Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Le début de la fin…

Que Trump, Le Pen, Farage, Grillo, Orban, Hofer et Sarkozy à sa façon et sans doute encore d’autres soient déjà en responsabilité, ou aux portes de l’être doit très rapidement nous interpeller et nous faire réagir..

Le pire étant qu’ils puissent l’air de rien se réclamer de candidatures qui défendraient le peuple, le monde salarié, les « petites gens » la « majorité silencieuse ».. Comme s’ils pouvaient incarner les aspirations prolétariennes.. Il y a évidemment imposture et nivellement vers le bas.. Mais, très honnêtement, la gauche, en France, en Europe et partout dans le monde y a largement contribué en perdant quelques batailles culturelles majeures.

Pour que des millions de citoyens à travers le monde en arrivent à de telles conclusions électorales, pour que cette gigantesque imposture puisse fonctionner, nous devons sortir du constat angéliste de salon, en pensant que vraiment « les gens » n’ont rien compris, et avec la conviction béate que tout finira par rentrer dans l’ordre… Car si on admet qu’il n’est pas déjà trop tard, il convient de reconnaître nos fautes, notamment en n’assumant pas un héritage historique, en s’étant « technoifier » à outrance, en ayant créé des automates politiques déshumanisés, nous avons  installé, notamment à gauche une sorte de mépris de caste, une sorte de mépris de classe. Ce qui génère une médiocrité désespérante dans l’inaction politique, y compris vers celles et ceux qui souffrent le plus. La réponse à cette médiocrité et à ce mépris est la haine du politique, devenu une élite, que le politique le veuille ou non.. Les gens ne détestent pas la politique, bien au contraire, mais ils détestent ceux qui la font.. Il est impossible de continuer à nier cette évidence. Et il est si facile, de tomber dans la caricature crasse du peuple, armé de bon sens contre les élites ou de la bien-pensance du café de Flore. La réalité est bien plus complexe, mais devenir la caricature de soi même ne peut qu’alimenter ce processus de simplification..

Nous nous fourvoyons également en évoquant régulièrement le populisme de ces nouveaux prédicateurs de la haine.. Car en réalité, dans son sens premier, le populisme fait bien appel à l’intérêt que l’on porte au peuple.. Plus on va parler de populisme pour les désigner, plus on va marquer notre propre déconnexion et désintérêt envers justement le peuple..  Au lieu de les taxer de populistes, nous devrions tâcher de redevenir populaires..

Cette captation de la désespérance par les malfaisants sus nommés porte entre autre la marque de notre responsabilité, car nous avons cassé notre logiciel idéologique, notre capacité à produire des idées, pour n’être devenu qu’une machine, non plus à gagner, mais plutôt à perdre les élections… Alors que si on regarde en France, le seul parti qui travaille aujourd’hui sur le champ de l’idéologie, c’est bien le front national..

A la lecture de ces quelques lignes, en France, la droite n’a guère à se réjouir, car si demain, ils accèdent à des responsabilités nationales ils seront confrontés exactement aux mêmes difficultés.. Sachant que si l’on pardonne toujours davantage à la droite d’être les tenants d’un capitalisme déshumanisé, leur orthodoxie budgétaire, allié à un chronique manque d’empathie ne leur promet pas un chemin pavé de roses..

A l’image des grands basculements historiques, nous sentons ce grand vertige d’un désordre mondial irrémédiable, car cette odeur est dans l’air.. La seule réponse pour éviter ce qui semble aujourd’hui comme inévitable est de retourner aux fondamentaux de la gauche, de retrouver le chemin de l’émancipation de l’autre, qui doit être le leitmotiv de tout engagement politique à gauche. Servir et non se servir.

Si tout n’y est pas parfait, je plaide pour l’exportation du modèle finistérien, où tous les jours, nous appliquons une politique de gauche à dimension humaine et solidaire.. La proximité est notre guide. Même si j’ai parfois l’impression que nous nageons à contre-courant de la pensée dominante, qui nous démontre que l’autre, celui qui est en dessous est le fautif de tous nos maux : le migrant, le chômeur, le bénéficiaire du RSA etc…

Il existe un juste milieu entre les tenants actuels de l’ordre mondial, qui ne s’appuient que sur la finance et l’avènement capitalistique ; Entre les aspirants proches à court, moyen ou long terme de prendre possession de cet ordre mondial, qui ne créeront que désolation et guerres ; Entre les actuels déconnectés de la désespérance des foules incarnant les fractures contemporaines..

Si je demeure persuadé que tout commence en Finistère, espérons que demain à la même heure de l’écriture de ces lignes, outre atlantique, un drame démocratique ne se produise pas, car c’est potentiellement l’incarnation du début de la fin

Ca, il est revenu…

Il n’a pas toujours besoin de forcer le trait pour être dans une navrante provocation, mais à l’image de hier soir, le candidat Sarkozy, en mode opération séduction du cœur de l’électorat de la droite ne recule devant aucune outrance.

Tout à tour méprisant, mesquin, arrogant, prétentieux, agressif, agité, démagogique et menteur,  il passe son temps, dans des raccourcis et simplifications mensongères à criminaliser les musulmans, les réfugiés, les bénéficiaires du RSA, les décrocheurs scolaires et toutes celles et ceux qui ne s’inscrivent pas dans un moule autoritaire, martial et uniforme. Cette affiche de fermeté s’inscrit dans un projet de société rance, avec comme guides la peur, la haine, la division, le repli, le goût de la revanche, et à terme une guantanamoïsation de notre droit.

A force de vouloir droitiser la primaire, en enfilant les perles sécuritaires avec l’ensemble des ignominies entendues hier soir,  il pourrait donner envie à la gauche de venir y voter contre lui..

Au chapitre des provocations, mensonges, approximations et autres aberrations :

Le futur ex patron des « LR » doit comprendre que le mariage homosexuel n’existe pas.. C’est le mariage qui existe.

Il égratigne, (sans doute pas par hasard) le nom de la ministre de l’éducation nationale..

Quand il martèle ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, y compris dans les collectivités territoriales.. Il n’en a même pas la prérogative.. Si ce n’est.. En saignant les dotations aux collectivités.. Ce qui sera de toute façon le cas avec 105 milliards d’économies sur les dépenses publiques.. Il y en aura des partenaires des collectivités concernés (associations, entreprises, etc..) qui mettront la clef sous la porte à ce tarif là.

D’autant qu’il dit vouloir ramener la dépense publique de 57,5 % du PIB à 50 % du PIB, ce qui fait non pas 100 Milliards d’économies, mais plutôt 150.. Il faut y ajouter le cadeau des 5 milliards de suppression de l’Impôt sur les grandes Fortunes, qui seront autant de recettes en moins. Sachant qu’il ne dit pas un mot sur le financement de ses propositions, ce qui laisse à penser à nouveaux que les collectivités paieront un lourd crédit, et donc avec eux, tous les artisans du vivre ensemble au quotidien.

Il ne précise pas, sur les 300 000 postes de fonctionnaires, lesquels seront supprimés.. A l’hôpital, l’éducation nationale, dans les services de sécurité ?

Au même titre, la proposition de rétention administrative pour les « fichés S », pour laquelle, le conseil d’état a déjà dit non par ailleurs, qui s’en chargerait ? Les 13 000 postes de policiers et gendarmes supprimés sous son quinquennat ?

Il propose un service militaire pour les décrocheurs.. Il proposait déjà un service civique pour les mêmes en 2007.. Et pendant 5 ans de présidence.. rien..

En 2010, il a fait ouvrir des établissements de réinsertion scolaire pour ceux jugés « pertubateurs ». L’inspection générale de l’Education nationale ayant évalué et jugé inefficaces ces structures, elles furent fermées. Il le propose encore à nouveau pourtant ..

Il nous dit : « Les élèves, on les garde et on les encadre ». Mais avec qui ? Les 80 000 postes de profs et 35 000 de surveillants supprimés de 2007 à 2012.

Il évoque une juridiction spéciale face au terrorisme, mais une fois pour toute, le pôle antiterroriste existe déjà, et ce au sein du parquet de paris..

Il ose dire : « j’ai été mis en examen, et ça sera facile à vérifier, pour le seul délit formel de dépassement du plafond de la campagne »… Faux : la dénomination exacte : Financement illégal de campagne électorale ».. Je vous laisse apprécier la nuance..

Et le pire pour la fin : sur l’urgence écologique et environnementale, une grande ambition… de déclin avec une suppression du principe constitutionnel de précaution, l’autorisation des gazs de schistes, la relance du programme nucléaire, l’abaissement de toutes les normes environnementales, et le déni des dangers du réchauffement climatique..

Dans le rôle qui doit être le sien, il fut hier parfait.. Mais au-delà de la course démagogique à la posture, ce Sarkozy décomplexé livre une vision de la société qui ne fera que croître la tension dans les rapports sociaux et qui pour le destin du pays, au mieux nous conduit dans le mur, au pire, finira mal..

Raphaël Glucksmann, au travers d’un exemple résume bien la pensée sarkozyste : « les réfugiés Syriens ne fuient pas la guerre, mais risquent leur vie pour toucher des allocs », c’est bien connu..

Tel que le décrivait Stephen King.. « Ca, il est revenu.. » et on peut en effet avoir peur..

 

Les Rétrogrades…

Après Sarkozy sur les écoles, Fillon sur le logement…

En effet l’ancien premier ministre, tout comme l’ancien président insulte gratuitement le droit des personnes en situation de handicap..

Dans un haut dérapage démagogique, F. Fillon estime, je cite « absurde » que tous les logement soient accessibles « aux handicapés »…

Bien sûr que l’inflation des normes et la lourdeur administrative pèsent parfois sur les entrepreneurs.. Mais il existe là comme une forme de constance impressionnante, une grande cohérence, à faire payer toujours aux mêmes le poids de la réglementation… A en croire Messieurs Fillon et Sarkozy, il faut donc des ghettos scolaires, proche de ghettos d’habitations.

Ma seule satisfaction sera de mettre pour une fois d’accord les deux concurrents à la primaire de la droite sur le fait que franchement, les personnes handicapées abusent..

Cohérence que de contraindre les personnes handicapées à la double peine, consistant à ne pas avoir à choisir comme tout le monde une école et un logement.. J’espère juste qu’ils se mettront d’accord pour rapprocher l’école accessible des logements qui le seront aussi.. Autant parquer celles et ceux qui posent problèmes et qui sont une charge pour l’économie nationale..

Le seul point commun est le renoncement des « LR » à toute notion de justice et d’égalité.. Comme si, et très sincèrement, au-delà des alternances politiques, nous n’étions pas parmi les pays Européens les plus à la traine en matière d’accessibilité..

Tout comme ce fut le cas pour N. Sarkozy, j’invite F. Fillon à venir rencontrer les « déplaceurs de montagne » que sont les parents d’enfants en situation de handicap pour leur exposer leurs théories progressistes. Je ne savais pas que LR signifiait : Les Rétrogrades.

 

Sarkoghetto

Les propos de Nicolas Sarkozy sur l’accessibilité des écoles aux enfants en situation de handicap sont purement scandaleux..

Il affirme, je cite « on est pas obligés de mettre des ascenseurs dans toutes les écoles, il n’y a qu’à réserver une ou deux écoles pour l’accessibilité handicapés »…

Le patron de « Les Républicains » a donc en projet de créer des ghettos scolaires hyper-stigmatisants.. Car après tout… Pour qui se prennent-ils ces enfants en situation de handicap, à vouloir comme tous les autres s’inscrire dans leurs écoles de quartiers.. Ils n’ont qu’à traverser toute la ville pour retrouver leurs copains, forcément en fauteuil roulant eux aussi..

Tous les jours, dans mes fonctions d’élu départemental, et auparavant dans un parcours associatif sur ces questions, je mesure le parcours du combattant pour les enfants en situation de handicap et leurs parents.. Au lieu de leur faire part de l’infini respect qu’ils méritent.. Monsieur Sarkozy vient de leur cracher à la figure honteusement.. Pour une raison d’économies, toujours sur le dos des mêmes, très probablement afin d’avoir les coudées franches pour supprimer l’ISF de ses amis..

J’ai demandé officiellement à ce monsieur de retirer ces propos rétrogrades, irresponsables et honteux, ou de réaliser les économies qu’il évoque en rendant toutes les écoles de France accessibles avec le montant des sondages de l’Elysée entre 2007 et 2012 et l’argent récolté pendant ses conférences de 2012 à aujourd’hui.

Indignité nationale…

Certaines méthodes politiques interpellent franchement.. Il n’est par ailleurs point question d’esprit partisan car il m’est déjà arrivé de critiquer les orientations gouvernementales, aussi bien  sur la politique économique que sur la non-réunification de la Bretagne. Mais dans ce qui nous concerne aujourd’hui, la droite dite « républicaine » a fait preuve notamment mardi d’une indignité consternante. Il y a des séquences exigeantes en politique, qui ne privent pas d’un nécessaire débat, mais dans un cadre de décence. Si Alain Juppé le fait, ses « camarades » devraient le suivre..

Certes, l’unité nationale ne peut s’imposer d’elle-même. Précisément parce que nous sommes dans un pays libre et démocratique et que nous avons cette chance, ce bien inestimable de pouvoir débattre et argumenter.

Mais l’unité nationale, si elle ne s’impose pas, elle se vit.. Choisir de la rompre ne veut pas forcément dire faire preuve d’indignité nationale. Nous n’avons pas encore enterré nos morts que certains responsables politique font honte non seulement à leur nom de parti, mais aussi à leur mandat, et même à la politique toute entière. Mardi, la séance de questions au gouvernement fut à cet effet la journée de la honte..

Pour commencer, et peut être le plus grave, au moment où Manuel Valls rend un vibrant hommage au courage des forces de l’ordre et des services de santé, les députés de droite refuseront de se lever. C’est une insulte ignoble à toutes ces femmes et ces hommes qui se sacrifient pour les autres et qui font l’honneur du service public français. Il s’agissait pour les député-e-s concerné-é-s non pas d’applaudir le premier ministre, mais bel et bien nos protecteurs de tous les instants. Les intérêts partisans favorisés aux évidents remerciements à nos héros anonymes. Honteux.

Christiane Taubira et Marisol Touraine sifflées avant même qu’elles aient commencé à s’exprimer.. Misogynie ordinaire, haine gratuite, procès d’intention.. La question se pose.. Honteux.

Le groupe « LR » compte 199 députés. Sûrement le fait du hasard… Mais la plupart des questions au gouvernement relatives aux attentats ont été posées par… trois têtes de listes aux régionales.. Christian Estrosi, Valérie Pecresse et Laurent Wauquier.. Une fois de plus, l’électoralisme prime sur le deuil national.. Honteux

Sans parler de la chef de l’extrême droite française qui affirme que le gouvernement aurait du démissionner après les attentats ; Toujours la même, accompagnée de Nadine Morano cette fois ci (les grands esprits se rencontrent..) qui osent de lamentables liens entre l’accueil des réfugiés et les barbares terroristes (les premiers fuyant précisément les deuxièmes) ; Collard et De Villiers qui évoquent un pouvoir complice des attaques ; Wauquier et Ciotti qui demandent des centres d’internement.. .. Mais pour quel degré de radicalisation ? Qui décide ? Et en s’asseyant sur nos principes constitutionnels ?

Jouer sur les peurs est le seul leitmotiv, en simplifiant quitte à raconter n’importe quoi.. Dans les moments de crise, la nature humaine est souvent révélée..

Il est à souhaiter que la droite « pète un plomb » mais ne révèle pas là son vrai visage.. Car au-delà « d’une odeur d’ail et le mauvais alcool qui est la voix des nations et qui est la voix du sang » pour paraphraser Brel, certaines déclarations purement électoralistes et démagogiques en deviennent ridicules confinant à l’amateurisme patent..

En réclamant notamment la pose d’un bracelet électronique pour celles et ceux qui ont une fiche S (nouvelle lubie d’auto-proclamés experts).. La droite se ridiculise définitivement. Car autant dire que si vous frappez à la porte d’un individu surveillé pour lui dire que le bracelet va être posé.. Vous ne pourrez plus le surveillez, tout averti qu’il sera.. Heureusement que Sarkozy et Wauquier ne sont pas les patrons des services de renseignement français..

Enfin, à l’inverse, face à cette hystérie permanente, il y a au sommet de l’état un sens des responsabilités, un sang-froid et une sobriété qui rassurent. C’est aussi le discours de vérité qui prime quand Jean Jacques Urvoas explique calmement et avec précision que le risque zéro n’existe pas et que la démocratie exige du courage.. Le pays a besoin de débat utile, certes, mais aussi d’unité.. Force est de constater que pour le moment, il est privé des deux..

Nadine et Nicolas sont dans un bateau.. Le bateau coule…

La mise en scène comme de tout temps avec cet ancien président de la république, est totale. Dans « valeurs actuelles », en bras de chemise, à son bureau, il écrit.. En mode subliminal : « même en vacances, je travaille ». Depuis l’avènement de la communication sur la politique, la forme a lamentablement pris le pas sur le fond, et précisément, le fond, ici on le touche..

Au regard des propos de N. Sarkozy, il fait vivre la malheureuse idée tendant à penser que ce qui compte, ce n’est pas la position sur un sujet, mais l’effet de la position sur l’électorat.

Sans aucune honte, il appelle les électeurs du front national à venir à la prochaine primaire de la feu UMP, donnant ainsi vie aux nouvelles orientations d’un parti politique, qui court sans arrêt après le parti d’extrême droite Française.. Seule bouée de secours de plomb pour l’ex chef de l’état, autant inconscient que désespéré.

En parallèle, Nadine Morano qui, juste pour faire parler de sa petite personne, dans le désert intellectuel qui est parfois le sien, tient des propos que de nombreux cadres du Front National n’oseraient pas. Faire plus que sous-entendre que les migrants qui viennent mourir sur nos côtes n’ont pas le courage des bons français que nous étions en 39-40… Est-ce de la pure bêtise, fruit d’un vide absolu de la pensée ou de la démagogie électoraliste poussée à son paroxysme ? Dans le cas de cette sombre personne, qui déshonore à elle seule tous les membres de son parti si mal nommé..  Sans doute beaucoup des deux.

Facile et éculé de faire peser à l’autre, à l’étranger en l’occurrence, le fait de venir manger le pain des français alors que la famille politique de Nicolas et Nadine a contribué à mettre le pays à genoux pendant 10 ans, en multipliant notamment les cadeaux fiscaux à coup de chèque en blanc à Bettencourt et aux amis du Fouquet’s.. Sous forme par ailleurs de retour de manivelle douteux..

Ces copains et coquins de la république peuvent hurler sur le montant de l’Aide Médicale d’Etat, alors qu’avec l’argent du contribuable, des sommes bien plus imposantes ont été consacrées à des sondages visant à savoir s’il était important que Carla soigne la gauche du président, en balade dans la verdure française, un pull sur les épaules..

Important de noter par ailleurs que N. Sarkozy n’a pas eu un mot dans cette interview sur le changement climatique et les enjeux d’avenir internationaux qui sont devant nous. Que des petites phrases politiciennes, où il évoque son sujet préféré, c’est-à-dire lui-même..

Il ne s’agit pas de caricaturer l’ensemble de la droite française, mais au regard des propos de l’un et de l’autre, sur le fond pour elle, sur la forme pour lui.. Force est de constater que la droite qui est majoritaire aujourd’hui sent la démagogie, l’outrance et la haine.. La rentrée sera malodorante de ce côté de l’échiquier politique, à n’en point douter..

« Fuite »…. de l’humanisme…

Les propos ci-dessous ne seront clairement pas à la mode, mais ils sont assumés, et en politique, tel est l’essentiel..

La métaphore ignoble de Sarkozy sur les migrants, en évoquant les fuites d’eau m’ont données hier de bon matin des hauts le cœur et une nausée généralisée..

Les rires gras et lourds des militants présents qui ont accompagnés les mots de la honte m’ont fait penser à la chanson de Jacques Brel « Au suivant ». Les voix de ses rires sinistres « sentaient l’ail et le mauvais alcool, c’est la voix des nations et c’est la voix du sang ».

France inter a eu la bonne idée de passer quelques extraits d’un discours de Valérie Giscard d’Estaing, à la coloration profondément humaniste qui exhortait à l’accueil des « réfugiés », que l’on appelle aujourd’hui migrants.. Mais depuis, la droite française, qui est républicaine, comme je suis couturière, court tragiquement après l’extrême droite de l’entreprise Le Pen, oubliant systématiquement que l’original est toujours préféré à la copie

A l’image du glissement sémantique précédemment évoqué, force est de constater que nous, la gauche, avons perdu depuis des décennies une certaine bataille culturelle, qui laisse à penser que l’ennemi est celui qui est juste en dessous, oubliant bien sûr de dénoncer celles et ceux qui se gavent bien plus haut..

J’ai eu l’occasion d’en échanger récemment avec un sénateur plus ou moins centriste bon teint, qui dénonçait les montants de l’aide médicale d’état pour presque 300 000 personnes… Je lui ai demandé s’il savait sur ces 300 000, le nombre pour lesquels on pourrait qualifier l’aide d’injustifiée… Je n’ai pas eu de réponses précises.. Je lui ai rétorqué que ce qui me choquait davantage, c’était par exemple le coût des sondages de l’Elysée pendant le dernier quinquennat. Mais il est évidemment plus commode, et sans doute bien plus lâche d’avoir l’indignation sélective..

Certes depuis le discours de Giscard, il y a plus de 35 ans qui se sont écoulés, la crise est durablement installée et des millions de nos concitoyens vivent dans des conditions de précarité extrême. Mais laisser à penser que le coupable de cette situation est le migrant.. C’est aussi mensonger que « fachisant ».. Décidemment, la simplification ne connaît pas la honte..

Honte pour tous les adhérents du parti de Sarkozy (impossible de citer le nom de ce parti, à l’identité profondément usurpée) ou qui participent à des groupes politiques apparentés.. Honte à eux car s’ils ne dénoncent pas, c’est qu’ils valident.. Qu’ils parlent maintenant ou se taisent à jamais comme dirait l’autre…

La tête haute..

Une fois n’est pas coutume, évoquons un film pas encore vu. Mais avec « la tête haute », que je vous conseille d’aller voir au Quai Dupleix à Quimper ce week-end, et qui est diffusé ce soir en avant-première à Cannes, c’est ici le portrait d’une jeunesse en errance.. Mais n’en déplaise aux théoriciens de la lapalissade démagogique, est décrit sans concession, et au plus près, la souffrance psycho-affective et morale d’un enfant qui dès le plus jeune âge connaît l’abandon et le rejet, et qui se venge ensuite aux âges où il peut le faire..

Contrairement à ce qui est indûment théorisé et diffusé par les tenants d’une ligne sécuritaire à tout crin, tous les chiffres extraits d’études sérieuses démontrent que la délinquance chez les mineurs augmente bien moins depuis 10 ans que celle des majeurs.

Autre statistique éloquente. La justice des mineurs concerne par an 212 500 enfants au civil, et 92 000 au pénal, selon les chiffres du ministère de la justice. Et pourtant, c’est systématiquement cette dernière qui est évoquée au détriment de la première, par certains politiques et certains médias..

« la tête haute » rétablira la vérité, un peu comme le fait « polisse », « Suzanne », ou la minisérie « 3XManon ». Tous tellement renversants et bouleversants de vérité..

Pas étonnant que Sara Forestier joue dans « la tête haute » et dans « Suzanne » et que Emmanuelle Bercot réalise « la tête haute » après avoir elle même joué dans « polisse ». Elle a hier matin sur Inter, défendu avec authenticité et émotion ce qui selon elle devrait légitimement être sacralisé, à savoir les politiques de protection de l’enfance.

Le conseil départemental en a précisément la responsabilité et les acteurs quotidiens de sa mise en œuvre doivent être pleinement reconnus. Ils sont plongés au quotidien dans ce que parfois la société refuse de voir, ou qu’elle préfère caricaturer à travers des représentations populistes mensongères, qui permettent de regarder ailleurs. Pourtant, les chiffres évoqués précédemment démontrent à quel point de nombreux héros du quotidien sont trop méconnus.

Qu’ils soient remerciés pour leur dévouement et à travers les politiques départementales, il est évident que le maximum doit être mis en œuvre pour permettre à tant d’enfants de se développer au mieux et ainsi de se construire un avenir.

Que celles et ceux qui osent par cynisme, méconnaissance ou confondante bêtise, parler d’un sujet qu’ils ne connaissent pas, à travers un poncif poujadiste tel que « laxisme » se taisent.. la tête basse..

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19552996&cfilm=224999.html

 

Marine, Jean-Marie, nous n’oublions pas..

Récemment « le pianiste » et hier soir « la liste de Schindler », au-delà de chefs d’œuvres du septième art nous ramènent surtout à la barbarie qui entachera à jamais l’histoire mondiale et qui a révélé que le pire et l’inimaginable sont toujours possibles.

Notamment, quand à la tête des états, s’installe la bête immonde. Les caractéristiques principales de ces pouvoirs nauséabonds s’appuient toujours sur le rejet d’une catégorie ciblée de la population, responsable de tous les maux des bons patriotes qui ne sont qu’amour et volupté bien entendu.

Cette idéologie des tenants du repli nationaliste prospère comme jamais en tant de crise, même en déblatérant une série impressionnante de contre-vérités, aussi débilitantes que démagogiques, qui économiquement mettrait la France à genoux en quelques jours. Mais entre une gauche qui a perdu sa boussole et une droite qui lui déroule un tapis rouge sang, l’entreprise Le Pen se voit offrir non pas un boulevard mais une avenue..

Pourtant, ce parti, malgré le vernis grossier demeure toujours infréquentable pour raisons d’hygiène morale évidente. Il dégage toujours une odeur de sang, de haine, de baguette pas cuite et de mauvais vin.. Les réminiscences des pires heures de notre histoire, le souvenir des crimes les plus odieux contre l’humanité sont inscrits dans l’ADN d’une organisation politique que l’on se doit de démasquer au quotidien.

Le Pen fille laisse Le Pen Père président d’honneur de son organisation politique malgré les outrances quotidiennes de celui qui a insulté les millions de victimes de ce qui ne fut qu’un détail de l’histoire.

Le Pen fille se pavane au bal de la honte en Autriche aux côtés de la « Wiener Korporationsring », organisation qui fait plus que flirter avec le nazisme..

Le Pen fille qui s’affiche régulièrement en photos auprès de jeunes nazis, et qui ne cache pas son amitié inconditionnelle avec Frédéric Chatillon, ancien président du GUD, bien connu des milieux révisionnistes..

La liste est encore longue. Le parti de Le Pen Fille aura beau changer de nom, il ne pourra jamais se détourner de ses fondations idéologiques. Je prends le pari malsain que si un jour Le Pen Fille ou ses amis sont en situation de responsabilité, à terme, d’autres films très similaires à ce que je citais initialement verront malheureusement le jour  tant les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

Réaction à l’appel au non vote !!

Je fais part de ma consternation à la lecture de l’appel de trois organisations dites d’extrême gauche (dont je préfère taire le nom), pour inciter les citoyens à ne pas participer au scrutin Européen de Dimanche prochain.

Le droit de vote est une longue histoire internationale. En France, il a succédé au suffrage censitaire et a continué son évolution, qui n’est souhaitons le pas terminée. Il en aura fallu des hautes luttes de grand-e-s citoyen-e-s du monde pour mettre en place le vote des hommes et des femmes.

Il est l’expression de la démocratie, qui pour paraphraser la pensée Churchillienne est « le pire des régimes à l’exception de tous les autres ». Refuser la démocratie, c’est fatalement le début de la dictature.

La liberté est totale de considérer que l’union européenne est une construction illégitime, une mascarade, ou « qu’elle est le fruit d’une construction néolibérale » comme l’affirment les trois mouvements en questions. Mais il me semble qu’avec 25 listes en présence, ou le vote blanc, le spectre est suffisamment large pour précisément contester le modèle européen. De nombreuses forces en présence s’en revendiquent d’ailleurs.

Un tel appel confine à nier notre histoire collective, à refuser le progrès toujours possible et dénote de l’irresponsabilité la plus totale. J’ai ici une pensée pour celles et ceux qui partout dans le monde tombent sous les balles en revendiquant la possibilité de glisser un bulletin dans une urne.

L’union Européenne est trop souvent un outil du libéralisme à tout crin, je partage pleinement ce constat. Elle est dirigée sans âme par une droite qui préfère aider la banque qui étouffe le chômeur plutôt que l’inverse, et qui ne parle plus qu’en milliards.

Mais je n’abandonne pas mes rêves d’une Europe des peuples, qui permet l’émancipation de celles et ceux qui souffrent le plus, qui lutte activement contre le chômage massif, notamment des jeunes, par l’arrêt des cadeaux aux banques, la fin du dumping social, l’instauration d’un SMIC Européen, le paiement des impôts là où les bénéfices sont réalisés etc…

Ne pas proposer autre chose que la non participation au scrutin est une insulte à nos anciens, et un risque pour nos enfants. Comment ne pas conclure sur cette citation de Lincoln qui disait « un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil ».