Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

On change ou on nous change…

Les codes sont brouillés et les repères sont en berne. L’histoire de la gauche est perpétuellement traversée par une forme de lutte des classes en son cœur.. Guesde et Jaurès, Nanterre et Voltaire, et de nombreux autres références contemporaines qui finalement ne font que souligner la dichotomie Jauressienne entre idéal et réel.. Comme une incompatibilité entre gauche gestionnaire et gauche politique.

Finalement, depuis… la nuit des temps, on dirige au centre droit et on s’oppose à gauche.. Etre socialiste consisterait-il à être dans l’opposition ?

Mitterrand, le dernier candidat de gauche à avoir gagné  l’échéance présidentielle grâce à un électorat populaire disait par exemple aux ouvriers : « La France c’est vous ».. Plutôt que.. « Je vais vous défendre », déclinable à chaque intérêt catégoriel..

Les mutations au modèle capitalistique sont profondes avec une adaptation et une évolution indispensables à la « continuation de l’espèce », mais ne doivent pas nécessairement s’incarner par une déshumanisation et une perte de sens, qui sont l’apanage d’une logique rétrograde et certainement pas progressiste.

Un horizon social sans être socialisant est encore envisageable. Mais il ne peut s’écrire qu’avec une gauche gouvernementale qui assume sa couleur historique et agit en lien avec un certain nombre de valeurs et de principes.. Au risque de reproduire invariablement le schéma évoqué ci-dessus.. Générant donc le fossé entre la parole et l’action, véritable déni de démocratie permettant l’émergence de l’entreprise d’extrême droite  Le Pen au sombre dessein nourri de haine, et qui sans même agir, récolte les fruits électoraux de nos sempiternelles turpitudes..

Quand localement, on émet quelques doutes sur une orientation gouvernementale et sa compatibilité avec l’histoire et les racines de la gauche.. Il se trouve toujours une femme ou homme de droite (et parfois même de gauche..) pour s’amuser des fameuses « contradictions » de votre propos.. Comme si n’avoir que des certitudes faisait de vous une force intellectuelle à toute épreuve… Je pense à l’inverse que celle ou celui qui ne se questionne pas, et quelque part qui ne se contredît jamais tient un propos particulièrement inquiétant.. C’est dans la contradiction que l’on construit et avance.. et que la pensée naît.. Comme dit Amélie Nothomb : « Tout être humain a le droit d’être en contradiction avec lui-même »..  Même la droite n’y échappe pas, et tant mieux pour elle au regard de ce qu’est devenu la doctrine Gaulliste, utilisée par celles et ceux qui sont censés la faire vivre aujourd’hui…

Penser ainsi est faire œuvre d’humilité, en se disant que la quête est permanente, que « l’on ne sait qu’on ne sait jamais », comme dirait Jean Gabin, mais tout en s’appuyant par ailleurs sur l’histoire et les racines de la maison commune qu’est le parti socialiste. N’ayons pas peur d’être en colère comme disait un certain Léon.. Ni de considérer avec bienveillance les nouveaux mouvements de collectifs citoyens, de ce bouillonnement démocratique alternatif.. et de nous inspirer de mouvements tel Podémos ou Syriza…

A cet égard, à gauche, il est évident que des choix lourds de sens s’offriront à nous… Et il faudra choisir le camp de l’espoir, lucide certes, mais avant tout porté par une ambition d’émancipation et de sortie d’une condition prédestinée, et qui s’appuiera donc sur l’égalité et la fraternité..

Assises de la Protection de l’Enfance

De retour des assises nationales de la protection de l’enfance qui se déroulaient à Rennes. De nombreux débats et échanges passionnants et percutants, qui évoquaient entre autre la notion de risque dans les politiques de protection.

Sur le contenu, c’est en fait la question de l’engagement des professionnels, des élu-e-s et bien sur des familles qui se pose. Un travailleur social peut-il par exemple, et sans inverser évidemment les rôles, ou trop en faire, partager une simple anecdote personnelle avec un-e jeune, ou une famille, afin de déhiérarchiser la relation, de désacraliser le statut dominant du tout puissant aidant sur l’aidé. Ou même sans en arriver là, comment en tous les cas trouver l’ouverture pour tendre vers une relation humaine, profondément égalitaire, propice à la confiance, donc donnant accès au réel travail de protection.

De nombreux pédopsychiatres, chercheurs, sociologues, élu-e-s, administratifs, anciens enfants confiés se sont succédés à la tribune. Avec le plaisir d’avoir entendu Emmanuelle Bercot, réalisatrice du si précieux « la tête haute » et ayant également co-écrit avec Maewenn l’indispensable « polisse ». Emmanuelle Bercot fut à la tribune humble, franche, entière, à fleur de peau, laissant deviner des fêlures, et suggérant une sensibilité profondément émouvante. Elle a su trouver les mots justes et forts pour expliquer sa passion et son amour pour le dévouement déployé par des travailleurs sociaux, qui au quotidien touchent à l’obscur, avec en tête la lumière pour celles et ceux qu’ils accompagnent.

Christiane Taubira, dans son style inimitablement lyrique a également honoré les travailleurs de l’ombre en évoquant notamment des dispositifs et des principes qui lui sont chers, en terme de bienveillance pour « nos enfants », quel qu’ils soient. Même s’il est possible de s’interroger sur les choix économiques gouvernementaux, notamment en terme de baisse de dotations aux collectivités, qui assurent pourtant le lien social quotidien à tous niveaux..  Profitons en également pour rappeler que la justice des mineurs concerne par an 212 500 enfants au civil, et 92 000 au pénal, selon les chiffres du ministère de la justice. Et pourtant, c’est systématiquement cette dernière qui est évoquée au détriment de la première, par certains politiques et certains médias..

Dans ses orientations politiques, le Conseil Départemental du Finistère met en place certains de ces dispositifs, sans doute avant-gardistes, comme par exemple l’extension à 25 ans des contrats jeunes majeurs. Pendant deux jours, nous avons en effet entendu toute la difficulté pour de nombreux jeunes, qui à la majorité, ou à 21 ans, sortent de l’ensemble des mesures d’accompagnement.

Pour conclure, les politiques de protection de l’enfance méritent toute notre attention et concentration. Il faut saluer le travail ingrat des soldats anonymes, qui visent la résilience de celles et ceux qu’ils croisent sur leur chemin. La protection de l’enfance doit être sacralisée et la réflexion permanente, dans un respect absolu des situations rencontrées, pour une science à dimension définitivement humaine.

« L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit » Françoise Dolto.

Promeneur sur un champ de mines…

Après Jaurès, sans comparaison exagérée, se plonger dans le « glorieux passé » plus proche de nous encore, face à la médiocrité ambiante.. Pas qu’un refuge, une facilité ou un aveuglément, mais un essor, un élan, une perspective. L’été est propice à la détente et au décrochage mais aussi à l’introspection..

Donc hier soir, comme si les forces d’un esprit bien particulier m’avaient transmis une incompressible envie de regarder « le promeneur du champ de mars« .. La fin de vie de tonton dans une torpeur qui ne plaira pas aux non cinéphiles mais qui décrit avec une justesse saisissante la complexité, la duplicité de Mitterrand, entre cynisme et cruauté d’une part et affection et tendresse d’autre part. Mitterrand avait dit à Elkabbach que la meilleure des qualités pour être président était l’indifférence, ce qui résume bien le personnage.

Son amour pour la littérature, la politique, les femmes.. Avec le sens du verbe qui s’exacerbe face à la proximité irrémédiable de la venue de la grande faucheuse.. On aime ou pas, mais l’homme d’état est là, et Guediguian sait à merveille sublimer cette stature..

A ce sujet, avoir hâte d’entendre Mitterrand dire « après moi, il n’y aura plus que des financiers ».. Il n’avait non seulement pas tort, mais il aurait pu ajouter « et en plus des mauvais.. »

On peut l’entendre à un moment marteler une affirmation prémonitoire, dont on devrait au plus vite se faire un dogme : « Une victoire à gauche, n’est possible qu’à une seule condition. Ne jamais oublier que notre famille, ce sont les ouvriers, les salariés, les gens qui peinent »

Toujours dans le film, dans ses derniers mois de règne de monarque, il cite Duras à propos des crimes contre l’humanité des nazis. Évoquer ce sujet avec sérénité, comme s’il avait besoin de s’en justifier en permanence. Il se réfère souvent à De Gaulle, qu’il a affronté mais avec qui il a aussi gouverné, comme si le blanc seing était alors une évidence. Mais aucun homme n’échappe à ses luttes internes, même s’il pense être au dessus du lot. Même De Gaulle, plus tard ne fut pas un amoureux de la liberté à tout crin..

Dans ce paradoxe existentiel, cette plaie non cicatrisée, cette contradiction non assumée, Mitterand cite donc un texte de Duras dans « la douleur ». Au moment du film où il décide de reprendre cet extrait, il est alors près de la fin, il joue donc sur son propre état de santé, et comme prisonnier d’une enveloppe qui doucement se referme, voilà l’extrait qu’il choisi de citer dans sa double ambiguïté sur ce qu’il est devenu et ce qu’il se défend d’avoir été :

« Il devait peser entre 37 et 38 kilos. L’os, la peau, le foie, les intestins, la cervelle, le poumon, tout compris.. On le posait sur le seau hygiénique, sur le bord duquel on déposait un petit coussin. La peau était à vif. Il faisait d’un seul coup, dans un glou glou énorme, inattendu, démesuré. Le cœur lui continuait à remplir son contenu, et la tête hagarde, mais sublime, elle sortait de ce charnier.. »

Je retiens du « promeneur du champ de mars », avec au passage un Michel Bouquet au sommet de son art, la stature de l’homme d’état et la fascination dont il induit l’exercice chez l’autre, ainsi que la mise en exergue de ses ambiguïtés qu’il refusera d’affronter, par peur, par honte, par orgueil, ou pour un peu tout cela en même temps..

Au gré de quelques recherches, une « perle » cathodique, avec la venue de Mitterrand à Quimper. Je pense que quelques illustres camarades devaient être dans les parages. En cliquant ici : Mitterrand à Quimper.

Reviens camarade…

« Mais les forces économiques travaillent, qui accumulent entre les mains de quelques-uns la richesse et la puissance et qui entassent sur les autres la servitude et la misère.

Et bien, il faut en finir avec ces iniquités de l’histoire, il faut en finir avec ces civilisations d’apparence et de faux brillant. Nous voulons que la masse s’élève, que l’égalité pénètre dans la vie des hommes, qu’ils ne soient pas seulement frères de noms et égaux en vertu d’une formule, mais qu’ils soient vraiment associés et des coopérateurs dans la vie, dans le travail, dans les habitudes de pensées, dans la joie du cœur, dans la noblesse de l’âme et dans l’agrandissement des horizons de justice, de lumière et d’espérance

Cet extrait du discours de Jaurès qui n’a malheureusement pas pris une ride date de la conférence donnée au théâtre Colisée de Buenos Aires, le … jeudi 05 Octobre 1911… organisée par le Parti socialiste argentin.

Il y a 100 ans, Jean Jaurès était assassiné par le « bien nommé »Raoul Villain.. A 21H40, au 146 rue Montmarte à Paris, quelques jours avant la première guerre mondiale, alors que Jaurès faisait justement tout pour préserver la paix. L’assassin en question fut d’ailleurs acquitté dans des conditions plus que douteuses..

Toujours est-il que l’œuvre de Jean Jaurès est plus que jamais universelle. Il était en effet avant tout universaliste et prônait sans cesse une émancipation laïque et une république sociale. Il pensait que : « le socialisme prend racine dans l’organisation ouvrière ».

Jaurès suscite de nombreuses tentations et compte tant d’héritiers auto-proclamés aujourd’hui.. Certains bien illégitimes, notamment en 2007..

Mais en ces heures où la communication politique a triomphé sur la politique, où la droite est désincarnée, la gauche est déboussolée, où seule l’extrême droite n’a finalement pas changé, et où la médiocrité règne dans notre monde du culte de l’immédiateté et des chaînes d’infos ; l’assertion suivante de Jaurès semble avoir un écho si particulier en ce funeste anniversaire :

« Le courage, c’est de comprendre sa propre vie… Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille… Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. »

L’œuvre de Jaurès mérite d’abord d’être lue, avant d’être commentée, voir récupérée. Elle permet de se doter de repères et même d’espoir, les deux manquant cruellement aujourd’hui..

Reviens camarade Jaurès, car ils sont devenus fous..

Au fil des rencontres récentes, comme de l’observation de l’actualité nationale, il semble bien que la solution pour le parti socialiste, et donc pour l’ensemble de la gauche française est le retour aux valeurs Jaurésiennes, piliers fondateurs de notre pensée politique, entre solidarité, justice sociale, égalité, émancipation des êtres.  Nous serions bien inspirés d’y regarder de plus près à l’aulne du centième anniversaire de sa mort. Au risque d’une autre mort symbolique, nous serions alors bien « villain », du nom de son assassin.

Nous sommes aujourd’hui à rebours de ce paradigme, en nous alignant sur la droitisation de la société. Pourtant, la véritable problématique réside dans ce que posait déjà le leader de Carmaux comme une contradiction qui ne devrait pas en être une, entre la gestion du réel et l’aspiration à l’idéal.

Notre drame est que nous puisons dans ces valeurs et principes uniquement en campagne électorale, entretenant le cimetière des promesses non tenues dans la morne pleine de nos consciences endormies, lors du passage de l’opposition à la majorité. C’est la dichotomie entre le discours du Bourget et la gestion social démocrate à la tête de l’état. L’apogée actuelle de notre schizophrénie.

Faire de la politique dans un tel contexte ne confine plus à l’avalage de couleuvres mais à la « dilatation extrême du tube oesophagien » pour faire passer des boas constrictors.. Le dernier en date, pour en avoir déjà parlé, est sans conteste la méthode employée pour la réforme territoriale façon charcutage précipité. Comment peut-on en effet décider du sort de millions de nos concitoyens avec une paire de ciseaux à 18H00, une autre à 19H00, 20H00, 21H00.. Avec, cerise sur le gâteau au cyanure électoral, la peu anodine visite royaliste qui entre dans la mêlée.. Cette fois ci, à titre personnel, le boa ne passe pas, et je le recrache en affirmant que l’Elysée n’est pas Solférino..

Il va nous falloir être très en colère, y compris et surtout localement dans nos sections. Y compris en faisant évoluer nos pratiques pour que ce parti ne soit plus celui de cadres dans le sempiternel concours de beauté de celui qui a le mieux parlé en réunion, et qui de fait est le mieux profilé pour l’investiture suivante.. Car à ce jeu, ceux sont toujours un peu les mêmes qui gagnent au début, et c’est souvent le socialisme qui perd à la fin…

La droite dite « républicaine » ne va pas mieux dans l’instant, ce qui ne réconforte pas, mais qui fait peut être se sentir moins seul dans cet océan de turpitudes.. On ne peut évidemment pas s’en réjouir car on sait très bien à qui profite le crime..

Alors pourquoi rester et ne pas faire comme 25 000 adhérents du parti socialiste dans le pays et rendre sa carte.. Très certainement car il reste les valeurs, et qu’au moins localement, et je pense encore aussi au niveau national, il demeure toujours possible de « changer la vie » comme disait un oncle à nous.. Mais aussi, car comme disait déjà Pierre Mauroy, avec sans doute un peu d’excès : « si tous les dégoutés s’en vont, il ne restera plus que les dégoûtants »..

Le Parti Socialiste ne va pas mourir, il doit juste renaître.. « c’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source » (Jean Jaurès..)

Le Pen, un vote dangereux et inutile…

Hier, belle matinée de campagne Européenne sur Quimper, où la droite locale brillait d’ailleurs par son absence, avec juste un militant présent, à une semaine d’une élection majeure… Étonnant. Sans doute qu’à Paris comme à Quimper, au sein de l’UMP, personne n’est d’accord sur une vision commune de l’Europe. Je continue toujours à m’interroger, si près du scrutin, sur le choix du principal soutien de Jean François Copé sur Quimper quant au futur président de la commission européenne.

Hier après-midi, devant un « discours » lénifiant de Madame Le Pen, présidente du premier parti d’extrême droite française. Définitivement, le front national est :

Le Parti de la haine. Car comment ne pas comprendre la désespérance, la souffrance, le sentiment de mépris que ressentent tant de nos concitoyens. Mais les diatribes anti-immigration ; L’absence de discours sur des valeurs universelles ; L’absence de mots sur la lutte contre les atrocités de la guerre que nous avons connues sur notre continent ; La connivence avec des groupuscules les plus dangereux d’extrême droite sur l’ensemble de l’Europe.. Tout ça ne doit pas trouver tant d’écho dans notre pays.

Le parti du mensonge. Contrairement à leurs fausses affirmations, l’inflation avant l’Euro atteignait des niveaux record. La fin de l’Euro et la déflation généreraient des millions de chômeurs en quelques semaines, sauf pour les auto-proclamés économistes sympathisants de la cause identitaire. Enfin, l’immigration est moins forte en France que chez la plupart de nos voisins Européens, et ce qu’elle rapporte est supérieur à ce qu’elle coûte selon des chercheurs de l’université de Lille (60 Milliards contre 48 Milliards)

Le parti du vide : Pendant le discours d’hier, très court en temps, nourri d’incantations, de petites phrases, de jeux de mots douteux et à la limite de la vulgarité parfois, il est possible de décompter… zéro proposition, et un maximum de boucs-émissaires. En particulier, rien sur la jeunesse d’Europe.

Le parti de l’incompétence : Votez pour le front national, c’est une forme de financement d’emplois fictifs, grassement rémunérés, au regard du rendement des nationalistes français sur les bancs Européens. Ils ne participent pas aux travaux législatifs, ni à la commission, ni dans les groupes de travail. La fille de Jean Marie Le Pen fustige la loi sur les travailleurs détachés et le lendemain ne vote pas contre, mais s’abstient… Le père de Marine Le Pen a voté lui contre une loi proposant l’éradication de la torture.. Bref, soit ils ne sont pas là, où du moins sont suffisamment présents pour toucher le chèque de 6200 Euros mensuels (sans parler des autres indemnités), soit ils votent n’importe quoi. Madame Le Pen est plus que jamais la candidate du système qu’elle dénonce. Voter Front National, c’est voter inutile.

C’est donc le néant nationaliste, qui prospère grâce au rejet de la politique Européenne incarnée par une droite qui la gère sans âme et qui peut se féliciter d’avoir trouvé son idiot utile dans le front national. Face à ce vote inutile, Une candidate ancrée à gauche : Isabelle Thomas, un futur président de la commission qui parle simple et vrai tout en maintenant le débat à un haut niveau : Martin Schulz. Contre le dumping social, les cadeaux aux banques, et en travaillant au quotidien pour la jeunesse.  

Nous ne pouvons que craindre le pire dimanche 25 Mai… Au delà de notre score… Mais surtout si le nationalisme triomphe car comme le disait Romain Gary : « le patriotisme, c’est l’amour des siens. Le nationalisme c’est la haine des autres ».

Un big bang, pour qui, pourquoi ?

L’accélération du calendrier de la réforme territoriale semble inéluctable. Différentes options sont sur la table, et des propositions fortes émanent de la part de nombre de camarades, y compris des socialistes bretons. Entre assemblée unique de Bretagne, fusion avec une région, avec plusieurs etc..
Dans un monde globalisé, où tout change très vite, nous avons le devoir d’être réformateurs et de proposer des adaptations plus souples et plus simples de notre mille feuilles territorial. Comment ne pas s’inscrire dans les pas du président de la république et du premier ministre à cet effet.
Mais un aspect pourtant essentiel, prioritaire et constitutif de notre ADN politique est pourtant bien trop peu évoqué. C’est pourtant ce qui peut rendre ce débat « sexy » pour une majeure partie de la population qui pourrait à tort s’en sentir éloigné. Car au regard des missions des différentes collectivités territoriales concernées, il s’agit en fait de l’avenir de nos services de proximité. En particulier pour celles et ceux les plus en difficulté. Pouvoir, au plus près de chez soi venir instruire son dossier de RSA, d’APA, d’AAH, sans parler des services de prévention, ou même de la protection de l’enfance est un acquis qui doit être défendu. En particulier à gauche de l’échiquier, car il ne s’agirait pas de démanteler ce que nous avons nous-même justement mis en place. Le service public, c’est le service au public, ne l’oublions pas, au profit d’un débat de préservation d’acquis politiques, car on nous le fera payer amèrement. Il ne peut s’agir de faire changer de logo aux bâtiments et en profiter pour réaliser des coupes budgétaires sombres, car pour rester dans un vocable économique, certains services, s’ils n’ont pas de valeur marchande directe génèrent du retour sur investissement tant ils sont fondamentaux.
Je pense par ailleurs qu’une architecture territoriale qui se mue ne s’inscrit pas forcément à rebours de la pensée politique décentralisatrice qui trouve ses prémices au début du 19ème avec Charles Brun, qui s’est continuée avec De Gaulle dans les années 60 et très concrètement mise en place par Mitterand en 1982. Car l’idée est qu’en fonction de l’architecture qui s’installe, même si le pouvoir politique et administratif venait à s’éloigner ou du moins à déménager, l’action de proximité du service à l’usager doit et peut demeurer. Il n’y a pas de contradiction en la matière.
Enfin, sur l’enjeu majeur du devenir de notre région face au big bang territorial à venir, ce n’est pas le jacobinisme face au régionalisme, ce débat caricatural mérite mieux que ce que veulent en faire leurs auteurs. La Bretagne peut et doit conserver ce qui fait sa force et être avant gardiste en la matière. Elle  peut voir bouger les frontières, aussi bien seulement sur le volet historique que davantage, tout en gardant son identité et en étant moteur dans le nouveau découpage, quel qu’il soit, car elle est forte, enviée, et sera de fait un chef de file, elle en a l’âme et la vocation.
Le maintien, voir le renforcement du service au public doit être notre combat, dans une Bretagne qui ne se replie pas sur elle même, qui valorise ses atouts et qui continue son développement. Ce débat est celui de tous.

Urgence..

Il y a Urgence. Urgence à remettre du sens..

En effet, dans une société à la fois boulimique et anxiogène, le culte de l’immédiateté prend le dessus, sûrement et inexorablement. La perte de confiance, de repères, la montée de la désespérance sont partout autour de nous. Ces pertes génèrent parfois des comportements outranciers, dangereux, voir violents. Des comportements qui à petits feux, tuent la pensée et nient même l’histoire, pourtant essentielle dans le décodage de nombreuses évolutions.

Il ne s’agit pas de prendre de haut celles et ceux qui souffrent aujourd’hui, mais de justement éminemment respecter cette souffrance en prévenant et en mettant en garde contre les raccourcis faciles, et la tentation de se tourner vers le diable, lorsque nos croyances et nos codes sont bouleversés et que l’on estime légitimement ou pas n’avoir plus rien à perdre.

Le populisme, la démagogie et la simplification sont l’arme de nombre de faibles, qui en faisant oeuvre de récupération abaissent le niveau du débat public, pour pallier leur propres incompétences en créant « un buzz » qui ne fera la gloire de son auteur que le temps qu’il soit remplacé par un autre.. Même la révolution devient médiocre. La gloire illusoire, même pour un édile d’une ville du centre Finistère est aussi passagère que l’individu en question est républicain..

Le rouleau compresseur, la grande lessiveuse notamment médiatique, à travers les chaînes d’infos, les réseaux sociaux, les éditions « spéciales » etc.. accentuant le phénomène. Ou comme disait François Mitterand : « la dictature des micros est aussi celle des idiots« .

Savoir se référer à l’histoire, tenter de se cultiver, lire, trouver ses propres références permettent de prendre de la hauteur, et de ne pas céder aux tentations de chercher un coupable à tour prix, voire de tout mélanger ; l’erreur étant souvent de mise dans ce genre de circonstances. « l’histoire est la mémoire du monde » disait Lacordaire.

Hier, des saccageurs de portiques au nom de la justice fiscale ; aujourd’hui, des siffleurs aussi fascistes qu’amnésiques des valeurs de devoir de mémoire et d’unité républicaine ; et demain, quelles outrances, au nom de quelles causes, portées par quel héros cathodique éphémère..

Nous connaissons toutes et tous l’impression de déjà vu. Pour comprendre et maîtriser ce sentiment, afin d’adapter notre compréhension des enjeux actuels, la référence à l’histoire est indispensable et permet une prise de recul et de distance aux événements qui ont semblé parfois faire cruellement défaut ces jours derniers.

Heinrich Heine disait que : « chaque pierre tombale couvre une histoire universelle« . C’est en croyance de cette affirmation qu’il me semble aujourd’hui essentiel de faire oeuvre de pédagogie, mais il me semble aussi qu’il y a urgence et j’espère même que ce n’est pas trop tard..