Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Sport Solidaire…

Là où d’autres prennent des décisions brutales, la concertation semble le meilleur chemin..

Les deux premiers temps de concertation sur les nouvelles orientations politiques pour le sport départemental ont permis de tirer déjà quelques constats. Presque 100 participants avec entre autre des acteurs du monde sportif, des membres de comités départementaux, de clubs, des bénévoles, des éducateurs sportifs. Mais aussi des coordinateurs jeunesse, des responsables associatifs du monde du handicap ou de l’insertion, des travailleurs sociaux etc..

Notre ambition est clairement d’aller vers les publics les plus éloignés de la pratique sportive, qui sont également les « publics prioritaires » du conseil départemental, renforcés que nous sommes en la matière par aussi bien la loi notre que par notre projet politique, qui nous engage sur un mandat.

Ainsi, le travail concret en ateliers lors des deux premiers temps de rencontre aura été l’occasion de faire travailler ensemble deux mondes parallèles qui s’ignorent parfois, et que le département veut rapprocher. Je suis persuadé que la cohésion sociale existe déjà dans le mouvement sportif. Mais l’idée est de certes, valoriser ce qui se fait déjà, tout en incitant à aller encore un peu plus loin. Car oui la cohésion sociale existe dans le sport, mais quand il s’agit par exemple d’inscrire son enfant atteint de trisomie à l’athlétisme.. C’est tout de suite plus compliqué.. C’est pourtant là où le département peut être un levier, un support. Aucune question d’opposer la pratique sportive traditionnelle, faite de loisirs ou de compétitions à la cohésion sociale mais plutôt une velléité de promouvoir la complémentarité de ces deux mondes qui ne peuvent continuer à s’ignorer. C’est évidemment une des fonctions du sport, celle de la cohésion sociale, dans la mesure où le sport est d’abord du vivre ensemble, avant d’être de l’animation subventionnée. Il n’y pas d’incompatibilité, mais une synergie à trouver.

C’est ensuite une question de posture.. Car j’entends avec difficulté l’affirmation « ce n’est pas notre métier d’accueillir certains publics ».. Par contre mettre en place un ensemble d’actions pour permettre que cet accueil se fasse, oui. Mais si dès le début, on se dit que c’est impossible, alors, on ne va pas chercher la compétence qui va permettre le travail en commun.

Ainsi, nous allons maintenant synthétiser la presque trentaine de propositions qui a émergé, entre par exemple la volonté partenariale de conventionnement entre les clubs et les associations du champ social, la formation des bénévoles, une campagne de recrutement de bénévoles sur le volet éducatif, la promotion du sport famille pour les mères ou pères isolés avec leurs enfants, la mise en place d’un comité jeunesse au sein du mouvement sportif, un travail approfondi avec les étudiant-e-s en STAPS, une réflexion sur la création de postes mutualisés d’ETAPS (Educateur Territorial des Activités Physiques et Sportives), des forums des clubs dans les collèges etc etc etc.. J’en passe et des meilleurs.

Il nous reste une troisième concertation Samedi sur « Quel modèle économique pour le sport », où nous nous interrogerons sur le « Qui fait quoi » entre les différentes collectivités et le privé, pour travailler en cohérence de compétences plutôt qu’en saupoudrage irréfléchi, afin de tendre vers une meilleure efficacité dans les politiques sportives. Il conviendra aussi de s’interroger sur la mise en place d’un formulaire unique pour les demandes de subventions des clubs, car on voudrait décourager les bénévoles que l’on ne s’y prendrait pas autrement..

Enfin, l’idée directrice est bien de donner du sens à notre politique, de se doter d’une vision, d’une doctrine, de critères, afin de construire un projet politique sportif départemental. Ainsi, au-delà des aléas budgétaires, c’est le projet qui mène le budget et non l’inverse. Je me refuse à courir derrière les chiffres.. Sinon, on ne fait que subir et il ne se passe… rien pour les citoyens. Ainsi autour de la cohésion sociale, nous tâcherons ainsi d’être créatifs, novateurs et fédérateurs. Ce n’est qu’un début..

Les Rétrogrades…

Après Sarkozy sur les écoles, Fillon sur le logement…

En effet l’ancien premier ministre, tout comme l’ancien président insulte gratuitement le droit des personnes en situation de handicap..

Dans un haut dérapage démagogique, F. Fillon estime, je cite « absurde » que tous les logement soient accessibles « aux handicapés »…

Bien sûr que l’inflation des normes et la lourdeur administrative pèsent parfois sur les entrepreneurs.. Mais il existe là comme une forme de constance impressionnante, une grande cohérence, à faire payer toujours aux mêmes le poids de la réglementation… A en croire Messieurs Fillon et Sarkozy, il faut donc des ghettos scolaires, proche de ghettos d’habitations.

Ma seule satisfaction sera de mettre pour une fois d’accord les deux concurrents à la primaire de la droite sur le fait que franchement, les personnes handicapées abusent..

Cohérence que de contraindre les personnes handicapées à la double peine, consistant à ne pas avoir à choisir comme tout le monde une école et un logement.. J’espère juste qu’ils se mettront d’accord pour rapprocher l’école accessible des logements qui le seront aussi.. Autant parquer celles et ceux qui posent problèmes et qui sont une charge pour l’économie nationale..

Le seul point commun est le renoncement des « LR » à toute notion de justice et d’égalité.. Comme si, et très sincèrement, au-delà des alternances politiques, nous n’étions pas parmi les pays Européens les plus à la traine en matière d’accessibilité..

Tout comme ce fut le cas pour N. Sarkozy, j’invite F. Fillon à venir rencontrer les « déplaceurs de montagne » que sont les parents d’enfants en situation de handicap pour leur exposer leurs théories progressistes. Je ne savais pas que LR signifiait : Les Rétrogrades.

 

Sarkoghetto

Les propos de Nicolas Sarkozy sur l’accessibilité des écoles aux enfants en situation de handicap sont purement scandaleux..

Il affirme, je cite « on est pas obligés de mettre des ascenseurs dans toutes les écoles, il n’y a qu’à réserver une ou deux écoles pour l’accessibilité handicapés »…

Le patron de « Les Républicains » a donc en projet de créer des ghettos scolaires hyper-stigmatisants.. Car après tout… Pour qui se prennent-ils ces enfants en situation de handicap, à vouloir comme tous les autres s’inscrire dans leurs écoles de quartiers.. Ils n’ont qu’à traverser toute la ville pour retrouver leurs copains, forcément en fauteuil roulant eux aussi..

Tous les jours, dans mes fonctions d’élu départemental, et auparavant dans un parcours associatif sur ces questions, je mesure le parcours du combattant pour les enfants en situation de handicap et leurs parents.. Au lieu de leur faire part de l’infini respect qu’ils méritent.. Monsieur Sarkozy vient de leur cracher à la figure honteusement.. Pour une raison d’économies, toujours sur le dos des mêmes, très probablement afin d’avoir les coudées franches pour supprimer l’ISF de ses amis..

J’ai demandé officiellement à ce monsieur de retirer ces propos rétrogrades, irresponsables et honteux, ou de réaliser les économies qu’il évoque en rendant toutes les écoles de France accessibles avec le montant des sondages de l’Elysée entre 2007 et 2012 et l’argent récolté pendant ses conférences de 2012 à aujourd’hui.

Les artisans de l’inclusion

Le combat pour éviter la fermeture du poste de l’enseignante spécialisée à Jacques Prévert fut exemplaire à tout point de vue. Comment ne pas cacher sa satisfaction suite à la décision rendue hier par l’académie qui revient sur sa position initiale et qui laisse l’enseignante en place.

Ce combat a d’abord été celui des enfants. En premier lieu les enfants sourds et malentendants qui ne verront pas leur avenir compromis. J’ai donc une forte pensée ce matin pour Léa et ses petits camarades, qui continueront à bénéficier de l’accompagnement qu’ils méritent et surtout dont ils ont besoin. Je pense aussi à tous les autres enfants, les « entendants » qui grâce à la présence de ce dispositif s’ouvrent à la tolérance et au respect de l’autre. Il s’agit fondamentalement de l’inclusion au quotidien, aussi bien en salle de classes que dans la cour d’école où le handicap disparaît aux yeux de tous.

Ce combat a ensuite été celui des parents. Les parents des 5 enfants concernés bien sûr. Leur humilité et leur discrétion n’ont pas entamé leur détermination. Et je ne suis pas prêt d’oublier le visage d’une maman en particulier quand hier, elle a appris que l’enseignement spécialisé était maintenu. Soulagement, bonheur et dignité retrouvée s’y mêlaient, devant le maintien de cet opportunité pour son enfant, qui dans cette école n’est pas différent. Comment ne pas penser non plus à tous ces autres parents de l’école Jacques Prévert, qui n’ont pas d’enfant sourd ou malentendant, mais qui par solidarité et par envie de conserver le modèle inclusif se sont battus eux aussi avec une détermination sans faille.

Ce combat a également été celui de l’enseignante spécialisée qui défend une éthique professionnelle et qui, pour l’avoir vue en situation, apporte à ces enfants bien plus que ses hautes qualités pédagogiques, mais aussi toute l’attention et l’affection dont les enfants ont besoin pour compenser leur situation de handicap

Ce combat a enfin été celui.. de nous tous. Car il s’agit du maintien d’un modèle de société où l’attention à l’autre prime, au-delà du respect stricto sensu des cadres établis ou imposés. Ce combat démontre que les luttes légitimes ne sont pas vaines, y compris dans nos sociétés fracturées. Je suis heureux ce matin d’y avoir travaillé avec Isabelle Assih et Jean-Jacques Urvoas, et une fois de plus, ce résultat appartient avant tout à toutes celles et ceux cités plus haut, qui le méritent grandement car leur joie est très certainement à la hauteur de la détermination et du cœur qu’ils ont mis à ce précieux ouvrage.

Longue vie à l’inclusion à l’école Jacques Prévert à Quimper

Semaine décisive pour Jacques Prévert..

Cette semaine, la décision sera prise relative à la fermeture ou non du poste d’enseignante spécialisée à l’école Jacques Prévert pour les enfants sourds et malentendants. Parents, enseignants, syndicats, et élus ont chacun dans leur rôle travaillé au maintien indispensable du fonctionnement actuel. Avec Isabelle Assih et Jean-Jacques Urvoas, nous avons tenté et tenterons jusqu’à mercredi matin d’éviter cette fermeture, que je considère pleinement comme injuste.

En effet, l’apport de l’enseignante spécialisée dans la prise en charge d’un handicap si spécifique est une véritable plus-value pour les enfants. Pour avoir pu assister à leur prise en charge, et constaté au plus près leurs difficultés, je crains que dans un groupe classe bien plus important, même avec un-e- Auxiliaire de Vie scolaire, ils ne soient perdus dans les apprentissages. Les enfants avancent considérablement malgré leurs difficultés et une rupture dans les modalités de prise en charge serait dommageable. D’autant que pour la rentrée prochaine, il est légitime de se questionner sur le manque de formation aux singularités du handicap auditif si des AVS prenaient le relais dans les écoles de proximité des enfants concernés.

Par ailleurs, au sein même du projet d’école de Jacques Prévert, l’inclusion est réelle et implique chaque acteur de l’école, à commencer par tous les autres enfants, qui au-delà des temps spécifiques de prise en charge sont en classe avec leurs camarades sourds et malentendants.

J’ai pleinement conscience que le fonctionnement de l’école Jacques Prévert peut revêtir un caractère atypique, n’étant pas une CLISS par exemple, mais il me semble qu’elle respecte pleinement le cadre de la loi par son aspect le plus important : sa vocation inclusive.

Enfin, après 25 ans de fonctionnement qui donne satisfaction aux enfants, aux parents et aux équipes éducatives de l’école, un temps de concertation doit être pris pour regarder la situation de chaque enfant, dans le cadre d’un travail avec l’ensemble des partenaires, à savoir l’académie, les parents, les équipes éducatives, l’Association Finistérienne pour Déficients Auditifs (AFDA) et les élus de proximité.

Vous retrouverez la pétition demandant le maintien du poste en cliquant : ICI.