Le Blog de Jean-Marc Tanguy
Le Blog de Jean-Marc Tanguy

Quimper pépére perd…

Pour la première fois depuis longtemps, j’ai honte de l’image de ma ville.. A travers l’expression récente de son maire et la polémique absurde lancée face à Brest, Quimper donne l’image d’une pleureuse, dans une complainte permanente, en coma profond, qui rejette toujours la faute sur les autres, incapable de s’activer et n’assumant rien. « Libérons Quimper » qu’ils disaient.. Ou quand la communication de marketing électorale vient se fracasser contre la réalité politique. Agissez, au lieu de vous répandre dans la presse. Rassemblez au lieu de diviser et de nous mettre tout le monde à dos.. Écoutez votre adjoint et vice-président Monsieur Guénégan qui vous dit : « s’il veut que Quimper prenne toute sa place Ludovic Jolivet doit devenir  » Le rassembleur de la Cornouaille. Pas le diviseur du Finistère »

Pour la CCI, les changements actuels étaient inscrits dans la loi sur la métropolisation soutenue par .. le même qui crie au loup aujourd’hui.. Le besoin de desserte aérienne de qualité dont la fermeture était soutenue il y a encore peu par.. devinez qui.. Mais aujourd’hui, le projet pour la ligne Londres-Quimper… Ce sont des drapeaux britanniques dans l’hyper centre.. On est sauvés… On avait cru à une kermesse inter écoles jumelées au départ.. Vision étriquée, ou pas de vision, telle est la question… Pour continuer à filer la métaphore outre-manche..

Quimper n’est pas une bourgade que l’on gère à la petite semaine, recluse, qui auto suffit et fermée sur la Cornouaille, le département et la région. Faire croire que nous serions une sorte de petit village gaulois est une œuvre poujadiste, un triste et grave repli sur soi..

Gérer la ville ne se résume pas à désorganiser le réseau de transport en commun, à mépriser les acteurs culturels, dire « on vous soutient » à toutes celles et ceux que l’on aide pas, à monopoliser la parole à coup d’anecdote personnelle en caporalisant les acteurs, à l’organisation d’un cochon grillé place saint corentin..

Gérer la ville, c’est avoir une ambition pour elle, une vision, un projet collectif porteur de sens, et non pas faire plaisir aux copains et coquins, comme du temps de De Rohan à la région et de Miossec au département.. La droite locale a cette confondante capacité au clientélisme et à l’immobilisme, qui à ce jour peut mettre Quimper dans de véritables difficultés, faute de perspectives affirmées..

Ce risque malgré tant d’atouts et de forces Quimpéroises est celui du coma profond, d’une ville toute petite, une bourgade fière mais d’une fierté inutile car éteinte et agonisante.. Une ville qui s’est récemment ridiculisée, au travers du pathétique épisode d’un discours édifiant vu par 17 000 personnes.. Une ville, qui maintenant s’isole, par son absence de pilotage de la Cornouaille, et son opposition inutile à Brest… Mais… Mais, c’est toujours la faute des autres.. Pourtant se plaindre c’est subir. Pourtant, ne pas agir c’est mourir.

Dans les déclarations récentes du maire de Quimper, point question de surfer sur une vague électorale en vue des prochaines régionales.. Pensez-vous… Avec une première adjointe en bonne position dans cette histoire.. Mais non bien sûr.. L’étape suivante sera la critique des institutions départementales et régionales (pourtant le contrat avec la région a été encensé récemment en Conseil par la majorité.. les documents sont à disposition du public..). Mais SVP, mettez fin à cette triste blague.. A quand un vrai débat privilégiant l’intérêt général avant les petits profits électoraux. Il ne tient qu’à cette majorité d’agir afin de « libérer Quimper » plutôt que de se répandre en pleureuse dans la presse..

Une solution est dans l’article ci-dessous : la capacité d’entraînement par ce formidable outil qu’est la Cornouaille.. Les atouts de sa diversité ne peuvent être négligés.. S’ils ne sont pas utilisés par le maire de Quimper, alors il faudra bien que d’autres s’en chargent, car pour le moment, à défaut d’être une locomotive active de la Cornouaille, Quimper en est une charrette qui n’avance plus..

Osons la Cornouaille Monsieur Le maire

Cornouaille, LA réponse..

Il est surprenant de constater que Monsieur Jolivet se répand dans la presse pour se plaindre du « siphonnage » de Brest sur Quimper… Faut-il lui rappeler qu’il n’est plus dans l’opposition et qu’il ne tient qu’à lui de rendre notre ville attractive. Agir serait plus efficace que d’en parler publiquement, car se plaindre ainsi, c’est subir. Le maire de Quimper doit donc rapidement se mettre en mode action, et proposer un vrai plan d’action à l’échelle de la Cornouaille.

D’autant que la fusion des CCI était de toute façon prévue par la loi, avec la métropole comme lieu d’accueil. La loi automatise ce qui se passe aujourd’hui. Métropolisation Brestoise soutenue à l’époque par un certain.. Ludovic Jolivet.. Et il avait d’ailleurs raison.. Mais l’on constate donc ici une forme d’incohérence.

Pour autant, le risque d’isolement pour Quimper est réel face à d’autres territoires qui se structurent. Mais à cet effet, le message du maire de Quimper est à rebours de l’histoire qui doit s’écrire devant nous. Pourquoi prendre le risque de diviser le nord et le sud du département, en crispant au passage beaucoup d’acteurs.. Au-delà de la division, le rôle du président de Quimper communauté doit d’abord être celui de la fédération, du rassemblement, et en particulier à l’échelle de la Cornouaille, qui est LA réponse face aux mutations actuelles qui nous entourent.

Ce territoire, avec ses 95 communes, ses 10 EPCI est le deuxième plus grand pays de Bretagne. La population y progresse tous les ans de façon régulière et représente 10,4 % de la population bretonne, et 10% des emplois bretons, fort notamment de ses filières agricoles, industrielles, de la pêche, le tourisme etc.. La diversité de la Cornouaille en fait sa force.

Sauf que ces atouts impressionnants aujourd’hui … ne servent à rien.. Pour une raison très simple.. L’absence de projet politique Cornouaillais, et un bassin de vie qui n’est à ce jour pas partagé. Tout est pourtant réuni pour que Quimper rayonne en Cornouaille et que la Cornouaille rayonne en Bretagne. Tout le monde y gagnerait. La fédération des acteurs politiques économiques de la Cornouaille est un travail que Quimper Cornouaille Développement (QCD) doit soutenir. Force est de constater que le maire de Quimper se désintéresse de QCD. Alors que l’urgence est bien de mettre en œuvre une Cornouaille politique avec une capacité d’entraînement. Il est temps d’agir, plus que de réagir..

Au titre du pays de Cornouaille, le département travaillera et accompagnera toute initiative allant dans ce sens, et prendra toute sa part à cette construction indispensable afin que la Cornouaille joue son rôle, qui ne peut être que majeur au cœur de la région Bretagne.

Ils meurent…

La rentrée se fera donc sous le signe de l’ignoble.. Comment ne pas souligner la légèreté et l’inconsistance de  nos turpitudes partisanes politiciennes face aux photos des enfants « migrants » qui crèvent littéralement la gueule ouverte sur nos côtes.. C’est un échec collectif d’un modèle de déshumanité.. Ces enfants sont très certainement dangereux, ils viendront « piquer nos pains au chocolat », ils sont « une fuite d’eau ».. Pour ma part, je plaide pour la réparation de l’évier et le partage du pain (comme dirait l’autre). Mais c’est sans doute ça être un affreux gauchiste laxiste. Je me dis juste que je souhaiterai que mon enfant grandisse dans un pays où il n’a pas honte de décliner à l’extérieur sa nationalité.
A propos de notre rentrée politique de ce week-end, je dirai « vive la république et vite la rhétorique ».. L’art du verbe ne prend sens que uniquement conjugué à l’art de l’action, moins médiatisé mais tellement plus essentiel.. Face à une gauche timorée, il nous faut des icônes.. Mais ne nous pâmons pas de bons mots, sans les actes qui suivent.. Sinon nous créons un social libéralisme de salon bien-pensant égalitariste qui nous fait oublier notre passé originel révolutionnaire.. Finalement, à cet effet, à grand coup d’un lyrisme certes séduisant, mais parfois redondant.. Christiane Taubira est le révélateur de nos schizophrénies et de nos impossibilités.
Je ne tomberai pas dans le facile piège démagogique de dire que pendant que nous nous parlons à nous-mêmes à La Rochelle, nous n’agissons pas concrètement sur les misères d’un monde bien malade. Car nos grandes messes partisanes servent aussi à nous rassembler pour réfléchir collectivement afin de se doter de logiciels idéologiques pour précisément une fois rentrés, agir..
Mais à l’heure où à l’Est, un dictateur érige un mur de la honte, dans un glaçant parallèle historique, en cette rentrée, nos stations balnéaires vont retrouver leur taux habituel d’occupation, soit tout juste une bonne moitié de logements vides.. Je ne parle même pas de ces inoccupations dans la capitale de notre pays des droits de l’homme.. Je repense à ces êtres humains qui meurent sur nos terres et dans nos mers.. Comment ne pas se dire que notre système est à l’agonie et que nos contradictions sont morbides.. Et reprendre une citation de Jaubert : « l’égalité entre les hommes est une seule règle qui ne compte que des exceptions »

Petit…

Un conseil communautaire hier soir qui démontre que Quimper, et de fait Quimper communauté ne portent quasiment que des projets sous calibrés, basés sur l’évènementiel, flous, sans vision et sans portage politique.

Les Quimpérois ont été très clairs sur leur appréciation du plan transports, comment ne pas en tenir compte. Mais est-ce une raison suffisante pour ne plus avoir d’ambition en faveur d’une politique moderne et ambitieuse de transport public. Certes, il y a la gratuité du samedi matin, pour relancer l’attractivité du centre-ville, et l’amélioration des fréquences sur quelques lignes armatures. Ceux sont des mesures, mais en aucun cas, le fruit d’une vision politique pour notre agglomération.

L’usager veut légitimement un réseau de bus abordable financièrement, ponctuel, fréquent et avec une amplitude journalière conséquente. Les bus électriques Bolloré (en cours de développement pour sa partie urbaine et péri-ubaine) pourraient répondre à cette aspiration avec de surcroît un marché crucial pour l’emploi local et bien sur un vrai bonus environnemental. L’utilisation de ce type de bus nécessite une préparation, un travail en amont sur les flux de transports dans notre agglomération. Pour le moment, malheureusement, le maire de Quimper et son équipe continuent à faire peur et à annuler plutôt que de vouloir se projeter dans l’avenir. C’est assez «  petit bras » et figé, mais c’est finalement l’immobilisme habituel de la droite dans notre cité Cornouaillaise.

Sur la culture, là aussi, vision figée et vitrifiée, avec une préférence pour des salons du livre à entrée payante, histoire de financer l’hôtellerie des auteurs VIP. Sans que les bibliothèques de l’ensemble des communes de Quimper communauté n’y soit associé. Pas de travail en amont comme c’est par exemple le cas à penmarc’h avec le Goëland Masqué où toute l’année, il y a intervention dans les EPHAD, les écoles. Le jour du salon, existent des débats sur l’illettrisme ou autre..  Toutes les bibliothèques environnantes travaillent main dans la main pour cet événement. Ainsi, un public le plus large possible bénéficie d’un accès direct à une culture de fait utile socialement. Le sens est donné à l’utilisation de l’argent public. Il s’agit d’une culture populaire.. A Quimper, le choix a été fait d’une lecture publique événementielle qui ne s’ancre pas dans son paysage économique et sociale, mais qui se fige et se vitrifie… Pas de vision là non plus..

Enfin, hier, nous avons signé le contrat de territoire qui nous lie avec le conseil départemental… 6 mois de retard pris par le président de Quimper communauté.. Sur les 22 communautés de communes du département, nous étions donc …. Les derniers… Autant de retard dans les projets de notre agglomération, pour les entreprises, les associations. Il est notoire que le Maire de Quimper a préféré attendre le résultat des élections départementales de Mars dernier, pensant que sa couleur politique l’emporterait pour faire passer plus facilement les projets… L’électoralisme a été préféré à l’intérêt général. Mais au-delà, ce qui est le plus inquiétant est à nouveau l’absence de projet structurant, l’absence de vision pour notre ville, Pour notre agglomération, pour la Cornouaille. A l’heure où d’autres territoires se structurent dans le département et dans notre région, Quimper ne porte que des projets sous calibrés, et n’assume pas son rôle de locomotive de la Cornouaille, terre forte de ses contrastes et de sa diversité, entre terre et mer, la force de son littoral, de sa filière agricole et agroalimentaire, du tourisme, de la culture, du nautisme etc… Ces enjeux aujourd’hui ne sont pas portés par Quimper, qui se replie sur elle-même..

La CCI voit ses moyens se réduire sur Quimper, l’agence de développement est démantelée.. Et pas de vision ou de portage politique.. De la communication.. Incessante. Et franchement, de l’inquiétude pour notre territoire, qui devient petit et vide de sens..  Et pourtant, que de richesses..

Samba, les transmetteurs de bonne humeur..

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« Tellement proches », « Nos jours heureux », « Intouchables », et maintenant « Samba », avec la chance d’avoir pu le voir en avant-première hier soir.

Une réalisation profondément généreuse, jamais pathos, qui filme au plus près le quotidien, souvent nocturne de celles et ceux qui souffrent, sans compassion ou condescendance mais avec une authenticité rare et la dose d’humour nécessaire.

Cette précision, cette plongée dans l’univers qu’ils ont choisi de montrer honnêtement, les réalisateurs voltigeurs Tolédano et Nakache la maîtrisent sur le bout des doigts. On le constate dans « nos jours heureux » pour quiconque a animé ou participé à une colonie. Allant jusqu’aux sacs en toile de jute à carreaux où l’on stocke le matériel, c’est un classique..

Je fiche mon billet, que pour « Samba » certains parleront de bons sentiments, car ils ne valident que les comédies bien grasses, sans âmes et d’une déconcertante facilité tellement convenue.. Ou les films japonais de 3H00 quand sous la pluie, on suit le chemin d’une pomme qui roule pendant la moitié du film..

Ceux-là n’aiment pas l’entre deux, qui pourtant réconcilie un cinéma bon public, populaire, et les laborieux, les exigeants..

Ce qui est remarquable dans Samba, c’est de montrer d’aussi près la relation d’aide, avec ici le franchissement du Rubicon dans la relation d’aidant à aidé.. Une vraie réflexion sur cette juste distance qui est en fait inexistante car impossible à trouver et qui atteste bien du fait que les « aidants » essaient souvent de donner ce qu’ils n’ont pas eu..

Charlotte Gainsbourg s’est faite un prénom depuis déjà bien longtemps, et son charme opère comme jamais. Sa façon de se mouvoir, de sourire, ses regards intenses et sa douceur instinctive sont une source de captation sans fin qui pimente indéniablement l’œuvre.

Omar Sy, moins expansif est plus mature que d’habitude, plus sage, il évolue comme la façon de filmer des transmetteurs de bonne humeur que sont Tolédano et Nakache.

Le film sort en salles le 15 Octobre. Il ne s’agit pas « d’Intouchables 2 », mais si les vannes claquent tout autant, c’est une impression d’approche de profondeur, un « début d’abus » comme comprendront celles et ceux qui doivent courir pour aller le voir..

Deux choix..

Après un début d’année forcément difficile, en cette rentrée, soyons créatifs, humains et généreux, c’est un fondement existentiel mais dont nous avons le devoir de la transposition dans la vie politique.

Après les différentes phases nécessaires de digestion et de compréhension, ne soyons plus dans les coulisses à calculer et à vouloir tout anticiper. D’ailleurs, les chiffres mentent toujours. Si demain sort un sondage sur l’opuscule de Mme T, je parie sur un 75% de compatriotes qui trouvent écœurant un déballage privé qui vient interférer le débat public, en particulier en situation de crise. Pourtant, avec près de 200 000 exemplaires vendus en quelques jours, même le meilleur démarrage du meilleur des Goncourt-s- est littéralement explosé. Étonnante contradiction, qui laisserait à penser qu’une armée de martiens a récemment débarqué pour investir secrètement nos librairies.

Ou comme on le dirait dans « A la maison blanche », meilleure série politique de tous les temps, voilà ce que dirait un politicien Français modéré qui voit passer un groupe de gens devant lui : « Tiens, voilà mes concitoyens. Il faut absolument que je sache où ils vont, comme ça je pourrai les y conduire »

Il nous faut retrouver le chemin du courage politique, et ne pas céder à la dictature permanente de l’opinion, de la contradictoire « morale immédiate », qui se trompe finalement 9 fois sur 10 de cible et il nous faut surtout avoir le courage de remettre du sens, tout en tenant un discours sincère, adapté, crédible et généreux sans forcément mourir pour ses idées comme dirait l’ami Georges, mais en n’oubliant que seuls les combats qui ne sont pas menés sont perdus d’avance.

Notre feuille de route doit s’inspirer de la vie réelle par une révolution permanente des esprits afin de sincèrement reconquérir les cœurs. Sans cette sincérité et cette simplification du rapport à l’autre, il restera la bête immonde d’un côté avec le bruit des bottes qui se rapprochent ou de l’autre, l’ultra-libéralisme d’une droite Thatchérienne qui elle, détruira le pacte social par le bais d’une Austérité avec un A majuscule cette fois ci.

Cette ardente et urgente obligation du devoir de pédagogie nous incombe, afin de rétablir la vérité, ce qui comme dirait Georges Orwell « en ces temps de tromperies universelles est un acte révolutionnaire ». A nous courageusement, car il en faudra des doses, inlassablement et passionnément, de revenir à nos fondamentaux et d’avoir le courage et l’honnêteté d’admettre que nous avons pu nous tromper en devenant trop souvent une caricature de nous-mêmes. Je demeure ainsi persuadé que cette rentrée doit nous permettre de retourner rapidement vers nos concitoyens et reprendre ainsi humblement le b.a.-ba de ce que nous pensions très immodestement maîtriser sur le bout des doigts, et qui pourtant nous explose quotidiennement à la figure.

Parfois, et sans doute même souvent, ce qu’est devenu le parti socialiste m’énerve, mais pas ce qu’est le socialisme..

Sur les enseignements des derniers mois, finalement s’imposent à nous deux décisions, deux choix : s’en servir ou mourir.

Urgence..

Il y a Urgence. Urgence à remettre du sens..

En effet, dans une société à la fois boulimique et anxiogène, le culte de l’immédiateté prend le dessus, sûrement et inexorablement. La perte de confiance, de repères, la montée de la désespérance sont partout autour de nous. Ces pertes génèrent parfois des comportements outranciers, dangereux, voir violents. Des comportements qui à petits feux, tuent la pensée et nient même l’histoire, pourtant essentielle dans le décodage de nombreuses évolutions.

Il ne s’agit pas de prendre de haut celles et ceux qui souffrent aujourd’hui, mais de justement éminemment respecter cette souffrance en prévenant et en mettant en garde contre les raccourcis faciles, et la tentation de se tourner vers le diable, lorsque nos croyances et nos codes sont bouleversés et que l’on estime légitimement ou pas n’avoir plus rien à perdre.

Le populisme, la démagogie et la simplification sont l’arme de nombre de faibles, qui en faisant oeuvre de récupération abaissent le niveau du débat public, pour pallier leur propres incompétences en créant « un buzz » qui ne fera la gloire de son auteur que le temps qu’il soit remplacé par un autre.. Même la révolution devient médiocre. La gloire illusoire, même pour un édile d’une ville du centre Finistère est aussi passagère que l’individu en question est républicain..

Le rouleau compresseur, la grande lessiveuse notamment médiatique, à travers les chaînes d’infos, les réseaux sociaux, les éditions « spéciales » etc.. accentuant le phénomène. Ou comme disait François Mitterand : « la dictature des micros est aussi celle des idiots« .

Savoir se référer à l’histoire, tenter de se cultiver, lire, trouver ses propres références permettent de prendre de la hauteur, et de ne pas céder aux tentations de chercher un coupable à tour prix, voire de tout mélanger ; l’erreur étant souvent de mise dans ce genre de circonstances. « l’histoire est la mémoire du monde » disait Lacordaire.

Hier, des saccageurs de portiques au nom de la justice fiscale ; aujourd’hui, des siffleurs aussi fascistes qu’amnésiques des valeurs de devoir de mémoire et d’unité républicaine ; et demain, quelles outrances, au nom de quelles causes, portées par quel héros cathodique éphémère..

Nous connaissons toutes et tous l’impression de déjà vu. Pour comprendre et maîtriser ce sentiment, afin d’adapter notre compréhension des enjeux actuels, la référence à l’histoire est indispensable et permet une prise de recul et de distance aux événements qui ont semblé parfois faire cruellement défaut ces jours derniers.

Heinrich Heine disait que : « chaque pierre tombale couvre une histoire universelle« . C’est en croyance de cette affirmation qu’il me semble aujourd’hui essentiel de faire oeuvre de pédagogie, mais il me semble aussi qu’il y a urgence et j’espère même que ce n’est pas trop tard..