenir à une organisation politique et soutenir un gouvernement n’empêche pas un regard critique et une liberté de ton. D’autant plus facile à affirmer que si demain les « LR » thatchériens à la Française arrivent aux responsabilités, je ne doute pas qu’ils baisseront les impôts.. Dormez braves gens.. Mais comme un cadeau a toujours un coût, le prix à payer sera un démantèlement inédit des services publics à tous niveaux qui coûtera bien plus cher à tous.. tant il deviendra presque impossible de se soigner, d’éduquer, d’être en sécurité etc..

Pour autant, et face aux difficultés qui nous attendent, consécutivement à des choix contestables, je pense de plus en plus à cette affirmation de Coluche.. « Les pauvres seront contents d’apprendre qu’ils habitent un pays de riche.. »

La culture.. c’est moi..

A propos de ce lien.. http://vimeo.com/114442871

Parler de la culture en disant « je » et « moi » sans arrêt, c’est déjà n’avoir rien compris à la création artistique qui est de fait universelle. Même de la part d’un expert reconnu, ce comportement serait étonnant et détonnant, mais ce n’est ici pas le cas me semble-t-il.

Après un match de l’UJAP ou du Quimper Volley, M. Jolivet pense pouvoir se rendre dans les vestiaires pour dire : « c’est nul, c’est pas comme ça qu’il faut jouer »..

Définitivement, Monsieur Jolivet n’est pas un maire, mais un patron.. Il y a grand danger de vouloir ainsi faire ingérence dans les choix culturels et de vouloir peser sur la programmation.

Il parle de « culture populaire », car sur un mode on ne peut plus démagogique, il veut opposer ce que tout le monde aimerait comme lui, à une forme d’élite qui se pâmerait devant du contemporain qui compterait pour rien. Toutes les formes d’art peuvent élever, et qui serait Monsieur Jolivet pour opposer les arts les uns aux autres, en fonction de ses propres critères, qui seraient donc ceux de la majorité des habitants de cette ville.. Il pense que Quimper lui appartient, on l’avait deviné, mais il veut aussi être propriétaire des goûts des plus de 63 000 habitants de notre cité…

Le plus grave, il dit, je cite, « c’est les consignes que je donne ».. L’ingérence municipale et même de la politique en général sur la culture est l’apanage d’un système dictatorial ou du moins d’un douteux complexe d’autoritarisme.

« Il est absurde d’avoir une règle rigoureuse sur ce qu’on doit lire ou pas. Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu’on ne devrait pas lire » Oscar Wilde.