Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Un candidat, une vision, des propositions…

Le cœur de Brest battait hier soir au Vauban…

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin… Le candidat à la présidence de la république Benoit Hamon, dans sa conclusion s’est engagé à…  ne pas détenir la vérité.. Il nous a avoué ne pas avoir été frappé par la foudre divine pour devenir soudainement l’homme providentiel, le sauveur que la république attend et qui semble pourtant avoir pris un léger retard…

L’ensemble de son propos hier soir fait du bien au parti socialiste et fait du bien à la gauche.. Il fait du bien à la politique, car c’est aussi une reprise en main de l’élu, pour lutter contre un ordre établi qui nous envoie mécaniquement dans le mur, si le politique n’agit pas et subit l’écume des jours, les dogmes budgétaires, inventés sur un coin de table il y a maintenant de nombreuses années.

Benoit Hamon est cohérent pour une raison simple.. Il n’a pas dévié de ses valeurs depuis 20 ans.. C’est aussi pour cette raison que de l’ensemble des candidat-e-s à la primaire, et aussi en comparaison de ce qui à gauche ou plus ou moins à gauche, tentent une aventure individuelle, individualiste et égotique, il est le seul à présenter des propositions éminemment concrètes sur chaque sujet. La cohérence appelle à ne pas construire ses propositions au fil de l’eau…

Ce qui fut également remarquable tient au fait que Benoit Hamon a proposé une vision de la société, une nouvelle approche, une doctrine en somme, tout en déclinant les propositions précises qui vont avec.

En effet, il part du constat que notre unique horizon de croissance du PIB ne sert en réalité qu’une classe et qu’une caste, et que ce dogme budgétaire, comme d’autres règles édictées il y a longtemps et presque au hasard doit se substituer à une autre aspiration collective. Et notamment celle d’une conversion écologique de notre développement économique… Le FMI et l’OCDE qu’on ne peut taxer de gauchisme exacerbée ne disent pas autre chose..

Contrairement notamment au candidat star du système hors primaire qui à chaque pas a tous les médias nationaux sur son pallier.. Benoit Hamon ne prône pas l’émancipation par le travail.. Y compris au regard de l’état de la souffrance au travail de millions de Françaises et de Français dans notre pays.. en terme de pénibilité, de précarisation, de maladies professionnelles etc.. Le nier, c’est être hors réalité.. Le nier c’est faire partie intégrante du système..

Revenu universel, partage du travail, lutte contre le burn out, renforcement de l’économie solidaire, santé et environnement, redistribution des richesses, lutte contre les discriminations, police de proximité, service public de la petite enfance, sanctuarisation de l’éducation, solidarité européenne etc… Pour chacune de ses thématiques, et pour toutes les autres, le développement de Benoit Hamon est clair, précis et ancré à gauche. Nous aurons le loisir d’en débattre partout où il sera possible tout le mois de janvier..

Il y aura toujours un économiste pour vous expliquer que c’est irréalisable ou iconoclaste… Comme si nous étions figés dans un système qui s’autoalimente en permanence et qui ne produit au final que toujours plus de précarité.. Heureusement que ces grincheux n’avaient pas pignon sur rue au moment du Conseil National de la Résistance et de la création de la sécurité sociale pour poser cette sempiternelle question du « combien ça coûte ».. Même si là aussi, Benoit Hamon donne les réponses.

N’oubliez pas que voter à la primaire de gauche coûte deux fois moins cher que voter à celle de la droite, et c’est deux fois plus important. Installons à gauche une alternative solide, cohérente et claire face à une droite totale. Projet contre projet.. Seule alternative pour ne pas baisser les bras et éviter ce qui serait soi-disant inexorable en terme de second tour. Rien n’est écrit, tout demeure à construire.

Faire battre le coeur de la France…

Appeler à voter pour un-e- candidat à la primaire de la gauche, c’est avant tout appeler à voter à la primaire de la gauche. Et c’est bien l’essentiel.. Car notre candidat-e- aura besoin d’une légitimité, issue d’un scrutin massif, populaire et fédérateur. Viendra ensuite le rassemblement autour de la personne et du projet. Cette séquence sera décisive et sa réussite indispensable pour la suite.

D’ailleurs, avec un euro de participation, le vote à la primaire de la gauche est… deux fois moins cher que le vote à la primaire de la droite, et pourtant deux fois plus important..

Dans ce cadre, j’ai choisi comme élu de donner mon parrainage à Benoit Hamon et comme militant de le soutenir.
Sa cohérence, ses idées précises et son ancrage à gauche me semblent incarner une gauche solide, comme réponse forte à une droite particulièrement dure.

Les idées concrètes qu’il développe, et que je vous invite à consulter concourent à œuvrer vers un progrès social et écologique, une république bienveillante et humaniste, dans le cadre d’une France indépendante et protectrice.

Aux idées, qui sont me semblent-ils juste le ciment de l’action politique, on m’objecte parfois la fameuse « présidentialité ».. Les deux derniers exercices en la matière ont déjà largement éprouvé cette fable d’un autre temps.. Il y a nécessité en la matière, au moins médiatiquement d’un changement de paradigme.

Si seule la présidentialité devient un critère, alors, c’est le renoncement aux idées, qui au-delà de ne pas se vérifier génère avant tout un flou idéologique, dont on connaît aujourd’hui les conséquences dramatiques pour le parti socialiste et donc pour toute la gauche..

Benoit Hamon est incontestablement « costaud idéologiquement », attendu que depuis 20 ans, il défend les mêmes valeurs. La cohérence est aussi un indéniable gage de qualité… Benoit Hamon n’invente pas ses propositions au fil de l’eau. Les siennes sont concrètes, solides et ancrées à gauche.

Par exemple :

L’abrogation de la loi travail, afin de refuser le postulat qui serait incontournable que l’activité professionnelle peut être gage de souffrance. Il ne s’agit pas de la réguler mais de lutter contre.

La « taxe sur les robots », afin que notre modèle de protection sociale soit financées par une taxe sur la valeur ajoutée ou le chiffre d’affaires, de façon à ce que symboliquement, les machines qui se substituent aux hommes permettent de cotiser et de financer notre protection sociale.

Ne plus avoir comme unique boussole d’être indexé à la croissance du PIB.. Celui-ci n’est pas que porteur d’égalité. Même le FMI et l’OCDE, que l’on ne peut taxer de gauchisme exacerbé reconnaissent que l’austérité génère surtout de la baisse d’activité et donc de la récession. Une conversion écologique de notre système économique est une vraie option. Et c’est ce que propose Benoit Hamon, en repensant les changements qu’il faut opérer dans le domaine de l’agriculture, des énergies, du recyclage, de l’énergie circulaire etc..

Le revenu universel qui permettra d’abord à toutes celles et ceux qui ne touchent par leur allocation de rendre ce versement automatique. On ne laisse pas les gens sans aucun revenu dans notre pays.. Et dans la suite du Quinquennat, la deuxième étape est le revenu universel pour tous, afin de donner de la souplesse au travail, car celui-ci n’est pas le seul facteur d’émancipation..

De nombreuses autres propositions sur la santé, l’éducation, la fiscalité, le temps de travail etc.. qui méritent elles aussi de grands débats sont déjà sur la table, et d’autres suivront encore.

Je rencontre tous les jours de nombreux indécis pour cette primaire de la gauche, qui n’est aucunement joué d’avance. Mais face à un candidat de droite dure, dont les Français découvrent maintenant le réel contenu, la réponse doit être une gauche sure d’elle-même et solide… Car d’autres orientations plus flottantes, si elles ont su limiter la casse ont montré leurs limites…

En tous les cas, il ne faut pas se résigner et se laisser noyer dans l’amertume de l’écume des jours.. L’élection présidentielle réserve toujours son lot de surprises et tout peut changer en très peu de temps.. Demandez à Alain Juppé ce qu’il en pense…

Simplement, il nous faudra être rassemblés autour d’un-e- candidat-e- et d’un projet et démontrer, par l’intelligence collective de notre diversité que le socialisme est plus que jamais en phase avec le réel. C’est aussi les raisons pour lesquelles si je fais campagne aujourd’hui pour un candidat car c’est la séquence du moment, je ferai campagne quoi qu’il arrive pour celle ou celui qui gagnera la primaire de la gauche. Mieux que des aventures individuelles, individualistes et égotiques, Débattons maintenant pour mieux se retrouver demain..

A deux vitesses..

Alors qu’une formidable compétition s’achève au Brésil, une autre, moins prometteuse s’ouvre en France de Frangy en passant par Neuilly. Mais intéressons-nous à la première..

Merci aux athlètes, qui nous ont offert une véritable trêve à travers des moments fédérateurs et les valeurs de l’olympisme.

Bravo et merci à Marie Riou, Virgnie Cueff, Léa Jamelot, Camille Lecointre, athlètes finistériennes, aux fortunes diverses, mais qui ont tout donné et qui peuvent être fières de l’image qui a été offerte.

Car en effet, quel plaisir d’entendre certains athlètes, contrairement à certains milliardaires en short qui toute l’année agressent la syntaxe et la grammaire hexagonale.. A croire que les millions sur les comptes en banque ne suffisent pas pour acheter un dictionnaire.. Le fossé qui sépare le sport de haut niveau et le sport business est là aussi béant..

Je pense entre autres à Pierre Ambroise Bosse, 4ème du 800 mètres, qui salue son chat au micro, à l’intelligence, le respect et la fraicheur de Maxime Beaumont, médaille d’argent de sprint en Kayak monoplace et évidemment à la sportivité de la délégation des boxeurs tricolores, avec notre maintenant emblématique couple en or Estelle Mossely et Tony Yoka qui nous ont offert de l’amour en or..

Le fossé n’est pas que dans la mentalité et l’état d’esprit des sportifs, car il faut savoir qu’en France, loin de certaines représentations, un peu plus de 4 sportifs de haut niveau sur 10 gagnent moins de 500 Euros mensuels. Je pense, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres à Phara Anarcharsis, vice-championne d’Europe du 4 X 400 mètres d’athlétisme, qui travaille à mi-temps à Décathlon et a du mal à boucler ses fins de mois.. Il est dans de telles conditions impossible de concurrencer d’autres nations, qui elles, soutiennent leurs athlètes dans les plus grandes compétions.

Je ne dis pas ici que ces sportifs devraient être des privilégiés absolus, mais incontestablement, un équilibre devrait pouvoir être trouvé pour leur permettre, ne serait-ce que de vivre de leur sport, puisqu’ils nous représentent à l’international et génèrent une véritable respiration populaire. D’autant que dans le sport Français, c’est une minorité, donc quelques disciplines qui se partagent le gâteau, laissant des miettes à la majorité.

De tout temps, et au-delà même des alternances politiques, la France n’investit pas dans le sport. Sans doute, l’explication repose sur une forme de mépris pour ce qui est réduit à des jeux pour calmer les peuples.. J’aurais pourtant tendance à penser que le sport est avant tout créateur de moments fédérateurs, qui ne sont pas légion aujourd’hui. Le sport étant également un grand contributeur de « résilience sociale » pour une part importante de celles et ceux qui le pratiquent. Sans bien sûr avoir vocation à être une politique régalienne, le sport dans notre pays mérite un autre traitement que celui qu’il subit aujourd’hui..

En tous les cas, j’en sors encore plus convaincu que je ne pouvais l’être de tout l’intérêt de défendre les pratiques sportives sur le territoire Finistérien, y compris à l’approche de futurs débats budgétaires. Notre choix est celui de la cohésion sociale, et si je suis convaincu que c’est le bon, il nécessitera non seulement la continuation mais surtout la montée en puissance des actes déjà posés pour construire un sport départemental cohérent et viable.

Si la piteuse actualité nationale peut rendre les passionnés déjà nostalgiques des émotions brésiliennes, les paralympiques arrivent (enfin normalement, et souhaitons le vivement) et nous suivrons avec la même émotion notamment Katell Alençon et Bruno Jourdren, qui démontreront à nouveau que tout commence en Finistère.

Le Flou artistique…

Le dénouement hier du débat en conseil municipal sur le centre d’art contemporain ressemble à un saisissant mépris et à une bien mauvaise plaisanterie envers les acteurs culturels concernés. Suite aux prises de parole de l’opposition, ils ont laissé entendre que la porte demeurait ouverte, pour au dernier moment annoncer le maintien du désengagement. Le maire botte en touche en pensant mettre zéro euro dans une structure hébergée à Quimper mais en demandant aux autres partenaires une rallonge budgétaire !! Comble de mauvaise foi pour essayer de préserver un semblant de majorité, tant elle est fracturée sur la question, et gagnant du temps avant l’été. Le flou artistique complet.. c’est malheureusement le cas de le dire..

Mais une fois de plus, il se trompe car hier ce fut le vœu que nous avons défendu avec tous les collègues de l’opposition, mais demain nous ne lâcherons rien politiquement, pour continuer à faire vivre la diversité culturelle à Quimper.

Ci dessous, le texte de mon intervention d’hier soir :

« Monsieur Le Maire, Mesdames et messieurs les élu-e-s, chers collègues.

Votre décision M. Le Maire d’arrêter la subvention au centre d’art contemporain est particulièrement brutale…

Brutale car sans aucune autre forme de débat, vous mettez donc fin à la vie du quartier.

Brutale car les 8 salariés Quimpérois au chômage l’apprennent… par la presse…

Brutale car au départ c’était 15 % de moins par an.. Puis a été évoqué la fusion avec l’école d’art, et en quelques jours, la prise de décision de stopper la subvention

Brutale car Teatr Piba Très Tôt Théâtre, les polarités, l’odyssée des mots, l’art contemporain, je cite « vous n’aimez pas », ou « c’est du bruit pas du son », ou encore « je vais donner des consignes »… Il est clair que guider une politique par des choix purement personnels.. Ressemble davantage au fait du monarque et empêche la diversité culturelle..

Sur l’argument budgétaire, une autre lecture est possible… Brigitte l’évoquera au compte administratif.. Mais un seul exemple.. Sur la politique culturelle, la région, avec les mêmes contraintes a augmenté son budget pour la culture. Le département, avec bien plus de contrainte car il verse d’importantes prestations, maintient son budget culture.. C’est donc un choix éminemment politique et éminemment idéologique

Car la culture devient trop souvent la variable d’ajustement d’une politique municipale. Quimper, Perpignan, Avignon, Chalons Sur Saone, et dans le lot il y en a une de gauche… L’objet de notre débat n’est pas politicien.. Alors que la culture, à l’échelle d’une ville ou d’une agglomération doit justement être pensée non pas comme une charge mais comme un levier d’émancipation.. Je suis persuadé, et ça n’engage peut être que moi… Qu’une politique culturelle doit avoir l’ambition d’éviter l’entre soi, pour faire en sorte que  les publics dit « éloignés » aient aussi accès à la vie culturelle, dans sa diversité.

La place de l’art au plus proche des citoyens, doit continuer à structurer notre action. La culture populaire c’est la culture pour chacun. C’est en fait ce que Antoine Vitez, quand il dirigeait le théâtre Chaillot en 81 appelait « L’élitisme pour tous »… sans renoncer aux exigences des créations… Mais bien en allant vers…

La création en général, qu’il s’agisse du théâtre, de la danse, de la musique, de l’art contemporain est un défi essentiel face au rouleau compresseur cathodique de la simplification et de l’immédiateté..

C’est apprendre l’altérité et c’est bousculer nos conventions, nos certitudes..

La culture n’est pas autre chose qu’un investissement, au même titre que l’éducation.. Je partage cette affirmation avec votre ami Alain Juppé…

Demain sur Quimper, si vous maintenez votre décision, les jeunes générations d’artistes investiront d’autres lieux.. Plus au Nord… C’est l’arroseur arrosé pour le maire de Quimper qui organise lui-même la fuite vers Brest…

Car ce lieu culturel avait la force de sa liberté, et offrait des alternatives. Le débat est bien celui de la diversité culturelle, garante de liberté, porteuse d’espoir, et créatrice d’une génération de citoyens qui n’abandonne pas.. « Cette métamorphose la plus profonde de l’être humain » comme dirait Malraux ..

Il y a aujourd’hui dans des greniers les chefs d’œuvre inconnus de demain.. Picasso, Gauguin et Van Gogh, en savent quelque chose..

Quelques propositions : relancer le processus de discussion, vous y êtes invité par Marc Bécam, vous avez de meilleures perspectives budgétaires pour 2017, avec une baisse de DGF divisée par 2.. Avec les 120 000 Euros proposés par le ministère. Passez les équipements culturels à l’échelon communautaire avec la force du Pays Glakik et de l’Arthémuse, travaillez avec Brest à une solution mutualisée. La politique ce sont des choix. Je ne fais que poser la question : vaut-il mieux stationner 1H00 ou 1H30 de plus… plutôt que de priver nos enfants demain de l’accès à une forme de culture ? C’est une question de vision d’avenir ou pas de notre société.. C’est le besoin immédiat face à l’intérêt général..

La petite économie comptable d’aujourd’hui peut devenir le grand appauvrissement politique de demain.

Alors, pour conclure, Mesdames et messieurs de la majorité : COURAGE, ce n’est pas courage fuyez, mais courage ASSUMEZ !!!

Pensez à nouveau à Malraux, qui en 2 phrases répondait à son premier ministre lui donnant une note de cadrage qui devait saper la politique culturelle.. en 2 Phrases : « Je n’ai  pas beaucoup aimer votre courrier.. Veuillez m’en écrire un autre… »…

Alain, je crois que tu n’es pas d’accord avec ce qui se passe.. Ce n’est pas trop tard.. Mais il n’y a que les combats que l’on ne mène pas qui sont perdus d’avance !! Aujourd’hui le Quartier, demain ART4CONTEXT, après-demain, à qui le tour ?

Mesdames et messieurs de la majorité, ce n’est pour le moment que le bureau municipal qui en quelques minutes a décidé de rayer 25 ans d’histoire. La décision vous revient, c’est ça être élu !!! Je vous demande donc Solennellement de ne pas participer à cette erreur historique pour notre ville..  Ce n’est pas une raison économique donc il est encore temps..

Proposez nous ce soir une porte de sortie. Tout le monde peut se tromper, c’est un geste fort de reconnaître ses erreurs.. Ne soyez pas sectaire comme vous l’aviez
indiqué pour votre première phrase de maire… »

 

Sport Solidaire…

Là où d’autres prennent des décisions brutales, la concertation semble le meilleur chemin..

Les deux premiers temps de concertation sur les nouvelles orientations politiques pour le sport départemental ont permis de tirer déjà quelques constats. Presque 100 participants avec entre autre des acteurs du monde sportif, des membres de comités départementaux, de clubs, des bénévoles, des éducateurs sportifs. Mais aussi des coordinateurs jeunesse, des responsables associatifs du monde du handicap ou de l’insertion, des travailleurs sociaux etc..

Notre ambition est clairement d’aller vers les publics les plus éloignés de la pratique sportive, qui sont également les « publics prioritaires » du conseil départemental, renforcés que nous sommes en la matière par aussi bien la loi notre que par notre projet politique, qui nous engage sur un mandat.

Ainsi, le travail concret en ateliers lors des deux premiers temps de rencontre aura été l’occasion de faire travailler ensemble deux mondes parallèles qui s’ignorent parfois, et que le département veut rapprocher. Je suis persuadé que la cohésion sociale existe déjà dans le mouvement sportif. Mais l’idée est de certes, valoriser ce qui se fait déjà, tout en incitant à aller encore un peu plus loin. Car oui la cohésion sociale existe dans le sport, mais quand il s’agit par exemple d’inscrire son enfant atteint de trisomie à l’athlétisme.. C’est tout de suite plus compliqué.. C’est pourtant là où le département peut être un levier, un support. Aucune question d’opposer la pratique sportive traditionnelle, faite de loisirs ou de compétitions à la cohésion sociale mais plutôt une velléité de promouvoir la complémentarité de ces deux mondes qui ne peuvent continuer à s’ignorer. C’est évidemment une des fonctions du sport, celle de la cohésion sociale, dans la mesure où le sport est d’abord du vivre ensemble, avant d’être de l’animation subventionnée. Il n’y pas d’incompatibilité, mais une synergie à trouver.

C’est ensuite une question de posture.. Car j’entends avec difficulté l’affirmation « ce n’est pas notre métier d’accueillir certains publics ».. Par contre mettre en place un ensemble d’actions pour permettre que cet accueil se fasse, oui. Mais si dès le début, on se dit que c’est impossible, alors, on ne va pas chercher la compétence qui va permettre le travail en commun.

Ainsi, nous allons maintenant synthétiser la presque trentaine de propositions qui a émergé, entre par exemple la volonté partenariale de conventionnement entre les clubs et les associations du champ social, la formation des bénévoles, une campagne de recrutement de bénévoles sur le volet éducatif, la promotion du sport famille pour les mères ou pères isolés avec leurs enfants, la mise en place d’un comité jeunesse au sein du mouvement sportif, un travail approfondi avec les étudiant-e-s en STAPS, une réflexion sur la création de postes mutualisés d’ETAPS (Educateur Territorial des Activités Physiques et Sportives), des forums des clubs dans les collèges etc etc etc.. J’en passe et des meilleurs.

Il nous reste une troisième concertation Samedi sur « Quel modèle économique pour le sport », où nous nous interrogerons sur le « Qui fait quoi » entre les différentes collectivités et le privé, pour travailler en cohérence de compétences plutôt qu’en saupoudrage irréfléchi, afin de tendre vers une meilleure efficacité dans les politiques sportives. Il conviendra aussi de s’interroger sur la mise en place d’un formulaire unique pour les demandes de subventions des clubs, car on voudrait décourager les bénévoles que l’on ne s’y prendrait pas autrement..

Enfin, l’idée directrice est bien de donner du sens à notre politique, de se doter d’une vision, d’une doctrine, de critères, afin de construire un projet politique sportif départemental. Ainsi, au-delà des aléas budgétaires, c’est le projet qui mène le budget et non l’inverse. Je me refuse à courir derrière les chiffres.. Sinon, on ne fait que subir et il ne se passe… rien pour les citoyens. Ainsi autour de la cohésion sociale, nous tâcherons ainsi d’être créatifs, novateurs et fédérateurs. Ce n’est qu’un début..

Sarkoghetto

Les propos de Nicolas Sarkozy sur l’accessibilité des écoles aux enfants en situation de handicap sont purement scandaleux..

Il affirme, je cite « on est pas obligés de mettre des ascenseurs dans toutes les écoles, il n’y a qu’à réserver une ou deux écoles pour l’accessibilité handicapés »…

Le patron de « Les Républicains » a donc en projet de créer des ghettos scolaires hyper-stigmatisants.. Car après tout… Pour qui se prennent-ils ces enfants en situation de handicap, à vouloir comme tous les autres s’inscrire dans leurs écoles de quartiers.. Ils n’ont qu’à traverser toute la ville pour retrouver leurs copains, forcément en fauteuil roulant eux aussi..

Tous les jours, dans mes fonctions d’élu départemental, et auparavant dans un parcours associatif sur ces questions, je mesure le parcours du combattant pour les enfants en situation de handicap et leurs parents.. Au lieu de leur faire part de l’infini respect qu’ils méritent.. Monsieur Sarkozy vient de leur cracher à la figure honteusement.. Pour une raison d’économies, toujours sur le dos des mêmes, très probablement afin d’avoir les coudées franches pour supprimer l’ISF de ses amis..

J’ai demandé officiellement à ce monsieur de retirer ces propos rétrogrades, irresponsables et honteux, ou de réaliser les économies qu’il évoque en rendant toutes les écoles de France accessibles avec le montant des sondages de l’Elysée entre 2007 et 2012 et l’argent récolté pendant ses conférences de 2012 à aujourd’hui.

Culture de l’écrasement…

Comme un mal rampant qui s’injecte au quotidien dans nos sociétés, et particulièrement en France, un changement de paradigme s’est opéré insidieusement. C’est l’avènement de ce que je qualifierai comme la culture de l’écrasement.. de l’autre, le plus faible, celui qui est juste en dessous.

En clair, y compris à coup de « harcèlement cathodique », de nombreux programmes, en particulier de la TNT, nous abreuvent de pseudos-reportages sur les fraudeurs au RSA, les fraudeurs à l’assurance maladie, les fraudeurs du pot de miel de tante Hortense etc..

Il est ainsi donné l’impression subliminalement que toutes celles et ceux qui « auraient la chance » de toucher un minima social doivent être considérés avec suspicion.. Il ne s’agit plus de bénéficier d’un système de protection pour survivre, mais bel et bien de profiter d’un système trop généreux pour se payer un 4X4. Comme si en écrasant (pour en revenir à la théorie initiale) celui-là, l’autre, juste en dessous, celui qui profite, abuse et donc fraude.. nous n’en serions que mieux logés..

Point question ici de Laxisme (totem absolu brandi immédiatement par tout bon « LR » lisant ces lignes), car évidemment la fraude doit être réprimée, c’est une lapalissade. Mais tout simplement, le scandale financier n’est pas là.. Pourquoi céder à la facile mécanique accusatoire de la culture de l’écrasement.. Qui, si on approfondit l’analyse est par ailleurs flatteuse, car elle induit là aussi de façon déguisée, que nous, nous sommes des bons citoyens, car il en existerai tant de mauvais..

Il faut donc absolument sortir de cette logique, finalement émotionnelle, pour regarder factuellement où se situent les injustices économiques et sociales.. Au lieu de regarder en bas.. Changeons un instant le curseur.. En effet, il existe encore de nombreux accords fiscaux entre certaines multinationales et certains pays.. Faut-il également parler de certaines zones de non droits de dizaines de milliers de mètres carrés, appartenant à des états (dont certains Européens) et avec trois vigiles pour tout surveiller, dans le cadre d’échanges, qui échappent à toute réglementation.. Ne confondons pas zone franche et paradis fiscal qui en est une variante, mais pour autant, d’incalculables capitaux y circulent sans aucune régulation..

Sans tomber dans un conspirationisme latent de série B, il est intéressant de regarder, et ce n’est qu’un exemple, qui détient une majorité d’actions à BFM TV.. Et les capitaux générés par ces groupes.. Les mêmes qui, selon moi bien sûr, participent à la culture de l’écrasement, et n’évoquent que très rarement en revanche certaines situations fiscales et financières.. « Étonnant non ? » aurait dit l’ami Desproges..

L’ensemble de ce système librement consenti, fonctionne très bien, y compris car tout le monde a besoin de l’autre, à commencer par certain-s- politiques, je ne dis pas le contraire.. Mais le nœud du problème demeure dans cette bataille culturelle perdue par les humanistes et progressistes, et sur le fait que de regarder en bas nécessite moins d’exigences intellectuelles que d’élever les yeux..

« Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt.. »

Assises de la Protection de l’Enfance

De retour des assises nationales de la protection de l’enfance qui se déroulaient à Rennes. De nombreux débats et échanges passionnants et percutants, qui évoquaient entre autre la notion de risque dans les politiques de protection.

Sur le contenu, c’est en fait la question de l’engagement des professionnels, des élu-e-s et bien sur des familles qui se pose. Un travailleur social peut-il par exemple, et sans inverser évidemment les rôles, ou trop en faire, partager une simple anecdote personnelle avec un-e jeune, ou une famille, afin de déhiérarchiser la relation, de désacraliser le statut dominant du tout puissant aidant sur l’aidé. Ou même sans en arriver là, comment en tous les cas trouver l’ouverture pour tendre vers une relation humaine, profondément égalitaire, propice à la confiance, donc donnant accès au réel travail de protection.

De nombreux pédopsychiatres, chercheurs, sociologues, élu-e-s, administratifs, anciens enfants confiés se sont succédés à la tribune. Avec le plaisir d’avoir entendu Emmanuelle Bercot, réalisatrice du si précieux « la tête haute » et ayant également co-écrit avec Maewenn l’indispensable « polisse ». Emmanuelle Bercot fut à la tribune humble, franche, entière, à fleur de peau, laissant deviner des fêlures, et suggérant une sensibilité profondément émouvante. Elle a su trouver les mots justes et forts pour expliquer sa passion et son amour pour le dévouement déployé par des travailleurs sociaux, qui au quotidien touchent à l’obscur, avec en tête la lumière pour celles et ceux qu’ils accompagnent.

Christiane Taubira, dans son style inimitablement lyrique a également honoré les travailleurs de l’ombre en évoquant notamment des dispositifs et des principes qui lui sont chers, en terme de bienveillance pour « nos enfants », quel qu’ils soient. Même s’il est possible de s’interroger sur les choix économiques gouvernementaux, notamment en terme de baisse de dotations aux collectivités, qui assurent pourtant le lien social quotidien à tous niveaux..  Profitons en également pour rappeler que la justice des mineurs concerne par an 212 500 enfants au civil, et 92 000 au pénal, selon les chiffres du ministère de la justice. Et pourtant, c’est systématiquement cette dernière qui est évoquée au détriment de la première, par certains politiques et certains médias..

Dans ses orientations politiques, le Conseil Départemental du Finistère met en place certains de ces dispositifs, sans doute avant-gardistes, comme par exemple l’extension à 25 ans des contrats jeunes majeurs. Pendant deux jours, nous avons en effet entendu toute la difficulté pour de nombreux jeunes, qui à la majorité, ou à 21 ans, sortent de l’ensemble des mesures d’accompagnement.

Pour conclure, les politiques de protection de l’enfance méritent toute notre attention et concentration. Il faut saluer le travail ingrat des soldats anonymes, qui visent la résilience de celles et ceux qu’ils croisent sur leur chemin. La protection de l’enfance doit être sacralisée et la réflexion permanente, dans un respect absolu des situations rencontrées, pour une science à dimension définitivement humaine.

« L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit » Françoise Dolto.

Le goéland masqué

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Retour sur le festival littéraire du « Goéland masqué » à Penmarc’h où j’avais hier soir le plaisir de représenter la présidente de notre département Nathalie Sarrabezolles, dont l’attachement à la culture, et entre autre aux politiques de lecture publique est bien connu et reconnu.

La culture comme le sport sont l’un et l’autre des leviers d’émancipation indispensables. Ils permettent, en ces temps de tension permanente, de s’échapper, de s’évader l’espace d’un instant, et doivent pouvoir toucher tous les publics. A cet effet, Malraux allait jusqu’à dire « La culture, ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers.. ». Nous avons le devoir de mettre en œuvre un projet politique, qui permet le lien social, donc le bien social, et dans une finalité d’éducation populaire, d’élévation collective..

Le festival « le goéland masqué » répond pleinement à ces exigences. D’abord, car le projet vise à favoriser l’accès d’un large public à la culture dans le domaine de la littérature, mais aussi la lecture et l’image en y impliquant l’ensemble des bibliothèques, travail essentiel en terme de politique de lecture public, d’autant plus sur un territoire quelque peu excentré.

L’association de l’ensemble du réseau de lecture est essentielle dans le cadre de ce festival. J’ai vu très récemment, le week-end dernier notamment… d’autres événements… payants… avec aucun travail de fond en terme de politique de lecture publique… ni en amont, ni en aval.. et qui donc, à part le plaisir immédiat, ne sert strictement à rien

Toute l’année, le Goéland masqué intervient au sein de l’EPHAD de Menez Kergloff à Penmarc’h, travaille également à la promotion de la langue bretonne, organise des rencontres régulières avec les auteurs dans les bistrots et intervient également dans les établissements scolaires, de l’enseignement primaire au supérieur afin de développer la créativité de nos plus jeunes, et de contribuer à faire de la civilisation de demain des citoyens avertis et ouverts sur le monde.

Le Goéland masqué s’adresse à un public non pas de 7 à 77 ans, mais de 3 à 120 ans, soit à tous les âges de la vie, et contribue au rayonnement culturel de son territoire.

En ce qui concerne le polar, en particulier breton, ma connaissance se limite à des titres qui à la fois prête au sourire mais joue également sur la promotion de notre territoire comme « un macchabée à pont l’abbé », ou encore « coup de boule à Tréboul..

Pour autant, j’avais eu la chance il y a quelques années de rencontrer Thierry Jonquet, qui nous a malheureusement quitté et qui fut un pilier du polar social et engagé, dont l’œuvre m’a souvent profondément touché.

Lire un livre est un moment de grande intimité partagé avec l’auteur, un moment de calme apparent et pourtant une nourriture intellectuelle dont la source ne tarit jamais.

La lecture permet le silence, dans des fonctions politiques où tout le monde parle beaucoup et même tout le temps.. à commencer par moi… Ce silence permet d’apprécier la quiétude d’un moment de lecture. Et au-delà de son élévation, la lecture permet aussi le repos de l’âme..

Merci infini aux auteurs, qui nous offrent le cadeau du partage de leurs inspirations et nous font voyager dans des histoires qui se réinventent en permanence, avec audace et créativité.

Chabrol disait : « j’aime le polar, c’est comme une bouée de sauvetage pour explorer l’humain ».

Dans ce même esprit, les Espagnols votent ce dimanche et certains partis ont évoqué au cœur de leur campagne le polar : « le bourreau de Gaudi », parce que le polar s’inscrit dans la société, et qu’il est un révélateur de l’âme humaine, loin de ce qui ressemble parfois à un certain nombrilisme littéraire..  Le polar, lui s’ouvre sur le monde. Ce qui tombe bien dans le cas de ce festival, attendu que.. « tout commence en Finistère« ..

La tête haute..

Une fois n’est pas coutume, évoquons un film pas encore vu. Mais avec « la tête haute », que je vous conseille d’aller voir au Quai Dupleix à Quimper ce week-end, et qui est diffusé ce soir en avant-première à Cannes, c’est ici le portrait d’une jeunesse en errance.. Mais n’en déplaise aux théoriciens de la lapalissade démagogique, est décrit sans concession, et au plus près, la souffrance psycho-affective et morale d’un enfant qui dès le plus jeune âge connaît l’abandon et le rejet, et qui se venge ensuite aux âges où il peut le faire..

Contrairement à ce qui est indûment théorisé et diffusé par les tenants d’une ligne sécuritaire à tout crin, tous les chiffres extraits d’études sérieuses démontrent que la délinquance chez les mineurs augmente bien moins depuis 10 ans que celle des majeurs.

Autre statistique éloquente. La justice des mineurs concerne par an 212 500 enfants au civil, et 92 000 au pénal, selon les chiffres du ministère de la justice. Et pourtant, c’est systématiquement cette dernière qui est évoquée au détriment de la première, par certains politiques et certains médias..

« la tête haute » rétablira la vérité, un peu comme le fait « polisse », « Suzanne », ou la minisérie « 3XManon ». Tous tellement renversants et bouleversants de vérité..

Pas étonnant que Sara Forestier joue dans « la tête haute » et dans « Suzanne » et que Emmanuelle Bercot réalise « la tête haute » après avoir elle même joué dans « polisse ». Elle a hier matin sur Inter, défendu avec authenticité et émotion ce qui selon elle devrait légitimement être sacralisé, à savoir les politiques de protection de l’enfance.

Le conseil départemental en a précisément la responsabilité et les acteurs quotidiens de sa mise en œuvre doivent être pleinement reconnus. Ils sont plongés au quotidien dans ce que parfois la société refuse de voir, ou qu’elle préfère caricaturer à travers des représentations populistes mensongères, qui permettent de regarder ailleurs. Pourtant, les chiffres évoqués précédemment démontrent à quel point de nombreux héros du quotidien sont trop méconnus.

Qu’ils soient remerciés pour leur dévouement et à travers les politiques départementales, il est évident que le maximum doit être mis en œuvre pour permettre à tant d’enfants de se développer au mieux et ainsi de se construire un avenir.

Que celles et ceux qui osent par cynisme, méconnaissance ou confondante bêtise, parler d’un sujet qu’ils ne connaissent pas, à travers un poncif poujadiste tel que « laxisme » se taisent.. la tête basse..

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