Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Le début de la fin…

Que Trump, Le Pen, Farage, Grillo, Orban, Hofer et Sarkozy à sa façon et sans doute encore d’autres soient déjà en responsabilité, ou aux portes de l’être doit très rapidement nous interpeller et nous faire réagir..

Le pire étant qu’ils puissent l’air de rien se réclamer de candidatures qui défendraient le peuple, le monde salarié, les « petites gens » la « majorité silencieuse ».. Comme s’ils pouvaient incarner les aspirations prolétariennes.. Il y a évidemment imposture et nivellement vers le bas.. Mais, très honnêtement, la gauche, en France, en Europe et partout dans le monde y a largement contribué en perdant quelques batailles culturelles majeures.

Pour que des millions de citoyens à travers le monde en arrivent à de telles conclusions électorales, pour que cette gigantesque imposture puisse fonctionner, nous devons sortir du constat angéliste de salon, en pensant que vraiment « les gens » n’ont rien compris, et avec la conviction béate que tout finira par rentrer dans l’ordre… Car si on admet qu’il n’est pas déjà trop tard, il convient de reconnaître nos fautes, notamment en n’assumant pas un héritage historique, en s’étant « technoifier » à outrance, en ayant créé des automates politiques déshumanisés, nous avons  installé, notamment à gauche une sorte de mépris de caste, une sorte de mépris de classe. Ce qui génère une médiocrité désespérante dans l’inaction politique, y compris vers celles et ceux qui souffrent le plus. La réponse à cette médiocrité et à ce mépris est la haine du politique, devenu une élite, que le politique le veuille ou non.. Les gens ne détestent pas la politique, bien au contraire, mais ils détestent ceux qui la font.. Il est impossible de continuer à nier cette évidence. Et il est si facile, de tomber dans la caricature crasse du peuple, armé de bon sens contre les élites ou de la bien-pensance du café de Flore. La réalité est bien plus complexe, mais devenir la caricature de soi même ne peut qu’alimenter ce processus de simplification..

Nous nous fourvoyons également en évoquant régulièrement le populisme de ces nouveaux prédicateurs de la haine.. Car en réalité, dans son sens premier, le populisme fait bien appel à l’intérêt que l’on porte au peuple.. Plus on va parler de populisme pour les désigner, plus on va marquer notre propre déconnexion et désintérêt envers justement le peuple..  Au lieu de les taxer de populistes, nous devrions tâcher de redevenir populaires..

Cette captation de la désespérance par les malfaisants sus nommés porte entre autre la marque de notre responsabilité, car nous avons cassé notre logiciel idéologique, notre capacité à produire des idées, pour n’être devenu qu’une machine, non plus à gagner, mais plutôt à perdre les élections… Alors que si on regarde en France, le seul parti qui travaille aujourd’hui sur le champ de l’idéologie, c’est bien le front national..

A la lecture de ces quelques lignes, en France, la droite n’a guère à se réjouir, car si demain, ils accèdent à des responsabilités nationales ils seront confrontés exactement aux mêmes difficultés.. Sachant que si l’on pardonne toujours davantage à la droite d’être les tenants d’un capitalisme déshumanisé, leur orthodoxie budgétaire, allié à un chronique manque d’empathie ne leur promet pas un chemin pavé de roses..

A l’image des grands basculements historiques, nous sentons ce grand vertige d’un désordre mondial irrémédiable, car cette odeur est dans l’air.. La seule réponse pour éviter ce qui semble aujourd’hui comme inévitable est de retourner aux fondamentaux de la gauche, de retrouver le chemin de l’émancipation de l’autre, qui doit être le leitmotiv de tout engagement politique à gauche. Servir et non se servir.

Si tout n’y est pas parfait, je plaide pour l’exportation du modèle finistérien, où tous les jours, nous appliquons une politique de gauche à dimension humaine et solidaire.. La proximité est notre guide. Même si j’ai parfois l’impression que nous nageons à contre-courant de la pensée dominante, qui nous démontre que l’autre, celui qui est en dessous est le fautif de tous nos maux : le migrant, le chômeur, le bénéficiaire du RSA etc…

Il existe un juste milieu entre les tenants actuels de l’ordre mondial, qui ne s’appuient que sur la finance et l’avènement capitalistique ; Entre les aspirants proches à court, moyen ou long terme de prendre possession de cet ordre mondial, qui ne créeront que désolation et guerres ; Entre les actuels déconnectés de la désespérance des foules incarnant les fractures contemporaines..

Si je demeure persuadé que tout commence en Finistère, espérons que demain à la même heure de l’écriture de ces lignes, outre atlantique, un drame démocratique ne se produise pas, car c’est potentiellement l’incarnation du début de la fin

Combien ?

La plupart des candidat-s- de la primaire de la droite veulent trouver 100 milliards d’économie, soit deux fois plus que les économies réalisées sur le quinquennat actuel. La plupart souhaite aussi supprimer 150 000 postes de fonctionnaires dans la fonction publique territoriale, alors que ce n’est pas de prérogative gouvernementale, il faudra alors que les candidat-e-s de droite, pour financer ces mesures nous disent de combien ils comptent baisser les dotations aux collectivités (Ville, agglos, départements, régions).

Au risque de faire souffrir ces collectivités bien plus qu’aujourd’hui et qu’elles diminuent drastiquement leurs subventions aux associations qui assurent le lien social du quotidien (culture, sport, socio culturel etc..). Un secteur associatif souvent déjà découragé, mais pour certaines associations, de telles mesures sonneraient clairement le glas..

Au risque également que les collectivités en question n’aient pas d’autre horizon que d’augmenter les impôts si la réduction des dotations est trop forte. Donc là où à droite ils promettent tous des baisses, ils risquent de provoquer des hausses par d’autres biais..

Très clairement, nous parlons ici de baisses de dotation d’un niveau jamais connu… Avec tous les risques d’arrêt en terme de dispositifs solidaires de proximité pour l’ensemble des collectivités. Ces si nombreux services que l’on ne voit plus car ils sont gratuits et que ça parait normal..

Il serait donc temps que les candidat-e-s de droite nous donnent un montant précis des baisses de dotations d’état aux collectivités..

En attendant ces réponses… Je me suis livré à l’application d’une de ces mesures au conseil départemental du Finistère. Ce qui serait aussi bien sur transposable à la ville de Quimper.

La droite au niveau national nous parle donc de 150 000 fonctionnaires territoriaux pour lesquels on supprime le poste. Peut-être que l’alliance, groupe de la droite et du centre au conseil départemental pourrait nous aider pour savoir comment appliquer une telle mesure dans notre collectivité.

Il y a 1 878 700 fonctionnaires territoriaux selon le figaro… (je ne gonfle pas les chiffres vu mes sources..)

150 000 agents sur 1 878 700 fonctionnaires, c’est 8 %.

Donc au conseil départemental du Finistère, qui compte à peu près 4000 agents, si on y applique les 8 % prévu, il s’agit de 320 agents.. Je me demande  Lesquels… Sachant que la moitié déjà sont des agents du secteur social, en accompagnement des publics prioritaires : Protection de l’enfance, personnes âgées, personnes handicapées… Admettons que la droite se rende compte que c’est un secteur trop tendu pour y toucher

C’est donc toujours 320… Mais maintenant sur 2000 autres agents.. Sachant que 500 d’entre eux travaillent dans les Agences Techniques Départementales pour veiller à l’entretien et la sécurité du réseau routier départemental, ainsi que dans les collèges, pour assurer la maintenance, l’accueil et la restauration.. Admettons que la droite se rende compte là aussi que c’est un secteur trop tendu également.

Il reste donc 1500 agents.. Je reprends mes 320… Ou ?? Qui ?? Quel service ?? L’insertion ? Le tourisme ? Le nautisme ? L’eau ? l’environnement ? Le logement ? L’urbanisme ? la Culture ? le Sport ? la jeunesse ? …

Pourtant, le leader de la droite départemental, et la plupart de ses collègues nous disent sans arrêt qu’il faut garder tel ou tel dispositif, nous disent qu’il faut faire plus pour l’agriculture.. Voyez donc l’art de la contradiction… On ne peut avoir de tels discours dans les salons à Paris, et un autre ici en Finistère, dans l’hémicycle départemental. Car dans les deux cas, à Paris, comme à Quimper, il s’agit de flatterie électorale.. Mais en réalité, c’est juste incompatible, alors il faut choisir la cohérence et non la duplicité..

« La fraternité, on la doit aux plus fragiles », comme l’a justement dit… Alain Juppé à Rennes Mercredi soir..

Déclarations générales et généreuses de meeting et réalité glaciale d’un programme ultra-libérale qui va générer une casse inédite dans le lien social du quotidien… Affaire à suivre..

Réal politique…

A l’heure où de tout côté, la politique nationale n’aura rarement autant donné un sentiment de médiocrité, alimenté par l’orthodoxie cathodique, en quête de l’anecdote permanente, la réalité se poursuit discrétement.

Au sein du Conseil Départemental du Finistère, deux projets sur lesquels votre serviteur travaille méritent d’être ici valorisés, tant ils mettent en avant le rôle essentiel de fédération et d’animation de la collectivité départementale et la volonté des élus de la majorité d’offrir le meilleur service au public, y compris en période de disette budgétaire.

Ces deux schémas, si on souhaitait les caricaturer peuvent paraitre techniques, voir technocratiques, mais pourtant, il s’agit de « réal politique », avec des ramifications et déclinaisons concrètes sur le terrain.

Tout d’abord, le Schéma Départemental d’Amélioration de l’Accessibilité des services au public (SDAASP). Ce schéma est une commande de l’état auprès des conseils départementaux et des préfectures, qui pilotent leur application.

Le schéma a pour aspiration d’offrir le meilleur service pour une meilleure égalité entre les citoyens, en réduisant les zones en déficit. Il s’agit du service au sens large, car il intègre du public et du privé, du marchand et du non marchand délivrés par les opérateurs nationaux et locaux. Nous évoquons donc ici par exemple l’offre de santé, de commerces, de présence des services publics, de transports et de la nécessaire mutualisation pour tendre vers une meilleure efficacité.

Ainsi, à l’échelle des pays, le conseil départemental réunit autour de la table une cinquantaine de partenaires en ce qui concerne la Cornouaille : des élus et techniciens des collectivités (ville, communauté de communes), des institutionnels (CAF, Pole Emploi, Poste, Agence Régionale de Santé, chambres consulaires), et des associations de tout secteur pour définir des priorités et trouver des solutions communes afin d’essayer de faciliter la vie des citoyens.

A titre d’exemple concret, des Maisons de Service au Public sont en fonction ou en projet sur l’ensemble du département, et permettent de regrouper au sein d’un même bâtiment de nombreux services, afin d’éviter aux citoyens de passer d’une administration à une autre, et de se perdre dans un dédale sans fin aussi illisible que décourageant au final. Ainsi, les institutions au sein du même bâtiment travaillent directement ensemble et tout le monde gagne du temps.

Ensuite, le Projet Départemental d’Insertion (PDI), 2016-2021 qui se décline là aussi à l’échelle des pays, que j’accompagne, car il se travaille en Cornouaille sous la houlette de ma collègue Isabelle Assih. Ce projet réunit et fédère l’ensemble des acteurs de l’insertion qui accompagne au quotidien celles et ceux qui sont en situation d’exclusion économique et sociale. C’est ici à nouveau la réal politique et non pas les caricatures outrancières qui perdurent notamment sur les bénéficiaires du RSA.

Qu’il s’agisse de l’Insertion par l’Activité Economique, des chantiers d’insertion, des ateliers d’insertion, de l’Economie Sociale et Solidaire, c’est toute l’offre d’insertion qui est mise sur la table, afin bien sûr de dégager des diagnostics territoriaux, pour recenser tout ce qui existe sur le département et ainsi se fixer des objectifs concrets. Notamment, ceux de favoriser l’accès aux droits et à l’autonomie, de favoriser l’accès et le retour à l’emploi, favoriser la coordination des acteurs et la communication.

Dans les deux exemples en question, le conseil départemental utilise l’intelligence collective et participative pour trouver des solutions concrètes sur le terrain. Construire une politique publique adaptée aux aspirations citoyennes nécessite ce type de préalable. Mais ils est souvent plus facile de décider seul dans son coin, pour donner une réponse court-termiste à un problème immédiat.. C’est ici toute la question du portage politique ou pas d’un sujet. C’est aussi  toute la difficulté de la gauche à rendre lisible, simple et concrète la mise en place de politiques publiques au service du citoyen.

Enfin, si le gouvernement reconnaît au travers des deux dispositifs pré-cités le rôle clef du département en terme d’échelon de proximité, ce même gouvernement décide de snober le conseil départemental pour lui donner les moyens de ces missions, car non seulement, nous serons la seule collectivité ne bénéficiant pas de coup de pouce, mais qui verra même sa charge financière considérablement alourdie. Entre une droite qui caricature les missions essentielles du département et une gauche gouvernementale, qui semble nous mépriser.. Nous continuerons à porter haut et fort nos missions de solidarités, entre les citoyens et les territoires.

Jean-Jacques Urvoas, un ministre du 21ème siècle…

Depuis 3 mois et 20 jours, le ministre de la justice est au travail, inlassablement.. On connaissait les qualités d’artisan du droit de Jean-Jacques Urvoas, mais son action à la Chancellerie démontre aussi un évident ancrage à gauche dans le contenu du travail fourni.

Tout d’abord, car dès son arrivée à la fonction de garde des sceaux, il s’est concentré sur un objectif simple, sur un axe majeur et sur une ambition unique : redonner des moyens à la justice pour fonctionner.

Pas besoin de grandes déclarations enflammées dans de multiples médias, mais une activité de tous les instants pour gagner son arbitrage.. C’est une pratique politique aussi respectueuse et discrète qu’efficace.. Réclamer ainsi des moyens budgétaires pour la justice , c’est d’abord et avant tout viser à l’amélioration d’un service public sinistré. Si les professionnels de la justice œuvrent dans des conditions décentes, les 4 millions de français qui entrent dans un tribunal par an seront accompagnés avec plus d’efficacité. C’est au final un dégel de 107 millions d’Euros, qui entre les frais de justice, le fonctionnement des juridictions, le réseau informatique et l’immobilier, doit permettre une nette amélioration pour la justice du quotidien.

Ensuite, au-delà des moyens, il y a le travail politique de fond à travers notamment le projet de loi sur « la modernisation de la justice du 21 ème siècle » dont l’examen commence cette semaine. Cette loi, au regard de ses orientations est celle du concret et du quotidien. C’est un pragmatisme de gauche. Le temps et les moyens manquent pour révolutionner totalement la justice dans notre pays, mais un certain mépris affiché devant une loi qui ne serait pas fondamentale est un mépris pour l’ensemble de nos concitoyens… Car il est dans ce texte d’abord et avant tout question de la justice du quotidien, avec des applications concrètes, aux motivations protectrices et simplificatrices. La justice est aussi et surtout le droit des plus faibles.

Comme l’a dit le garde des sceaux hier dans son propos introductif au débat : « les idées ne sont pas vraies ou fausses. Elles sont utiles ou ne le sont pas ». En complétant par une citation de Montesquieu : « Souvent l’injustice n’est pas dans les jugements, elle est dans les délais ». C’est typiquement le cas dans cette loi, malgré les polémiques naissantes sur la question des divorces ou des infractions routières.

Mais une mesure du projet de loi attire pour le moment moins l’attention et pour autant là aussi, elle incarne un discours de vérité et nécessite un certain courage politique face à la démagogie. Les tribunaux correctionnels pour mineurs instaurés par Nicolas Sarkozy en Janvier 2012 ne sont qu’un affichage électoraliste et sécuritaire. Les mineurs de plus de 16 ans ont vu leur situation pris en charge par cette juridiction dans… 1% des situations, et avec au final moins de sévérité que les décisions prises par les juges pour enfants. Mais le titre « tribunaux correctionnels pour mineurs »… consistait à soi seul une sorte de racolage électorale supra-démagogique… Constater que certains députés de « LR » continuent à défendre une juridiction pleinement inefficace est assez consternant.

Ainsi, dans cette analyse assumée comme pleinement subjective.. Si j’ai parfois quelques hésitations, pour ne pas dire davantage, avec certaines orientations gouvernementales… Je suis fier de l’action de Jean Jacques Urvoas, qui comme il le déclamait déjà dans sa première campagne en 2007 « agit et protège ».  C’est un ancrage à gauche que de vouloir, humblement, juste être utile.. En servant la justice de proximité. Cette volonté d’agir sur le quotidien est la même qui doit animer notre action politique locale. C’est la clef de la rénovation et de la refondation.

On change ou on nous change…

Les codes sont brouillés et les repères sont en berne. L’histoire de la gauche est perpétuellement traversée par une forme de lutte des classes en son cœur.. Guesde et Jaurès, Nanterre et Voltaire, et de nombreux autres références contemporaines qui finalement ne font que souligner la dichotomie Jauressienne entre idéal et réel.. Comme une incompatibilité entre gauche gestionnaire et gauche politique.

Finalement, depuis… la nuit des temps, on dirige au centre droit et on s’oppose à gauche.. Etre socialiste consisterait-il à être dans l’opposition ?

Mitterrand, le dernier candidat de gauche à avoir gagné  l’échéance présidentielle grâce à un électorat populaire disait par exemple aux ouvriers : « La France c’est vous ».. Plutôt que.. « Je vais vous défendre », déclinable à chaque intérêt catégoriel..

Les mutations au modèle capitalistique sont profondes avec une adaptation et une évolution indispensables à la « continuation de l’espèce », mais ne doivent pas nécessairement s’incarner par une déshumanisation et une perte de sens, qui sont l’apanage d’une logique rétrograde et certainement pas progressiste.

Un horizon social sans être socialisant est encore envisageable. Mais il ne peut s’écrire qu’avec une gauche gouvernementale qui assume sa couleur historique et agit en lien avec un certain nombre de valeurs et de principes.. Au risque de reproduire invariablement le schéma évoqué ci-dessus.. Générant donc le fossé entre la parole et l’action, véritable déni de démocratie permettant l’émergence de l’entreprise d’extrême droite  Le Pen au sombre dessein nourri de haine, et qui sans même agir, récolte les fruits électoraux de nos sempiternelles turpitudes..

Quand localement, on émet quelques doutes sur une orientation gouvernementale et sa compatibilité avec l’histoire et les racines de la gauche.. Il se trouve toujours une femme ou homme de droite (et parfois même de gauche..) pour s’amuser des fameuses « contradictions » de votre propos.. Comme si n’avoir que des certitudes faisait de vous une force intellectuelle à toute épreuve… Je pense à l’inverse que celle ou celui qui ne se questionne pas, et quelque part qui ne se contredît jamais tient un propos particulièrement inquiétant.. C’est dans la contradiction que l’on construit et avance.. et que la pensée naît.. Comme dit Amélie Nothomb : « Tout être humain a le droit d’être en contradiction avec lui-même »..  Même la droite n’y échappe pas, et tant mieux pour elle au regard de ce qu’est devenu la doctrine Gaulliste, utilisée par celles et ceux qui sont censés la faire vivre aujourd’hui…

Penser ainsi est faire œuvre d’humilité, en se disant que la quête est permanente, que « l’on ne sait qu’on ne sait jamais », comme dirait Jean Gabin, mais tout en s’appuyant par ailleurs sur l’histoire et les racines de la maison commune qu’est le parti socialiste. N’ayons pas peur d’être en colère comme disait un certain Léon.. Ni de considérer avec bienveillance les nouveaux mouvements de collectifs citoyens, de ce bouillonnement démocratique alternatif.. et de nous inspirer de mouvements tel Podémos ou Syriza…

A cet égard, à gauche, il est évident que des choix lourds de sens s’offriront à nous… Et il faudra choisir le camp de l’espoir, lucide certes, mais avant tout porté par une ambition d’émancipation et de sortie d’une condition prédestinée, et qui s’appuiera donc sur l’égalité et la fraternité..

Prendre en main l’avenir de Quimper.

Une nouvelle majorité municipale est arrivée aux commandes de notre ville il y a 22 mois. 1/3 du mandat, le temps où l’on doit lancer les principaux chantiers sur lesquels on s’est engagé devant la population. Durant cette période, avec mes collègues du groupe d’opposition municipale, j’ai voulu observer patiemment, je me suis opposé de façon constructive ou plus fermement, quand l’intérêt général de la Ville et de ses habitants me  paraissait être mis en cause.

Personne ne peut prétendre à la perfection : ni l’opposition, ni le parti socialiste, ni les autres mouvements de gauche et écologistes. Nous devons aussi nous appliquer à nous même des critiques, et faire œuvre de modestie et d’humilité, en particulier au regard des multiples crises qui nous frappent et qui appellent au rassemblement plus qu’à la division.

Car au final, c’est toujours l’intérêt de Quimper et l’avenir de ses habitants, actuels et à venir, qui doit primer.

Ludovic Jolivet, lors de son élection en Mars 2014, nous promettait un courant d’air frais, un profond renouvellement pour mettre la Ville en mouvement. Il était en effet possible d’y croire. Mais force est de constater que le courant d’air a tourné au souffle court.

Trois raisons majeures à cela :

Tout d’abord, le conformisme institutionnel municipal que le maire et son équipe n’arrivent pas à faire évoluer.

Ensuite, les logiques politiques conservatrices qui immobilisent et paralysent. Il existe comme une sorte d’enfermement de l’équipe municipale, qui ne se repose que sur le seul socle de la droite.

Enfin, un manque permanent de vision d’avenir, de projet global, une impréparation, pour ne pas dire plus dans l’approche des dossiers structurants. Ce qui génère une ville qui se replie sur elle-même quand d’autres à l’inverse anticipent sur les enjeux de demain. Le retard s’accumule et le quotidien des Quimpéroises et des Quimpérois en subira les conséquences avec un avenir de la cité compromis en matière économique, d’emplois, de logement, d’accès à la culture et aux loisirs …

Les promesses non tenues forment une longue litanie : stationnement, salle multifonctions,  vidéo-surveillance… Autant de mesures que le maire et sa majorité annonçaient comme des marques fortes de leur projet.

La brutalité dans la méthode et les propos est finalement la seule originalité, au quotidien, de ces 650 jours de mandat.

La rémunération du Directeur général des services  qui pose question, dont une part prise sur le budget du Centre Communal d’Action sociale, ne peut qu’installer le doute sur l’éthique et le sens de l’intérêt général des acteurs concernés.

La communication à outrance n’est qu’on trompe l’œil pour masquer cette absence de vision et cette pauvreté dans l’action.  Je m’appliquerai dans les années à venir à argumenter sur ces différents points.

En effet, le maire parle beaucoup, mais agit très peu ! Ou quand il agit, c’est pour se renier ou pour annuler. 

Alors, il nous faut prendre en main l’avenir de Quimper.

2016 est une année charnière et passionnante, car pour la première fois en 3 ans, il n’y a pas d’élections. En politique, le plus ressourçant, le plus créatif et le plus constructif, c’est le travail de réflexion. Nous allons pouvoir collectivement travailler chaque sujet concrètement, en y associant la population dans ses lieux de vie et l’ensemble des acteurs qui font bouger notre ville. Ce travail nous permettra de préparer dans un premier temps une alternative de gauche puis un projet d’alternance de gauche à mettre en œuvre. Travail qui sera collectif et ouvert, totalement ouvert.

Un collectif sous la houlette du secrétaire de la section du Parti socialiste Matthieu Stervinou, qui y travaille avec ardeur. Ce travail doit s’ouvrir au monde économique, associatif, syndical et à tous les citoyens qui le souhaitent. Ce travail collectif doit porter puis incarner un projet pour la ville, l’agglomération et la Cornouaille.

Car, faut-il le reconnaître, au niveau national, la production de nouveaux projets, de nouvelles pratiques dans les appareils politiques est aujourd’hui paralysée par la préparation des élections présidentielles, à gauche comme à droite.. Au moment où il faudrait dans l’urgence répondre à l’angoisse sociale de nos concitoyens les plus touchés par la crise, au moment où il faut proposer un projet mobilisateur et juste face à la démagogie simpliste des fausses solutions  du Front national.

Alors, localement, à travers des propositions concrètes, le temps  vient de poser les bases de cette alternative à travers une exemplarité dans la pratique des responsabilités, en terme de mandat, de rémunération, de comportement ; A travers une construction collective cornouaillaise permettant à Quimper un développement économique réel ; A travers la mise en œuvre d’un projet solidaire guidé par une idée de justice et d’égalité.

Il est possible de créer pour Quimper et son agglomération les conditions d’un territoire qui s’anime au quotidien.

Il est possible de créer pour Quimper et son agglomération une dynamique par le prisme de la Cornouaille, sur le développement économique, les transports, la pêche, le tourisme, la culture, le sport etc.. Il nous faut de véritables assises de la Cornouaille. Si le maire de Quimper ne le fait pas, d’autres s’en chargeront, à d’autres échelles car il s’agit de prendre en main notre avenir.

Et pour conclure, pourquoi pas concrétiser le rêve de nombreux habitants de notre région en œuvrant pour une Bretagne à 5 départements et ainsi rejoindre l’invitation de Jean Jacques Urvoas à travailler collectivement vers une future architecture administrative et politique correspondant à un modèle breton.. Quimper doit y prendre toute sa part. Avec d’une part le respect des champs de compétences des collectivités et avec d’autre part de vrais pôles d’équilibre, notamment en tenant compte de la diversité des richesses de la Bretagne occidentale.

C’est dans ce contexte combatif et plein d’espoir que je souhaite à toutes et tous mes meilleurs vœux pour 2016, et comme disait Jacques Brel il y a 48 ans :

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir,
et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer,
et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil
et des rires d’enfants.

Ca donne le ton…

Début de rentrée déjà agitée pour la majorité municipale Quimpéroise. On découvre ainsi dans la presse aujourd’hui qu’un arrêt de bus route de Pont l’Abbé a été tout simplement… supprimé.. Et ce, sans aucune concertation..

L’art de la communication électorale vient ici se heurter à la réalité politique.. Aucune discussion préalable, aucune réunion avec les riverains concerné-e-s.. Des méthodes qui au-delà de contredire des promesses électorales enterrées démontrent que la façon de faire de la majorité municipale est gestionnaire, non politique et finalement très archaïque.

Cette situation est aussi une évidente conséquence de l’absence de vision politique en matière de déplacements collectifs. Il n’y a aucun plan d’ensemble mais des « mesurettes » à court terme, qui peuvent générer ce genre de situation faute de projection et de vision d’ensemble..

Au regard de la situation actuelle, une même réalité s’impose, celle qui conduit à associer la population de l’agglomération Quimpéroise à une stratégie collective pour nos déplacements. Il semble que l’on en est loin malheureusement..

Porte à porte, le retour…

Comme nous l’avions annoncé lors des élections départementales, avec Isabelle ASSIH, ma collègue conseillère départementale, nous tenons à revenir vers les citoyens, en porte à porte, en dehors de toute campagne électorale pour échanger sur le département mais aussi sur tous les sujets que souhaiteront aborder celles et ceux que nous rencontrerons. Nous expliquerons nos premières actions, et les orientations qui les guident. Je martèle qu’être élu, c’est n’avoir que des devoirs, pas de droit. Et le premier devoir qui nous incombe est évidemment celui de la pédagogie. Certaines premières actions sont très concrètes et parfois pas toujours lisibles. A nous de les expliquer.

Ce lien direct avec les citoyens est pour nous indispensable à toute action politique. A ce titre,  à plusieurs moments de l’année, nous viendrons nous présenter ainsi aux habitan-t-e-s du canton. Il est clair que la confiance aux acteurs politiques, même locaux est aujourd’hui entamée. C’est donc à nous « d’aller vers », et non d’être attentistes. Il n’y a pas les élus d’une part et les électeurs d’autres part.. Il serait plus adapté de parler de citoyens et de leurs représentants. C’est aussi le sens de notre action sur les jours à venir.

Pour ces rencontres, nous tenons à disposition des plaquettes expliquant le fonctionnement du Conseil Départemental, ainsi que des cartes de visite. Si nous réitérerons cette action, en dehors de la période estivale, il nous semble comme une évidence d’aller rencontrer celles et ceux, qui pour différentes raisons ne partent pas en vacances.

A la rentrée, nous publierons une lettre d’information et au premier trimestre prochain, nous organiserons des réunions de compte rendu de mandat. Ainsi, nous serons présents cette semaine :

Ce matin au braden et Mercredi 29 le matin a penvillers.

La semaine prochaine :

Mardi 04 le matin au petit guelen. Mercredi 05 le matin à kerfeunteun.

 

Le goéland masqué

goéland

Retour sur le festival littéraire du « Goéland masqué » à Penmarc’h où j’avais hier soir le plaisir de représenter la présidente de notre département Nathalie Sarrabezolles, dont l’attachement à la culture, et entre autre aux politiques de lecture publique est bien connu et reconnu.

La culture comme le sport sont l’un et l’autre des leviers d’émancipation indispensables. Ils permettent, en ces temps de tension permanente, de s’échapper, de s’évader l’espace d’un instant, et doivent pouvoir toucher tous les publics. A cet effet, Malraux allait jusqu’à dire « La culture, ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers.. ». Nous avons le devoir de mettre en œuvre un projet politique, qui permet le lien social, donc le bien social, et dans une finalité d’éducation populaire, d’élévation collective..

Le festival « le goéland masqué » répond pleinement à ces exigences. D’abord, car le projet vise à favoriser l’accès d’un large public à la culture dans le domaine de la littérature, mais aussi la lecture et l’image en y impliquant l’ensemble des bibliothèques, travail essentiel en terme de politique de lecture public, d’autant plus sur un territoire quelque peu excentré.

L’association de l’ensemble du réseau de lecture est essentielle dans le cadre de ce festival. J’ai vu très récemment, le week-end dernier notamment… d’autres événements… payants… avec aucun travail de fond en terme de politique de lecture publique… ni en amont, ni en aval.. et qui donc, à part le plaisir immédiat, ne sert strictement à rien

Toute l’année, le Goéland masqué intervient au sein de l’EPHAD de Menez Kergloff à Penmarc’h, travaille également à la promotion de la langue bretonne, organise des rencontres régulières avec les auteurs dans les bistrots et intervient également dans les établissements scolaires, de l’enseignement primaire au supérieur afin de développer la créativité de nos plus jeunes, et de contribuer à faire de la civilisation de demain des citoyens avertis et ouverts sur le monde.

Le Goéland masqué s’adresse à un public non pas de 7 à 77 ans, mais de 3 à 120 ans, soit à tous les âges de la vie, et contribue au rayonnement culturel de son territoire.

En ce qui concerne le polar, en particulier breton, ma connaissance se limite à des titres qui à la fois prête au sourire mais joue également sur la promotion de notre territoire comme « un macchabée à pont l’abbé », ou encore « coup de boule à Tréboul..

Pour autant, j’avais eu la chance il y a quelques années de rencontrer Thierry Jonquet, qui nous a malheureusement quitté et qui fut un pilier du polar social et engagé, dont l’œuvre m’a souvent profondément touché.

Lire un livre est un moment de grande intimité partagé avec l’auteur, un moment de calme apparent et pourtant une nourriture intellectuelle dont la source ne tarit jamais.

La lecture permet le silence, dans des fonctions politiques où tout le monde parle beaucoup et même tout le temps.. à commencer par moi… Ce silence permet d’apprécier la quiétude d’un moment de lecture. Et au-delà de son élévation, la lecture permet aussi le repos de l’âme..

Merci infini aux auteurs, qui nous offrent le cadeau du partage de leurs inspirations et nous font voyager dans des histoires qui se réinventent en permanence, avec audace et créativité.

Chabrol disait : « j’aime le polar, c’est comme une bouée de sauvetage pour explorer l’humain ».

Dans ce même esprit, les Espagnols votent ce dimanche et certains partis ont évoqué au cœur de leur campagne le polar : « le bourreau de Gaudi », parce que le polar s’inscrit dans la société, et qu’il est un révélateur de l’âme humaine, loin de ce qui ressemble parfois à un certain nombrilisme littéraire..  Le polar, lui s’ouvre sur le monde. Ce qui tombe bien dans le cas de ce festival, attendu que.. « tout commence en Finistère« ..

La politique, c’est l’autre..

Hier matin, cérémonie du 08 mai particulièrement émouvante où fort d’une longue préparation sur l’art oratoire, les enfants de l’école Léon Blum ont lu des textes de l’union des anciens combattants, et l’ordre du jour du général De Gaulle et du général de Lattre de Tassigny, avec une fougue républicaine et une passion citoyenne qui a touché les adultes que nous étions. L’indispensable devoir de mémoire et la transmission générationnelle ont prédominé hier et permettent de se doter de quelques repères, savoir d’où on vient pour savoir où on va, et surtout rappeler vers où nous ne devons plus jamais aller.

C’est aussi l’occasion de saluer nos héros, ce qui ont dit non, qui ne se sont pas résignés  et qui au prix d’une jeunesse sacrifiée, d’une innocence assassinée se sont levés avec un infini courage afin de sanctuariser leur liberté et préserver notre honneur collectif. Honneur collectif tant entamé par celles et ceux qui, non contents de s’être soumis à l’occupant, ont mis en œuvre l’horreur avec zèle. La reconnaissance envers nos héros est d’autant plus évidente que bien malin celui qui pourrait dire aujourd’hui comment il se comporterait face à la terreur morale et la peur physique qu’ont eux-mêmes connues celles et ceux que l’on célèbre aujourd’hui.

Je suis toujours très fier d’assister à ces temps forts, empreints d’une rare solennité, précieuse en ces époques où trop souvent l’artifice et le superficiel règnent.

Dans la même idée, n’hésitez pas aujourd’hui à vous rendre dans les locaux d’Emmaüs à Quimper, dans le secteur de l’Hippodrome, pour une grande opération de vente au public.

Etre présent aux différents événements d’une cité doit non seulement être un devoir, mais aussi un plaisir pour celles et ceux qui prétendent à être des représentants politiques. Et j’avoue mon étonnement quand j’entends parfois des discours, y compris à gauche, qui la main sur le cœur, évoquent les tartes à la crème de « ouvrir les portes et les fenêtres », «de reconquérir le peuple de gauche » mais qui depuis des années, ne sont finalement jamais présents, ni de près, ni de loin à la rencontre des citoyens.

Les moments de congrès de nos organisations politiques sont fondateurs pour se doter d’un logiciel, d’un cap etc.. Mais c’est aussi parfois le lieu adéquat pour mesurer le fossé entre ceux qui disent et ceux qui font. La base de la politique locale est d’aimer l’autre, et non pas d’aimer les lignes, que l’on a soi-même écrites, qui se perdent dans l’abime des égos inutiles. L’art oratoire, le vrai, je l’ai entendu hier matin, de la bouche des enfants de la république.