Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Concertationite…

Qu’elle soit passée ou à venir, la concertationite aigüe me guette : Réunions participatives sur le projet départemental, Bilans de mandat, réunions de quartiers avec le PS Quimper, Réunions Débats avec l’ensemble du mouvement sportif, Schéma d’accessibilité au service public avec élus et associations..

En l’espèce, la concertationite n’est pas une pathologie, mais plutôt une modalité indispensable d’aide à la réflexion. C’est en fait la question du sens que l’on donne aux décisions politiques et donc à l’action publique. Cette quête de sens ne peut se faire qu’au plus près des citoyens, qu’ils soient organisés ou non en associations. C’est ici toute la question de notre modèle démocratique à l’heure où les partis n’ont jamais été autant détestés (ce qui ni n’excuse, ni n’explique les violences inqualifiables à l’encontre aujourd’hui des biens, et demain des personnes…).

Le politique bashing est partout et sombre parfois dans une facilité navrante. Pour autant, ce qui doit être entendu, c’est la désespérance collective et les aspirations citoyennes vers une meilleure prise en compte  de la dimension humaine dans l’organisation politique et administrative de notre pays.

Ainsi, progressivement, en se nourrissant de ce que nous entendons au plus près des citoyens, en regardant ce qui se fait ailleurs et qui fonctionne, nos projets politiques locaux doivent être guidés par ce besoin de lien social en proximité. Y compris dans un projet local d’alternative, il sera indispensable de travailler à la mise en œuvre de modalités pratiques et concrètes pour qu’un certain nombre de questionnements de citoyens, sur leurs rues, leurs quartiers ou même sur des projets structurants de la ville trouve à la même hauteur de vraies réponses, en ne laissant personne suspendu dans le vide.

De vrais outils politiques, administratifs et techniques existent pour répondre efficacement aux demandes. Les élu-e-s doivent en être les garants. Nous serons amenés progressivement à déployer nos propositions en la matière, après les phases autant passionnantes qu’indispensables de concertation. C’est tout le sens d’un projet politique, qui doit s’appuyer sur une volonté de rénovation des pratiques, pour une refondation en profondeur. Le sujet ne fait que commencer. La porte s’entrouvre, écoute et échange en sont la clé.

Prendre en main l’avenir de Quimper.

Une nouvelle majorité municipale est arrivée aux commandes de notre ville il y a 22 mois. 1/3 du mandat, le temps où l’on doit lancer les principaux chantiers sur lesquels on s’est engagé devant la population. Durant cette période, avec mes collègues du groupe d’opposition municipale, j’ai voulu observer patiemment, je me suis opposé de façon constructive ou plus fermement, quand l’intérêt général de la Ville et de ses habitants me  paraissait être mis en cause.

Personne ne peut prétendre à la perfection : ni l’opposition, ni le parti socialiste, ni les autres mouvements de gauche et écologistes. Nous devons aussi nous appliquer à nous même des critiques, et faire œuvre de modestie et d’humilité, en particulier au regard des multiples crises qui nous frappent et qui appellent au rassemblement plus qu’à la division.

Car au final, c’est toujours l’intérêt de Quimper et l’avenir de ses habitants, actuels et à venir, qui doit primer.

Ludovic Jolivet, lors de son élection en Mars 2014, nous promettait un courant d’air frais, un profond renouvellement pour mettre la Ville en mouvement. Il était en effet possible d’y croire. Mais force est de constater que le courant d’air a tourné au souffle court.

Trois raisons majeures à cela :

Tout d’abord, le conformisme institutionnel municipal que le maire et son équipe n’arrivent pas à faire évoluer.

Ensuite, les logiques politiques conservatrices qui immobilisent et paralysent. Il existe comme une sorte d’enfermement de l’équipe municipale, qui ne se repose que sur le seul socle de la droite.

Enfin, un manque permanent de vision d’avenir, de projet global, une impréparation, pour ne pas dire plus dans l’approche des dossiers structurants. Ce qui génère une ville qui se replie sur elle-même quand d’autres à l’inverse anticipent sur les enjeux de demain. Le retard s’accumule et le quotidien des Quimpéroises et des Quimpérois en subira les conséquences avec un avenir de la cité compromis en matière économique, d’emplois, de logement, d’accès à la culture et aux loisirs …

Les promesses non tenues forment une longue litanie : stationnement, salle multifonctions,  vidéo-surveillance… Autant de mesures que le maire et sa majorité annonçaient comme des marques fortes de leur projet.

La brutalité dans la méthode et les propos est finalement la seule originalité, au quotidien, de ces 650 jours de mandat.

La rémunération du Directeur général des services  qui pose question, dont une part prise sur le budget du Centre Communal d’Action sociale, ne peut qu’installer le doute sur l’éthique et le sens de l’intérêt général des acteurs concernés.

La communication à outrance n’est qu’on trompe l’œil pour masquer cette absence de vision et cette pauvreté dans l’action.  Je m’appliquerai dans les années à venir à argumenter sur ces différents points.

En effet, le maire parle beaucoup, mais agit très peu ! Ou quand il agit, c’est pour se renier ou pour annuler. 

Alors, il nous faut prendre en main l’avenir de Quimper.

2016 est une année charnière et passionnante, car pour la première fois en 3 ans, il n’y a pas d’élections. En politique, le plus ressourçant, le plus créatif et le plus constructif, c’est le travail de réflexion. Nous allons pouvoir collectivement travailler chaque sujet concrètement, en y associant la population dans ses lieux de vie et l’ensemble des acteurs qui font bouger notre ville. Ce travail nous permettra de préparer dans un premier temps une alternative de gauche puis un projet d’alternance de gauche à mettre en œuvre. Travail qui sera collectif et ouvert, totalement ouvert.

Un collectif sous la houlette du secrétaire de la section du Parti socialiste Matthieu Stervinou, qui y travaille avec ardeur. Ce travail doit s’ouvrir au monde économique, associatif, syndical et à tous les citoyens qui le souhaitent. Ce travail collectif doit porter puis incarner un projet pour la ville, l’agglomération et la Cornouaille.

Car, faut-il le reconnaître, au niveau national, la production de nouveaux projets, de nouvelles pratiques dans les appareils politiques est aujourd’hui paralysée par la préparation des élections présidentielles, à gauche comme à droite.. Au moment où il faudrait dans l’urgence répondre à l’angoisse sociale de nos concitoyens les plus touchés par la crise, au moment où il faut proposer un projet mobilisateur et juste face à la démagogie simpliste des fausses solutions  du Front national.

Alors, localement, à travers des propositions concrètes, le temps  vient de poser les bases de cette alternative à travers une exemplarité dans la pratique des responsabilités, en terme de mandat, de rémunération, de comportement ; A travers une construction collective cornouaillaise permettant à Quimper un développement économique réel ; A travers la mise en œuvre d’un projet solidaire guidé par une idée de justice et d’égalité.

Il est possible de créer pour Quimper et son agglomération les conditions d’un territoire qui s’anime au quotidien.

Il est possible de créer pour Quimper et son agglomération une dynamique par le prisme de la Cornouaille, sur le développement économique, les transports, la pêche, le tourisme, la culture, le sport etc.. Il nous faut de véritables assises de la Cornouaille. Si le maire de Quimper ne le fait pas, d’autres s’en chargeront, à d’autres échelles car il s’agit de prendre en main notre avenir.

Et pour conclure, pourquoi pas concrétiser le rêve de nombreux habitants de notre région en œuvrant pour une Bretagne à 5 départements et ainsi rejoindre l’invitation de Jean Jacques Urvoas à travailler collectivement vers une future architecture administrative et politique correspondant à un modèle breton.. Quimper doit y prendre toute sa part. Avec d’une part le respect des champs de compétences des collectivités et avec d’autre part de vrais pôles d’équilibre, notamment en tenant compte de la diversité des richesses de la Bretagne occidentale.

C’est dans ce contexte combatif et plein d’espoir que je souhaite à toutes et tous mes meilleurs vœux pour 2016, et comme disait Jacques Brel il y a 48 ans :

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir,
et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer,
et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil
et des rires d’enfants.

Le choix politique du démantèlement

Tribune des élus d’opposition de la commission culture de la ville de Quimper (Nolwenn Macouin, Gilbert Gramoullé, Jean-Marc Tanguy) :

« Nous apportons notre soutien aux acteurs culturels et socioculturels quimpérois qui ont fait part de leur légitime grande inquiétude face aux choix totalement injustes de la majorité municipale. Nos pensées vont naturellement vers les salariés de ces associations qui aujourd’hui risquent de perdre leur emploi.

Nous saluons le courage de ces associations qui n’ont d’autres choix que de faire part publiquement de leur désappointement.

Nous partageons l’inquiétude des associations car nous considérons que la culture est essentielle pour l’émancipation et le lien entre les individus.

L’adjoint à la culture de la ville de Quimper n’a aucunement prit son dossier à bras le corps et n’a défendu aucun projet pour Quimper.  Entre l’abandon du Pôle Max Jacob et des coupes de 10% voire bien davantage pour les associations, c’est pour l’adjoint à la culture une défaite face au maire qui opte pour un choix profondément inique et dangereux concernant l’ensemble de la politique culturelle et socioculturelle quimpéroise.

Les choix politiques de la majorité municipale sont un démantèlement en règle et vont générer une perte d’attractivité conséquente pour la ville car la culture est créatrice d’une forte activité pour nombre de salariés, notamment d’associations.

Ces choix politiques se sont fait en complet mépris des acteurs concernés, qui n’ont aucunement été entendus dans leurs revendications, avec des déclarations contradictoires et sans aucun fil conducteur du maire et de son adjoint.

Ces choix politiques n’ont été aucunement débattu, en particulier au regard du nombre de Quimpéroises et Quimpérois concernés, puisque les Maisons pour Tous subiront aussi les lourdes conséquences de coupes claires. 

Perte d’attractivité, mépris des acteurs culturels, aucun débat.. L’exact contraire des engagements d’un candidat, qui devenu maire s’offre une crise en 6 mois avec les acteurs culturels et socioculturels de la ville.

Nous martelons que d’autres choix sont possibles, comme le fait la majorité des autres villes avec des structures équivalentes. Cette politique, ou plutôt cette absence de  politique culturelle de la ville porte la douloureuse empreinte d’une idéologie de droite dure. De la casse sur le fond et de la stratégie bassement électoraliste sur la forme, en essayant de faire passer la douloureuse le plus vite possible.

Il y a quelques semaines, le maire de Quimper évoquait des mesures inédites. Le caractère de ces attaques à des  pratiques qui méritent pourtant le respect des élus est en effet désespérément inédit. »

 

Objectivité et Compétence..

La prise de décision politique nécessite de l’élu-e- un minimum de connaissances du sujet concerné et un certain sens de l’équilibre, avec l’intérêt général en ligne de mire.

La prise de décision politique doit faire l’objet de l’intérêt infini de l’élu-e- qui a pour devoir de considérer les tréfonds du moindre détail du sujet relatif à la décision qu’il va prendre.

Je constate parfois et me désole souvent que ça ne soit pas toujours le cas, d’un côté comme de l’autre de l’échiquier par ailleurs..

Ainsi, j’ai déjà entendu un-e- élu-e- dire que « même » une maman avec un « enfant handicapé » avait refusé un logement social..   J’explique que peut être si le logement était accessible, il n’était pas adapté à l’enfant en question et qu’un organisme existe pour recenser l’offre de logements accessibles et accompagner les demandeurs en fonction de leur type de handicap, tenant compte de chaque spécificité. Il y a un coût et du partenariat à mettre en place, mais c’est un choix politique qui peut répondre à des problématiques précises et croissantes. On me répétera que « oui, mais ça reste un problème le logement pour les handicapés ».. Je ne peux alors qu’exprimer mon désarroi..

Comme j’ai déjà perçu chez un-e- élu-e- une appétence pour tel ou tel façon de concevoir l’art et dénigrer presque publiquement toute autre forme d’expression artistique et parce que cette forme d’expression ne lui convient pas, remettre en cause son utilité et donc son existence.. Dans l’hypothèse où l’élu-e- en question serait en charge de la décision finale d’attribution d’une subvention, comment ne pas être sûr que va alors prédominer sa propre appréciation personnelle.

L’idéologie dominante du moment revient à tuer la pensée à défaut d’un prégnant individualisme et peut pousser aux comportements que je décris ci-dessus, mais ne pas demeurer en surface et s’exonérer de ses propres goûts personnel sont la moindre des exigences pour celle ou celui qui rend l’arbitrage final.

Comment ne pas se poser ces questions, en particulier à Quimper, avec le choix politique de la majorité municipale de réaliser des coupes claires dans le secteur associatif. Les exemples cités plus haut ne tendent pas à démontrer que compétence et objectivité seront au RDV face à des associations dont la question de la survie se posera.. L’amateurisme et les intérêts particuliers du décideur ne peuvent alors que conduire à un clientélisme certain.

Car à l’écoute de certaines réflexions de la majorité en question, il me vient à l’esprit la citation suivante de Woody Allen : « J’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire guerre et paix en vingt minutes. Ça parle de la Russie ».. Il en faudra plus, y compris face à des choix cruciaux d’avenir pour les associations Quimpéroises.

 

Question : « Quel projet ? ». Réponse : « On verra »..

Ci dessous, le texte de mon intervention d’hier soir au sujet de la résiliation de plusieurs marchés relatifs au plan transports. Je note par ailleurs qu’à mes questionnements de fin, la seule réponse des élus de la majorité Quimpéroise, qui sonne désormais comme leur slogan de début de mandat fut : « on verra ».

« Nous souhaitons toutes et tous ici politique de déplacements s’inscrivant dans le développement durable dans sa triple vocation : économiquement viable, socialement juste, écologiquement ambitieuse.

Dans d’autres collectivités, parfois près d’ici, des projets ambitieux furent rejetés et finalement quelques années après, ils sont revenus au goût du jour et font la satisfaction de toutes et tous.

Il faut donc du courage politique, car il est toujours plus facile de faire peur en agitant le chiffon rouge que de faire adhérer à un projet novateur qui bouge les lignes et change les habitudes.

Des conseillers communautaires avaient soutenu ce projet lors du dernier mandat et vont pourtant voter peut-être ce soir la résiliation des marchés, y compris vous Monsieur Le Président de Quimper Communauté, Ludovic Jolivet, puisque je rappelle que vous aviez voté pour l’attribution des marchés du plan transports le 13 Décembre 2013..

Il n’empêche que nous avons toutes et tous en commun l’ambition d une politique de transports qui lie véritablement nos communes afin de renforcer notre bassin de vie commun, et de rendre le plus attractif possible notre territoire.

C’est aujourd’hui d’autres projets qui se dessinent, et c’est un choix démocratique qui en a ainsi décidé. Comment ne pas faire autrement que de le respecter.

J’assume de fait à titre personnel, avec d’autres, d’avoir soutenu ce projet, et qui sait, dans quelques années, peut être que le  bus à haut niveau de service ou tout autre projet novateur et progressiste aura une existence à Quimper Communauté, mais force est de constater qu’une majorité de Quimpéroises et de Quimpérois pensaient différemment, c’est aussi pour cela que je m’abstiendrai sur ce vote.

Cela dit, au delà des fortes contraintes annoncées par le président de la république, qui pèseront sur notre collectivité, 50 milliards d’un côté, vous en parlez souvent, et c’est normal, avec un autre pouvoir politique que vous soutenez et qui vous soutien, ça serait 130 Milliards.. Dans ce cas, je vous laisse imaginez…

Pouvez vous nous indiquer au lieu de ce que vous ne souhaitez pas, quelle sera votre politique de transports et de déplacements en général (pas uniquement les bus d ailleurs) qui permettra de conjuguer une vision d avenir qui corresponde a des aspirations légitimes d aller vers le développement durable (économique, sociale, environnemental) au service des habitants de notre territoire ? Quel est votre projet ? Et votre projet alternatif s’il existe est-il éligible aux subventions Européennes, Régionales et Départementales que nous avions obtenues ? »

On communique sur la scène, on démantèle en coulisses..

Il y a dans l’air à Quimper, au delà d’un potentiel pic de pollution matinal dans l’hyper centre, quelque chose d’insidieux qui s’installe.. A l’abri des regards, comme si Ludovic Jolivet et sa majorité municipale avançaient masqués. Ils donnent une image souriante à l’extérieur, communiquent sans arrêt, se mettent en scène et voudraient faire croire, qu’ils ont le monopole de la concertation.. Étonnant lorsque l’on sait que la semaine dernière, par exemple, des élus de l’opposition se retrouvent à remettre les récompenses à une compétition de tir à l’arc handisport en l’absence d’élus de la majorité.. Il y a des sujets qui intéressent peut être plus que d’autres.

En tout cas, il ne faut pas être dupes, car la proximité, la vraie, ne se vit pas qu’à travers la communication. Mais la philosophie qui s’installe progressivement est toute autre.

Dès le discours d’intronisation du nouveau maire, la politique sociale était oubliée. Voilà quelques illustrations concrètes de ce qui se passe réellement après seulement 2 mois aux responsabilités :

Des mensonges et de la manipulation sur le financement du pôle Max Jacob, brillamment démontrés par mon collègue Gilbert Gramoullé lors du dernier conseil municipal. Un ballon d’essai avait été tenté pour l’abandon partiel du projet, et face à la gronde légitime des acteurs culturels, souhaitons que ce projet ouvert à toutes et tous, qui dynamisera la ville verra le jour. On ne sent pas une motivation réelle pour y parvenir en tout cas.

Des questionnements sur le devenir du projet urbain du Cap Horn qui comprend pourtant du logement solidaire, des places de crèches et des appartements pour femmes isolées en difficulté. Projet où il existe manifestement des réserves, essentiellement car des riverains (proches de la majorité ?) auraient la vue gâchée par cette urbanisation.

Vu en comité de pilotage, puis en conseil municipal, une volonté de « rationaliser », donc à terme de saborder le Projet Éducatif Local qui concernait des projets pédagogiques pour  plus de 800 enfants en 2012, et plus de 1000 en 2013. Ce dispositif ayant la vocation de réfléchir et de proposer avec tous les acteurs des améliorations pour le quotidien de chaque enfant dans tous les temps de sa vie. Des inquiétudes partagées également par des acteurs de l’éducation populaire.

Des ajournements de subvention à des associations d’alphabétisation ou d’accompagnement de personnes étrangères en difficulté, avec des propos indignes de certains membres de la majorité (« appel d’air » etc..) qui devraient faire peur, y compris à celles et ceux qui se revendiquent d’un courant humaniste au sein même de cette majorité.

Une absence de vision de ce qu’est l’intérêt général quant en commissions, des élus de la majorité prétendent connaître « pierre », « Paul » ou « tartentpion ».. Et que du coup, il serait souhaitable d’orienter telle ou telle décision dans tel ou tel sens. Sans projet politique, c’est toujours le clientélisme qui gagne à la fin.

Beaucoup de « on verra » de la part du maire et de ses adjoints lors du dernier conseil municipal. Difficile de savoir s’il s’agit d’impréparation, confinant à une forme d’amateurisme ou s’il y a hésitation à décliner une philosophie qui est celle de la droite dure. Nous sommes peut-être déjà à un tournant de de ce mandat.

Un mandat municipal est complexe et le danger en est la caricature ou la simplification, car les décisions prises ont un impact direct et immédiat en proximité sur nombre d’habitants.

A l’écoute de certaines réflexions de cette majorité, il me vient à l’esprit la citation suivante de Woody Allen : « J’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire guerre et paix en vingt minutes. Ça parle de la Russie »..

Quelques questions pour un premier bilan..

Être un opposant constructif, c’est d’une part reconnaître les erreurs du passé et d’autre part  laisser à la majorité municipale sortie des urnes le temps de s’installer. Mais être un opposant attentif c’est aussi soulever quelques interrogations, y compris au regard du « premier bilan » du maire de Quimper dans la presse du jour. Son propos est d’ailleurs un peu « pagailleux » et forcément sélectif.

Tout d’abord, sur les Temps d’Activité Périscolaires, le maire ne parle jamais de la réforme des rythmes, qui est bonne. Nous devons faire œuvre d’humilité sur ce sujet, car si nous, nous avons assumé notre position sur la réforme, il est évident que des dysfonctionnements ont vu le jour dans la mise en œuvre. Le maire de Quimper critique le contenu des TAP, mais continue finalement ce que nous avions entamé, à savoir un travail d’amélioration sur le contenu de ces activités. C’est le reniement acte 1 de cette majorité, puisqu’une pause avait été promise.

Pour ce qui est du cabinet du maire, il semble pour le moins que quelques atermoiements aient vu le jour, qui sont balayés d’un revers de main par un simple « il a décliné, voilà c’est tout ». Il s’agit du fonctionnement politique de la ville, et les quelques mots du maire à ce sujet sont un peu légers.

Sur les 200 000 Euros de coûts pour le stationnement, ils seront d’une manière ou d’une autre repris dans la poche du contribuable Quimpérois, soit sous forme d’impôt, soit avec des services en moins. C’est une décision politique, correspondant à un engagement de campagne, c’est une légitime mise en œuvre, mais elle n’est ni assumée, ni expliquée.

Sur le plan transports, la majorité demeure dans sa logique de campagne. Il est évident que nous devons nous interroger sur la façon dont nous avons communiqué autour d’un projet qui pouvait trouver des vrais consensus, et qui dans ce cadre aurait pu voir le jour sans heurts. J’espère en tout cas que pour les personnes à mobilité réduite, la taille des bus ne sera pas réduite et les feux supprimés sur les quais comme ce fut proposé par la majorité actuelle pendant la campagne.  

Le pôle Max Jacob, dans ses grandes orientations a toujours reçu un soutien unanime des élus du précédent mandat, majorité comme opposition. Il est mensonger d’évoquer le fait qu’aucun financement n’était prévu, nous aurons très certainement l’occasion d’en débattre avec ceux qui lancent ces fausses informations.

Enfin, sur l’affaire Bygmalion, le maire se désolidarise en douceur de son vif soutien à Jean-François Copé, on ne peut que le comprendre.

Le socialisme municipal

Quelques jours de repos et de lecture, qui au delà de reposer le corps, permet à l’esprit quelques repositionnements salutaires. Avec nomment la certitude chevillée au corps qu’il nous faut chacun, surtout en ce moment, et surtout au parti socialiste, revenir aux fondamentaux de nos engagements. Il est non seulement essentiel, mais bel et bien indispensable de revenir à cette source pour comprendre qui on est avant de savoir où l’on souhaite aller. C’est également la seule façon de démontrer à celles et ceux qui en doutent aujourd’hui ce qui différencie la gauche et la droite.

C’est en ce qui me concerne, et très certainement comme beaucoup d’autres un rêve d’égalité et une volonté farouche de lutte contre les injustices économiques et sociales, qui s’est forgé dans une expérience associative. Ce vœu étant demeuré pieu, et l’usure « d’essuyer le postérieur de  pachydermes avec un confetti plié en quatre » passant par là, le prolongement de cette volonté s’est traduit par un engagement politique.

C’est en quelque sorte le « socialisme municipal », qui a vu ses premières heures au début du 19ème siècle avec des socialistes comme Compère-Morel, ou à partir de grands principes, il a mit en oeuvre et décliné l’égalité au quotidien. A l’époque, c’était la création de cantines scolaires, la mise en place d’une allocation de naissance aux foyers ouvriers, l’augmentation de l’aide aux vieillards. C’est un socialisme du quotidien, qui se préoccupe de l’autre, qui démarre de l’individu. Ou comme disait Jaurès en 1898 : « C’est l’individu humain, affirmant sa volonté de se libérer, de vivre et de grandir, qui donne désormais vertu et vie aux institutions et aux idées. C’est l’individu humain qui est la mesure de toute chose, de la patrie, de la famille, de la propriété, de l’humanité, de dieu. Voilà la logique de l’idée révolutionnaire, voilà le socialisme. »

Cette référence à nos fondements socialistes théoriques s’inscrit à rebours d’une petite musique qui se répand de plus en plus, et que j’entends parfois de la part de certains élus qui se revendiquent comme ne faisant pas de politique. A l’heure où jamais les politiques n’auront été autant déconsidérés voir haïs, c’est d’une grande facilité et même empreint d’une forme de choix finalement assez lâche. Ainsi, l’auto proclamation de la non appartenance idéologique deviendrait un brevet de respectabilité. C’est à mon sens non seulement erroné, mais dangereux, car c’est au final souvent en arriver à servir des intérêts privés, et ne pas avoir une vision globale, généraliste et tourné vers l’intérêt général, clef de l’action politique.

Mais c’est aux « politiques » de prendre l’initiative pour casser cette image de rejet, voir de dégoût. Au niveau local, nous devons créer les conditions d’un élargissement de nos modes de pensées, bousculer nos codes, faire oeuvre d’humilité et rassembler autour de nos valeurs originelles pour ensuite proposer une alternative crédible qui se fonde sur une forme d’égalité au quotidien ; car en ce qui me concerne en tout cas, ce qui est le plus passionnant demeure cette formidable opportunité de vraiment « changer la vie » au quotidien, à travers l’action municipale et d’accompagner le citoyen vers toujours plus d’émancipation.

Il nous appartient dans les mois à venir de décliner concrètement ces réflexions. Ou comme disait l’infatigable et ardente camarade Germaine Degrond en 1951 : « les élections, c’est un moment à passer, mais le travail de militants, la marche au socialisme, c’est bien autre chose : ça commence avant, ça continue après, et ça ne finit jamais« 

Plus on est fragiles, plus on est forts…

« Plus on est fragiles, plus on est forts ». Phrase extraite d’une mini série trois fois Manon qui a été intelligemment diffusé sur Arté. A voir d’urgence, cette série s’inscrit dans la lignée de « polisse » ou « Suzanne » avec une vive et âpre violence morale filmée au plus près sans concession, facilité ou quelconque pathos.

Œuvrant quotidiennement dans ce domaine, je ne peux que confirmer l’authenticité des parcours de  vie d’écorchées vives décrites dans trois fois Manon. Rien ne leur est épargné, et ce qui bouleverse le non initié est que Manon, c’est vous et moi. Il n’y a pas de prédisposition génétique à se tromper de parcours. « vivre, c’est le contraire d’aimer » disait Camus. Il est tellement complexe parfois de continuer à avancer.

Toujours au sujet de ces écorchés, le processus de simplification tend à les juger sans les comprendre, tend à la confusion entre ce qui est inexcusable et ce qui est explicable. Il faut bien sur sanctionner à la hauteur de l’infraction commise. D’autres, dont un maire que je connais propose quant à lui, je cite de « les emmener ailleurs s’ils nous enmerdent.. »..

Ce genre d’édiles, usant de démagogie et de vulgarité à la mode Niçoise trouvera toujours, c’est à dire 6 ans pas plus, sur son chemin des opposants de mon style pour démontrer entre autre que serrer des mains ne suffit pas à se dire maire du quotidien ou de proximité.

Dans un pays où RMC (Bourdin, Brunet et cie..) le matin progresse de 18% en taux d’écoute, il nous faut retravailler nos modes d’expression. On peut, comme je le suis, être addict à France Inter et apprendre à échanger simplement et sans ambages. Le souci d’immédiateté et le politique bashing permanent doivent nous faire sortir de nos mairies, de nos conseils généraux et du parti socialiste pour aller au devant de cette réalité qui nous échappe.

Il n’y a pas d’un côté les citoyens et de l’autre les politiques. Il y a des citoyens qui font de la politique et des politiques qui sont des citoyens. Faire croire que l’on est pas issu d’un parti pour s’octroyer une respectabilité en surfant sur l’ère du temps revient à vendre des glaçons à un esquimau.. Le besoin légitime de simplicité se respecte et nous devons être en capacité de répondre à cette aspiration, mais sûrement pas d’y répondre par la simplification populiste qui ne respecte pas l’électeur mais insulte son intelligence, laissons cela à d’autres.

J’ai entendu certain-e-s que je ne connais pas pendant cette campagne nous traiter d’élites… Je les inviterai volontiers à venir passer une semaine avec moi, dans les réalités saisissantes des services de protection de l’enfance. L’illustration est très largement transposable à nombre de mes ex-colisitiers.

« Plus on est fragiles, plus on est forts », cette adage parle bien au conseiller municipal d’opposition que je suis devenu, qui constate par exemple au sujet des rythmes scolaires et des fameux TAP, le reniement acte 1 de l’actuelle majorité. Le feuilleton ne fait que commencer..

 

Départ…

Bernard Poignant a pris une décision personnelle en annonçant hier son souhait de quitter la vie politique municipale. C’est un choix éminemment respectable et les mêmes qui critiquaient hier sa candidature lui reprochent aujourd’hui de partir… Il faudrait savoir..

Ce genre de comportement dit surtout à quel point il est difficile d’imaginer la vie politique Quimpéroise sans Bernard Poignant, même pour ses opposants.

Ce matin, beaucoup de sentiments mêlés entre une évidente tristesse de voir ainsi une page se refermer et une farouche volonté de collectivement en ouvrir une autre. En tous les cas, une immense fierté d’avoir, sous sa responsabilité de premier édile conduit une politique solidaire et progressiste.

Dans cette histoire commune avec la ville de Quimper, je retiendrai deux traits de caractère en particulier : la passion et la pudeur.

La passion pour Quimper, car il a conduit avec ardeur tant de projets pour son développement. Il connaît sa ville sur le bout des ongles, en étant jamais avare de l’anecdote inédite pour presque chaque détour de la cité Cornouaillaise.

La pudeur, forgée dans un parcours de vie où rien ne fut simple, qui lui permet de se protéger contre la flatterie exacerbée forcément intéressée ou l’hostilité mécanique essentiellement nourrie par une forme de jalousie féroce. En tout les cas, une hauteur, parfois une distance, qui si elle pouvait déconcerter ou donner un sentiment mitigé est aussi, quant on connaît le personnage le signe d’une profondeur et d’un humanisme qui se lit sur son visage.

Une anecdote que j’aime à raconter le caractérise. Au tout début du mandat précédent, je subissais pour la première fois des critiques publiques sur l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Je m’en ouvre à certains mais pas à Bernard Poignant tout de suite. Il vient me voir, et me dit que lors d’une des dernières interviews de François Mitterrand, Jean-Pierre Elkabbach lui demande « la meilleure qualité pour être président de la République ». Réponse froide et cynique du président : « l’indifférence ». Évidemment, pas l’indifférence à l’autre, mais à ce qui se dit dans l’outrance ou dans l’excès.

A aucun moment, il ne me dira qu’il sait que « le jeune élu de province » que je suis est touché par quelques critiques, mais il prendra l’exemple venue du plus haut niveau de l’état pour me faire comprendre que finalement tout ça fait partie du jeu et qu’il faut continuer à avancer.

C’est aussi cela Bernard Poignant, l’art subtil de vous faire passer des messages. Homme avec ses imperfections et contradictions comme tout à chacun, il a très certainement parfois été incompris, mais restera pour nombre d’entre nous celui à qui on peut se référer.

Gageons que ses mérites demain seront reconnus, l’histoire le dira, et je n’en doute pas.