Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Plaidoyer à tendance sincère et subjective 2…

Il y a 5 ans jour pour jour, le 26 Mai 2012, j’écrivais la chose suivante : Plaidoyer à tendance sincère et subjective

En ce moment si particulier, si troublé où nombre de repères s’effritent et où tout ce que l’on pensait acquis ne l’est plus, il existe encore quelques références solides, et des bases fortes sur lesquelles il est possible de s’appuyer.

Le sérieux, le travail, la ténacité, le compétence et la disponibilité de Jean-Jacques Urvoas en font partie. Qualités mises au service de la constance et de la cohérence de son engagement à gauche. En 5 ans, il a bonifié pleinement le spectre de ses connaissances avec 4 ans passés à la commission des lois comme président et 1 an passé à la chancellerie comme garde des sceaux.

29 rapports, 710 amendements, 1526 prises de paroles en commission, 1085 interventions dans l’hémicycle, 152 questions écrites, 3 lois rédigées, 8 lois rapportées.. Peu de parlementaires peuvent se prémunir d’un tel bilan chiffré, à commencer par le premier ministre actuel, faute de cumul, ce qui est navrant et consternant de banalité en terme de manque de renouveau dans la pratique politique..

Jean-Jacques Urvoas n’est pas un oiseau migrateur, là où sans doute, il aurait été plus aisé de faire les yeux doux au camp du vainqueur annoncé.. Certains l’on fait et en récoltent aujourd’hui les bénéfices avec une investiture là, où la manque d’adversaire ici.. Mais sur quelle base autre que le service à soi-même peut-on ainsi se comporter. « JJU » a fait lui le pari de la sincérité et de l’ancrage.

Le vrai enjeu, le seul enjeu de ces élections législatives est la réussite du pays, donc du quinquennat actuel. Autant, on ne peut se positionner dans l’opposition dogmatique, au risque alors de fracturer le pays et de servir de marchepied en 2022 à l’extrême droite Française, autant le pire cadeau à faire à Emmanuel Macron serait de lui accorder un blanc-seing et une automaticité des votes. Ni frondeur, ni suiveur.

Jean Jacques Urvoas votera par exemple les textes sur le régalien, à savoir la défense, la justice, la sécurité intérieur, votera également de nombreux textes sur l’éducation nationale, comme le fait de réduire à 12 le nombre d’élèves pas classe en Zones d’Education Prioritaire.

Par contre, il est par exemple en désaccord sur la suppression de l’Impôt sur les grandes Fortunes et sur l’augmentation de 1.7 de CSG, qui à raison de 400 Euros par an viendra frapper les retraités qui gagnent tout juste plus que 1180 Euros..

Je préfère un député utile et constructif qui vote avec un sens politique ancré à gauche que des parlementaires qui dogmatiquement vont soit tout valider, même le pire ; ou soit tout contrer même le meilleur. Jean Jacques Urvoas l’a fait en s’opposant à tout quand il fut dans la minorité et en votant tout quand il fut dans la majorité.. Il sait et il dit que le temps est justement venu de travailler autrement, et c’est peut-être le message que les électeurs ont voulu faire passer lors de cette présidentielle.

Le renouveau à tout prix n’est pas un argument à soi seul.. Le seul lien qui unit les candidat-e-s estampillés de la majorité présidentielle est d’avoir cliqué sur internet le fait qu’ils voulaient être candidats..

Quel est le point commun, l’histoire collective entre le candidat en Marche « bobo chic » du 13 ème arrondissement de Paris et le même candidat en marche dans les alpes maritimes, copain du grand progressiste Eric Ciotti.. Pas sûr qu’un tel attelage une fois celui constitué se retrouve comme un seul homme, du seul fait princier, avec le risque qu’au premier coup de grisou, l’on assiste à une envolée de moineaux..

Alors, pour justement sortir des postures dogmatiques et stériles, pour ne pas se jeter pleinement dans l’inconnu, je choisis en ce qui me concerne la gauche, la solidité, la compétence, l’honnêteté et la ténacité. Il faudra être fort pour être entendu, il faut des boussoles qui servent à chaque texte, à chaque choix, à chaque rédaction d’amendement, je choisi celles de Jean-Jacques Urvoas : l’égalité et la justice sociale.

Jean Jacques Urvoas, je l’écrivais en 2012, je le redis ici et maintenant, fait partie de ceux qui donnent encore confiance et espoir en la politique. Il n’est guidé que par l’intérêt général, et seul le travail assidu a construit son ADN politique. Il préfère travailler un week-end entier à la rédaction d’une loi plutôt que d’arpenter la circonscription pour remettre des coupes.. Ce qui est très noble, mais sans lien avec la mission d’un député.. Il redonne en agissant ainsi ces lettres de noblesse à la pratique parlementaire. Cette attitude est trop rare pour ne pas être reconduite, ce talent est trop grand pour ne pas être utilisé à nouveau au service des citoyens.

Enfin, ce qui est plus méconnu, car derrière l’inlassable travailleur, existe un Jean Jacques Urvoas à dimension particulièrement humaine, révolté contre l’injustice sociale, qui garde cette propension salutaire à l’indignation, admiratif des combats portés par ceux qui bénévolement ou professionnellement tente de lutter contre la précarité sociale du quotidien.. Avec par ailleurs un humour sans faille, une culture vaste, bref une densité humaine qui en font au-delà du parlementaire fort et précieux un homme ouvert et qui pense que c’est toujours le gentil qui gagne.. Donnons-lui raison dès le 11 Juin prochain..

 

5 semaines…

Nous avons 5 semaines pour faire campagne, 5 semaines où nous devrions consacrer toute notre énergie à ne faire que ça…

Nous devons défendre sur le terrain les valeurs qui sont les nôtres, y compris dans les nuances qui sont les nôtres, et surtout car la victoire d’Emmanuel Macron offre potentiellement de fortes zones d’incertitudes. C’est donc le moment où jamais d’affirmer ce qui nous rassemble, et non pas de donner à voir un congrès avant le congrès. Avant de nous parler à nous-mêmes, nous ferions mieux de parler aux Français, car je demeure persuadé que nous avons encore beaucoup à leur dire. Toute autre attitude revient à se saborder soi-même et à tomber dans le piège grossier qui nous est tendu par celles et ceux qui sont bien plus machiavels qu’ils le laissent penser..

D’autant qu’avec une participation historiquement faible pour ce type d’élections, avec 4,2 millions de bulletins blancs ou nuls, et une motivation de vote qui reposait pour une grande part sur l’indispensable barrage à la haine, le président de la république élu ne s’appuie pas sur base très solide et peut remercier la gauche. Le sondage qui nous dit que 61 % des Français ne souhaite pas donner au président élu une majorité vient d’ailleurs le rappeler. Sans parler du fait que les candidats en marche ne sont pas vraiment en ordre.. de marche, pas encore désignés, 15 000 volontaires, 577 investis.. donc éventuellement 14 423 déçus, fâchés, voir très en colère..

Ainsi, nous avons l’impérieux devoir de nous rappeler qu’au-delà des postures et « des socialistes qui parlent aux socialistes », notre étoile polaire doit être la recherche de l’égalité, notre boussole l’intérêt général. Car le score historique du Front National n’est « pas celui des fachos, mais des fâchés ». Pour mémoire, le FN c’était 5,5 millions de voix en 2002, 3,8 millions en 2007, 6,4 millions en 2012 et… 11 millions de voix dimanche dernier… Il faut vraiment avoir une poutre dans l’œil pour ne pas comprendre à quel point tant de gens vont mal dans notre pays ..

Notre plateforme programmatique doit reprendre très certainement à la fois un certain nombre de propositions de Benoit Hamon, qui portent en elle la justice sociale et également s’inscrire dans le prolongement d’une action gouvernementale sur certains sujets où le pays a avancé depuis 5 ans.

Ainsi, car nous ne pouvons compter que sur nous dans ce combat démocratique à venir, soyons nous-même pour ne pas disparaître, car cette disparition ne se décrète pas à la télévision..  Nos futur-e-s député-e-s ne doivent être ni des godillots silencieux, ni des frondeurs systématiques. Car nous ne devons pas être des oiseaux migrateurs. Face à ces instabilités qui s’annoncent, la solidité et le caractère rassembleur de Jean-Jacques Urvoas sont des atouts majeurs dans le moment que nous vivons. Nous sommes ni insoumis ni en marche, car dans un cas comme dans l’autre, le citoyen au moment de venir voter risque de préférer l’original à la copie..

Plaidoyer pour le projet de Benoit Hamon

Le projet de Benoit Hamon me paraît être le plus à même de rassembler la gauche. Car n’oublions pas que c’est le premier objectif. Si la gauche n’est pas rassemblée au premier tour le 23 Avril prochain, c’est l’histoire même de l’élection présidentielle, la défaite sera au RDV. Mais contrairement aux affirmations du rouleau compresseur cathodique, rien n’est joué à l’avance.. Le programme de Benoit Hamon est le seul qui me semble-t-il propose un projet de transformation de la société, une nouvelle approche, de notre rapport au travail et à l’économie. Et de cette vision, émanent des propositions concrètes sur tous les sujets, qui ne s’écrivent pas au fil de l’eau, ou en urgence entre noël et le jour de l’an façon devoir de vacances, mais qui répondent à une exigence de progrès social et écologique, à une république bienveillante et humaniste, et à une France indépendante et protectrice.

Le projet de Benoit Hamon est clairement ancré à gauche et réaliste. Une gauche qui s’assume, qui n’a pas peur d’elle-même, qui ne propose pas uniquement des rustines de régulation de l’austérité, mais un projet de transformation, ambitieux, crédible, cohérent, argumenté et chiffré. En cela, Benoit Hamon depuis 20 ans dit la même chose, en s’étant bien sur adapté aux grandes mutations.. La cohérence, la constance sont des valeurs sures en politique.. Benoit Hamon allie cohérence, constance, verticalité. Il est lui-même, pas de posture, pas de culture du slogan, de communication à outrance, d’égo démesuré..

La droite l’a quelque part démontré à sa façon, le meilleur gage de présidentialité, est la cohérence, la défense d’une vision, avec des propositions précises et nouvelles. A sa façon, et c’est aussi pour cette raison que d’autres candidats se tendent légèrement, Benoit Hamon est en quelque sorte le François Fillon de gauche.

Quelques mesures phares du programme du candidat : Revenu universel qui permet d’Eradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre, la réduction du temps de travail, abrogation de la loi travail, 49-3 citoyen pour permettre à 1% du corps électoral d’imposer au parlement l’examen d’une loi, reconnaissance du vote blanc, droit de vote aux étrangers aux élections locales, recrutement de 40 000 enseignant-e-s, création d’un visa humanitaire, arrêt des pesticides et des perturbateurs endocriniens, une PAC verte pour accompagner la transition agricole.

Mais  cet ensemble se tient dans une vision que soutient Benoit Hamon, s’appuyant sur un complet changement de modèle qui interroge notre rapport à l’économie et notre rapport au travail.

Il propose un nouveau modèle économique et social. Et pas l’unique dogme des points de croissance, car, honnêtement, tabler sur la croissance, faire reposer toutes ses propositions sur des hypothèses de croissance.. C’est tout miser sur Pépin du Poirier dans la 8ème.. Comme depuis 30 ans, si l’hypothèse c’est la croissance, rien de ce que certains proposent ne se fera. C’est cela être irréaliste.. Et c’est surtout cela l’impuissance politique… A quoi ça sert de prendre le pouvoir si ce n’est pas pour transformer le monde.

La recherche continue de la croissance du PIB ne peut plus être un modèle quand il génère un système de développement productiviste et consumériste : quand il est excluant, fracture le pays et souvent dangereux écologiquement.

Pas plus que le dogme de la règle des 3 % de déficit, sur laquelle repose pourtant l’ensemble de notre système budgétaire et qui ne s’appuie pourtant sur.. absolument rien. Crée par Guy Abeille, jeune diplômé, à la demande de François Mitterand. Cette règle est une aberration économique. Personne n’ose dire le contraire.

Benoit Hamon prône un total changement de paradigme.. Sans parler de Stiglitz, ou de Picketty, Même le FMI et l’OCDE, que l’on ne peut pas taxer de gauchisme exacerbé disent bien que l’austérité, les dogmes budgétaires si mécaniquement réduisent dans un tout premier temps la dette.. Ces politiques baissent le niveau d’activité, et généré de la récession.. Selon l’observatoire des inégalités, l’Espagne et la Grèce connaissent des taux de pauvreté qui explosent la moyenne européenne.. Ils ont baissé leur dette, mais à quel prix !!! Voilà ce que génère donc la politique d’austérité ou sa simple régulation.

Ainsi, la seule vraie politique d’avenir est une mutation profonde de notre système économique, par une conversion écologique de notre modèle..

Le Revenu Universel par exemple soulève en réalité un vrai débat à gauche. Benoit Hamon pense en effet que le travail n’est pas le seul facteur d’émancipation.. Historiquement, la gauche voulait libérer l’individu de l’aliénation. On surinvestit en France le travail, qui est pourtant amené à disparaître progressivement par la révolution numérique. Le revenu universel permet donc la valorisation des engagement citoyens, bénévoles, associatifs. En sacralisant le travail, on stigmatise d’autant plus ceux qui n’ont pas d’activité.

La mécanique implacable de la raréfaction du travail (3 millions d’emplois en France supprimé à terme, selon le FMI) amènera mécaniquement la retraite à 70 ans, qu’on soit des tenants de l’austérité ou des régulateurs de cet austérité. Benoit Hamon nous propose de ne pas nous laisser faire et d’agir politiquement. C’est un vieux monde qui s’éteint, et à nous à gauche, d’ouvrir la prochaine page avec des réponses de gauche adaptées aux prochaines grandes mutations..

Et comme on parle parfois d’irréalisme à propos de Benoit Hamon.. Car il y a aujourd’hui Toujours un dominique Seux caché quelque part pour expliquer que rien n’est possible.. En 1945, quand le Conseil National de la Résistance a crée la sécurité sociale, heureusement que Dominique n’avait pas pignon sur rue pour nous expliquer que ce n’était pas possible avec une sécurité sociale qui coutait 100 % du PIB, quand le revenu universel en coûte entre 15 et 20 %.

Plus proche de nous, Michel Rocard de la « deuxième gauche ».. donc pas considérée comme la plus redistributive en 1988 avec le RMI, et qui avait aussi le projet d’un revenu universel pour les jeunes.

La fortune des plus riches ne cesse d’augmenter : Le capital cumulé des 500 Français les plus riches s’élève en 2015 à 460 milliards d’euros, cinq fois plus qu’en 1996.. Avec des augmentations fulgurantes ces dernières années.

Ainsi, pour le financement des propositions, Benoit Hamon propose, entre autres : La taxation des haut revenus, l’attaque de certaines niches fiscales, la lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscale, une taxe de 0,65 % du patrimoine financier et immobilier et la taxe sur les grands groupes qui remplacent l’humain par le robot, renonçant ainsi au financement de la protection sociale..

Enfin, pour celles et ceux qui hésiteraient sur le soi-disant manque de « présidentialité » de Benoit Hamon, il est intéressant de constater que les deux derniers exercices présidentiels ne plaident pas en la faveur de cet argument. Car contrairement à ce qu’on pensait quelques mois avant.. Nicolas Sarkozy est celui qui a le plus abaissé la fonction présidentielle et si François Hollande ne se représente pas, c’est entre autre car on lui reproche de n’être jamais entré dans le costume..

« Faire président » c’est quoi ? avoir le bon manteau.. Le bon profil à la télé.. Marquer des silences en fin de phrases, faire preuve de solennité …J’ai tendance à penser que la cohérence, la constance, la vision d’ensemble peuvent construire en réalité un président. Benoit Hamon ne se veut pas dans le mythe mensonger d’un autre temps de l’homme providentiel, mais il est aujourd’hui le candidat utile à la gauche, et demain utile à la France.

Un candidat, une vision, des propositions…

Le cœur de Brest battait hier soir au Vauban…

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin… Le candidat à la présidence de la république Benoit Hamon, dans sa conclusion s’est engagé à…  ne pas détenir la vérité.. Il nous a avoué ne pas avoir été frappé par la foudre divine pour devenir soudainement l’homme providentiel, le sauveur que la république attend et qui semble pourtant avoir pris un léger retard…

L’ensemble de son propos hier soir fait du bien au parti socialiste et fait du bien à la gauche.. Il fait du bien à la politique, car c’est aussi une reprise en main de l’élu, pour lutter contre un ordre établi qui nous envoie mécaniquement dans le mur, si le politique n’agit pas et subit l’écume des jours, les dogmes budgétaires, inventés sur un coin de table il y a maintenant de nombreuses années.

Benoit Hamon est cohérent pour une raison simple.. Il n’a pas dévié de ses valeurs depuis 20 ans.. C’est aussi pour cette raison que de l’ensemble des candidat-e-s à la primaire, et aussi en comparaison de ce qui à gauche ou plus ou moins à gauche, tentent une aventure individuelle, individualiste et égotique, il est le seul à présenter des propositions éminemment concrètes sur chaque sujet. La cohérence appelle à ne pas construire ses propositions au fil de l’eau…

Ce qui fut également remarquable tient au fait que Benoit Hamon a proposé une vision de la société, une nouvelle approche, une doctrine en somme, tout en déclinant les propositions précises qui vont avec.

En effet, il part du constat que notre unique horizon de croissance du PIB ne sert en réalité qu’une classe et qu’une caste, et que ce dogme budgétaire, comme d’autres règles édictées il y a longtemps et presque au hasard doit se substituer à une autre aspiration collective. Et notamment celle d’une conversion écologique de notre développement économique… Le FMI et l’OCDE qu’on ne peut taxer de gauchisme exacerbée ne disent pas autre chose..

Contrairement notamment au candidat star du système hors primaire qui à chaque pas a tous les médias nationaux sur son pallier.. Benoit Hamon ne prône pas l’émancipation par le travail.. Y compris au regard de l’état de la souffrance au travail de millions de Françaises et de Français dans notre pays.. en terme de pénibilité, de précarisation, de maladies professionnelles etc.. Le nier, c’est être hors réalité.. Le nier c’est faire partie intégrante du système..

Revenu universel, partage du travail, lutte contre le burn out, renforcement de l’économie solidaire, santé et environnement, redistribution des richesses, lutte contre les discriminations, police de proximité, service public de la petite enfance, sanctuarisation de l’éducation, solidarité européenne etc… Pour chacune de ses thématiques, et pour toutes les autres, le développement de Benoit Hamon est clair, précis et ancré à gauche. Nous aurons le loisir d’en débattre partout où il sera possible tout le mois de janvier..

Il y aura toujours un économiste pour vous expliquer que c’est irréalisable ou iconoclaste… Comme si nous étions figés dans un système qui s’autoalimente en permanence et qui ne produit au final que toujours plus de précarité.. Heureusement que ces grincheux n’avaient pas pignon sur rue au moment du Conseil National de la Résistance et de la création de la sécurité sociale pour poser cette sempiternelle question du « combien ça coûte ».. Même si là aussi, Benoit Hamon donne les réponses.

N’oubliez pas que voter à la primaire de gauche coûte deux fois moins cher que voter à celle de la droite, et c’est deux fois plus important. Installons à gauche une alternative solide, cohérente et claire face à une droite totale. Projet contre projet.. Seule alternative pour ne pas baisser les bras et éviter ce qui serait soi-disant inexorable en terme de second tour. Rien n’est écrit, tout demeure à construire.

Faire battre le coeur de la France…

Appeler à voter pour un-e- candidat à la primaire de la gauche, c’est avant tout appeler à voter à la primaire de la gauche. Et c’est bien l’essentiel.. Car notre candidat-e- aura besoin d’une légitimité, issue d’un scrutin massif, populaire et fédérateur. Viendra ensuite le rassemblement autour de la personne et du projet. Cette séquence sera décisive et sa réussite indispensable pour la suite.

D’ailleurs, avec un euro de participation, le vote à la primaire de la gauche est… deux fois moins cher que le vote à la primaire de la droite, et pourtant deux fois plus important..

Dans ce cadre, j’ai choisi comme élu de donner mon parrainage à Benoit Hamon et comme militant de le soutenir.
Sa cohérence, ses idées précises et son ancrage à gauche me semblent incarner une gauche solide, comme réponse forte à une droite particulièrement dure.

Les idées concrètes qu’il développe, et que je vous invite à consulter concourent à œuvrer vers un progrès social et écologique, une république bienveillante et humaniste, dans le cadre d’une France indépendante et protectrice.

Aux idées, qui sont me semblent-ils juste le ciment de l’action politique, on m’objecte parfois la fameuse « présidentialité ».. Les deux derniers exercices en la matière ont déjà largement éprouvé cette fable d’un autre temps.. Il y a nécessité en la matière, au moins médiatiquement d’un changement de paradigme.

Si seule la présidentialité devient un critère, alors, c’est le renoncement aux idées, qui au-delà de ne pas se vérifier génère avant tout un flou idéologique, dont on connaît aujourd’hui les conséquences dramatiques pour le parti socialiste et donc pour toute la gauche..

Benoit Hamon est incontestablement « costaud idéologiquement », attendu que depuis 20 ans, il défend les mêmes valeurs. La cohérence est aussi un indéniable gage de qualité… Benoit Hamon n’invente pas ses propositions au fil de l’eau. Les siennes sont concrètes, solides et ancrées à gauche.

Par exemple :

L’abrogation de la loi travail, afin de refuser le postulat qui serait incontournable que l’activité professionnelle peut être gage de souffrance. Il ne s’agit pas de la réguler mais de lutter contre.

La « taxe sur les robots », afin que notre modèle de protection sociale soit financées par une taxe sur la valeur ajoutée ou le chiffre d’affaires, de façon à ce que symboliquement, les machines qui se substituent aux hommes permettent de cotiser et de financer notre protection sociale.

Ne plus avoir comme unique boussole d’être indexé à la croissance du PIB.. Celui-ci n’est pas que porteur d’égalité. Même le FMI et l’OCDE, que l’on ne peut taxer de gauchisme exacerbé reconnaissent que l’austérité génère surtout de la baisse d’activité et donc de la récession. Une conversion écologique de notre système économique est une vraie option. Et c’est ce que propose Benoit Hamon, en repensant les changements qu’il faut opérer dans le domaine de l’agriculture, des énergies, du recyclage, de l’énergie circulaire etc..

Le revenu universel qui permettra d’abord à toutes celles et ceux qui ne touchent par leur allocation de rendre ce versement automatique. On ne laisse pas les gens sans aucun revenu dans notre pays.. Et dans la suite du Quinquennat, la deuxième étape est le revenu universel pour tous, afin de donner de la souplesse au travail, car celui-ci n’est pas le seul facteur d’émancipation..

De nombreuses autres propositions sur la santé, l’éducation, la fiscalité, le temps de travail etc.. qui méritent elles aussi de grands débats sont déjà sur la table, et d’autres suivront encore.

Je rencontre tous les jours de nombreux indécis pour cette primaire de la gauche, qui n’est aucunement joué d’avance. Mais face à un candidat de droite dure, dont les Français découvrent maintenant le réel contenu, la réponse doit être une gauche sure d’elle-même et solide… Car d’autres orientations plus flottantes, si elles ont su limiter la casse ont montré leurs limites…

En tous les cas, il ne faut pas se résigner et se laisser noyer dans l’amertume de l’écume des jours.. L’élection présidentielle réserve toujours son lot de surprises et tout peut changer en très peu de temps.. Demandez à Alain Juppé ce qu’il en pense…

Simplement, il nous faudra être rassemblés autour d’un-e- candidat-e- et d’un projet et démontrer, par l’intelligence collective de notre diversité que le socialisme est plus que jamais en phase avec le réel. C’est aussi les raisons pour lesquelles si je fais campagne aujourd’hui pour un candidat car c’est la séquence du moment, je ferai campagne quoi qu’il arrive pour celle ou celui qui gagnera la primaire de la gauche. Mieux que des aventures individuelles, individualistes et égotiques, Débattons maintenant pour mieux se retrouver demain..

L’Unité pour l’Egalité…

La droite s’est choisi son candidat au regard d’un processus qui, il faut bien sur le reconnaître a été pour eux une réussite.. Elle a surtout voté pour une idéologie ultra-conservatrice et infiniment libérale. Le choix est clair et sans aucune ambiguïté.

La réponse de la gauche doit être double :

Tout d’abord, le devoir de l’unité, qui demeure la condition indispensable de la victoire de la gauche, dans toute la force de sa diversité. Il s’agit donc de reconnaître ses erreurs, de faire œuvre de responsabilité, de prendre de la hauteur, de lutter contre les combinaisons qui ne mènent qu’à un chemin, celui de la défaite de la France et de la mort de la gauche.

Ensuite, l’exigence d’égalité. « Elle est notre étoile polaire » comme l’a dit récemment Jean Jacques Urvoas. Il nous revient de défendre les employés, les ouvriers, les chômeurs, les précaires et la France qui souffre, face à des projets de réformes totalement inégalitaires et un jusqu’auboutisme de caste.

Notre message doit être celui de l’espoir, et de ne surtout pas se résoudre à un duel trop annoncé entre une droite extrême et une extrême droite. A cet effet, le socle de nombreuses politiques de gauche, au travers le socialisme municipal et le socialisme territorial donne souvent l’exemple.

Ce message doit porter sur l’ancrage à gauche et la compréhension du réel, à travers par exemple une réforme fiscale, qui permettra une justice sociale du quotidien.

Il s’agira d’un choix de société entre deux blocs, qui n’offre que peu d’espace au centre en réalité. Celui-ci, le MODEM, l’UDI, ses cadres, militant-e-s, électeurs ne peuvent se retrouver autour des innombrables mesures de casse sociale que cette droite dure annonce. Car en terme de représentation politique, cette primaire ne fut pas celle de la droite et du centre.. Mais bel et bien la primaire de la droite et du parti démocrate-chrétien…

Les axes programmatiques de la droite qui a triomphé hier soir sont le démantèlement de la sécurité sociale, de nombreux déremboursements, la hausse de la TVA, des saignées dans les services publics et les collectivités, donc dans le secteur associatif, la baisse des impôts pour les plus riches, l’abandon d’une politique environnementale etc..

La stratégie de la radicalisation tatchérienne pour parler à un cœur électoral ne permettra peut-être pas au nouveau champion de la droite de dépasser les 50 %.. Le radicalisme de la droite Française ne pourra pas éteindre l’intensité du pays des lumières à défaut d’un avènement conservateur et traditionaliste.

Entre le maintien de l’austérité, uniquement pour les classes populaires et le renoncement de cette orthodoxie pour rassembler plus large, le chemin sera soit celui de l’inégalité, soit celui du mensonge.

Comme le disait François Mitterrand : « Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir ».

 

Réal politique…

A l’heure où de tout côté, la politique nationale n’aura rarement autant donné un sentiment de médiocrité, alimenté par l’orthodoxie cathodique, en quête de l’anecdote permanente, la réalité se poursuit discrétement.

Au sein du Conseil Départemental du Finistère, deux projets sur lesquels votre serviteur travaille méritent d’être ici valorisés, tant ils mettent en avant le rôle essentiel de fédération et d’animation de la collectivité départementale et la volonté des élus de la majorité d’offrir le meilleur service au public, y compris en période de disette budgétaire.

Ces deux schémas, si on souhaitait les caricaturer peuvent paraitre techniques, voir technocratiques, mais pourtant, il s’agit de « réal politique », avec des ramifications et déclinaisons concrètes sur le terrain.

Tout d’abord, le Schéma Départemental d’Amélioration de l’Accessibilité des services au public (SDAASP). Ce schéma est une commande de l’état auprès des conseils départementaux et des préfectures, qui pilotent leur application.

Le schéma a pour aspiration d’offrir le meilleur service pour une meilleure égalité entre les citoyens, en réduisant les zones en déficit. Il s’agit du service au sens large, car il intègre du public et du privé, du marchand et du non marchand délivrés par les opérateurs nationaux et locaux. Nous évoquons donc ici par exemple l’offre de santé, de commerces, de présence des services publics, de transports et de la nécessaire mutualisation pour tendre vers une meilleure efficacité.

Ainsi, à l’échelle des pays, le conseil départemental réunit autour de la table une cinquantaine de partenaires en ce qui concerne la Cornouaille : des élus et techniciens des collectivités (ville, communauté de communes), des institutionnels (CAF, Pole Emploi, Poste, Agence Régionale de Santé, chambres consulaires), et des associations de tout secteur pour définir des priorités et trouver des solutions communes afin d’essayer de faciliter la vie des citoyens.

A titre d’exemple concret, des Maisons de Service au Public sont en fonction ou en projet sur l’ensemble du département, et permettent de regrouper au sein d’un même bâtiment de nombreux services, afin d’éviter aux citoyens de passer d’une administration à une autre, et de se perdre dans un dédale sans fin aussi illisible que décourageant au final. Ainsi, les institutions au sein du même bâtiment travaillent directement ensemble et tout le monde gagne du temps.

Ensuite, le Projet Départemental d’Insertion (PDI), 2016-2021 qui se décline là aussi à l’échelle des pays, que j’accompagne, car il se travaille en Cornouaille sous la houlette de ma collègue Isabelle Assih. Ce projet réunit et fédère l’ensemble des acteurs de l’insertion qui accompagne au quotidien celles et ceux qui sont en situation d’exclusion économique et sociale. C’est ici à nouveau la réal politique et non pas les caricatures outrancières qui perdurent notamment sur les bénéficiaires du RSA.

Qu’il s’agisse de l’Insertion par l’Activité Economique, des chantiers d’insertion, des ateliers d’insertion, de l’Economie Sociale et Solidaire, c’est toute l’offre d’insertion qui est mise sur la table, afin bien sûr de dégager des diagnostics territoriaux, pour recenser tout ce qui existe sur le département et ainsi se fixer des objectifs concrets. Notamment, ceux de favoriser l’accès aux droits et à l’autonomie, de favoriser l’accès et le retour à l’emploi, favoriser la coordination des acteurs et la communication.

Dans les deux exemples en question, le conseil départemental utilise l’intelligence collective et participative pour trouver des solutions concrètes sur le terrain. Construire une politique publique adaptée aux aspirations citoyennes nécessite ce type de préalable. Mais ils est souvent plus facile de décider seul dans son coin, pour donner une réponse court-termiste à un problème immédiat.. C’est ici toute la question du portage politique ou pas d’un sujet. C’est aussi  toute la difficulté de la gauche à rendre lisible, simple et concrète la mise en place de politiques publiques au service du citoyen.

Enfin, si le gouvernement reconnaît au travers des deux dispositifs pré-cités le rôle clef du département en terme d’échelon de proximité, ce même gouvernement décide de snober le conseil départemental pour lui donner les moyens de ces missions, car non seulement, nous serons la seule collectivité ne bénéficiant pas de coup de pouce, mais qui verra même sa charge financière considérablement alourdie. Entre une droite qui caricature les missions essentielles du département et une gauche gouvernementale, qui semble nous mépriser.. Nous continuerons à porter haut et fort nos missions de solidarités, entre les citoyens et les territoires.

Les plus et le moins…

Il y a 8 mois, le 27 Janvier dernier, Jean-Jacques Urvoas, tout fraichement nommé Ministre de la Justice avait annoncé : « J’ai quinze mois qui seront dédiés à une priorité, obtenir des moyens conséquents pour ce ministère ».

8 mois après, dans le cadre du projet de loi de finances de 2017, le budget de la justice sera en hausse de 9 % soit 520 Millions d’Euros, du jamais vu depuis 20 ans.

L’état d’urgence de la situation de la justice Française le justifiait incontestablement. Pour autant, en politique, le plus dur et le plus important est de … « gagner ses arbitrages » pour défendre sa politique et donner des moyens à son action.

Mais au-delà de l’habileté, et d’avoir tenu son engagement, le plus important est de souligner ici à quel point la politique du ministre de la justice est clairement ancrée à gauche, car derrière les chiffres, ce sont des réalités concrètes pour un service public sinistré. Car cette augmentation historique du budget de la justice s’adresse tout d’abord aux 25 000 Français qui entrent chaque jour dans un tribunal. Le garde des sceaux, avec la loi sur la justice du XXIème siècle avait déjà fait de la justice du quotidien sa priorité. C’est une « certaine conception de la justice »..

600 emplois crées dans les juridictions, en réponse à des vacances de postes ; une augmentation de 12 % des crédits de fonctionnement, pour que matériellement les conditions de travail soient réunies ; 31 % de plus pour l’immobilier (dont le tribunal de Quimper), une revalorisation de l’aide juridictionnelle ; une augmentation pour l’aide aux victimes ; l’engagement du programme sur l’encellulement individuel (1,158 Milliard) ; 1255 créations d’emplois dans l’administration pénitentiaire ; Création de 165 emplois pour la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) etc..

Ce dernier point concerne en particulier ce qu’on appelle les  Services Pénitentiaire d’Insertion et de probation (SPIP), qui sur le terrain accomplissent une tâche ingrate, mais essentielle en matière de prévention de la récidive et de suivi de la réinsertion des individus condamnées.

Jean Jacques Urvoas avait le 27 Janvier également annoncé : « Je parlerai peu, mais j’agirais beaucoup ». On y est..

Pour être tout à fait complet, après ce satisfecit qui, au-delà de l’objectivité de l’orateur est suffisamment chiffré et factuel pour modérer les esprits chagrins, je fais part d’un vif questionnement relatif à quelques récents choix gouvernementaux.

En effet,  dans un contexte budgétaire parfois intenable pour les collectivités, si je salue vivement les gestes justes et progressistes aux communes et intercommunalités (baisses de dotation d’état réduites de moitié), et aux régions (transferts d’une fraction de la TVA permettant de dégager d’importants crédits), j’attends avec impatience des décisions fortes pour les départements.

Il serait en effet regrettable que la collectivité des solidarités soit le parent pauvre de la politique territoriale du gouvernement. A moins de considérer bien entendu que les missions de protection de l’enfance, d’accompagnement des personnes âgées, en situation de handicap, d’insertion, de jeunesse, entre autres, soient assez inutiles, superflues, ou même insignifiantes. Les missions de solidarité de proximité sont suffisamment caricaturées par la droite, pour ne pas faire l’objet de mépris par la gauche..

Encore et toujours…

La surenchère Tatcherienne de la droite française est.. « en marche ».. et ce n’est que le début..

Trois exemples précis :

Tout d’abord, l’économie de 100 Milliards d’Euros (ou 85 selon le candidat de droite concerné) sur les dépenses publiques, tout en supprimant l’impôt sur les grandes fortunes (plus de 5 milliards de recettes en 2015 pour l’état), vont avoir comme conséquence directe et mécanique de baisser encore plus le concours financier de l’état au travers de la dotation globale de fonctionnement à l’ensemble des collectivités territoriales dans tout le pays.

Pour le dire autrement et plus simplement, si les collectivités dépendent en partie de l’état, de nombreuses associations dépendent de ces mêmes collectivités. Autant dire qu’il s’agit ici du lien social du quotidien à travers le maillage associatif sportif, culturel, socio culturel qui sera attaqué et même en péril.

Ensuite, la réduction (proposée encore aujourd’hui par un candidat à la primaire de « LR ») d’un fonctionnaire sur deux « même » au sein des collectivités territoriales attaque au cœur la solidarité entre les citoyens et les territoires. Dans un conseil départemental, par exemple, de telles mesures, à la Protection Maternelle Infantile (PMI), dans les services Enfance / Famille, Personnes âgées, Personnes en situation de handicap, jeunesse, insertion etc..  sans parler bien sûr de l’aide aux entreprises, à la pêche, à l’agriculture aura des conséquences désastreuses sur le service rendu au public. Nombre de ces services fonctionnent déjà à flux tendu et des mesures si radicales viendront précariser encore plus les précaires.

Enfin, le risque est évident de diviser le pays en fustigeant systématiquement une catégorie : Le discours de la droite cassoulet sur le RSA, laissant à penser qu’une majorité écrasante ne fait que profiter du système ainsi que la dégressivité de l’allocation chômage consiste à s’en prendre toujours aux mêmes.. Ce qui dans le même temps revient à ne surtout pas toucher aux amis du Fouquet’s.. C’est ici acte de constance dans le paradigme qui attaque systématiquement celui ou celle qui est juste en dessous, pensant que si celui-ci vit moins bien, c’est tous les autres qui vivront mieux.. Au-delà de flatter certains bas instincts, c’est bien la démagogie et la caricature qui s’imposent.

A gauche, nous ne pourrons nous contenter de faire peur avec cette droite ultra ultralibérale. Pour le moment, alors que tous les candidat-e-s à la primaire de la gauche ne sont pas connu-e-s, et qu’il paraît sage, pour un choix éclairé d’attendre la liste finale des candidat-e-s, qui sera définitivement connue le 15 décembre, il nous faudra un projet crédible, précis et ancré à gauche. Si comme la plupart de mes camarades, j’attendrai au moins le 15 Décembre pour me prononcer, certaines propositions notamment de Benoit Hamon me semblent pertinentes et crédibles, entre par exemple le revenu universel d’existence, la réduction du temps de travail pour le bien-être au travail et la lutte contre le chômage, la reconnaissance du vote blanc, un parlement simplifié, qui peut contrôler l’action de l’exécutif etc..

A 231 jour du premier tour de la présidentielle, nous sommes à un tournant de ce qui doit faire France, car l’offre politique sera très claire et contrairement à une pensée répandue, le clivage gauche droite est et sera particulièrement prégnant. Notre réponse doit elle aussi être claire et sans faille, face à une droite qui agite avec frénésie le chiffon de la peur, de la haine, de la division, en pensant que la question identitaire doit primer sur la question sociale. De telles mesures, comme exposées au début de ce propos, peuvent demain affaiblir ce qui fait la force et justement l’identité de la France, à savoir la pensée des lumières, avec comme piliers la tolérance, la liberté et l’égalité.

Face au danger de mort nationaliste d’une part et la surenchère identitaire et libérale d’autre part, c’est bel un bien une véritable œuvre de fraternité sur laquelle nous allons devoir travailler, avec bien sur des déclinaisons concrètes pour démontrer que la France non seulement n’est pas en panne, ne doit pas se replier sur elle-même, mais doit avancer, encore et toujours.

 

En marche… Arrière ??

«En marche », nouveau mouvement, qui génère une micro-révolution et un psychodrame dans le landerneau médiatico politique parisien.. Même si les ramifications locales seront bien sur évidentes..

Dans le clip promotionnel qui accompagne le projet, « En marche » repose donc sur je cite « des idées neuves« … OK… Sauf que le « ni de gauche ni de droite » revendiqué par M. Macron était déjà utilisé par…. Giscard…

Sauf que le « ni de gauche, ni de droite », veut surtout dire jamais à gauche.. Ou pour reprendre Mitterrand : « le centre, cette variété molle de la droite ».. ou mieux encore : « Si quelqu’un se revendique ni de droite, ni de gauche, c’est qu’il est ni de gauche, ni de gauche... »

Dans un permanent politique bashing, « dépasser les clivages partisan » est devenu malgré tout une assertion très dans l’air du temps mais finalement très lisse et politiquement correct, qui pourtant passerait contre toute attente pour une forme de modernité..

Ce dépassement des clivages partisans s’incarne très certainement sur certains projets à l’échelle local.. Mais plus on monte dans la prise de décisions.. Plus cette base idéologique devient infondée. Au contraire, on peut partir du postulat que le clivage partisan permet, en allant  jusqu’au bout d’un désaccord, d’étudier toutes les problématiques d’un sujet, pour aboutir à une décision assumée.

Mais en commençant tout de suite par l’incolore et l’inodore… le « ni de gauche, ni de droite » C’est l’immobilisme assuré… J’en reviens en effet à mon Giscard… qui fut l’emblème du non mouvement. La seul marche en avant fut celle de son départ à pied de l’Elysée, mais politiquement, ce mandat fut plutôt un détonnant.. surplace… Définitivement, rien de nouveau sous le soleil avec le sujet du jour.. Tous ceux qui ont présidé au centre (et ils sont nombreux…) n’ont quasiment jamais réussi à mettre en œuvre UNE réforme politique d’ampleur (hors sociétal), avec des vrais retombées importantes pour le quotidien des gens…

Le « ni gauche ni droite » n’aurait en effet pas permis : les congés payés, les 39 heures à l’époque, le RMI, l’abolition de la peine mort, la loi sur l’avortement, les 35H00, le CMU, le PACS, le mariage pour tous etc…

Pour le coup, je suis en désaccord avec mon camarade Gérard Filoche.. Macron est tout sauf un OVNI.. Il est juste « normal » (comme dirait un autre) ,en développant des idées d’un classicisme confondant.. Sans doute une question d’air du temps puisqu’on nous fait déjà le coup de la révolution des idées avec… Alain Juppé…

Mais politiquement la démarche est habile.. Car d’abord elle est positive, ce qui manque aujourd’hui. Ensuite, un peu de projection donc de presque fiction : Si François Hollande est candidat, la création de ce mouvement est comme un « poisson pilote » pour la conquête d’un électorat centre-droit.. qu’il faudra soit contester à Juppé, soit carrément « piquer » à Sarkozy..

Mais si François Hollande n’est pas candidat, Emmanuel Macron se crée alors sa propre histoire avec une structure opérationnelle qui pourra lui servir très vite..

C’est donc intelligent stratégiquement car « gagnant gagnant » comme dirait une autre ministre. Mais sur le contenu, sauf à croire que l’extrême centre incarne l’avenir.. « En marche » suit une ligne forcément.. droite…