Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Plaidoyer pour le projet de Benoit Hamon

Le projet de Benoit Hamon me paraît être le plus à même de rassembler la gauche. Car n’oublions pas que c’est le premier objectif. Si la gauche n’est pas rassemblée au premier tour le 23 Avril prochain, c’est l’histoire même de l’élection présidentielle, la défaite sera au RDV. Mais contrairement aux affirmations du rouleau compresseur cathodique, rien n’est joué à l’avance.. Le programme de Benoit Hamon est le seul qui me semble-t-il propose un projet de transformation de la société, une nouvelle approche, de notre rapport au travail et à l’économie. Et de cette vision, émanent des propositions concrètes sur tous les sujets, qui ne s’écrivent pas au fil de l’eau, ou en urgence entre noël et le jour de l’an façon devoir de vacances, mais qui répondent à une exigence de progrès social et écologique, à une république bienveillante et humaniste, et à une France indépendante et protectrice.

Le projet de Benoit Hamon est clairement ancré à gauche et réaliste. Une gauche qui s’assume, qui n’a pas peur d’elle-même, qui ne propose pas uniquement des rustines de régulation de l’austérité, mais un projet de transformation, ambitieux, crédible, cohérent, argumenté et chiffré. En cela, Benoit Hamon depuis 20 ans dit la même chose, en s’étant bien sur adapté aux grandes mutations.. La cohérence, la constance sont des valeurs sures en politique.. Benoit Hamon allie cohérence, constance, verticalité. Il est lui-même, pas de posture, pas de culture du slogan, de communication à outrance, d’égo démesuré..

La droite l’a quelque part démontré à sa façon, le meilleur gage de présidentialité, est la cohérence, la défense d’une vision, avec des propositions précises et nouvelles. A sa façon, et c’est aussi pour cette raison que d’autres candidats se tendent légèrement, Benoit Hamon est en quelque sorte le François Fillon de gauche.

Quelques mesures phares du programme du candidat : Revenu universel qui permet d’Eradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre, la réduction du temps de travail, abrogation de la loi travail, 49-3 citoyen pour permettre à 1% du corps électoral d’imposer au parlement l’examen d’une loi, reconnaissance du vote blanc, droit de vote aux étrangers aux élections locales, recrutement de 40 000 enseignant-e-s, création d’un visa humanitaire, arrêt des pesticides et des perturbateurs endocriniens, une PAC verte pour accompagner la transition agricole.

Mais  cet ensemble se tient dans une vision que soutient Benoit Hamon, s’appuyant sur un complet changement de modèle qui interroge notre rapport à l’économie et notre rapport au travail.

Il propose un nouveau modèle économique et social. Et pas l’unique dogme des points de croissance, car, honnêtement, tabler sur la croissance, faire reposer toutes ses propositions sur des hypothèses de croissance.. C’est tout miser sur Pépin du Poirier dans la 8ème.. Comme depuis 30 ans, si l’hypothèse c’est la croissance, rien de ce que certains proposent ne se fera. C’est cela être irréaliste.. Et c’est surtout cela l’impuissance politique… A quoi ça sert de prendre le pouvoir si ce n’est pas pour transformer le monde.

La recherche continue de la croissance du PIB ne peut plus être un modèle quand il génère un système de développement productiviste et consumériste : quand il est excluant, fracture le pays et souvent dangereux écologiquement.

Pas plus que le dogme de la règle des 3 % de déficit, sur laquelle repose pourtant l’ensemble de notre système budgétaire et qui ne s’appuie pourtant sur.. absolument rien. Crée par Guy Abeille, jeune diplômé, à la demande de François Mitterand. Cette règle est une aberration économique. Personne n’ose dire le contraire.

Benoit Hamon prône un total changement de paradigme.. Sans parler de Stiglitz, ou de Picketty, Même le FMI et l’OCDE, que l’on ne peut pas taxer de gauchisme exacerbé disent bien que l’austérité, les dogmes budgétaires si mécaniquement réduisent dans un tout premier temps la dette.. Ces politiques baissent le niveau d’activité, et généré de la récession.. Selon l’observatoire des inégalités, l’Espagne et la Grèce connaissent des taux de pauvreté qui explosent la moyenne européenne.. Ils ont baissé leur dette, mais à quel prix !!! Voilà ce que génère donc la politique d’austérité ou sa simple régulation.

Ainsi, la seule vraie politique d’avenir est une mutation profonde de notre système économique, par une conversion écologique de notre modèle..

Le Revenu Universel par exemple soulève en réalité un vrai débat à gauche. Benoit Hamon pense en effet que le travail n’est pas le seul facteur d’émancipation.. Historiquement, la gauche voulait libérer l’individu de l’aliénation. On surinvestit en France le travail, qui est pourtant amené à disparaître progressivement par la révolution numérique. Le revenu universel permet donc la valorisation des engagement citoyens, bénévoles, associatifs. En sacralisant le travail, on stigmatise d’autant plus ceux qui n’ont pas d’activité.

La mécanique implacable de la raréfaction du travail (3 millions d’emplois en France supprimé à terme, selon le FMI) amènera mécaniquement la retraite à 70 ans, qu’on soit des tenants de l’austérité ou des régulateurs de cet austérité. Benoit Hamon nous propose de ne pas nous laisser faire et d’agir politiquement. C’est un vieux monde qui s’éteint, et à nous à gauche, d’ouvrir la prochaine page avec des réponses de gauche adaptées aux prochaines grandes mutations..

Et comme on parle parfois d’irréalisme à propos de Benoit Hamon.. Car il y a aujourd’hui Toujours un dominique Seux caché quelque part pour expliquer que rien n’est possible.. En 1945, quand le Conseil National de la Résistance a crée la sécurité sociale, heureusement que Dominique n’avait pas pignon sur rue pour nous expliquer que ce n’était pas possible avec une sécurité sociale qui coutait 100 % du PIB, quand le revenu universel en coûte entre 15 et 20 %.

Plus proche de nous, Michel Rocard de la « deuxième gauche ».. donc pas considérée comme la plus redistributive en 1988 avec le RMI, et qui avait aussi le projet d’un revenu universel pour les jeunes.

La fortune des plus riches ne cesse d’augmenter : Le capital cumulé des 500 Français les plus riches s’élève en 2015 à 460 milliards d’euros, cinq fois plus qu’en 1996.. Avec des augmentations fulgurantes ces dernières années.

Ainsi, pour le financement des propositions, Benoit Hamon propose, entre autres : La taxation des haut revenus, l’attaque de certaines niches fiscales, la lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscale, une taxe de 0,65 % du patrimoine financier et immobilier et la taxe sur les grands groupes qui remplacent l’humain par le robot, renonçant ainsi au financement de la protection sociale..

Enfin, pour celles et ceux qui hésiteraient sur le soi-disant manque de « présidentialité » de Benoit Hamon, il est intéressant de constater que les deux derniers exercices présidentiels ne plaident pas en la faveur de cet argument. Car contrairement à ce qu’on pensait quelques mois avant.. Nicolas Sarkozy est celui qui a le plus abaissé la fonction présidentielle et si François Hollande ne se représente pas, c’est entre autre car on lui reproche de n’être jamais entré dans le costume..

« Faire président » c’est quoi ? avoir le bon manteau.. Le bon profil à la télé.. Marquer des silences en fin de phrases, faire preuve de solennité …J’ai tendance à penser que la cohérence, la constance, la vision d’ensemble peuvent construire en réalité un président. Benoit Hamon ne se veut pas dans le mythe mensonger d’un autre temps de l’homme providentiel, mais il est aujourd’hui le candidat utile à la gauche, et demain utile à la France.

Respect des partis et des militants.

Meilleurs vœux à toutes et à tous, et qui de mieux que Jacques Brel pour entamer cette nouvelle année, qui en 1968 nous disait entre autre la chose suivante :

« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d’être vous. »

Et au risque d’être à contre-courant, ce qui est finalement réjouissant, en ce début 2017, je rends d’abord hommage à l’engagement en général, et à l’engagement politique et militant en particulier.

En effet, il est de bon ton et particulièrement à la mode de tirer sur les partis politiques, et de surfer sur le « politique bashing ».

Même si les chiffres actualisés sont difficiles à trouver, il y aurait en France un peu plus de 400 000 adhérent-e-s dans les partis politiques. Un grand nombre d’entre eux n’exerce aucun mandat. Ils sont désintéressés, bénévoles, croient en un idéal, veulent analyser chaque thème, ne se laissant pas rattraper par l’écume des jours et la surface des choses. La plupart d’entre eux sont membres d’associations d’éducation populaire, culturelles, sportives, socio-culturelles.. Ils font le choix de venir à des réunions de section pour confronter leur point de vue plutôt que de faire la révolution de canapé devant leur télévision.. Ce sont aussi les fameux « vrais gens « , la fameuse société civile, dont personne ne peut se revendiquer un quelconque monopole.

Je parle ici de ce qui fonde les partis politiques. Qui très souvent sont aussi une école conviviale de formation pour les élus locaux. Même si un grand nombre ne sont pas issus de partis politiques, il y a plus de 615 000 élus locaux en France, qui chaque jour s’investissent pour l’amélioration du quotidien de leurs concitoyens sur tous les sujets.

Et pourtant.. Le rouleau compresseur des médias audiovisuels nous parlera systématiquement des partis politiques comme des fabriques à malhonnêteté… voire pire, et des élu-e-s comme des individus malhonnêtes.. voire pire.

Bien sûr qu’il y a des conflits internes, des fractures idéologiques qui traversent tous les courants politiques, c’est affaire de sociologie de groupe de base , comme on retrouve dans tout système organisé, dans tout groupe. C’est même plutôt sain et vivifiant démocratiquement.

Car au-delà de certains médias nationaux, de nouveaux courants politiques, qui à la moindre phrase chocs ont tous ces mêmes médias sur le palier de leur porte, entretiennent aussi à des fin pourtant tristement électoralistes ce « tous pourris » simplificateur et mensonger.

C’est paresse intellectuelle et facilité certaine de penser que sous couvert de nouveauté, l’on serait plus vertueux. Comme toute nouvelle histoire, il n’y a aucun nuage au début, dans un sorte de concours d’hypocrisie générale.. Comme s’il s’agissait d’un paradis terrestre qui s’exonérerait de tout conflit.. Mais la nature humaine est ainsi faite qu’elle se nourrit dans la confrontation.

Nous en reparlerons en effet dans quelques mois ou années, quand ces « nouveaux » mouvements seront fatalement moins nouveaux.. et eux aussi traversés par les turpitudes des désignations internes, des négociations, des compromis et des fameuses histoire de personnes.. Ils n’en seront pas exonérés.. Mais pour le moment, la nouveauté les en épargne. Ce n’est qu’une histoire de timing, très habilement et froidement calculé.. Ce qui est finalement très politique, dans le sens non noble du terme..

Dans la même idée, il ne faut pas confondre un leader charismatique et un leader cathodique. Je préfère par exemple le comportement du candidat que je soutiens à la primaire qui ne veut aucunement évoquer sa vie privée, que d’autres (hors primaires) qui s’exhibent familialement dans la presse de salles d’attente… Il y a d’un côté une modernité démocratique et de l’autre la perpétuation de la monarchie républicaine.. La modernité n’est pas toujours là où l’on pense…

Je martèle donc que l’engagement dans un parti politique n’est pas impure et je salue mes camarades, qui contre vents et marées, choisissent pas gros vent de ne pas se jeter dans le premier canot de sauvetage en or se trouvant sur leur chemin, et qui inlassablement défendent leurs valeurs, quel que soit le sens du vent. Que le maximum de respect leur soit consenti.

Un candidat, une vision, des propositions…

Le cœur de Brest battait hier soir au Vauban…

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin… Le candidat à la présidence de la république Benoit Hamon, dans sa conclusion s’est engagé à…  ne pas détenir la vérité.. Il nous a avoué ne pas avoir été frappé par la foudre divine pour devenir soudainement l’homme providentiel, le sauveur que la république attend et qui semble pourtant avoir pris un léger retard…

L’ensemble de son propos hier soir fait du bien au parti socialiste et fait du bien à la gauche.. Il fait du bien à la politique, car c’est aussi une reprise en main de l’élu, pour lutter contre un ordre établi qui nous envoie mécaniquement dans le mur, si le politique n’agit pas et subit l’écume des jours, les dogmes budgétaires, inventés sur un coin de table il y a maintenant de nombreuses années.

Benoit Hamon est cohérent pour une raison simple.. Il n’a pas dévié de ses valeurs depuis 20 ans.. C’est aussi pour cette raison que de l’ensemble des candidat-e-s à la primaire, et aussi en comparaison de ce qui à gauche ou plus ou moins à gauche, tentent une aventure individuelle, individualiste et égotique, il est le seul à présenter des propositions éminemment concrètes sur chaque sujet. La cohérence appelle à ne pas construire ses propositions au fil de l’eau…

Ce qui fut également remarquable tient au fait que Benoit Hamon a proposé une vision de la société, une nouvelle approche, une doctrine en somme, tout en déclinant les propositions précises qui vont avec.

En effet, il part du constat que notre unique horizon de croissance du PIB ne sert en réalité qu’une classe et qu’une caste, et que ce dogme budgétaire, comme d’autres règles édictées il y a longtemps et presque au hasard doit se substituer à une autre aspiration collective. Et notamment celle d’une conversion écologique de notre développement économique… Le FMI et l’OCDE qu’on ne peut taxer de gauchisme exacerbée ne disent pas autre chose..

Contrairement notamment au candidat star du système hors primaire qui à chaque pas a tous les médias nationaux sur son pallier.. Benoit Hamon ne prône pas l’émancipation par le travail.. Y compris au regard de l’état de la souffrance au travail de millions de Françaises et de Français dans notre pays.. en terme de pénibilité, de précarisation, de maladies professionnelles etc.. Le nier, c’est être hors réalité.. Le nier c’est faire partie intégrante du système..

Revenu universel, partage du travail, lutte contre le burn out, renforcement de l’économie solidaire, santé et environnement, redistribution des richesses, lutte contre les discriminations, police de proximité, service public de la petite enfance, sanctuarisation de l’éducation, solidarité européenne etc… Pour chacune de ses thématiques, et pour toutes les autres, le développement de Benoit Hamon est clair, précis et ancré à gauche. Nous aurons le loisir d’en débattre partout où il sera possible tout le mois de janvier..

Il y aura toujours un économiste pour vous expliquer que c’est irréalisable ou iconoclaste… Comme si nous étions figés dans un système qui s’autoalimente en permanence et qui ne produit au final que toujours plus de précarité.. Heureusement que ces grincheux n’avaient pas pignon sur rue au moment du Conseil National de la Résistance et de la création de la sécurité sociale pour poser cette sempiternelle question du « combien ça coûte ».. Même si là aussi, Benoit Hamon donne les réponses.

N’oubliez pas que voter à la primaire de gauche coûte deux fois moins cher que voter à celle de la droite, et c’est deux fois plus important. Installons à gauche une alternative solide, cohérente et claire face à une droite totale. Projet contre projet.. Seule alternative pour ne pas baisser les bras et éviter ce qui serait soi-disant inexorable en terme de second tour. Rien n’est écrit, tout demeure à construire.

Faire battre le coeur de la France…

Appeler à voter pour un-e- candidat à la primaire de la gauche, c’est avant tout appeler à voter à la primaire de la gauche. Et c’est bien l’essentiel.. Car notre candidat-e- aura besoin d’une légitimité, issue d’un scrutin massif, populaire et fédérateur. Viendra ensuite le rassemblement autour de la personne et du projet. Cette séquence sera décisive et sa réussite indispensable pour la suite.

D’ailleurs, avec un euro de participation, le vote à la primaire de la gauche est… deux fois moins cher que le vote à la primaire de la droite, et pourtant deux fois plus important..

Dans ce cadre, j’ai choisi comme élu de donner mon parrainage à Benoit Hamon et comme militant de le soutenir.
Sa cohérence, ses idées précises et son ancrage à gauche me semblent incarner une gauche solide, comme réponse forte à une droite particulièrement dure.

Les idées concrètes qu’il développe, et que je vous invite à consulter concourent à œuvrer vers un progrès social et écologique, une république bienveillante et humaniste, dans le cadre d’une France indépendante et protectrice.

Aux idées, qui sont me semblent-ils juste le ciment de l’action politique, on m’objecte parfois la fameuse « présidentialité ».. Les deux derniers exercices en la matière ont déjà largement éprouvé cette fable d’un autre temps.. Il y a nécessité en la matière, au moins médiatiquement d’un changement de paradigme.

Si seule la présidentialité devient un critère, alors, c’est le renoncement aux idées, qui au-delà de ne pas se vérifier génère avant tout un flou idéologique, dont on connaît aujourd’hui les conséquences dramatiques pour le parti socialiste et donc pour toute la gauche..

Benoit Hamon est incontestablement « costaud idéologiquement », attendu que depuis 20 ans, il défend les mêmes valeurs. La cohérence est aussi un indéniable gage de qualité… Benoit Hamon n’invente pas ses propositions au fil de l’eau. Les siennes sont concrètes, solides et ancrées à gauche.

Par exemple :

L’abrogation de la loi travail, afin de refuser le postulat qui serait incontournable que l’activité professionnelle peut être gage de souffrance. Il ne s’agit pas de la réguler mais de lutter contre.

La « taxe sur les robots », afin que notre modèle de protection sociale soit financées par une taxe sur la valeur ajoutée ou le chiffre d’affaires, de façon à ce que symboliquement, les machines qui se substituent aux hommes permettent de cotiser et de financer notre protection sociale.

Ne plus avoir comme unique boussole d’être indexé à la croissance du PIB.. Celui-ci n’est pas que porteur d’égalité. Même le FMI et l’OCDE, que l’on ne peut taxer de gauchisme exacerbé reconnaissent que l’austérité génère surtout de la baisse d’activité et donc de la récession. Une conversion écologique de notre système économique est une vraie option. Et c’est ce que propose Benoit Hamon, en repensant les changements qu’il faut opérer dans le domaine de l’agriculture, des énergies, du recyclage, de l’énergie circulaire etc..

Le revenu universel qui permettra d’abord à toutes celles et ceux qui ne touchent par leur allocation de rendre ce versement automatique. On ne laisse pas les gens sans aucun revenu dans notre pays.. Et dans la suite du Quinquennat, la deuxième étape est le revenu universel pour tous, afin de donner de la souplesse au travail, car celui-ci n’est pas le seul facteur d’émancipation..

De nombreuses autres propositions sur la santé, l’éducation, la fiscalité, le temps de travail etc.. qui méritent elles aussi de grands débats sont déjà sur la table, et d’autres suivront encore.

Je rencontre tous les jours de nombreux indécis pour cette primaire de la gauche, qui n’est aucunement joué d’avance. Mais face à un candidat de droite dure, dont les Français découvrent maintenant le réel contenu, la réponse doit être une gauche sure d’elle-même et solide… Car d’autres orientations plus flottantes, si elles ont su limiter la casse ont montré leurs limites…

En tous les cas, il ne faut pas se résigner et se laisser noyer dans l’amertume de l’écume des jours.. L’élection présidentielle réserve toujours son lot de surprises et tout peut changer en très peu de temps.. Demandez à Alain Juppé ce qu’il en pense…

Simplement, il nous faudra être rassemblés autour d’un-e- candidat-e- et d’un projet et démontrer, par l’intelligence collective de notre diversité que le socialisme est plus que jamais en phase avec le réel. C’est aussi les raisons pour lesquelles si je fais campagne aujourd’hui pour un candidat car c’est la séquence du moment, je ferai campagne quoi qu’il arrive pour celle ou celui qui gagnera la primaire de la gauche. Mieux que des aventures individuelles, individualistes et égotiques, Débattons maintenant pour mieux se retrouver demain..

L’Unité pour l’Egalité…

La droite s’est choisi son candidat au regard d’un processus qui, il faut bien sur le reconnaître a été pour eux une réussite.. Elle a surtout voté pour une idéologie ultra-conservatrice et infiniment libérale. Le choix est clair et sans aucune ambiguïté.

La réponse de la gauche doit être double :

Tout d’abord, le devoir de l’unité, qui demeure la condition indispensable de la victoire de la gauche, dans toute la force de sa diversité. Il s’agit donc de reconnaître ses erreurs, de faire œuvre de responsabilité, de prendre de la hauteur, de lutter contre les combinaisons qui ne mènent qu’à un chemin, celui de la défaite de la France et de la mort de la gauche.

Ensuite, l’exigence d’égalité. « Elle est notre étoile polaire » comme l’a dit récemment Jean Jacques Urvoas. Il nous revient de défendre les employés, les ouvriers, les chômeurs, les précaires et la France qui souffre, face à des projets de réformes totalement inégalitaires et un jusqu’auboutisme de caste.

Notre message doit être celui de l’espoir, et de ne surtout pas se résoudre à un duel trop annoncé entre une droite extrême et une extrême droite. A cet effet, le socle de nombreuses politiques de gauche, au travers le socialisme municipal et le socialisme territorial donne souvent l’exemple.

Ce message doit porter sur l’ancrage à gauche et la compréhension du réel, à travers par exemple une réforme fiscale, qui permettra une justice sociale du quotidien.

Il s’agira d’un choix de société entre deux blocs, qui n’offre que peu d’espace au centre en réalité. Celui-ci, le MODEM, l’UDI, ses cadres, militant-e-s, électeurs ne peuvent se retrouver autour des innombrables mesures de casse sociale que cette droite dure annonce. Car en terme de représentation politique, cette primaire ne fut pas celle de la droite et du centre.. Mais bel et bien la primaire de la droite et du parti démocrate-chrétien…

Les axes programmatiques de la droite qui a triomphé hier soir sont le démantèlement de la sécurité sociale, de nombreux déremboursements, la hausse de la TVA, des saignées dans les services publics et les collectivités, donc dans le secteur associatif, la baisse des impôts pour les plus riches, l’abandon d’une politique environnementale etc..

La stratégie de la radicalisation tatchérienne pour parler à un cœur électoral ne permettra peut-être pas au nouveau champion de la droite de dépasser les 50 %.. Le radicalisme de la droite Française ne pourra pas éteindre l’intensité du pays des lumières à défaut d’un avènement conservateur et traditionaliste.

Entre le maintien de l’austérité, uniquement pour les classes populaires et le renoncement de cette orthodoxie pour rassembler plus large, le chemin sera soit celui de l’inégalité, soit celui du mensonge.

Comme le disait François Mitterrand : « Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir ».

 

Tribune : Unité de la gauche !!

Tribune Co rédigée par Matthieu Stervinou , Secrétaire de Section du PS de Quimper et Jean-Marc Tanguy, Délégué de la première circonscription :

A longueur d’édito, de reportage, et même parfois à entendre certains socialistes eux-mêmes, la présidentielle de 2017 serait déjà jouée. Alors, on demande ici la démission de l’un, le silence de l’autre etc…Tout ça pour au final servir des intérêts personnels et offrir ainsi un spectacle aussi désolant pour les citoyens, qu’il doit être réjouissant pour la droite.. Comme s’il n’était plus envisageable de lutter contre l’irrémédiable. Comme si une météorite nous fonçait dessus et que nous l’attendions sans agir, ou pire en s’autodétruisant avant de toute façon de disparaître.

Nous aurions inexorablement donc le choix entre :

–          l’ultra libéralisme froid d’une part, qui ne prône que le moins disant social, des régressions permanentes et des cadeaux de caste.

–          Le nationalisme d’autre part, qui ne pourra générer que des haines internes, une guerre civile possible, et un effondrement assuré de l’économie Française.

Nous, militants de gauche, engagés et impliqués avec des responsabilités au Parti Socialiste, nous ne voulons pas nous y résoudre.. Car pourtant, dans un monde qui n’aura jamais été autant clivé et fracturé, nos valeurs humanistes et progressistes sont plus que jamais un gage de modernité. Il est encore possible de retourner la situation et de construire une société moins inégalitaire, plus bienveillante et plus protectrice..

L’enjeu en France est simple, c’est la préservation de la république.

L’enjeu à gauche est simple, ce sont les égos contre la république.

Ainsi, pour tenter de répondre à ces enjeux, la solution est claire, c’est un rassemblement de la gauche et de ceux qui s’en réclament.

A l’issue de cette « assemblée générale » de toute de la gauche, en sort un-e- candidat-e- soutenu-e- sans conditions ni réserves par tous les autres. L’unité est la condition indispensable de la victoire. Une fois de plus, il s’agit des égos contre la république. Il s’agit de donner de la grandeur à la politique, un espoir au pays, et une voie pour la gauche.

La première chose que notre candidat-e- doit faire c’est reconnaître quelques erreurs fondamentales de ces dernières années. C’est une question d’honnêteté et de contrat de confiance avec les citoyens.

Nous devons être unis autour d’un socle de valeurs communes, sans compromis exacerbés, mais avec la diversité de notre intelligence collective. Il n’y a pas deux gauches irréconciliables.

La colère des Français est légitime. Elle s’exprime déjà aujourd’hui et s’exprimera demain par le vote au printemps prochain. L’exaspération est à son comble face à des recettes qui ne fonctionnent pas. Il s’agit de repolitiser l’action et pas seulement d’agir comme des gestionnaires.

Il faudra avoir le courage de renverser la table, de ne pas oublier que dans la pensée Jaurésienne, si on gère le réel, et on sait le faire, on doit aussi tendre vers l’idéal, ce que nous avons semble-t-il perdu de vue.

Nous sommes à un tournant historique, alors soit on s’adapte et on recrée à gauche une aventure collective qui s’articule autour du lien social du quotidien, soit on accepte de subir la nuit voir les ténèbres, et ce pour longtemps.

Face aux idées de l’extrême droite et de la droite ultra-libérale, nous ne pouvons pas rester sans combattre. C’est notre réaction collective qui conditionne notre avenir.

Alors, cher-e-s camarades engagé-e-s dans la course au château, on dégonfle le melon, et on revient aux fondamentaux de son engagement.

Alors, on le fait ce rassemblement de la gauche, avec l’unité à la cléf.

Il s’agit de prendre de la responsabilité, de la hauteur, de lutter contre les combinaisons qui ne mènent qu’à un chemin, celui de la défaite de la France, et de la mort de la gauche.

J.M Tanguy et M. Stervinou.

Primaire de la droite pour… la droite…

En ce jour de débat à droite, il est comme une urgence d’évoquer ici les raisons pour lesquelles, il est préférable de laisser la primaire de la droite et du centre (cette « variété molle de la droite » comme disait Mitterrand) à ceux qui aiment ça..

Si je perçois les motivations de l’électeur de gauche de se mêler de cette histoire pour, et c’est le plus couramment répandu, soit voter Juppé afin d’éviter le second tour Sarkozy-Le Pen, soit voter Sarkozy, se disant que c’est le seul qui peut permettre une victoire de la gauche, dans tous les cas, c’est me semble-t-il une bien mauvaise idée car :

Aller voter à la primaire de la droite et du centre, c’est donner sur deux tours 4 Euros à l’ancienne UMP, et ainsi renflouer les caisses d’un parti, qui a suffisamment joué avec l’argent du contribuable lors de la dernière campagne présidentielle. En effet, la primaire n’est pas que coûteuse pour ses organisateurs. Rappelons que les militants qui tiennent les bureaux sont bénévoles et la location des salles est souvent gratuite. Ainsi, la participation financière de l’électeur de la primaire si elle couvre les quelques frais engagés est surtout une opportunité financière pour les partis, ce que je ne condamne pas, mais en se pensant de gauche, je ne vois pas comment on peut ainsi financer le parti de « LR ».  A partir de 2 millions d’électeurs, ils rentrent dans leurs frais, le reste servira à la campagne présidentielle..

Les primaires ne sont pas le premier tour de la présidentielle. Le favori d’Octobre est très rarement celle ou celui qui accède au palais 6 mois plus tard.. Demandez à Raymond Barre, Lionel Jospin, Edouard Balladur et Ségolène Royal ce qu’ils en pensent.. Seul François Hollande a démenti la tradition.. Dans tous les exemples précédents, c’est donc d’autres candidat-e-s, que l’on pensait carbonisés qui ont su inverser la tendance. Aujourd’hui, la primaire de la droite focalise toute l’attention.. Celle de la gauche arrive fin Janvier, et avec elle toute sa dynamique. Le parcours des un-e-s et des autres d’ici le 23 Avril 2017 est encore long et semé d’embuches, plus particulièrement pour ceux qui tiennent le haut du pavé aujourd’hui.

C’est bien une feuille de papier à cigarette qui sépare l’ensemble des candidat-e-s à la primaire de la droite et du centre, ce qui vaut également pour les deux favoris, Juppé et Sarkozy. Si je peux comprendre que des réactions épidermiques parcourent l’échine de tout corps de gauche normalement constitué à la vue de l’ancien président de la république, il suffit de regarder dans un premier temps la stratégie de chaque candidat et dans un second temps les propositions du soi-disant nouveau che guevara de la droite Alain Juppé..

Il faut d’emblée comprendre que les deux favoris en question occupent d’abord et avant tout un espace politique. Sarkozy, avec sa campagne tout feu tout flamme droitise à outrance sa campagne pour attirer dans ses filets un électorat exaspéré, et potentiellement ultra-droitier, électeurs du front national. Ainsi, pour exister, Juppé joue la partition inverse, avec une campagne furtive, en feintant la modération et la distance, pour récolter de son côté les palmes des centristes (ce qui vient d’être fait avec l’UDI). Mais à peine élu, nous constaterons que l’un comme l’autre sortira de son espace stratégique actuel. En effet, Juppé devra reconquérir la droite dure et ainsi se droitisera, alors que Sarkozy devra être moins clivant et ainsi adresser des signes au centre, et sans se gauchiser, il calmera fatalement ses outrances. Ainsi, chacun dans leur déport respectif se rapprochera au final de ce qu’est un candidat de droite !!

Un petit détour par les propositions d’Alain Juppé permet de comprendre que son positionnement actuel est bien plus stratégique qu’idéologique. Car il y a ce qu’il dit mais surtout ce qu’il dit moins… Seuils sociaux (droit des salariés) bloqués pendant 5 ans, sortie des 35H00, retraite à 65 ans, alignement des retraites du public sur le privé, suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), plafonnement des aides sociales, maintien du nucléaire, diminution de 300 000 postes de fonctionnaires, dégressivité de l’allocation chômage, facilitation de la procédure de licenciements…

Bref, on lève l’impôt de la richesse, en faisant les poches de celles et ceux qui abusent bien sur abondamment de l’aide sociale.. Un grand classique.. Robin des Bois a lui aussi fait sa mue capitalistique..

Et puis, n’oublions que le chef actuel de Juppé, Sarko et compagnie s’appelle en ce moment Laurent Wauquier.. Vous savez, celui qui veut entrer en « résistance » avec son refus d’accueil de 1800 réfugiés dans sa région de près de 8 millions d’habitants, la deuxième plus riche de France.. Son comportement sur cette question est exactement le même que celui du maire de Béziers…

Bref, la primaire de la droite ne me semble pas être l’affaire de celles et ceux qui se pensent de gauche. Y participer est un véritable signal de défaitisme, car si nous avons, ne nous en cachons pas nos propres turpitudes, regarder leurs propositions se fait se sentir plus que jamais de gauche..

Ca, il est revenu…

Il n’a pas toujours besoin de forcer le trait pour être dans une navrante provocation, mais à l’image de hier soir, le candidat Sarkozy, en mode opération séduction du cœur de l’électorat de la droite ne recule devant aucune outrance.

Tout à tour méprisant, mesquin, arrogant, prétentieux, agressif, agité, démagogique et menteur,  il passe son temps, dans des raccourcis et simplifications mensongères à criminaliser les musulmans, les réfugiés, les bénéficiaires du RSA, les décrocheurs scolaires et toutes celles et ceux qui ne s’inscrivent pas dans un moule autoritaire, martial et uniforme. Cette affiche de fermeté s’inscrit dans un projet de société rance, avec comme guides la peur, la haine, la division, le repli, le goût de la revanche, et à terme une guantanamoïsation de notre droit.

A force de vouloir droitiser la primaire, en enfilant les perles sécuritaires avec l’ensemble des ignominies entendues hier soir,  il pourrait donner envie à la gauche de venir y voter contre lui..

Au chapitre des provocations, mensonges, approximations et autres aberrations :

Le futur ex patron des « LR » doit comprendre que le mariage homosexuel n’existe pas.. C’est le mariage qui existe.

Il égratigne, (sans doute pas par hasard) le nom de la ministre de l’éducation nationale..

Quand il martèle ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, y compris dans les collectivités territoriales.. Il n’en a même pas la prérogative.. Si ce n’est.. En saignant les dotations aux collectivités.. Ce qui sera de toute façon le cas avec 105 milliards d’économies sur les dépenses publiques.. Il y en aura des partenaires des collectivités concernés (associations, entreprises, etc..) qui mettront la clef sous la porte à ce tarif là.

D’autant qu’il dit vouloir ramener la dépense publique de 57,5 % du PIB à 50 % du PIB, ce qui fait non pas 100 Milliards d’économies, mais plutôt 150.. Il faut y ajouter le cadeau des 5 milliards de suppression de l’Impôt sur les grandes Fortunes, qui seront autant de recettes en moins. Sachant qu’il ne dit pas un mot sur le financement de ses propositions, ce qui laisse à penser à nouveaux que les collectivités paieront un lourd crédit, et donc avec eux, tous les artisans du vivre ensemble au quotidien.

Il ne précise pas, sur les 300 000 postes de fonctionnaires, lesquels seront supprimés.. A l’hôpital, l’éducation nationale, dans les services de sécurité ?

Au même titre, la proposition de rétention administrative pour les « fichés S », pour laquelle, le conseil d’état a déjà dit non par ailleurs, qui s’en chargerait ? Les 13 000 postes de policiers et gendarmes supprimés sous son quinquennat ?

Il propose un service militaire pour les décrocheurs.. Il proposait déjà un service civique pour les mêmes en 2007.. Et pendant 5 ans de présidence.. rien..

En 2010, il a fait ouvrir des établissements de réinsertion scolaire pour ceux jugés « pertubateurs ». L’inspection générale de l’Education nationale ayant évalué et jugé inefficaces ces structures, elles furent fermées. Il le propose encore à nouveau pourtant ..

Il nous dit : « Les élèves, on les garde et on les encadre ». Mais avec qui ? Les 80 000 postes de profs et 35 000 de surveillants supprimés de 2007 à 2012.

Il évoque une juridiction spéciale face au terrorisme, mais une fois pour toute, le pôle antiterroriste existe déjà, et ce au sein du parquet de paris..

Il ose dire : « j’ai été mis en examen, et ça sera facile à vérifier, pour le seul délit formel de dépassement du plafond de la campagne »… Faux : la dénomination exacte : Financement illégal de campagne électorale ».. Je vous laisse apprécier la nuance..

Et le pire pour la fin : sur l’urgence écologique et environnementale, une grande ambition… de déclin avec une suppression du principe constitutionnel de précaution, l’autorisation des gazs de schistes, la relance du programme nucléaire, l’abaissement de toutes les normes environnementales, et le déni des dangers du réchauffement climatique..

Dans le rôle qui doit être le sien, il fut hier parfait.. Mais au-delà de la course démagogique à la posture, ce Sarkozy décomplexé livre une vision de la société qui ne fera que croître la tension dans les rapports sociaux et qui pour le destin du pays, au mieux nous conduit dans le mur, au pire, finira mal..

Raphaël Glucksmann, au travers d’un exemple résume bien la pensée sarkozyste : « les réfugiés Syriens ne fuient pas la guerre, mais risquent leur vie pour toucher des allocs », c’est bien connu..

Tel que le décrivait Stephen King.. « Ca, il est revenu.. » et on peut en effet avoir peur..

 

Encore et toujours…

La surenchère Tatcherienne de la droite française est.. « en marche ».. et ce n’est que le début..

Trois exemples précis :

Tout d’abord, l’économie de 100 Milliards d’Euros (ou 85 selon le candidat de droite concerné) sur les dépenses publiques, tout en supprimant l’impôt sur les grandes fortunes (plus de 5 milliards de recettes en 2015 pour l’état), vont avoir comme conséquence directe et mécanique de baisser encore plus le concours financier de l’état au travers de la dotation globale de fonctionnement à l’ensemble des collectivités territoriales dans tout le pays.

Pour le dire autrement et plus simplement, si les collectivités dépendent en partie de l’état, de nombreuses associations dépendent de ces mêmes collectivités. Autant dire qu’il s’agit ici du lien social du quotidien à travers le maillage associatif sportif, culturel, socio culturel qui sera attaqué et même en péril.

Ensuite, la réduction (proposée encore aujourd’hui par un candidat à la primaire de « LR ») d’un fonctionnaire sur deux « même » au sein des collectivités territoriales attaque au cœur la solidarité entre les citoyens et les territoires. Dans un conseil départemental, par exemple, de telles mesures, à la Protection Maternelle Infantile (PMI), dans les services Enfance / Famille, Personnes âgées, Personnes en situation de handicap, jeunesse, insertion etc..  sans parler bien sûr de l’aide aux entreprises, à la pêche, à l’agriculture aura des conséquences désastreuses sur le service rendu au public. Nombre de ces services fonctionnent déjà à flux tendu et des mesures si radicales viendront précariser encore plus les précaires.

Enfin, le risque est évident de diviser le pays en fustigeant systématiquement une catégorie : Le discours de la droite cassoulet sur le RSA, laissant à penser qu’une majorité écrasante ne fait que profiter du système ainsi que la dégressivité de l’allocation chômage consiste à s’en prendre toujours aux mêmes.. Ce qui dans le même temps revient à ne surtout pas toucher aux amis du Fouquet’s.. C’est ici acte de constance dans le paradigme qui attaque systématiquement celui ou celle qui est juste en dessous, pensant que si celui-ci vit moins bien, c’est tous les autres qui vivront mieux.. Au-delà de flatter certains bas instincts, c’est bien la démagogie et la caricature qui s’imposent.

A gauche, nous ne pourrons nous contenter de faire peur avec cette droite ultra ultralibérale. Pour le moment, alors que tous les candidat-e-s à la primaire de la gauche ne sont pas connu-e-s, et qu’il paraît sage, pour un choix éclairé d’attendre la liste finale des candidat-e-s, qui sera définitivement connue le 15 décembre, il nous faudra un projet crédible, précis et ancré à gauche. Si comme la plupart de mes camarades, j’attendrai au moins le 15 Décembre pour me prononcer, certaines propositions notamment de Benoit Hamon me semblent pertinentes et crédibles, entre par exemple le revenu universel d’existence, la réduction du temps de travail pour le bien-être au travail et la lutte contre le chômage, la reconnaissance du vote blanc, un parlement simplifié, qui peut contrôler l’action de l’exécutif etc..

A 231 jour du premier tour de la présidentielle, nous sommes à un tournant de ce qui doit faire France, car l’offre politique sera très claire et contrairement à une pensée répandue, le clivage gauche droite est et sera particulièrement prégnant. Notre réponse doit elle aussi être claire et sans faille, face à une droite qui agite avec frénésie le chiffon de la peur, de la haine, de la division, en pensant que la question identitaire doit primer sur la question sociale. De telles mesures, comme exposées au début de ce propos, peuvent demain affaiblir ce qui fait la force et justement l’identité de la France, à savoir la pensée des lumières, avec comme piliers la tolérance, la liberté et l’égalité.

Face au danger de mort nationaliste d’une part et la surenchère identitaire et libérale d’autre part, c’est bel un bien une véritable œuvre de fraternité sur laquelle nous allons devoir travailler, avec bien sur des déclinaisons concrètes pour démontrer que la France non seulement n’est pas en panne, ne doit pas se replier sur elle-même, mais doit avancer, encore et toujours.

 

En marche… Arrière ??

«En marche », nouveau mouvement, qui génère une micro-révolution et un psychodrame dans le landerneau médiatico politique parisien.. Même si les ramifications locales seront bien sur évidentes..

Dans le clip promotionnel qui accompagne le projet, « En marche » repose donc sur je cite « des idées neuves« … OK… Sauf que le « ni de gauche ni de droite » revendiqué par M. Macron était déjà utilisé par…. Giscard…

Sauf que le « ni de gauche, ni de droite », veut surtout dire jamais à gauche.. Ou pour reprendre Mitterrand : « le centre, cette variété molle de la droite ».. ou mieux encore : « Si quelqu’un se revendique ni de droite, ni de gauche, c’est qu’il est ni de gauche, ni de gauche... »

Dans un permanent politique bashing, « dépasser les clivages partisan » est devenu malgré tout une assertion très dans l’air du temps mais finalement très lisse et politiquement correct, qui pourtant passerait contre toute attente pour une forme de modernité..

Ce dépassement des clivages partisans s’incarne très certainement sur certains projets à l’échelle local.. Mais plus on monte dans la prise de décisions.. Plus cette base idéologique devient infondée. Au contraire, on peut partir du postulat que le clivage partisan permet, en allant  jusqu’au bout d’un désaccord, d’étudier toutes les problématiques d’un sujet, pour aboutir à une décision assumée.

Mais en commençant tout de suite par l’incolore et l’inodore… le « ni de gauche, ni de droite » C’est l’immobilisme assuré… J’en reviens en effet à mon Giscard… qui fut l’emblème du non mouvement. La seul marche en avant fut celle de son départ à pied de l’Elysée, mais politiquement, ce mandat fut plutôt un détonnant.. surplace… Définitivement, rien de nouveau sous le soleil avec le sujet du jour.. Tous ceux qui ont présidé au centre (et ils sont nombreux…) n’ont quasiment jamais réussi à mettre en œuvre UNE réforme politique d’ampleur (hors sociétal), avec des vrais retombées importantes pour le quotidien des gens…

Le « ni gauche ni droite » n’aurait en effet pas permis : les congés payés, les 39 heures à l’époque, le RMI, l’abolition de la peine mort, la loi sur l’avortement, les 35H00, le CMU, le PACS, le mariage pour tous etc…

Pour le coup, je suis en désaccord avec mon camarade Gérard Filoche.. Macron est tout sauf un OVNI.. Il est juste « normal » (comme dirait un autre) ,en développant des idées d’un classicisme confondant.. Sans doute une question d’air du temps puisqu’on nous fait déjà le coup de la révolution des idées avec… Alain Juppé…

Mais politiquement la démarche est habile.. Car d’abord elle est positive, ce qui manque aujourd’hui. Ensuite, un peu de projection donc de presque fiction : Si François Hollande est candidat, la création de ce mouvement est comme un « poisson pilote » pour la conquête d’un électorat centre-droit.. qu’il faudra soit contester à Juppé, soit carrément « piquer » à Sarkozy..

Mais si François Hollande n’est pas candidat, Emmanuel Macron se crée alors sa propre histoire avec une structure opérationnelle qui pourra lui servir très vite..

C’est donc intelligent stratégiquement car « gagnant gagnant » comme dirait une autre ministre. Mais sur le contenu, sauf à croire que l’extrême centre incarne l’avenir.. « En marche » suit une ligne forcément.. droite…