Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Un candidat, une vision, des propositions…

Le cœur de Brest battait hier soir au Vauban…

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin… Le candidat à la présidence de la république Benoit Hamon, dans sa conclusion s’est engagé à…  ne pas détenir la vérité.. Il nous a avoué ne pas avoir été frappé par la foudre divine pour devenir soudainement l’homme providentiel, le sauveur que la république attend et qui semble pourtant avoir pris un léger retard…

L’ensemble de son propos hier soir fait du bien au parti socialiste et fait du bien à la gauche.. Il fait du bien à la politique, car c’est aussi une reprise en main de l’élu, pour lutter contre un ordre établi qui nous envoie mécaniquement dans le mur, si le politique n’agit pas et subit l’écume des jours, les dogmes budgétaires, inventés sur un coin de table il y a maintenant de nombreuses années.

Benoit Hamon est cohérent pour une raison simple.. Il n’a pas dévié de ses valeurs depuis 20 ans.. C’est aussi pour cette raison que de l’ensemble des candidat-e-s à la primaire, et aussi en comparaison de ce qui à gauche ou plus ou moins à gauche, tentent une aventure individuelle, individualiste et égotique, il est le seul à présenter des propositions éminemment concrètes sur chaque sujet. La cohérence appelle à ne pas construire ses propositions au fil de l’eau…

Ce qui fut également remarquable tient au fait que Benoit Hamon a proposé une vision de la société, une nouvelle approche, une doctrine en somme, tout en déclinant les propositions précises qui vont avec.

En effet, il part du constat que notre unique horizon de croissance du PIB ne sert en réalité qu’une classe et qu’une caste, et que ce dogme budgétaire, comme d’autres règles édictées il y a longtemps et presque au hasard doit se substituer à une autre aspiration collective. Et notamment celle d’une conversion écologique de notre développement économique… Le FMI et l’OCDE qu’on ne peut taxer de gauchisme exacerbée ne disent pas autre chose..

Contrairement notamment au candidat star du système hors primaire qui à chaque pas a tous les médias nationaux sur son pallier.. Benoit Hamon ne prône pas l’émancipation par le travail.. Y compris au regard de l’état de la souffrance au travail de millions de Françaises et de Français dans notre pays.. en terme de pénibilité, de précarisation, de maladies professionnelles etc.. Le nier, c’est être hors réalité.. Le nier c’est faire partie intégrante du système..

Revenu universel, partage du travail, lutte contre le burn out, renforcement de l’économie solidaire, santé et environnement, redistribution des richesses, lutte contre les discriminations, police de proximité, service public de la petite enfance, sanctuarisation de l’éducation, solidarité européenne etc… Pour chacune de ses thématiques, et pour toutes les autres, le développement de Benoit Hamon est clair, précis et ancré à gauche. Nous aurons le loisir d’en débattre partout où il sera possible tout le mois de janvier..

Il y aura toujours un économiste pour vous expliquer que c’est irréalisable ou iconoclaste… Comme si nous étions figés dans un système qui s’autoalimente en permanence et qui ne produit au final que toujours plus de précarité.. Heureusement que ces grincheux n’avaient pas pignon sur rue au moment du Conseil National de la Résistance et de la création de la sécurité sociale pour poser cette sempiternelle question du « combien ça coûte ».. Même si là aussi, Benoit Hamon donne les réponses.

N’oubliez pas que voter à la primaire de gauche coûte deux fois moins cher que voter à celle de la droite, et c’est deux fois plus important. Installons à gauche une alternative solide, cohérente et claire face à une droite totale. Projet contre projet.. Seule alternative pour ne pas baisser les bras et éviter ce qui serait soi-disant inexorable en terme de second tour. Rien n’est écrit, tout demeure à construire.

L’Unité pour l’Egalité…

La droite s’est choisi son candidat au regard d’un processus qui, il faut bien sur le reconnaître a été pour eux une réussite.. Elle a surtout voté pour une idéologie ultra-conservatrice et infiniment libérale. Le choix est clair et sans aucune ambiguïté.

La réponse de la gauche doit être double :

Tout d’abord, le devoir de l’unité, qui demeure la condition indispensable de la victoire de la gauche, dans toute la force de sa diversité. Il s’agit donc de reconnaître ses erreurs, de faire œuvre de responsabilité, de prendre de la hauteur, de lutter contre les combinaisons qui ne mènent qu’à un chemin, celui de la défaite de la France et de la mort de la gauche.

Ensuite, l’exigence d’égalité. « Elle est notre étoile polaire » comme l’a dit récemment Jean Jacques Urvoas. Il nous revient de défendre les employés, les ouvriers, les chômeurs, les précaires et la France qui souffre, face à des projets de réformes totalement inégalitaires et un jusqu’auboutisme de caste.

Notre message doit être celui de l’espoir, et de ne surtout pas se résoudre à un duel trop annoncé entre une droite extrême et une extrême droite. A cet effet, le socle de nombreuses politiques de gauche, au travers le socialisme municipal et le socialisme territorial donne souvent l’exemple.

Ce message doit porter sur l’ancrage à gauche et la compréhension du réel, à travers par exemple une réforme fiscale, qui permettra une justice sociale du quotidien.

Il s’agira d’un choix de société entre deux blocs, qui n’offre que peu d’espace au centre en réalité. Celui-ci, le MODEM, l’UDI, ses cadres, militant-e-s, électeurs ne peuvent se retrouver autour des innombrables mesures de casse sociale que cette droite dure annonce. Car en terme de représentation politique, cette primaire ne fut pas celle de la droite et du centre.. Mais bel et bien la primaire de la droite et du parti démocrate-chrétien…

Les axes programmatiques de la droite qui a triomphé hier soir sont le démantèlement de la sécurité sociale, de nombreux déremboursements, la hausse de la TVA, des saignées dans les services publics et les collectivités, donc dans le secteur associatif, la baisse des impôts pour les plus riches, l’abandon d’une politique environnementale etc..

La stratégie de la radicalisation tatchérienne pour parler à un cœur électoral ne permettra peut-être pas au nouveau champion de la droite de dépasser les 50 %.. Le radicalisme de la droite Française ne pourra pas éteindre l’intensité du pays des lumières à défaut d’un avènement conservateur et traditionaliste.

Entre le maintien de l’austérité, uniquement pour les classes populaires et le renoncement de cette orthodoxie pour rassembler plus large, le chemin sera soit celui de l’inégalité, soit celui du mensonge.

Comme le disait François Mitterrand : « Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir ».

 

Combien ?

La plupart des candidat-s- de la primaire de la droite veulent trouver 100 milliards d’économie, soit deux fois plus que les économies réalisées sur le quinquennat actuel. La plupart souhaite aussi supprimer 150 000 postes de fonctionnaires dans la fonction publique territoriale, alors que ce n’est pas de prérogative gouvernementale, il faudra alors que les candidat-e-s de droite, pour financer ces mesures nous disent de combien ils comptent baisser les dotations aux collectivités (Ville, agglos, départements, régions).

Au risque de faire souffrir ces collectivités bien plus qu’aujourd’hui et qu’elles diminuent drastiquement leurs subventions aux associations qui assurent le lien social du quotidien (culture, sport, socio culturel etc..). Un secteur associatif souvent déjà découragé, mais pour certaines associations, de telles mesures sonneraient clairement le glas..

Au risque également que les collectivités en question n’aient pas d’autre horizon que d’augmenter les impôts si la réduction des dotations est trop forte. Donc là où à droite ils promettent tous des baisses, ils risquent de provoquer des hausses par d’autres biais..

Très clairement, nous parlons ici de baisses de dotation d’un niveau jamais connu… Avec tous les risques d’arrêt en terme de dispositifs solidaires de proximité pour l’ensemble des collectivités. Ces si nombreux services que l’on ne voit plus car ils sont gratuits et que ça parait normal..

Il serait donc temps que les candidat-e-s de droite nous donnent un montant précis des baisses de dotations d’état aux collectivités..

En attendant ces réponses… Je me suis livré à l’application d’une de ces mesures au conseil départemental du Finistère. Ce qui serait aussi bien sur transposable à la ville de Quimper.

La droite au niveau national nous parle donc de 150 000 fonctionnaires territoriaux pour lesquels on supprime le poste. Peut-être que l’alliance, groupe de la droite et du centre au conseil départemental pourrait nous aider pour savoir comment appliquer une telle mesure dans notre collectivité.

Il y a 1 878 700 fonctionnaires territoriaux selon le figaro… (je ne gonfle pas les chiffres vu mes sources..)

150 000 agents sur 1 878 700 fonctionnaires, c’est 8 %.

Donc au conseil départemental du Finistère, qui compte à peu près 4000 agents, si on y applique les 8 % prévu, il s’agit de 320 agents.. Je me demande  Lesquels… Sachant que la moitié déjà sont des agents du secteur social, en accompagnement des publics prioritaires : Protection de l’enfance, personnes âgées, personnes handicapées… Admettons que la droite se rende compte que c’est un secteur trop tendu pour y toucher

C’est donc toujours 320… Mais maintenant sur 2000 autres agents.. Sachant que 500 d’entre eux travaillent dans les Agences Techniques Départementales pour veiller à l’entretien et la sécurité du réseau routier départemental, ainsi que dans les collèges, pour assurer la maintenance, l’accueil et la restauration.. Admettons que la droite se rende compte là aussi que c’est un secteur trop tendu également.

Il reste donc 1500 agents.. Je reprends mes 320… Ou ?? Qui ?? Quel service ?? L’insertion ? Le tourisme ? Le nautisme ? L’eau ? l’environnement ? Le logement ? L’urbanisme ? la Culture ? le Sport ? la jeunesse ? …

Pourtant, le leader de la droite départemental, et la plupart de ses collègues nous disent sans arrêt qu’il faut garder tel ou tel dispositif, nous disent qu’il faut faire plus pour l’agriculture.. Voyez donc l’art de la contradiction… On ne peut avoir de tels discours dans les salons à Paris, et un autre ici en Finistère, dans l’hémicycle départemental. Car dans les deux cas, à Paris, comme à Quimper, il s’agit de flatterie électorale.. Mais en réalité, c’est juste incompatible, alors il faut choisir la cohérence et non la duplicité..

« La fraternité, on la doit aux plus fragiles », comme l’a justement dit… Alain Juppé à Rennes Mercredi soir..

Déclarations générales et généreuses de meeting et réalité glaciale d’un programme ultra-libérale qui va générer une casse inédite dans le lien social du quotidien… Affaire à suivre..

Les plus et le moins…

Il y a 8 mois, le 27 Janvier dernier, Jean-Jacques Urvoas, tout fraichement nommé Ministre de la Justice avait annoncé : « J’ai quinze mois qui seront dédiés à une priorité, obtenir des moyens conséquents pour ce ministère ».

8 mois après, dans le cadre du projet de loi de finances de 2017, le budget de la justice sera en hausse de 9 % soit 520 Millions d’Euros, du jamais vu depuis 20 ans.

L’état d’urgence de la situation de la justice Française le justifiait incontestablement. Pour autant, en politique, le plus dur et le plus important est de … « gagner ses arbitrages » pour défendre sa politique et donner des moyens à son action.

Mais au-delà de l’habileté, et d’avoir tenu son engagement, le plus important est de souligner ici à quel point la politique du ministre de la justice est clairement ancrée à gauche, car derrière les chiffres, ce sont des réalités concrètes pour un service public sinistré. Car cette augmentation historique du budget de la justice s’adresse tout d’abord aux 25 000 Français qui entrent chaque jour dans un tribunal. Le garde des sceaux, avec la loi sur la justice du XXIème siècle avait déjà fait de la justice du quotidien sa priorité. C’est une « certaine conception de la justice »..

600 emplois crées dans les juridictions, en réponse à des vacances de postes ; une augmentation de 12 % des crédits de fonctionnement, pour que matériellement les conditions de travail soient réunies ; 31 % de plus pour l’immobilier (dont le tribunal de Quimper), une revalorisation de l’aide juridictionnelle ; une augmentation pour l’aide aux victimes ; l’engagement du programme sur l’encellulement individuel (1,158 Milliard) ; 1255 créations d’emplois dans l’administration pénitentiaire ; Création de 165 emplois pour la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) etc..

Ce dernier point concerne en particulier ce qu’on appelle les  Services Pénitentiaire d’Insertion et de probation (SPIP), qui sur le terrain accomplissent une tâche ingrate, mais essentielle en matière de prévention de la récidive et de suivi de la réinsertion des individus condamnées.

Jean Jacques Urvoas avait le 27 Janvier également annoncé : « Je parlerai peu, mais j’agirais beaucoup ». On y est..

Pour être tout à fait complet, après ce satisfecit qui, au-delà de l’objectivité de l’orateur est suffisamment chiffré et factuel pour modérer les esprits chagrins, je fais part d’un vif questionnement relatif à quelques récents choix gouvernementaux.

En effet,  dans un contexte budgétaire parfois intenable pour les collectivités, si je salue vivement les gestes justes et progressistes aux communes et intercommunalités (baisses de dotation d’état réduites de moitié), et aux régions (transferts d’une fraction de la TVA permettant de dégager d’importants crédits), j’attends avec impatience des décisions fortes pour les départements.

Il serait en effet regrettable que la collectivité des solidarités soit le parent pauvre de la politique territoriale du gouvernement. A moins de considérer bien entendu que les missions de protection de l’enfance, d’accompagnement des personnes âgées, en situation de handicap, d’insertion, de jeunesse, entre autres, soient assez inutiles, superflues, ou même insignifiantes. Les missions de solidarité de proximité sont suffisamment caricaturées par la droite, pour ne pas faire l’objet de mépris par la gauche..

Ca, il est revenu…

Il n’a pas toujours besoin de forcer le trait pour être dans une navrante provocation, mais à l’image de hier soir, le candidat Sarkozy, en mode opération séduction du cœur de l’électorat de la droite ne recule devant aucune outrance.

Tout à tour méprisant, mesquin, arrogant, prétentieux, agressif, agité, démagogique et menteur,  il passe son temps, dans des raccourcis et simplifications mensongères à criminaliser les musulmans, les réfugiés, les bénéficiaires du RSA, les décrocheurs scolaires et toutes celles et ceux qui ne s’inscrivent pas dans un moule autoritaire, martial et uniforme. Cette affiche de fermeté s’inscrit dans un projet de société rance, avec comme guides la peur, la haine, la division, le repli, le goût de la revanche, et à terme une guantanamoïsation de notre droit.

A force de vouloir droitiser la primaire, en enfilant les perles sécuritaires avec l’ensemble des ignominies entendues hier soir,  il pourrait donner envie à la gauche de venir y voter contre lui..

Au chapitre des provocations, mensonges, approximations et autres aberrations :

Le futur ex patron des « LR » doit comprendre que le mariage homosexuel n’existe pas.. C’est le mariage qui existe.

Il égratigne, (sans doute pas par hasard) le nom de la ministre de l’éducation nationale..

Quand il martèle ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, y compris dans les collectivités territoriales.. Il n’en a même pas la prérogative.. Si ce n’est.. En saignant les dotations aux collectivités.. Ce qui sera de toute façon le cas avec 105 milliards d’économies sur les dépenses publiques.. Il y en aura des partenaires des collectivités concernés (associations, entreprises, etc..) qui mettront la clef sous la porte à ce tarif là.

D’autant qu’il dit vouloir ramener la dépense publique de 57,5 % du PIB à 50 % du PIB, ce qui fait non pas 100 Milliards d’économies, mais plutôt 150.. Il faut y ajouter le cadeau des 5 milliards de suppression de l’Impôt sur les grandes Fortunes, qui seront autant de recettes en moins. Sachant qu’il ne dit pas un mot sur le financement de ses propositions, ce qui laisse à penser à nouveaux que les collectivités paieront un lourd crédit, et donc avec eux, tous les artisans du vivre ensemble au quotidien.

Il ne précise pas, sur les 300 000 postes de fonctionnaires, lesquels seront supprimés.. A l’hôpital, l’éducation nationale, dans les services de sécurité ?

Au même titre, la proposition de rétention administrative pour les « fichés S », pour laquelle, le conseil d’état a déjà dit non par ailleurs, qui s’en chargerait ? Les 13 000 postes de policiers et gendarmes supprimés sous son quinquennat ?

Il propose un service militaire pour les décrocheurs.. Il proposait déjà un service civique pour les mêmes en 2007.. Et pendant 5 ans de présidence.. rien..

En 2010, il a fait ouvrir des établissements de réinsertion scolaire pour ceux jugés « pertubateurs ». L’inspection générale de l’Education nationale ayant évalué et jugé inefficaces ces structures, elles furent fermées. Il le propose encore à nouveau pourtant ..

Il nous dit : « Les élèves, on les garde et on les encadre ». Mais avec qui ? Les 80 000 postes de profs et 35 000 de surveillants supprimés de 2007 à 2012.

Il évoque une juridiction spéciale face au terrorisme, mais une fois pour toute, le pôle antiterroriste existe déjà, et ce au sein du parquet de paris..

Il ose dire : « j’ai été mis en examen, et ça sera facile à vérifier, pour le seul délit formel de dépassement du plafond de la campagne »… Faux : la dénomination exacte : Financement illégal de campagne électorale ».. Je vous laisse apprécier la nuance..

Et le pire pour la fin : sur l’urgence écologique et environnementale, une grande ambition… de déclin avec une suppression du principe constitutionnel de précaution, l’autorisation des gazs de schistes, la relance du programme nucléaire, l’abaissement de toutes les normes environnementales, et le déni des dangers du réchauffement climatique..

Dans le rôle qui doit être le sien, il fut hier parfait.. Mais au-delà de la course démagogique à la posture, ce Sarkozy décomplexé livre une vision de la société qui ne fera que croître la tension dans les rapports sociaux et qui pour le destin du pays, au mieux nous conduit dans le mur, au pire, finira mal..

Raphaël Glucksmann, au travers d’un exemple résume bien la pensée sarkozyste : « les réfugiés Syriens ne fuient pas la guerre, mais risquent leur vie pour toucher des allocs », c’est bien connu..

Tel que le décrivait Stephen King.. « Ca, il est revenu.. » et on peut en effet avoir peur..

 

Encore et toujours…

La surenchère Tatcherienne de la droite française est.. « en marche ».. et ce n’est que le début..

Trois exemples précis :

Tout d’abord, l’économie de 100 Milliards d’Euros (ou 85 selon le candidat de droite concerné) sur les dépenses publiques, tout en supprimant l’impôt sur les grandes fortunes (plus de 5 milliards de recettes en 2015 pour l’état), vont avoir comme conséquence directe et mécanique de baisser encore plus le concours financier de l’état au travers de la dotation globale de fonctionnement à l’ensemble des collectivités territoriales dans tout le pays.

Pour le dire autrement et plus simplement, si les collectivités dépendent en partie de l’état, de nombreuses associations dépendent de ces mêmes collectivités. Autant dire qu’il s’agit ici du lien social du quotidien à travers le maillage associatif sportif, culturel, socio culturel qui sera attaqué et même en péril.

Ensuite, la réduction (proposée encore aujourd’hui par un candidat à la primaire de « LR ») d’un fonctionnaire sur deux « même » au sein des collectivités territoriales attaque au cœur la solidarité entre les citoyens et les territoires. Dans un conseil départemental, par exemple, de telles mesures, à la Protection Maternelle Infantile (PMI), dans les services Enfance / Famille, Personnes âgées, Personnes en situation de handicap, jeunesse, insertion etc..  sans parler bien sûr de l’aide aux entreprises, à la pêche, à l’agriculture aura des conséquences désastreuses sur le service rendu au public. Nombre de ces services fonctionnent déjà à flux tendu et des mesures si radicales viendront précariser encore plus les précaires.

Enfin, le risque est évident de diviser le pays en fustigeant systématiquement une catégorie : Le discours de la droite cassoulet sur le RSA, laissant à penser qu’une majorité écrasante ne fait que profiter du système ainsi que la dégressivité de l’allocation chômage consiste à s’en prendre toujours aux mêmes.. Ce qui dans le même temps revient à ne surtout pas toucher aux amis du Fouquet’s.. C’est ici acte de constance dans le paradigme qui attaque systématiquement celui ou celle qui est juste en dessous, pensant que si celui-ci vit moins bien, c’est tous les autres qui vivront mieux.. Au-delà de flatter certains bas instincts, c’est bien la démagogie et la caricature qui s’imposent.

A gauche, nous ne pourrons nous contenter de faire peur avec cette droite ultra ultralibérale. Pour le moment, alors que tous les candidat-e-s à la primaire de la gauche ne sont pas connu-e-s, et qu’il paraît sage, pour un choix éclairé d’attendre la liste finale des candidat-e-s, qui sera définitivement connue le 15 décembre, il nous faudra un projet crédible, précis et ancré à gauche. Si comme la plupart de mes camarades, j’attendrai au moins le 15 Décembre pour me prononcer, certaines propositions notamment de Benoit Hamon me semblent pertinentes et crédibles, entre par exemple le revenu universel d’existence, la réduction du temps de travail pour le bien-être au travail et la lutte contre le chômage, la reconnaissance du vote blanc, un parlement simplifié, qui peut contrôler l’action de l’exécutif etc..

A 231 jour du premier tour de la présidentielle, nous sommes à un tournant de ce qui doit faire France, car l’offre politique sera très claire et contrairement à une pensée répandue, le clivage gauche droite est et sera particulièrement prégnant. Notre réponse doit elle aussi être claire et sans faille, face à une droite qui agite avec frénésie le chiffon de la peur, de la haine, de la division, en pensant que la question identitaire doit primer sur la question sociale. De telles mesures, comme exposées au début de ce propos, peuvent demain affaiblir ce qui fait la force et justement l’identité de la France, à savoir la pensée des lumières, avec comme piliers la tolérance, la liberté et l’égalité.

Face au danger de mort nationaliste d’une part et la surenchère identitaire et libérale d’autre part, c’est bel un bien une véritable œuvre de fraternité sur laquelle nous allons devoir travailler, avec bien sur des déclinaisons concrètes pour démontrer que la France non seulement n’est pas en panne, ne doit pas se replier sur elle-même, mais doit avancer, encore et toujours.

 

Concertationite…

Qu’elle soit passée ou à venir, la concertationite aigüe me guette : Réunions participatives sur le projet départemental, Bilans de mandat, réunions de quartiers avec le PS Quimper, Réunions Débats avec l’ensemble du mouvement sportif, Schéma d’accessibilité au service public avec élus et associations..

En l’espèce, la concertationite n’est pas une pathologie, mais plutôt une modalité indispensable d’aide à la réflexion. C’est en fait la question du sens que l’on donne aux décisions politiques et donc à l’action publique. Cette quête de sens ne peut se faire qu’au plus près des citoyens, qu’ils soient organisés ou non en associations. C’est ici toute la question de notre modèle démocratique à l’heure où les partis n’ont jamais été autant détestés (ce qui ni n’excuse, ni n’explique les violences inqualifiables à l’encontre aujourd’hui des biens, et demain des personnes…).

Le politique bashing est partout et sombre parfois dans une facilité navrante. Pour autant, ce qui doit être entendu, c’est la désespérance collective et les aspirations citoyennes vers une meilleure prise en compte  de la dimension humaine dans l’organisation politique et administrative de notre pays.

Ainsi, progressivement, en se nourrissant de ce que nous entendons au plus près des citoyens, en regardant ce qui se fait ailleurs et qui fonctionne, nos projets politiques locaux doivent être guidés par ce besoin de lien social en proximité. Y compris dans un projet local d’alternative, il sera indispensable de travailler à la mise en œuvre de modalités pratiques et concrètes pour qu’un certain nombre de questionnements de citoyens, sur leurs rues, leurs quartiers ou même sur des projets structurants de la ville trouve à la même hauteur de vraies réponses, en ne laissant personne suspendu dans le vide.

De vrais outils politiques, administratifs et techniques existent pour répondre efficacement aux demandes. Les élu-e-s doivent en être les garants. Nous serons amenés progressivement à déployer nos propositions en la matière, après les phases autant passionnantes qu’indispensables de concertation. C’est tout le sens d’un projet politique, qui doit s’appuyer sur une volonté de rénovation des pratiques, pour une refondation en profondeur. Le sujet ne fait que commencer. La porte s’entrouvre, écoute et échange en sont la clé.

Jean-Jacques Urvoas, un ministre du 21ème siècle…

Depuis 3 mois et 20 jours, le ministre de la justice est au travail, inlassablement.. On connaissait les qualités d’artisan du droit de Jean-Jacques Urvoas, mais son action à la Chancellerie démontre aussi un évident ancrage à gauche dans le contenu du travail fourni.

Tout d’abord, car dès son arrivée à la fonction de garde des sceaux, il s’est concentré sur un objectif simple, sur un axe majeur et sur une ambition unique : redonner des moyens à la justice pour fonctionner.

Pas besoin de grandes déclarations enflammées dans de multiples médias, mais une activité de tous les instants pour gagner son arbitrage.. C’est une pratique politique aussi respectueuse et discrète qu’efficace.. Réclamer ainsi des moyens budgétaires pour la justice , c’est d’abord et avant tout viser à l’amélioration d’un service public sinistré. Si les professionnels de la justice œuvrent dans des conditions décentes, les 4 millions de français qui entrent dans un tribunal par an seront accompagnés avec plus d’efficacité. C’est au final un dégel de 107 millions d’Euros, qui entre les frais de justice, le fonctionnement des juridictions, le réseau informatique et l’immobilier, doit permettre une nette amélioration pour la justice du quotidien.

Ensuite, au-delà des moyens, il y a le travail politique de fond à travers notamment le projet de loi sur « la modernisation de la justice du 21 ème siècle » dont l’examen commence cette semaine. Cette loi, au regard de ses orientations est celle du concret et du quotidien. C’est un pragmatisme de gauche. Le temps et les moyens manquent pour révolutionner totalement la justice dans notre pays, mais un certain mépris affiché devant une loi qui ne serait pas fondamentale est un mépris pour l’ensemble de nos concitoyens… Car il est dans ce texte d’abord et avant tout question de la justice du quotidien, avec des applications concrètes, aux motivations protectrices et simplificatrices. La justice est aussi et surtout le droit des plus faibles.

Comme l’a dit le garde des sceaux hier dans son propos introductif au débat : « les idées ne sont pas vraies ou fausses. Elles sont utiles ou ne le sont pas ». En complétant par une citation de Montesquieu : « Souvent l’injustice n’est pas dans les jugements, elle est dans les délais ». C’est typiquement le cas dans cette loi, malgré les polémiques naissantes sur la question des divorces ou des infractions routières.

Mais une mesure du projet de loi attire pour le moment moins l’attention et pour autant là aussi, elle incarne un discours de vérité et nécessite un certain courage politique face à la démagogie. Les tribunaux correctionnels pour mineurs instaurés par Nicolas Sarkozy en Janvier 2012 ne sont qu’un affichage électoraliste et sécuritaire. Les mineurs de plus de 16 ans ont vu leur situation pris en charge par cette juridiction dans… 1% des situations, et avec au final moins de sévérité que les décisions prises par les juges pour enfants. Mais le titre « tribunaux correctionnels pour mineurs »… consistait à soi seul une sorte de racolage électorale supra-démagogique… Constater que certains députés de « LR » continuent à défendre une juridiction pleinement inefficace est assez consternant.

Ainsi, dans cette analyse assumée comme pleinement subjective.. Si j’ai parfois quelques hésitations, pour ne pas dire davantage, avec certaines orientations gouvernementales… Je suis fier de l’action de Jean Jacques Urvoas, qui comme il le déclamait déjà dans sa première campagne en 2007 « agit et protège ».  C’est un ancrage à gauche que de vouloir, humblement, juste être utile.. En servant la justice de proximité. Cette volonté d’agir sur le quotidien est la même qui doit animer notre action politique locale. C’est la clef de la rénovation et de la refondation.

l’intercommunalité : une chance pour les communes.

S’il fallait, sur le contenu tirer un « bilan des bilans de mandat » réalisés récemment avec Isabelle, il est évident que de nombreuses observations sont relatives au manque de lisibilité, et de visibilité de l’organisation politique et administrative de nos territoires. En clair, le citoyen ne s’y retrouve pas face au labyrinthe institutionnel, entre Région, Département, pays, intercommunalités, villes etc…

Ce qui me donne l’occasion d’insister sur un rôle particulièrement clef du Conseil Départemental, après justement un an de recul dans mon exercice de mandat.

Car au-delà de son rôle d’acteur et d’organisateur en direct sur ses compétences propres, notamment dans le vaste champ des solidarités, le conseil départemental endosse une mission essentielle de fédération et d’incitation des politiques publiques de proximité.

Non ce n’est pas un langage technocratique barbare, car ce double rôle trouve sur le terrain des applications concrètes, au service de la population. A ce titre, je souhaite mettre l’accent sur la complémentarité évidente entre des prises de compétence au niveau intercommunal et le maintien d’une politique municipale de proximité. Elargir le spectre n’affaiblit pas les responsabilités locales, mais renforce à l’inverse le niveau de service public à l’usager.

Deux illustrations concrètes pour mieux comprendre :

Pour commencer, un exemple porteur. Avec la communauté de communes du Cap Sizun, nous travaillons étroitement à la mise en place d’une maison des services publics à Audierne.  Cette maison accueillerait sous son toit les services sociaux du département, de la communauté de communes, le Pôle Emploi, la CAF, des associations etc.. De nombreux partenaires qui travaillent parfois avec le même public, au sein d’un lieu unique, mutualisé et centralisateur qui simplifierait la vie du citoyen. Ce travail est possible car il existe dans ce territoire un interlocuteur politique sur la communauté de communes, traitant des questions de solidarité et une application opérationnelle sur le terrain, avec un dynamique Centre Intercommunale d’Action Sociale (CIAS). On constate donc que par une prise de compétence intercommunale, le service public est mieux rendu pour l’ensemble des habitant-e-s des communes concernées, car nous pouvons monter des projets utiles au territoire.

Deuxième exemple, nous travaillons avec la communauté de communes du pays bigouden sud sur un projet de coordination enfance jeunesse. Sans prise de compétence par la « comm comm » de la question de la jeunesse, le projet sera moins efficient. Car si politiquement, nous avons face à nous un interlocuteur, le travail mutualisé est possible, entre compétence et vision du territoire, qui devient de fait dynamique, porteur de sens, et avec la construction possible de projets qui servent l’ensemble. Mais sans cet interlocuteur, les services départementaux interviennent seulement « par communes », donc en fonction du dynamisme de celles-ci, ce qui par conséquent peut créer des inégalités sur le territoire. Nous œuvrons en permanence sur la recherche d’une égalité territoriale, à travers des projets collectifs, qui servent, en retombées à chaque commune. Ainsi, sans cette prise de compétence, le service public est bien sur rendu, mais de façon moins efficace et moins égalitaire.

Un dernier atout non négligeable à cette montée en puissance des intercommunalités : Sur le territoire Cornouaillais, des intercommunalités fortes sont la condition d’une Cornouaille forte, qui devient alors un pôle d’équilibre Finistérien, au regard de la force là aussi de la métropole Brestoise.

Des intercommunalités fortes n’enlèvent pas de prérogatives aux communes, mais elles renforcent l’accessibilité au service public. Sur notre bout de territoire, les atouts sont sous la forme d’une triptyque : simplifier la vie des gens, renforcer le service proximité, rendre la Cornouaille plus forte et influente.

Enfin, comment ne pas insister sur le rôle précieux et indispensable des élus locaux, notamment en ruralité. C’est de plus en plus comme un sacerdoce, tant les contraintes sont multiples. Il faut avoir un sacré sens de l’intérêt général, pour s’engager politiquement dans sa commune aujourd’hui. Hommage doit être rendu à ces élus locaux, plus particulièrement dans les petites communes qui sont d’abord et avant tout au service du développement local.

mon Finistère demain.

Mon finistere demain

La démocratie participative fut une volonté collective affichée de notre équipe Finistère et Solidaires lors de la campagne des élections départementales.

La démocratie représentative est certes le fruit historique d’une forme de compromis (obtenu dans le sang par ailleurs) entre des exigences de pré-carré en terme de pouvoir des puissants et une aspiration populaire prolétarienne légitime à la prise en main de son propre destin.

Et si aujourd’hui, il existe une résurgence de cette crise démocratique, et qu’il n’est pas à exclure que nous sommes à l’augure d’un nouveau changement de modèle, dans l’existant, la démocratie représentative, comme participative ne peuvent fonctionner l’une sans l’autre, en s’ignorant, au risque de l’inefficience. Sans parler du cynisme, pourtant réaliste de Churchill, ou de la pensée Desprogiennes qui voyait la démocratie comme « la dictature du peuple ».., je ferai mienne la citation suivante d’Al Smith : « Tous les méfaits de la démocratie sont remédiables par davantage de démocratie ». Ce qui pousse à l’humilité et la quête permanente de sens, celui de l’horizontalité, tant l’exercice démocratique est infiniment périlleux.

Ainsi, depuis quelques semaines, nous la mettons en œuvre à travers la plateforme collaborative que vous trouverez sur le site du département du Finistère en cliquant : ici.

L’idée est bien de contribuer sur le ou les sujets que l’on souhaite afin d’apporter des idées, pour construire ensemble le Finistère de demain. Ce genre d’exercice permet parfois de trouver quelques pépites, et permet surtout à celles et ceux qui le souhaitent de participer à la construction des politiques publiques. C’est ici faire œuvre de modernité que d’avoir la volonté d’impliquer les habitant-e-s d’un territoire. Et c’est ici tout sauf un leurre, car si les services et les élu-e-s travaillent bien sur également ce projet, il s’agit bien d’apports qui permettent de balayer le plus grand nombre de thématiques, et dans leur détail.

Ainsi, demain soir, Mardi 22 Mars, nous serons présents dans 7 communes du Finistère. Vous trouverez ici les lieux précis : Lieux des réunions publiques. Je vous attends pour ma part, avec mes collègues Anne Maréchal et Stéphane Le Bourdon à Douarnenez à l’Auditorium de la médiathèque Georges Perros.

Dans la même idée, et nous reviendrons vers vous à cet effet, je vous donne les dates de nos réunions publiques, compte rendu d’un an de mandat avec ma collègue conseillère départemental Isabelle Assih :

Mardi 19 Avril à 18H30 à la MJC de Kerfeunteun

Lundi 25 Avril à 19H00 à la mairie de quartier d’Ergué Armel.